Vendredi 6 septembre au Hard Rock Café de Paris nous avons rencontré Matt De La Roche, bassiste de BLACKRAIN qui nous a parlé de leur nouvel opus Dying Breed qui sort le 13 septembre 2019.  


Bonjour, c’est la première fois que nous nous rencontrons. Nous devions nous voir au Hellfest mais cela ne s’est pas fait à cause de problèmes de plannings.

Bonjour. Ah oui ! C’est possible c’est vrai qu’au Hellfest on n’a pas arrêté c’était super tendu.

Pourrais-tu te présenter s’il te plait ?

Oui, enfin Wikipedia le ferait très bien parce cela va être long en fait, mais donc nous sommes un groupe de rock français qui chante en anglais. Cela fait maintenant un peu plus de quinze ans que nous jouons ensemble, et nous sortons notre sixième album sur un label allemand. L’album sort dans le monde entier, ce qui n’est pas simple pour un groupe français.

Cette année est une année importante pour BlackRain, on sent bien qu’il y a quelque chose qui se passe. Une sorte d’aboutissement attendu depuis longtemps avec un très bon album.

Merci !

Oui oui, la chronique est déjà prête mais je me colle plus à la date de sortie de l’album en fait pour la publier. Il y a eu un passage au Hellfest également, sur la main stage, quel ressenti as-tu de ce passage ?

Pour nous c’est vraiment le meilleur concert qu’on n’ait jamais fait, c’est simple. On avait un peu d’appréhension parce que déjà on n’avait pas joué ensemble depuis un an et on était dans une phase où on ne savait pas si on allait continuer. Enfin on avait continué à composer mais on ne savait pas où on allait. On voyait que l’album précédent n’avais pas fonctionné du tout comme on espérait, et à un moment tu as une phase de découragement. En fait, c’est au moment où on était le plus découragés qu’on a eu le plus de propositions et que tout s’est fait d’un coup. On n’attendait rien et puis je ne sais pas, au bout d’un moment il y a des chansons qui sont arrivées, c’était bien. On a envoyé ça à un label qui a adoré, on a eu cette proposition du Hellfest alors qu’on s’était dit qu’on ne le ferait finalement jamais à force de demander chaque année et que ça ne soit pas possible. Et là ils nous l’ont proposé. On a eu cette tournée qui arrive avec Kissin Dynamite. Tout à coup ça embraille et en effet, on a de super retours, là on voit toutes les chroniques arriver dans le monde entier. Tous les pays en disent du bien. On ne s’attendait pas à ça en fait, ça nous tombe dessus au moment où on s’y attend le moins.

Et pourtant le précédent album était très très bien, pour moi il avait tout ce qu’il fallait. Tu expliques ça comment ?

Et bien écoute c’est assez simple à expliquer, la question c’est que ce n’est pas le tout de faire un truc bien, il faut aussi avoir la structure derrière qui puisse le promouvoir correctement. Je pense qu’en fait le label précédent faisait une grosse partie de son travail sur Motörhead ; puis Lemmy est décédé donc ils ont eu un boulot incroyable. Eux derrière ils signaient des petits groupes en espérant un peu renouveler leur catalogue. Et évidemment si tu attends d’un jeune groupe aujourd’hui de rapporter autant que ce que pouvait rapporter Motörhead, forcément tu es déçu, tu laisses tomber et tu mets au placard. Je pense que c’est très simple, notre album a été mis au placard tout bêtement. Donc en effet, on avait beaucoup bossé, on avait beaucoup investi, on était partis aux Etats-Unis sur nos propres deniers et payer Jack Douglas (producteur) ça coûtait vraiment très cher ; on avait fait des clips, on avait fait tout ce qui était possible, et derrière on n’a pas eu de retour promo et donc du coup on était un peu déprimés vis-à-vis de ça. On s’est dit qu’il n’y avait rien à faire : tu mets le paquet et rien. Et là on a découvert que quand tu as un label qui a décidé de faire juste correctement les choses, c’est-à-dire de promouvoir ton groupe, et bien ça change tout.

Et alors, c’est peut-être une question un peu étrange, mais il n’y a pas eu une sorte de « malédiction BlackRain » sur le management ?

Oui, mais tu sais, on n’est pas non plus les plus à plaindre.

