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Interview

Interview – REGARDE LES HOMMES TOMBER

9649889539_d734a14a36_zREGARDE LES HOMMES TOMBER

Entretien avec Jean-Jérôme

Guitariste

06 décembre 2015

 


 

Bonjour, il s’agit aujourd’hui de notre première interview ensemble pour ce webzine, aussi, comme il est d’usage avant l’avalanche de questions, merci de te présenter et de présenter ton groupe.

Quand est né ce projet et comment vous êtes-vous tous rencontrés ?

JJS : Salut, le projet est né fin 2010, début 2011. J’ai commencé seul, à composer dans mon coin pendant plusieurs mois, sans but précis. C’était un travail assez introspectif où je cherchais surtout à mettre en musique des émotions et des atmosphères.
Puis un jour, j’ai fait écouter le résultat à mes camarades qui m’ont rejoint par la suite. Les titres les ont beaucoup touchés et on a décidé de monter ce groupe. On a répété pendant des mois sans ne quasiment rien dire à personne. On voulait vraiment débarquer avec des morceaux finalisés et un concept solide.
Ce fut chose faite en Mai 2012 où l’on a donné notre premier concert à Nantes, en première parti de Wolves in The Throne Room. A l’occasion, Gérald, le boss du label Les Acteurs de L’Ombre productions était présent. Il a décidé de nous signer dans la foulée !

Avez-vous tout de suite «  validé «  ce style musical plutôt particulier ou avez-vous testé des trucs plus «  basiques » avant ? (type Black métal, sludge pur, etc…)

JJS : Ce style est venu naturellement et s’est imposé à lui-même. Le but n’était pas de faire du Black ou du Sludge, mais de faire une musique vivante qui fait la part belle aux émotions et aux ambiances. Après, il est évident que j’ai inconsciemment été influencé par les groupes et les styles que j’écoutais à l’époque, genre Envy, Isis, Cult OF Luna, Amen Ra, Secret of The Moon, Dissection, Sigur Ros, etc…

Le nom du groupe est-il issue du film éponyme de Jacques Audiard ?

JJS : Oui, c’est une idée d’Antoine, le second guitariste du groupe. Nous cherchions un nom de groupe qui résume parfaite nos thématiques et englobe l’esprit de notre musique, et ce nom collait parfaitement. A l’époque, Antoine avait été scotché par le film « Un Prophète » du même réalisateur. Il s’est donc intéressé au reste de sa filmographie et il est tombé sur Regarde Les Hommes Tomber.

 

Après le succès de votre précèdent opus, qui vous a propulsé sur pas mal de scènes partout en France, vous avez remis le couvert avec votre nouveau bébé Exile, qui est sorti en septembre dernier. Il me semble que, pour ce nouvel opus, vous avez changé de chanteur…Peux-tu m’en dire plus sur les raisons de ce changement et surtout ce qui a motivé votre choix.

JJS : Le premier chanteur avait envie de passer à autre chose et de se recentrer sur Otargos et d’autres projets. Il a donc décidé de nous quitter. Dans la foulée, nous avons appelé Thomas.
Pour la petite histoire, nous l’avions déjà testé en 2011. On avait été conquis mais deux jours après son essai, Ulrich nous a contacté. A l’époque nous avions été surpris que le chanteur d’Otargos nous connaisse.
C’est Gérald qui lui avait parlé de nous. Du coup, nous avions choisi de débuter l’aventure avec lui. Thomas nous a dit « pas de soucis les gars, c’est normal, c’est super pour vous » ! Puis dès qu’Ulrich est parti, on l’a rappelé, tout naturellement, il a tout de suite été super motivé.

 

A part ce changement de line up, qu’est ce qui a changé entre la compo/enregistrement du premier et du second album ?

JJS : Le premier album était le projet d’une seule personne. Puis l’album est sorti, a été reconnu, et nous avons pas mal tournée, comme tu l’as dit. D’un one man band, nous sommes passés à un collectif. Du coup, pour ce second album, le travail de composition s’est fait en groupe. J’ai encore apporté la matière première mais tout a été revu ensemble. Les gars ont également leurs influences propres et voulait absolument participer. C’est la raison pour laquelle, je pense, ce nouvel album est plus riche, plus profond. Autre chose, lors des concerts pour le premier album, on s’est mis à jouer de plus en plus vite, avec de plus en plus d’énergie sur scène. C’est une chose qu’on a voulu retranscrire sur ce second album. Arrivé en studio, on a donc abandonné le « clic », on a fait vivre les morceaux, et on a joué vite, très vite ! C’est aussi ce qui donne cette impression d’une influence black métal plus présente.


regarde les hommes tomber


 

D’ailleurs, combien de temps avez-vous mis pour écrire puis enregistrer cet opus ?

