Among The Living
Interview

Entretien avec Mikael Åkerfeldt et Fredrik Åkreson d’OPETH

Groupe culte s’il en est Opeth vient de sortir un formidable nouvel album « The Last Will and Testament ». Nous avons pu nous entretenir avec Mikael Åkerfeldt et Fredrik Åkreson à propos de ce disque hors norme.


opeth


Au début d’Opeth vous étiez très prolifiques. Vous sortiez un album tous les ans, tous les deux ans. Là votre précédent disque date d’il y a cinq ans. C’est le Covid qui a fait que ce nouvel album a mis autant de temps à sortir ?

Bien sûr le Covid a joué. Nous avons bossé avec Ghost. Nous étions en tournée aux Etats-Unis lorsque le lockdown est arrivé. On a dû reprendre cette tournée après la fin du Covid. On a ensuite pris le temps de se détendre un peu avant de se mettre à l’écriture du nouvel album.

Ce disque est à la fois un album metal et un disque prog. Il y a vraiment les deux styles musicaux dans « The Last Will and Testament.

 Il y a quelque chose de lourd dans ce disque. Les gens ont l’impression d’un retour au metal avec des vocaux typés death. Mais dans l’écriture nous écrivons dans un style prog.

Les guitares en particulier sont très prog.

Peut-être mais nous n’y pensons pas. Nous écoutons plein de style de musique différents. J’ai écouté « Nursery Crime » et « Trespass » de Genesis récemment mais j’ai aussi écouté Thelonious Monk ou Nick Drake. Depuis un moment avec Opeth nous avions en tête de comment faire des disques prog mais avec des éléments metal et même metal extrême.

Comment Ian Andersson de Jehtro Tull s’est retrouvé sur le disque ?

Je suis un grand fan de Jehtro Tull. Nous le sommes tous dans le groupe. Nous l’avons rencontré après un concert à Stockholm il y a de nombreuses années. Nous n’avions pas osé lui demander s’il accepterait d’être sur l’un de nos albums. Le management de Jethro Tull nous a dit il y a quelque temps que l’idée de collaborer avec nous lui plaisait. Et voilà ça s’est fait.

Il est le narrateur dans le disque ?

Oui et il joue de la flûte sur deux morceaux.

Ce nouvel opus est un concept-album. Vous en aviez déjà fait ?

Still Life, Ghost Reveries étaient également des concept-albums. On a situé le disque    dans une période historique que l’on trouve intéressante. On a aussi pensé que cela donnerait une imagerie de qualité. L’histoire est celle d’un patriarche. Après sa mort ses enfants découvrent son testament et tous les secrets qu’il n’avait pas révélé de son vivant. Ils vont apprendre de nombreuses choses sur eux-mêmes à travers ce testament.


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Tu as envie d’écrire des romans ?

Non. Je n’en ai aucune envie.

Je trouve que c’est peut-être l’album le plus complexe et le plus riche de toute votre carrière.

Ce que nous faisons n’est pas une façon moderne de faire de la musique. Nous avons grandi en écoutant des albums. Nous ne sommes pas de la génération tik tok.

Il y a quand même des gens qui écoutent encore des albums.

Oui mais c’est terrible de voir la nouvelle génération n’écouter que de courts titres. Def Leppard, Mötley Crue ont dit que le format album était mort. C’est n’importe quoi. Il y a encore des gens qui écoutent des albums et fort heureusement.

Vous avez sorti des disques très différents tout au long de votre carrière et vous restez toujours fidèles à des morceaux de vos premiers disques que vous jouez régulièrement sur scène. Vous êtes fiers de ce que vous avez produit à vos débuts ?

 Oui, bien sûr. Il y a par exemple un lien entre notre tout premier album et celui-ci. Nous avons joué  Under the Weeping Moon  à la salle Pleyel il y a deux ans un morceau du premier album et c’est un titre qui n’a pas vieilli. Il n’y a aucun disque de notre discographie dont nous avons honte. Il peut y avoir des parties de tel ou tel morceau que nous écririons différemment mais c’est tout.

Vous êtes toujours là trente ans après vos débuts. Cela vous impressionne de durer autant ?

C’est un peu stressant d’y penser. On adore écrire, composer. On fera toujours ça. Nous n’avons jamais pensé à faire carrière. Ce n’est qu’à partir de « Blackwater Park » notre cinquième album que les choses ont commencé à bouger pour nous.


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L’art-work a toujours été important chez Opeth. C’est encore Travis Smith qui a réalisé la pochette.

Il a fait toutes nos pochettes depuis « Still Life ». Son travail a évolué avec le temps. Nous aimons travailler avec les mêmes personnes. La photo de « Morningrise » notre deuxième album était une photo originale. Tout le reste est création.

 Vous tournerez en Europe en Février.

Ce sera une tournée de trois semaines. Quand tu rentres après une trop longue tournée ta famille te fait la gueule. C’est pour cela que nos tournées sont assez courtes. On est très contents de rejouer à l’Olympia. Nous avons joué dans pas mal de salles prestigieuses à travers le monde et l’Olympia en est une.

Opeth est un groupe culte. C’est rare d’être culte de son vivant. Comment le vivez-vous ?

Nous ne nous sommes jamais considérés comme culte. C’est un statut que l’on te donne. On se concentre sur la musique. Le reste importe peu.


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