Certainement, mais vous êtes tout de même passés à côté d’opportunités alors que vous aviez clairement le potentiel à ce moment-là.

Alors je ne sais pas si on peut parler de malédiction. C’est plutôt une question de choix, de ce que tu laisses faire ; on a eu toute une époque où on était dirigés, managés par quelqu’un qui nous a apporté énormément, mais qui faisait des choix avec lesquels on n’a pas été toujours d’accord et il s’est avéré avec le temps que certains choix étaient mauvais. Par exemple le fait de refuser le Hellfest c’était une connerie. On n’était pas d’accord, mais on a perdu énormément de temps. Et il est arrivé plusieurs fois des opportunités qu’on n’a pas saisies et quand tu ne saisies pas une opportunité très souvent elle ne se représente pas une seconde fois. Donc je ne sais pas si c’est la question de la malédiction ou la question de faire le bon choix ou pas. Mais comme je te dis on n’est pas les plus à plaindre, ce qui se passe c’est qu’on est toujours potes, on ne s’est jamais engueulés en quinze ans, on continue, et maintenant les gens se disent que cela fait longtemps qu’on est là et ils commencent à nous prendre un peu plus au sérieux.

Justement vous avez un line up stable, il n’y a que le batteur qui a changé

Oui mais il est tout de même là depuis à peu près huit ans !  

Oui tout à fait mais j’y viens ! Est-ce que ce n’est pas cela la force de BlackRain ? C’est que vous êtes vraiment soudés ?

Ah oui totalement !

Bien que géographiquement vous soyez complètement explosés !

Oui, tout à fait ! Mais en fait la réalité c’est que c’est une histoire de potes et que très étonnamment il n’y a jamais eu de conflits d’égos. Ce qui est toujours le problème dans un groupe. Dans un groupe il y a toujours un conflit entre deux directions. Il y en a un qui veut aller dans un sens et l’autre qui veut aller dans l’autre. Nous on a toujours voulu aller dans le même sens, on s’est toujours entendus et chacun a apporté sa pierre à l’édifice. Chacun a apporté ce qu’il savait bien faire et à laissé les autres faire ce qu’ils savaient faire. Ça fonctionne comme ça. C’est une histoire de potes avant tout et ça devient même une histoire familiale. 

En fait vous grandissez ensemble comme dans une fratrie.

Exactement ! Et quand on se retrouve c’est toujours un plaisir, on attend ça avec impatience. Et le fait d’être éloignés nous donne d’autant plus l’envie de bosser ensemble et de nous retrouver.

Justement par rapport à votre mode de fonctionnement lié à cet éloignement avec Swan qui vit en Suède ça se passe comment ?

Ça se fait par internet, on a notre petit groupe sur Facebook, on se parle constamment, on s’envoie des idées ou des morceaux. On a tous les moyens d’enregistrer chez nous donc on peut s’envoyer de la musique. Et puis ça se construit comme ça et quand on se retrouve on répète ensemble. Ça fonctionne bien en fait et tu n’as pas l’impression d’être si éloignés avec internet. C’est un truc qui n’était pas possible avant mais finalement quand on se retrouve c’est comme si c’était hier.



blackrain
Photo Philippe BAREILLE


Économiquement BlackRain fonctionne comment aujourd’hui ? Vous arrivez à trouver un équilibre ou vous êtes obligés comme beaucoup de groupes de travailler à côté ?

Ah oui, bien évidemment on travaille à côté ! Mais ça ne concerne pas « beaucoup de groupes » en fait, c’est la réalité de tous les groupes. On a quand même la chance d’avoir un truc qui tourne de telle façon que ça ne nous coûte pas d’argent ce qui est déjà beaucoup. C’est une chance et cela nous permet de réinvestir dans des albums, dans des clips etc… parce qu’il y a tout de même des rentrées. Evidemment à côté on a tous des boulots. On est tous plutôt indépendants. Dans tout ce qu’on fait on est nos propres patrons ce qui nous permet d’organiser notre temps comme on veut. Je pense que tu ne peux pas avoir un job important, être salarié et pouvoir libérer du temps comme ça.

Alors justement par rapport à votre nouveau label Steamhammer, ça s’est passé comment ? C’est vous qui les avez démarchés ? Vous avez pris les devants ?