JJS : On avait déjà les premières ébauches dès la sortie du premier album. Je ne m’étais pas arrêté de composer pour autant. Mais avec la multiplication des concerts, on s’est ensuite moins concentrés sur la composition. Puis, une sorte de pression a commencé à s’installer. Le premier album marchait bien, les gens attendaient une confirmation, une suite… Du coup, on s’est un peu mis à stresser, mais six mois avant l’entrée en studio, tout s’est débloqué : on a bossé comme des dingues, pendant des heures, en répète, à domicile pour au final sortir cet album dont on très très contents.

Quelle place prend le visuel dans votre musique ?

JJS : Pour nous les visuels sont aussi importants que la musique. C’est important que nos artworks retranscrivent parfaitement notre univers et nos textes. Nous avons une démarche globale. Tout doit être lié et cohérent : musique, textes, visuels, ambiances, scène. On prend des heures à bosser les visuels au détail près et à se prendre la tête ! C’est la raison aussi pour laquelle, sur les deux albums, on a bossé avec les excellents graphistes parisiens de Fortifem qui ont fait un super boulot et qui ont su parfaitement retranscrire notre univers !

Pour vous les clips c’est plus un bouffe fric ou une étape importante pour la promo d’un groupe ?

JJS : On s’est longtemps posé la question de la pertinence d’un clip pour nous. On n’a jamais vraiment été trop chaud pour ça. D’autant plus que tous nos visuels sont basés sur des gravures et des peintures. Donc mettre ça en clip, ce n’est pas évident. On s’est tout de même risqués à faire une lyrics vidéo pour la sortie d’Exile pour laquelle on est plutôt contents. Mais récemment, bien poussés par notre label et notre tourneur, on a décidé de franchir le pas et de commencer à bosser un projet de clip. On se prend pas mal la tête dessus car on veut un truc vraiment bien. C’est vrai que c’est une étape importante à franchir pour nous en termes de visibilité.

 

Quelles sont vos prochaines dates en France ?

JJS : On arrive fin 2015 et nous avons fait une dizaine de date depuis la sortie de Exile en Septembre. Pour le premier semestre 2016, l’agenda commence a déjà bien se remplir. On va continuer à sillonner la France, on va également un peu sortir de nos frontières et faire quelques festivals. On attend toutes les confirmations avant de faire des annonces !

 

Quelle est ta date préférée avec le groupe ?

JJS : La plus part d’entre nous sommes d’accord pour dire que le Motocultor en 2013 était surement notre meilleur date. Paradoxalement, nous n’étions pas forcément dans notre élément. On est surtout habitués aux petites salles, on joue dans le noir, avec des strombos et des néons.. Là, c’était à midi, en plein jour.
Mais dès le début, on a été surpris de voir autant de monde. On a vraiment senti qu’il se passait quelque chose. Et du coup ce jour-là, on a vraiment assuré. On s’est adaptés à l’ambiance festival plein air, on a joué les morceaux de manière très énergique et c’est passé nickel. D’ailleurs, si je me souviens bien, tu as pris une belle photo ce jour-là ! 😉

 


regarde les hommes tomber


 

Quels sont les projets futurs du groupe ? Avez-vous déjà commencé à écrire des choses pour la suite ? (ou peut être des choses non utilisées que vous allez utiliser pour la suite…)

JJS : Comme je t’ai dit plus haut, dans l’immédiat, c’est de sortir un clip et de continuer notre série de concert, en 2016, en France et en Europe. Le troisième album n’est pas encore d’actualité même si de mon côté, je continue à composer.

Il me semble que vous avez joué il n y a pas trop longtemps à Paris au Divan du monde. Parle-moi de cette date avec ce public parisien toujours aussi exigeant.

JJS : Oui, c’était une date pas du tout évidente pour nous. L’album venait tout juste de sortir, au niveau scénique, on sortait d’une longue pose de quasiment un an, et pour couronner le tout, on devait ouvrir pour les cultissimes Amen Ra! Autant te dire le niveau de stress ! Haha ! Bref, on a eu beaucoup de mal à rentrer dedans, mais au final ça l’a fait, même si ça ne reste pas notre meilleur concert. Mais ouvrir pour des groupes pareils, c’est vraiment une chance et un plaisir pour nous. On observe, on apprend, on se remet en question. On en sort toujours que du positif !

Quels sont tes derniers coups de cœurs musicaux ?

JJS : Récemment, le truc qui m’a le plus scotché c’est l’album Exercices in Futility de MGLA! Un véritable chef d’œuvre. Je suis également un grand fan du groupe japonais ENVY depuis une dizaine d’année. Et là, on octobre, ils ont sorti Atheist’s Cornea, un album vraiment immense !

Parle-moi de votre meilleur moment spinal tap

JJS : Haha désolé, j’ai incroyablement honte mais je n’ai pas vu ce film ! J’espère que tu publieras quand même l’interview haha

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