Pour l’édition 2025 du Festival 666, Victor Pépin s’est plié à l’exercice de la conférence de presse le dernier jour du fest. L’occasion pour lui de répondre à pas mal de questions sur le passé, le présent mais aussi le futur concernant le Festival 666 qui au fil des années s’est durablement installé dans le paysage metal français
Bonjour Victor, on peut dire qu’aujourd’hui le Festival 666 a pris son rythme de croisière en termes d’organisation. Est-ce que tu envisages de changer le format dans les prochaines années ?
Effectivement on a trouvé notre rythme, c’est la 3ème édition avec la même configuration (les deux scènes côte à côte, le market à l’entrée) tout en consolidant le site pour régler certains défauts.
A titre personnel j’ai l’ambition d’ouvrir une quatrième journée, un format que j’aime beaucoup. Après en ce qui concerne la jauge, si on devait l’augmenter, on devrait changer de site.
Les blind pass ont déjà été mis en vente. Tu peux nous dire où on en est et est-ce que tu as un nom à annoncer ?
On en avait mis 300 en vente et tout a déjà été vendu. Pour le moment je ne peux rien dire, même si j’aime bien annoncer un nom assez tôt dans l’année, histoire de donner la couleur de l’affiche pour les festivaliers
Il y avait une ouverture à l’international depuis deux ans, cette année on revient à une programmation plus franco-française. C’est dû à une difficulté à booker les groupes ou c’est l’expérience de l’année dernière qui a généré des difficultés ?
Les difficultés rencontrées l’année dernière ont été très constructives. La raison pour laquelle on a eu un gros plateau français sur la journée de samedi, c’était pour rendre hommage à nos têtes d’affiches des premières éditions (Tagada Jones, Shaârghot et Mass Hysteria) sur une même soirée. D’ailleurs on n’a jamais été aussi nombreux à Cercoux que samedi soir avec un peu plus de 3000 personnes.
Peux-tu nous expliquer comment tu construis le plateau du festival ?
Oui, généralement je commence par aller chercher les têtes d’affiches internationales, qui sont les plus difficiles à confirmer, tout en gardant un œil sur les propositions de la scène française.
C’est une fois que j’ai les têtes d’affiches internationales que je construis le reste de l’affiche pour avoir quelque chose de cohérent. Si je fais l’inverse, je peux me retrouver bloqué sur un genre musical ou alors cela part dans tous les sens.
Quel bilan tires-tu à chaud de l’édition 2025 ?
Alors le 1er point d’amélioration c’est de baisser la température ! Je vais arrêter de dire qu’il fait toujours beau à Cercoux, parce qu’en ce moment c’est compliqué avec la température.
Plus sérieusement j’aimerais améliorer les conditions d’hygiène pour les festivaliers, que ce soit au camping ou sur le site, mais aussi rajouter un point d’eau et des toilettes près de la scène. On pense aussi à un site ou une application l’année prochaine pour recharger le cashless sans devoir remonter sur l’accueil comme aujourd’hui.
Dans les points positifs, tout le monde est content, c’est super. Les artistes sont contents de venir jouer et de la façon dont on les accueille, avec les conditions techniques que l’on propose sur scène. Et si les artistes se sentent bien, ils donnent tout sur scène, et les festivaliers sont contents. C’est un cercle vertueux.
Au niveau des finances le festival est à l’équilibre ?
On est à l’équilibre depuis quelques heures (la conférence de presse s’est tenue en début d’après-midi le dernier jour). C’est rassurant.
Après on n’est pas un festival qui perd de l’argent, c’est pour cela qu’on arrive chaque année à progresser tant au niveau de l’affiche que des infrastructures.
De ce fait nos partenaires ont confiance en nous, ils savent qu’ils seront payés à la fin du mois d’août et mine de rien ça change pas mal de choses.
Et avec la municipalité et les riverains, tout se passe bien ?
Pour les riverains il y a une stratégie : Il faut les inviter pour leur montrer la réalité du festival. De cette façon ils rencontrent les festivaliers, découvrent qu’ils sont très gentils, et peuvent même apprécier l’ambiance.
Après ils voient aussi ce qu’un festival peut apporter à leur commune, aux commerçants ou même pour eux, en proposant leur logement en Airbnb aux festivaliers.
Le festival est même très attendu. Il y a des producteurs locaux qui demandent à venir sur le market pour proposer les produits du coin.
L’entrée, l’accueil, la place du merchandising, pas mal de choses ont changé ces dernières années. Tu vas continuer à faire évoluer les choses ?
