Nous nous sommes entretenus avec Kjetil Manheim le batteur d’ORDER. ORDER est une formation de Black/Death Metal né en 2013 à Lillehammer en Norvège. Kjetil fut aussi batteur au sein de Mayhem de 1984 à 1987.

Bonjour Kjetil. Te souviens de l’âge que tu avais lorsque tu as découvert le Metal ainsi que du premier album que tu as acheté ?
Musicalement parlant, ORDER joue un mélange parfait de Black et de Death Metal avec une bonne ambiance des années 90. Qu’en penses-tu ?
Penses tu qu’à tes débuts il y avait une volonté de créer une musique qui sonne comme un héritage des années 80 et 90 ? Le groupe peut aussi être vu comme un lien naturel entre des gars qui ont grandi ensemble, tu ne penses pas ?
Vous avez sorti une démo intitulée « Folly Grandeur » composée de quatre chansons. C’était une manière d’honorer René Jansen. Trois des chansons sont sur le premier album. Qu’en est-il du titre « Savage » ? Sera-t-il un jour sur un nouveau support ?
Oui. C’était très triste que René nous ait quittés. Nous avons décidé de publier une partie du matériel sur lequel nous avions travaillé avec lui sur une cassette en édition limitée. Sur une face il y avait des enregistrements de répét’ dans lesquels René était à la basse, et sur l’autre face un enregistrement démo des mêmes titres que nous avons également publié numériquement. « Savage » n’a pas été intégré à « Lex Amentia » et n’avait pas sa place dans « The Gospel », mais peut-être que nous le sortirons en single un jour.

Après le décès de René Jansen, comment avez-vous fait pour continuer ?
ORDER est né en 2013. L’année prochaine sera votre 10e anniversaire. Ferez vous quelque chose de spécial pour cette occasion ?
Qui a trouvé le nom d’ORDER ? Quelle en est la signification ?
Je crois que c’est venu d’une discussion qu’Anders a eue avec un producteur quelque part. C’est un nom fort et j’ai aimé. C’est un mot qui peut correspondre à des contextes différents. Cela correspondait tout à fait au cadre du projet, ça collait bien je pense.
Comment te sentais tu à l’époque au milieu des années 80 avec tous ces groupes qui se formaient ? Connaissais tu des personnes avec qui tu aimais traîner à Oslo ? Et après avoir quitté Mayhem, es-tu allé au bar Elm Street par exemple ?
Votre premier album « Lex Amentiae » est sorti en juillet 2017. C’est un opus solide. Comment vois-tu cet album avec du recul ?
Merci. Je pense toujours que l’album est génial avec des titres très solides. C’est un ensemble de chansons. Chacune d’entre elles représente une étape du voyage dans lequel nous nous étions embarqués. Il y a une certaine progression depuis les premiers titres que nous avons faits jusqu’aux plus récents, que j’entends et ressens quand nous les interprétons aujourd’hui.

Vous avez sorti un single en septembre 2020 intitulé « Bringer of Salt » (version polonaise). Peux-tu en expliquer la raison ?
Six années se sont écoulées entre vos deux albums. Qu’avez-vous fait entre le premier « Lex Amentia » et le nouveau « The Gospel » ?
Avec votre nouvel album « The Gospel » sorti sur Listenable Records en octobre 2021 vous avez fait un concept album. Pourquoi avoir choisi de composer ce type d’album cette fois-ci ?
À l’été 2020, nous avions une chanson qui était presque aboutie, c’était « Bringer of Salt« . Un soir d’automne, Anders et moi avons fait une nouvelle tentative et avons décidé que rien n’allait nulle part. Nous avons donc abandonné tout ce sur quoi nous avions travaillé, à l’exception de « Bringer of Salt« . Cela nous a donné un nouveau départ et le flux créatif dans lequel nous nous sommes retrouvés a été libérateur.
En à peine quelques semaines, les chansons de base pour un nouvel album étaient prêtes et une démo enregistrée. Quand nous avons regardé tout cela, il était évident pour nous que cet album ne serait pas seulement une collection de bonnes chansons, mais un concept-album. Les chansons sont très intenses et fortes tout comme les textes qui racontent une histoire personnelle. Il devait juste être assemblé comme le concept qu’il s’était avéré être.
Pouvez-vous en dire un peu plus sur le processus de composition ? Qu’en est-il des paroles et de la production ?
Lorsque nous sommes satisfaits des bases, nous enregistrons une démo de la chanson, et pendant qu’Anders pose plus de guitares et la basse dessus, je m’assieds et j’écris les paroles avec une idée générale sur la façon dont les voix devraient aller. Quand les paroles sont terminées, je fais le chant et la démo est prête.
Cela semble simple, mais c’est un processus qui peut s’étaler sur plusieurs jours. Parfois, c’est fait en une journée, comme ce fut le cas avec « The Gospel« . C’était très intense. À l’exception tout de même de la chanson titre sur laquelle a été posé un texte sur lequel Billy a travaillé pendant longtemps. Lorsque la structure de base est en place, nous entrons en studio et nous enregistrons tout à partir de zéro puis nous assemblons le tout avec des structures adaptées et le bon son. Dans le cas de « The Gospel« , Anders et moi avons également travaillé sur les liaisons entre les titres, intro et outro.
As-tu une chanson préférée ? Et si oui, pourquoi cette chanson ?
Comment faites vous pour retranscrire cette ambiance des années 90 sur « The Gospel » ?
Quand vous faites un concert est-ce que vous changez la setlist et est ce que vous intégrez parfois « Procreation of the wicked » de Celtic Frost ou une autre reprise ?
Votre premier concert était en Pologne. Quel souvenirs en gardez-vous ?
Comment voyez-vous l’évolution d’ORDER entre le premier album « Lex Amentiae » et le nouvel opus « The Gospel » ?
Qui a composé l’intro et l’outro de « The Gospel » ?
Moi.