Et bien on a la chance depuis pratiquement le début de BlackRain d’être soutenus par Olivier Garnier qui est tout de même Monsieur Metal en France. Evidemment il y en a d’autres, mais lui est là -et d’ailleurs on lui souhaite un bon rétablissement- il nous a fait rencontrer des labels et chaque fois qu’on est partis à l’étranger et qu’on parlait d’Olivier Garnier tout le monde le connaissait. Du coup c’est assez simple. Les portes s’ouvrent assez facilement quand Olivier est là. On lui doit tout depuis quasiment le début.

En reprenant Chris Laney pour la production vous êtes revenus à vos premières amours en fait. Pourquoi ? Comment est-ce que cela s’est fait ?

Swan l’a recontacté parce qu’on avait des bons souvenirs. Entre temps c’est vrai qu’on était passés avec Jack Douglas mais on ne pouvait plus parce que c’était trop cher. Chris Laney nous a dit qu’il cherchait des groupes à produire. En plus il est en Suède comme Swan donc c’était plus simple : ça coûte beaucoup moins cher d’aller en Suède que d’aller aux Etats-Unis ! Et puis il y a quelque chose d’assez étonnant c’est qu’en même temps il était en train de produire l’album de Crashdïet et de Crazy Lixx. Et ces trois groupes (avec nous), il les avait déjà produits en même temps à l’époque. On ne s’était pas coordonnés. C’est étonnant parce que l’album de Crashdïet sort le même jour que le nôtre, le 13 septembre. La dernière chanson qu’ils ont mise en ligne se termine par « Dying Breed » dans les paroles. On ne s’est rien dit mais il y a une sorte de synchronicité, tout s’est mis en place tout seul. C’est bizarre, ce sont des signes !

Pourrais-tu me parler un peu des thèmes développés sur l’album ? Je sais que c’est Swan qui écrit beaucoup.

Oui il écrit beaucoup, c’est vrai qu’il m’est arrivé d’écrire des paroles mais là je n’en ai pas fait. Je me suis beaucoup concentré sur la vidéo et je n’ai pas du tout eu le temps d’écrire.

Ça se passe comment ? Il vous propose des choses et vous avez un avis à donner ?

Oui oui, tout à fait. La plupart du temps il compose de choses et nous on donne notre sentiment. Il écoute vraiment, et même d’ailleurs il ne devrait pas autant nous écouter parce que parfois je lui dis qu’une chanson est nulle et trois mois après je la réécoute et je dis « mais pourquoi on ne l’a pas mise sur l’album elle est géniale ». Non c’est vrai qu’il n’y a personne qui écoute autant les autres que Swan. A tel point qu’on est toujours tous les quatre crédités sur les droits d’auteurs à parts égales alors que très honnêtement on y est souvent pour peu. Bon après on lui donne aussi parfois des idées. Ça peut être des idées de chansons. Par exemple « Hellfire » c’est l’oncle de Max qui avait proposé de faire un clip sur une base militaire. Il est militaire donc il proposait de faire un clip sur une base militaire. Du coup on lui a dit qu’on allait composer une chanson qui parlerait de l’armée. Bon finalement le clip ne s’est pas fait parce que le colonel au-dessus n’a pas voulu mais bref.

C’est ta coupe de cheveux, elle n’était pas règlementaire ?

Ah, je ne sais pas ! Mais du coup on a gardé la chanson et on a réussi à trouver un entrepôt qui faisait de la rénovation de vieux camions de la seconde guerre mondiale où on a tourné le clip. Mais tu vois, au départ l’idée c’est que j’ai demandé à Swan de composer une chanson qui ressemble à une chanson de « Licence to Thrill » et qui parle de l’armée. Et puis il est parti et il l’a fait donc parfois ça peut partir juste d’une idée. Mais ça peut aussi partir d’un refrain, ou d’un mot, ou d’un concept. Et pour revenir à la question des paroles, c’est souvent une idée sur ce que tu vis sur le moment : une histoire avec ta femme ou ta copine, un sentiment de ras le bol. Par exemple « Dying Breed » parle vraiment du fait que dans la musique ça nous gonfle un peu de voir que des types, par exemple dans le rap, font aussi peu d’efforts et réussissent à avoir autant d’audience parce que musicalement, il y en a beaucoup (pas tous bien sûr) qui achètent une boucle sur internet et ils posent des paroles puis ils enregistrent ça dans leur chambre avec un micro et ils font un petit clip vite fait ; parce qu’il y en a qui font des clips impressionnants mais il y en a plein qui font des clips avec leur téléphone. Et donc ces groupes se retrouvent avec des millions de vues et même des labels qui investissent dessus. Et du coup quand tu vois le temps que ça demande d’apprendre un instrument, de répéter, de trouver des concerts et d’apporter toute la logistique et tout, tu te dis que le type arrive juste avec une clé USB sur une scène, il prend un micro et puis voilà, et toi tu as l’impression d’être une espèce en voie de disparition. Même s’il y a des groupes encore tu as l’impression de ne plus être à la page.

