Entretien avec Mattjö Haussy du groupe Hrafngrímr
Hrafngrímr : « Des artisans authentiques »
Interview réalisée au Motocultor Festival, Carhaix, samedi 15 août 2026.
Vendredi, 17h25 sur la Bruce Dickinscène, en plein cagnard et dans la poussière ocre de Kerampuilh, Hrafngrímr a transformé une fin d’après-midi caniculaire en cérémonie collective. Samedi matin, onze heures trente, le décor est nettement moins solennel : une table en plastique, du café tiède et deux membres du groupe qui n’ont manifestement pas beaucoup dormi.
Mattjö Haussy, fondateur et chanteur, passé par Skáld, parle beaucoup, vite, et sans filtre. Hindrik Stefanakis, multi-instrumentiste arrivé en catastrophe il y a exactement trois ans sur cette même scène, complète et recadre. Entre deux considérations sur le vieux norrois et le chant diphonique mongol, il a surtout été question d’étiquettes qui ne collent plus, d’indépendance économique et de ce que l’on refuse quand on n’a de comptes à rendre à personne.

Thomas Orlanth : Est-ce que vous pouvez vous présenter ? Notamment toi, parce que lui, je vois à peu près.
Hindrik : Moi, c’est Hindrik. Au sein de Hrafngrímr, je suis principalement multi-instrumentiste. Mon rôle, c’est vraiment de faire toute la partie un peu harmonique, mélodique, etc., avec plusieurs types d’instruments différents, des instruments traditionnels et des instruments anciens. Et je chante beaucoup aussi, pour accompagner Mattjö et Christine.
Mattjö : Ah, et puis tu as une technique de chant mongole, qui s’appelle le khöömei, qui est hyper intéressante.
Hindrik : Ouais, j’apporte un peu de texture vocale, un peu de saturé, du chant diphonique. Voilà, technique mongole, le fameux khöömei.
Et donc toi, tu as rejoint le groupe…
Hindrik : Il y a trois ans.
Mattjö : Pour le Motocultor.
Hindrik : Exactement. C’est mon anniversaire.
Alors justement, je vais commencer un peu brutalement. Si j’ai bien compris, le dernier passage au Motocultor, c’était un peu compliqué.
Mattjö : On s’était séparés d’un couple qui était censé être des amis. Et il a fallu vite trouver une solution pour assumer le show. Du coup, on a appelé Hindrik, qui nous avait déjà sollicités, en vrai, au tout début de Hrafngrímr.
Hindrik : Oui, oui, oui.
Mattjö : Et comme par hasard, sa photo de profil, elle était what the fuck, parce qu’il avait une sorte de chapeau-casquette, comme ça, en forme de sanglier. Et je me suis dit : ce mec n’est pas sérieux.
Et pourtant, j’adore l’excentricité et l’originalité.
Hindrik : Je suis passé à côté, je crois.
Mattjö : Et puis, entre-temps, on s’est… Parce qu’il fait partie de Det Var, aussi. Du coup, on s’est rencontrés comme ça, il me semble. Et puis voilà, finalement, on avait besoin de quelqu’un de doué, d’une belle personne, d’une belle personnalité.
C’est hyper important pour nous, d’être avec des belles personnalités. Un génie qui est un casse-couille, un emmerdeur, et qui est toxique, j’en veux pas. Et lui, non seulement c’est un génie, mais en plus c’est un bisounours.
Hindrik : Génie et bisounours… Je vais changer ma bio instantanément.
Mattjö : Il avait deux semaines, il n’avait que deux semaines pour travailler tout le set. Et c’est comme ça qu’il s’est retrouvé avec nous. Donc c’est un peu une date anniversaire, finalement.
Hindrik : Totalement. C’est pour ça que je dis que c’est mon anniversaire, j’ai trois ans ici. Ça a été une petite aventure, c’était rigolo. Un appel à quatre heures du mat’ : « ça te dit de remplacer deux personnes en deux semaines ? »
Mattjö : Oui.
Hindrik : Donc c’était un peu folk. Mais c’est un bon souvenir. Et du coup, j’aime bien l’idée d’anniversaire, je suis trop content de revenir cette année, notamment pour ça.
Et donc, toi, personnellement, au niveau ressenti, tu reviens sur le Motoc’. Là, le concert était…
Mattjö : Déjà, pour nous, le Motoc’, la première expérience a été superbe quand même, malgré les difficultés qu’on avait rencontrées. Et du coup, avec Christine et les autres, on reste à chaque fois, maintenant, tout le week-end. Parce qu’en plus, il y a plusieurs anniversaires dans cette période-là.
Et pour répondre à ta question, l’expérience était totalement différente. Il y avait beaucoup de gens qui nous découvraient, beaucoup de gens qui commencent à nous connaître. L’énergie sur scène et l’interaction avec le public étaient formidables. D’habitude, les gens sont plutôt dans la contemplation… Pas la contemplation, dans la…
Hindrik : Ah, moi, c’est le mot que j’aurais utilisé.