Tu as quitté Mayhem quelques mois après la sortie de « Deathcrush » en 1987 et après un certain temps tu as fait de la musique noise avec le projet appelé Maranata. Comment expliques tu ton retour aux sources du Black Metal avec la création d’ORDER en 2013 ?
J’avais l’impression de rentrer à la maison après un long voyage.
J’ai aussi rejoint le collectif musical Sonisk Blodbad où j’ai participé à un projet DVD/LP que nous avons appelé « Against the Grain« . Donc, je passais du bon temps.
Quand Anders m’a approché avec l’idée de monter un groupe avec lui, Billy et René, c’était le bon moment. J’avais tout le temps pour ça, et j’ai senti que ça pourrait être amusant de réintégrer la scène metal pour voir s’il en restait encore quelque chose en moi. J’avais l’impression de rentrer à la maison après un long voyage.
Qu’en est-il de la pochette de « The Gospel », quelles étaient vos attentes par rapport à celle-ci ? Qui a fait le logo de ORDER ?
Le logo est l’œuvre d’Anders. C’est un logo old-school qui correspond bien au projet, à mon avis. La pochette est née pendant que nous travaillions sur l’album. Nous voulions quelque chose pour exprimer le thème ésotérique de l’album. J’en ai discuté avec un ami photographe que nous connaissons, Morten Strøm, et il voulait essayer l’idée d’un portrait. Un visage à la lumière naturelle d’un feu de camp dans la lumière nordique du soir. Nous avons décidé d’essayer et cela a fonctionné exactement comme nous le souhaitions. C’est moi sur la pochette, mais ce n’est pas moi en tant que Manheim, c’est moi en tant que personnage qui exprime la solitude face à sa propre douleur.

As-tu des souvenirs précis de ton passage dans Mayhem ? Et penses-tu qu’il y a des éléments de cette époque dans ton jeu aujourd’hui ?
Que penses-tu de l’évolution de la scène Black Metal norvégienne ? Aimes-tu par exemple le Black’n’Roll et le Black Metal avant-gardiste ?
Peux-tu nous dire tes 10 albums préférés de tous les temps ?
Les derniers mots sont pour toi : si tu veux faire de la promotion pour ta musique, un concert ou même d’autres choses.
Tout d’abord, je tiens à te remercier, ainsi que tout le monde, de t’intéresser à nous. Ce n’est pas quelque chose que je tiens pour acquis. J’espère que tu continueras à nous suivre et à checker les choses au fur et à mesure que nous les publierons.
Nous travaillons actuellement sur notre prochain album et nous sortirons un single dans les semaines à venir (ndr : il s’intitule « Void » et est sorti le 6 avril), je sens que ORDER progresse dans la bonne direction. Nous bookons actuellement des concerts, je n’ai pas encore beaucoup de dates à promouvoir, mais j’espère que nous pourrons faire la tournée polonaise que nous avons reportée tant de fois cet été, ainsi que quelques petits festivals hardcore. Même si nous sommes sur Listenable Records, un label français du Nord, nous n’avons pas encore de projets pour la France, mais nous sommes très désireux d’en étudiez la possibilité si elle se présente.