Oui mais ce n’est pas le cas je pense. Ce que tu dis est très vrai, on est dans une société de buzz, où plus tu fais le buzz plus tu apparais avec des millions de vues, et si tu n’as plus ces millions de vues tu disparais, alors que dans le rock en général, dans le metal et tout ça, ce n’est pas le cas. Ça reste.

Oui et c’est même le temps qui fait la valeur de la chose. C’est-à-dire tu vois Motörhead par exemple on en parlait, le mec meurt quasiment sur scène. C’est vraiment avec le temps que s’écrit la légende et plus tu restes, plus tu es là, plus tu as de crédibilité vis-à-vis du public. Un public qui vieilli avec toi-même s’il y a des nouveaux qui viennent et que tu te retrouves avec un public transgénérationnel. Ça c’est vraiment sympa et ça se trouve en particulier dans le metal.

En plus, à mon sens, cycliquement tu as des modes qui reviennent et par exemple aujourd’hui on a beaucoup de revival, et vous vous êtes typiquement sur une branche qui marche mais avec un son moderne. On l’a vu au Hellfest, et je vous ai shootés sur scène aussi, le public était là ! Le public est spectateur mais aussi acteur.

Tout à fait et on en est contents parce qu’on avait un peu peur que ça ne soit pas le cas, parce que tu ne sais jamais. Parce que c’est clair que quand tu joues dans un festival les gens ne sont pas venus spécifiquement pour te voir alors tu te dis que peut-être on va te jeter des tomates, et surtout dans le style tu te mesures à des légendes. Il y a des types qui jouent le même style de musique et qui ont trente ou quarante ans de carrière, des centaines de concerts derrière eux. Le lendemain tu as Kiss qui joue et toi tu es juste BlackRain et si tu essayes de faire la comparaison c’est sûr que c’est vite fait !

Oui mais chaque chose en son temps ! Ça viendra, peut-être qu’un jour il y aura un groupe qui dira purée je joue sur la même scène que BlackRain c’est un truc de dingue !

Rires !



Photo Philippe BAREILLE


D’ailleurs en parlant d’anciens groupes qui tournent encore un peu et qui sont mythiques, vous avez repris du Twisted Sister pourquoi ? Habituellement vous êtes plutôt sur du AC/DC.

Pour moi Twisted Sister est le meilleur groupe que j’ai vu sur scène. C’est vraiment le groupe qui arrive à fédérer tout le monde. C’est impossible que quand Dee Snider te demande de lever le poing en l’air tu ne le fasses pas. Qui que tu sois, aussi loin que tu sois, tu peux même être assis ou au bar tu vas le faire. Il a une énergie incroyable et maintenant ils ont arrêté alors on s’est dit merde on va tout de même continuer parce que pour moi « We’re Not Gonna Take It » c’est LA chanson de festival. Le premier festival que j’ai fait c’était le Wacken en 2003, ils avaient été appelés au dernier moment en remplacement pour une tête d’affiche. Moi je ne les connaissais pas je n’avais pas vécu cette époque. Et quand je les ai vus sur scène, ça a été la révélation ! Même quand tu ne connais pas les morceaux tu les chantes au bout du deuxième refrain. C’était vraiment la fête absolue ! Du coup on s’est dit voilà, c’est un morceau de festival et ils ne seront pas là pour le chanter cette année donc on va le faire et puis c’est tout.