Mattjö : Oui, il y a un côté un peu… Il y a quelque chose d’un peu solennel. Et là, avec le travail qu’on a fait et la façon dont on interprète nos chansons, avec le changement de line-up qu’on a fait aussi entre-temps, avec les percussions, qui envoient un groove de ouf : il y a des mecs qui slamaient, il y a des gens qui ramaient, comme dans les concerts d’Amon Amarth. Il y avait vraiment une énergie de fête et de partage.
Il y avait les chansons où on pouvait faire les cons et les chansons où le côté solennel reste. Des gens sont venus nous voir après en disant « tu nous as fait voyager », alors qu’ils ne comprennent pas le vieux norrois.
Et on les fait voyager, c’est génial.
La comparaison entre la première fois et celle-ci, c’est… on est à la maison, on est confort, on est super bien accueillis et on a envoyé tout ce qu’on avait. Voilà, c’est un peu différent.
Moi, en tout cas, je l’ai reçu dans la gueule. Alors justement, le côté contemplatif, le style « nü nordic », c’est un peu vous qui l’avez créé. Enfin, disons que l’expression est quand même très liée au groupe.
Mattjö : Oui, dès le début, on a mis « nü nordic » direct.
Et qu’est-ce que vous mettez encore dans ce style, sachant qu’en ce moment, il y a à peu près tout le monde qui s’engouffre dans le nordique, avec de la dance nordique, du machin nordique, du truc nordique ?
Mattjö : En vrai, je crois qu’il faudra qu’on change. « Nü nordic », c’était au début, parce que je sortais de chez Skáld, que je suis dans la reconstitution historique viking et que mes croyances, ma culture sont là. Je crois que ce n’est plus tout à fait vrai avec le style qu’on fait.
Il va falloir changer d’étiquette, je crois. Parce qu’en fait, on apporte du chant mongol, Hindrik et moi. Mus, il apporte énormément d’ingrédients orientaux. Christine, elle apporte des trucs qui ne sont pas du tout ethniques. Lui (désignant Hindrik), il amène des trucs grecs aussi. Nesh, il amène des trucs irlandais, avec son expérience black metal. Je crois que le « nü nordic » n’est plus forcément adapté.
Moi, j’aimais bien ça au départ, pour essayer de créer un mouvement, parce que je fais ça depuis que je suis tout gamin : prendre ce qu’il y avait de bien dans le passé et le mélanger avec ce qu’il y a de bien dans le présent. Je ne suis pas sûr que ça s’adapte encore véritablement.
Il y a tellement de mélanges dans ce qu’on fait, et d’inspirations diverses et variées, qui finalement montrent bien ce qu’on voulait faire au départ. Ce qu’on voulait faire au départ, c’était se dire qu’il y a une tradition. Tradition, ça veut dire transmettre.
Il y a plein de traditions qui en découlent. On voulait faire un truc universel et universaliste, qui rassemble. Donc « nü nordic », je ne suis pas sûr. Moi, j’aime bien, parce que je suis fan de neo metal et que je suis dans mon délire nordique.
Mais en réalité, je crois que cette étiquette ne me correspond plus, à moi. Elle ne correspond plus au groupe. Si je réponds correctement à ta question.
Parfaitement, c’est la logique de ma question. On revient un petit peu sur le côté fondamental, qui est quand même original : chanter en vieux norrois. Ce n’est quand même pas évident, pour des Français. C’est particulier, même carrément osé. Donc vous bossez avec un docteur, Jules Piet, c’est ça ? Je fais un petit peu mes recherches, quand même.
Mattjö : Je vois, je vois. Tu as bien bossé.
J’aime bien comprendre. Et les paroles, c’est quand même pas mal critique, quand on traduit.
Mattjö : Aujourd’hui, oui. On a passé un step. Avant, on prenait des textes du Hávamál, des textes écrits par un érudit du XIIIe siècle, comme Skáld, comme Nytt Land le faisaient autrefois. En gros, on chantait les mêmes textes avec des musiques et des sensibilités différentes.
Ce qui n’était plus trop intéressant pour nous, le groupe ayant évolué et les personnalités intégrant le groupe n’ayant pas les mêmes affinités avec ce qu’on vient de dire juste avant : le viking, l’histoire, la reconstit, l’archéologie.
Il était important qu’on puisse avoir une émotion commune. Quand on chante une chanson, quand on l’interprète ou qu’on la joue, il faut quand même qu’on la vive.
Hindrik : C’est une belle langue pour raconter des histoires.
Mattjö : Donc on a créé un mythe autour d’un des neuf mondes, qui est Niflheim. Et on a créé des personnages qui s’appellent les Niflungar, ce qui nous permet une liberté. En fait, le postulat, c’est qu’on a fait une chanson avec Nytt Land qui s’appelait « Köllum Miðgarðs Vættir ». Ça veut dire « nous appelons tous les esprits de Midgard à s’unir », parce qu’il y avait la guerre, parce qu’il y avait tout ça.
