Entretien avec Renato, chanteur du groupe FLAYED, à l’occasion de la sortie de leur dernier EP « XI Million« . Une bien belle équipe passionnée qui sait transmettre son idée d’un rock addictif.
Pourriez-vous vous présenter, vous et le groupe, pour notre lecteur ?
Je suis Renato le chanteur du groupe FLAYED. Le groupe se compose d’un organiste qui s’appelle Rafinet, de Charly à la basse, Rico et Ju aux guitares et de JP « la castagne » à la batterie. Nous sommes une bande de six rigolos qui viennent de sortir un EP et ayant à leur actif deux albums déjà.
Comment sont nées l’aventure FLAYED et la convergence des influences ?
En fait nous sommes une bande de potes qui se connaissent depuis plus de 15 ans et qui n’avaient jamais joué ensemble. Nous jouions tous dans des formations à droite à gauche, et parfois ensemble comme ça, mais jamais sous la formation actuelle.
En fait le groupe est né grâce à Julien (guitare), le compositeur principal, à l’occasion d’une galère de « personnel » alors qu’il avait deux dates à assurer avec un groupe (qui était les prémices de FLAYED). A partir de là il a appelé tous ses potes, c’est-à-dire nous, et dès la première repet ça l’a fait. FLAYED est né de ce moment-là : d’une réunion de potes complètement fortuite.
Vous revenez avec cet EP (XI Million) un an après Monster Main, pourquoi ce choix de format ? Il y aura un LP à la clé ?
Oui bien sûr, XI Million appelle un nouvel album. Quand on a fait le choix de sortir cet EP, on avait déjà 90% du prochain album d’écrit. On a décroché un deal avec Kaotoxin alors qu’avant nous étions chez Klonosphere. La Klono, qui est une boite de promotion, nous a permis de bénéficier de la distribution Season Of Mist sans qui nous ne serions pas là aujourd’hui. Kaotoxin étant un label de métal extrême, je pense que, eux comme nous, ont voulu tester ce mariage improbable. De leur coté voir si nous étions rentables, et du notre tester leur efficacité.
De ce fait nous avons préféré garder sous le coude ce troisième album pour l’année prochaine, mais tout en proposant quand même quelque chose pour coller à notre calendrier de sortie annuelle. On avait aussi l’envie de sortir ce futur album en format vinyle, ce que Kaotoxin pouvait nous offrir.
Le prochain album devrait sortir fin 2017 / début 2018.
Justement, comment s’est fait votre passage chez Kaotoxin ? C’était une recherche de votre part ?
C’était complètement une volonté et une recherche de notre part. Avant nous étions auto produit, avec deux albums en deux ans. Sur le papier c’est hyper cool, mais dans la réalité ce n’est pas la même histoire. En fait cela nous a couté un paquet de pognon. Nous avons donc recherché un label pour qu’au moins le pressage, ou un bout des frais de production soit payé.
Kaotoxin est le premier label qui a répondu, un petit peu grâce à Arno Strobl (rires) qui avait chanté sur notre album précèdent et qui a fait écouter FLAYED à Nico du label.
Sur les 5 titres, il n’y a que deux titres « nouveaux », deux également tirés de votre session Monster Man et une reprise (de Creedance). Comment se conçoit un EP comme celui-ci ?
Je sais que cela peut paraître bizarre, mais il y a une explication (rires). En fait lorsque l’on a composé Monster Man, notre envie de base était de le sortir en vinyle, et l’on n’y est pas arrivé car cela coûtait trop cher à produire (presser 300 vinyles coute le prix de 1000 cd). Ne pouvant mettre que 39 minutes sur un vinyle, nous avions enregistré 14 titres pour, au final, n’en garder que 9.
Nous avions donc des titres que l’on aimait bien et que l’on avait dû passer à la trappe par soucis de temps.
Donc naturellement nous avons pris deux titres des sessions de Monster Man, deux de celles du prochain album (qui ne seront donc pas sur le prochain opus) et cette reprise de CREEDANCE CLEARWATER REVIVAL pour se faire plaisir.
Les deux titres qui datent de votre précèdent opus, vous les avez réarrangés ou vous les avez repris tel quel ?
Rien n’a été retouché. Ils sont tels que nous les avions enregistrés à l’époque. Ce qui est frappant c’est la cohérence de son entre les anciens et les nouveaux titres. On pourrait croire qu’ils sortent de la même session d’enregistrement.

Cet EP ne serait pas plutôt un prétexte à une tournée ? Chose que vous faites apparemment de façon « addictive ».
Oui clairement ! FLAYED est avant tout un groupe de scène, et je vous invite vivement à venir nous voir en live pour prendre une bonne claque (rires).
Quel est le modèle économique de FLAYED ? Vous bossez tous?
Oui on travaille tous à côté. En fait lorsque l’on a lancé l’aventure FLAYED, on a fait un prêt pour pouvoir produire notre premier album. On l’a remboursé assez rapidement, et il s’est avéré rentable pour pouvoir lancer le deuxième opus. A partir de là c’était parti.
En fait nous fonctionnons sans subvention, uniquement à partir de la vente d’albums, des cachets de concerts et du merch. Nous sommes d’ailleurs l’un des rares groupes à fonctionner sans subvention aujourd’hui.
Cette année le label a pris en charge le pressage et la promo, alors que d’habitude cela vient de notre poche (rires). Aujourd’hui on arrive à avoir une trésorerie assez importante pour pouvoir avancer sans trop se poser de questions. Donc oui il faut beaucoup tourner, et ça tombe bien on aime ça (rires).
Comment vous fonctionnez au niveau des compos ? Repet en groupe, ou chacun dans son coin ?
En fait c’est Julien qui compose quasiment tout, basse, guitares, batterie. Il pré maquette ça et nous envoie le résultat. Il n’y manque plus que le chant et les claviers. Charge à moi de mettre les lignes de voix et de composer les textes sur cette maquette pour qu’ensuite Rafinet lie le tout avec son clavier.
Mais attention, ce n’est pas un modèle de « tyrannie » musicale (rires). Il a cette facilité de composer pour chacun de nous. Il écrit vraiment très bien.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez au quotidien ?
La principale difficulté c’est quand même de trouver des dates. Après c’est aussi l’organisation et l’administration du groupe. On vient justement de trouver quelqu’un qui va s’occuper de toute cette partie-là. Une sorte de « manager » au sens large, ce qui nous permettra de se concentrer un peu plus sur la musique et d’aller plus vite.
Vous avez un projet de clip ?
Oui, on va en faire un avec le même réalisateur qui avait fait celui du titre Monster Man. Celui-ci était fait en mode dessin animé, et pour le prochain on reste sur le même principe sauf qu’on y intègre de vraies images. Mi animation, mi réel. Il arrivera en début d’année.
Quel rapport avez-vous avec votre base fan ?
On a une base fan vraiment fidèle, avec certain qui nous suivent sur les tournées. C’est vraiment un moteur pour nous. On est proche de notre public, on va boire des coups avec eux en fin de concert (rires). Cela fait plaisir d’entrer en scène et de voir les premiers rangs reprendre et connaitre tes textes.
Qu’écoutez-vous en ce moment ?
J’écoute beaucoup VINTAGE TROUBLE, RIVAL SONS, également énormément CREEDANCE. Récemment je viens de découvrir MOUNTAIN MAIN (chronique ICI), un duo qui vient de passer en mode « groupe » avec le guitariste et le batteur de Noir Desir et ça déchire.