C’est ce qu’on a cherché à faire cette année déjà, en créant un market bien plus complet, on a inversé l’entrée et la sortie par rapport aux autres années, pour avoir des accès identifiés, (ce qui semble avoir plu aux festivaliers). Cela a permis d’améliorer la gestion des flux.
Le petit chemin éclairé qui partait du parking pour aller au festival a été fermé volontairement, pour des raisons de sécurité. Rapidement on se faisait piquer la lumière qui était installée sur le chemin. Du coup le chemin n’était plus safe. Maintenant les routes sont fermées par arrêtés municipaux
Tu évoquais la possibilité de pass à 4 jours, ou déplacer éventuellement le festival sur un nouveau site pour agrandir la jauge. Tu peux nous en dire plus ?
La priorité serait de consolider le format 4 jours. J’ai actuellement une offre pour un groupe qui serait sur un jeudi soir. Si elle se confirme, on passera automatiquement sur 4 jours. En ce qui concerne l’augmentation de la jauge, je travaille sur des solutions pour augmenter la taille du festival, et permettre d’attirer des nouveaux groupes, avec une jauge autour de 6-7000 personnes par jour. Et je pense qu’avec cette jauge on peut largement garder un festival à taille humaine. Mais ça implique un nouvel agencement du site, on rajoute une nouvelle scène. Ça sera un nouveau budget à monter.
Grâce à la mairie de Cercoux on peut disposer des locaux de l’école gratuitement, on n’a pas de coûts fixes, on n’a pas besoin de monter une cuisine, on ne paye pas l’eau et l’électricité, tout est mis à dispo par la mairie. De ce fait notre festival n’est pas cher à produire. Le jour où on change de site, il faudra prendre en compte tous ces paramètres.
Pourquoi tu souhaites faire grandir le festival ?
C’est mon ambition personnelle, l’association est au courant, j’aime programmer des groupes, je pense qu’avec une jauge autour de 7-8000 personnes je pourrais programmer des supers groupes. Il y a de la place en Nouvelle Aquitaine pour un festival metal de cette envergure.
Maintenant que tu fais partie du paysage metal français, tu es approché par des gens ou des assos ?
Je reçois des messages parfois d’assos ou de festivals qui se lancent. Quand j’ai commencé j’y suis allé au culot et j’ai tout appris moi-même. Le plus important selon moi pour réussir et perdurer c’est d’avoir un bon réseau, de l’entretenir, faire de nouvelles rencontres.
Le réseau c’est un de tes points forts, puisqu’à après le 1er confinement, tu as été un des rares à maintenir ton festival grâce au réseau associatif local. Est-ce que ce réseau est toujours présent avec toi aujourd’hui ?
Oui c’est toujours le cas. Une très grande partie de la logistique repose sur le réseau associatif de Cercoux qui nous prête voire nous donne du matériel. Ça nous permet de trouver des solutions pratiques rapidement. Par exemple c’est tout bête mais tout notre matériel qui représente plusieurs semi-remorques, on les stocke gratuitement chez un partenaire local qui a de la place chez lui.
C’est pour ça que si jamais un jour on devait changer de jauge, la priorité serait de rester à Cercoux.
Il existe un réseau de festival de la même capacité que le 666 ?
Je discute régulièrement avec le Motocultor, de temps en temps avec le Omega Sound, le Plane’R, le Kave Fest. On discute entre nous dans un groupe WhatsApp où on échange des infos pour programmer les groupes, leur cachet, comment ça se passe avec eux.
Il y a eu beaucoup de marques d’affection de la part des groupes dont ceux qui étaient déjà venus jouer au 666. On imagine que ça doit beaucoup toucher l’équipe du fest ?
Oui en plus la journée de samedi, on aurait pu croire à une journée anniversaire, tout le monde avait le sourire et était aussi ému. On ne remerciera jamais assez nos bénévoles, qui travaillent très dur sous cette chaleur. C’est bien que les groupes l’aient fait autant cette année, ça va droit au cœur des bénévoles. Ce n’était vraiment pas facile cette année il a fait très chaud sur les 3 jours
A titre personnel, quelle place prend le Festival 666 Dans ta vie ?
J’aimerais pouvoir vivre de l’organisation d’évènements en France. Le festival est forcément le point de départ de cette passion. J’adore le live. J’ai plein de petits projets qui n’ont rien à voir avec le metal. Je me posais la question de monter un festival de house, un festival de K-Pop, je n’aime pas la K-Pop mais j’aime le live. Tout ne va pas se concrétiser mais j’aimerais vivre de ça à long terme. L’année prochaine je suis encore un peu bloqué en région bordelaise, mais j’aimerais pouvoir me tirer un salaire en produisant des évènements tout au long de l’année.