Je suis absolument d’accord avec toi sur Twisted Sister. C’est le deuxième concert que j’ai vu de ma vie en 1984 à Paris avec Lita Ford en première partie pour « Out for Blood ». Et tu as raison parce que quand Dee Snider dit « tu te lèves ou tu lèves le poing », il est capable d’arrêter le concert et de dire « j’ai dit tout le monde debout toi tu es assis tu te lèves ». C’est clair qu’ils sont mythiques.

Et moi tu vois c’est le genre de truc où je me dis « putain mais mes enfants ne verront rien de tout ça ». Ils ne verront pas Twisted Sister, ils ne verront pas Iron Maiden, ils ne verront peut-être pas Metallica, c’est triste !

Oui mais il y aura d’autres groupes !

Mais oui mais j’espère bien et c’est pour ça qu’on garde la flamme, parce que ce sont des moments tellement inoubliables. Tu n’as vraiment qu’une seule envie c’est de perpétuer le truc.

On parlait de vidéos, tu disais que c’était toi qui t’occupais pas mal des vidéos. Vous avez une stratégie de publication de vidéos assez importante sur le dernier album. Comment gères-tu tout ça ?

C’est une passion. Ce n’est pas moi qui ai réalisé parce que c’est assez difficile d’être devant et derrière la caméra, même si ça m’est déjà arrivé de le faire pour BlackRain, C’est vraiment trop de travail donc j’ai bossé avec des potes. Mais l’idée vient de moi, je l’explique et on travaille ensemble avec les potes. Ce sont deux potes de Montpellier qui ont fait les deux clips. C’est aussi moi qui ai fait l’animation pour « Dying Breed » mais ça a pris beaucoup de temps. Le dessin animé c’est vraiment le plus long et le plus chiant à faire.

Tous les dessins c’est toi qui les as faits ?

Alors non, je suis parti d’un dessin qui a été fait par un graphiste d’Asie du Sud Est qu’on ne connait pas personnellement et avec qui on a travaillé par internet. Puis j’ai découpé, j’ai animé. C’est un gros boulot et je me suis formé sur le tas en regardant des tutos. Tu passes beaucoup de temps et tu essayes de faire les choses. Mais en effet, le fait de sortir des morceaux en avance, c’est un truc qu’on voulait faire depuis longtemps parce qu’on a vu qu’il y avait d’autres artistes qui le faisaient. Pas forcément dans le metal. Par exemple Muse le fait depuis longtemps et pour son dernier album, un an avant il sortait déjà des singles, et d’une certaine façon l’album c’est l’aboutissement. Aujourd’hui quand tu réfléchis juste à la promo album, on parle de toi pendant deux ou trois semaines et puis c’est terminé. Maintenant ça ne marche plus vraiment comme avant parce que sur les plateformes de streaming, ça marche au single. Tu as un single qui sort, il peut être sur des playlists, ça c’est super important et c’est un boulot en soi de les mettre sur les playlists. On a la chance d’avoir un label qui a réussi à faire ça. Il a réussi à nous placer sur des grosses playlists même aux Etats-Unis où il y a plusieurs centaines de milliers de followers. Et donc ça marche par singles et l’album c’est un peu le truc final.

Mais tu as complètement raison ! Je pense même qu’à court terme, les groupes ne sortiront plus d’album, ils ne sortiront que des singles, et effectivement à la fin ce sera l’album.

Les gens aiment bien avoir le produit, mais le produit maintenant c’est pour les collectionneurs : il y a des gens qui nous achètent des CDs en concert mais qui n’ont pas de lecteur CD. Parce qu’aujourd’hui on arrive à un temps où les gens n’ont pas de lecteur CD. D’où l’intérêt de faire des vinyles. Si tu regardes dans les magasins, la taille des rayons vinyles a augmenté. Les gens ne les écoutent pas nécessairement mais ils ont l’objet. Après ils écoutent le morceau sur leur playlist mais ils ont l’objet. L’objet te permet de garder un lien avec le groupe mais ce n’est plus un moyen d’écouter la musique. Pour beaucoup de gens l’album est devenu du merch au même titre qu’un T-shirt en fait. Donc voilà, cette idée de singles comme les 45 tours dans les années 70 ça permet de rester et qu’on parle de toi sur une plus grande période.

Oui c’est clair. Vous êtes en tournée en tournée à partir de demain soir, vous partez avec Kissin Dynamite, ce sont des potes ?

Oui on les connaît depuis très longtemps, ils ont fait notre première partie à l’Alhambra et on les connaissait encore d’avant.

Et là vous faites Le Petit Bain

Voilà et c’est nous qui faisons leur première partie. Le truc c’est qu’en France ils ont un peu du mal à trouver un public assez nombreux donc on leur propose un public mais derrière on joue aussi avec eux en Allemagne et dans d’autres pays. Et la réalité c’est qu’on est super gagnants parce qu’en Allemagne ils explosent ils font des salles de 2.000 ou 3.000 personnes. Donc ils ont un show avec de la pyrotechnie et des trucs comme ça. Ils sont vraiment devenus un groupe important. Donc ils nous renvoient un peu l’ascenseur, mais on a toujours été en contact pour discuter des questions de production du style « qu’est ce que tu utilises comme matos pour enregistrer » … On a toujours été potes et ça se passe bien avec eux donc on a vraiment hâte et on est assez fiers de faire leur première partie parce qu’ils ont bossé comme des malades. Ils ont fait toute la tournée Powerwolf en camping-car, ce n’était pas rien ! Six mois à cinq dans un camping-car, je pense qu’il faut vraiment le vouloir ! En réalité je ne sais pas si je l’aurais fait. Après on reviendra en tête d’affiche, mais là c’est un plaisir de faire la première partie de Kissin Dynamite.

Tu écoutes quoi toi ?

Rires. Alors en fait j’écoute beaucoup de BlackRain. Mais au final j’écoute très peu d’albums. Quand j’aime bien un album, je l’écoute en boucle. Ça a toujours été comme ça. Là en ce moment celui qui j’écoute en boucle c’est celui d’Enforcer « Zenith ». Je le trouve vraiment génial. Pour moi c’est un des meilleurs albums que j’ai entendus. Après il y a l’album de Crazy Lixx et celui de Crashdïet qui restent un peu dans notre style. A côté de ça, je suis un fan invétéré de Queen et de Muse que j’ai toujours adoré depuis le début. J’ai dû les voir une des premières fois où ils jouaient en France. J’ai toujours suivi ce groupe parce que pour moi c’est la référence au niveau composition et virtuosité. C’est un groupe qui n’a pas arrêté de devenir de plus en plus gros, c’est une machine incroyable et pourtant ce sont des types ultra humbles. Je retrouve vraiment le truc de potes chez eux. Quand ils sont en interview, ce sont trois potes qui se lancent des private jokes et qui se marrent. Tu sens que les mecs ont réussi mais c’est toujours la même bande de potes qui a commencé à monter son groupe. C’est un peu la référence actuelle pour moi.

Et c’est vrai qu’on n’entend pas parler d’eux en termes de people.

Non ! Ce sont des personnalités très effacées dans la vie et sur scène baaam ils te sortent le truc et à chaque fois c’est la mélodie parfaite. Je trouve ce groupe génial.

Dernière question : quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

Heu… « est-ce que tu peux présenter ton groupe ? » non je déconne ! Rires ! Désolé, non mais c’est vrai et c’est pour cela que maintenant je dis « vas voir Wikipédia » ! Rires.

En fait c’était plutôt toi que je te demandais de présenter mais on en a parlé après.

Oui notamment de la vidéo même si les dessins ne sont pas de moi, c’est la mise en page tout ça.

Ce qui était top c’était le rendu au Hellfest avec l’écran incurvé.

Oui et ça je l’ai fait au dernier moment en plus parce que j’ai su qu’il y avait un écran un jour avant donc j’ai passé ma nuit à mettre ça en place !

C’était franchement super beau.

Oui c’était du dernier moment parce qu’on avait fait faire un backdrop et ils nous ont dit « non mais en fait il n’y a pas de backdrop il y a des écrans ». Et là j’ai dit putain mais vous me l’auriez dit trois mois avant j’aurais fait un truc de fou ! Et donc j’ai bossé toute la nuit pour faire un truc qui rendait bien. Ça c’est mon truc dans le groupe.

Et bien je te remercie c’était bien sympa comme interview.

Merci à toi aussi


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Photo Philippe BAREILLE

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