C’était un message de paix et de rassemblement. Et donc on part de cette chanson-là pour dire que les Niflungar l’ont entendue. Comme il y a beaucoup de paganismes, beaucoup de gens qui croient en toutes ces choses-là, les ponts entre les neuf mondes sont de nouveau ouverts.
C’est un peu comme les égrégores : plus tu y crois, plus ça existe. Et donc on a créé cette mythologie-là, avec des codes et des éléments mythologiques nordiques, pour justifier notre présence. Les Niflungar viennent en Midgard et voient la catastrophe, depuis mille ans que les ponts ont été coupés.
Il y a toujours de l’injustice, il y a toujours des meurtres, il y a toujours des féminicides, il y a toujours des viols d’enfants, il y a toujours des guerres inutiles pour de fausses raisons. Et donc ça nous permet d’exprimer, avec notre regard de contemporains, ce qui nous dégoûte.
Parce qu’on vient tous de groupes de rock ou de metal, et ce qui nous animait toujours dans ces groupes-là, c’était justement ce côté rebelle, activiste, anti-système. Anti-système dans le sens où ça profite à une petite minorité et pas au grand nombre. Donc ça nous permet d’être encore plus honnêtes.
En fait, on a gardé le vieux norrois parce que ça apporte quelque chose dans le mythe et dans la mythologie.
Thomas: Et dans la sonorité, aussi.
Mattjö : Tout à fait. Mais en fait, ce qui est hyper touchant, c’est que les gens ne comprennent pas le vieux norrois et qu’ils comprennent le message quand même. Et c’est là que toute la puissance de la musique et des voix fait le taf.
Ça, ça m’émeut énormément, parce que quand les gens viennent nous voir après le concert : « cette chanson-là, ça m’a ému, j’ai compris ça »… et c’est ce qu’on a voulu dire.
Donc effectivement, on est beaucoup plus militants, on s’assume beaucoup plus, on est beaucoup plus affirmés dans notre activisme, entre guillemets. Et ça nous permet de dire ce qu’on pense de notre monde actuel.

Et à propos de cette langue : toi et Christine, vous la maîtrisez vraiment ? C’est-à-dire, vous seriez capables de… ou c’est juste pour le chant ?
Mattjö : Non. Ça reste une langue morte, comme le latin. Il y a beaucoup, beaucoup de choses qui ressemblent à l’allemand, au néerlandais ou à l’anglais. Ou à l’islandais : c’est une langue qu’un Islandais comprendrait quasiment parfaitement, elle a peu évolué depuis mille ans. Donc voilà, de la grammaire, du vocabulaire à droite à gauche, je peux te dire oui. Mais avoir une conversation, impossible.
Mais alors, c’est extrêmement compliqué de retenir les paroles, quand même. Je ne sais pas comment vous faites. Vous avez un petit truc ?
Mattjö : Non. En fait, on écrit les paroles en anglais au départ.
Ah, quand même.
Mattjö : On les envoie à Jules. Jules essaie de respecter certaines métriques et certaines choses, et il ajoute aussi parfois certaines symboliques. Donc ça lui permet à lui aussi de mettre son émotion dedans. Et à la fin, on s’adapte. Et puis après, on les répète tellement que ça va tout seul.
Hindrik : On en rêve la nuit.
Mattjö : C’est vrai que c’est assez naturel, en anglais. Mais ça reste compliqué. Christine a souvent exprimé qu’elle préférait parfois chanter en anglais. Et peut-être que ça serait intéressant… Comme on disait tout à l’heure, un lien entre le passé et le présent.
Peut-être que moi, qui fais de la reconstit, qui étais dans Skáld avant et qui faisais des trucs vikings avant, je continue de chanter en vieux norrois, et que Christine chante en anglais. On va faire des tests. Là, il y a une chanson qui marche très bien, qu’on n’a pas enregistrée mais qu’on joue en live depuis peu, l’interlude, où elle chante en anglais et moi en vieux norrois.
Et ça marche très, très, très bien. Donc à voir, ça pourrait être aussi une évolution du groupe. Et symboliquement, ça peut marcher très fort.
Il y a un bouillonnement permanent.
Mattjö : Oui, on se remet en question tout le temps, on bosse tout le temps. Mais ça nous anime beaucoup.
Si vous aviez un fonds illimité. Il y a un mec qui vient, il dit : tu veux combien ? Dix millions, OK, mais tu fais un projet, tu fais quelque chose. Vous pouvez avoir des réponses différentes. En gros, de quoi rêveriez-vous pour le groupe ?
Mattjö : Un festival gratuit pour les gens.
Hindrik : Oui, j’étais sûr que ça allait dire ça.
Mattjö : En vrai, je pense que ce qu’on demanderait, c’est de faire quinze, vingt dates par an. Pas plus. Avec un show incroyable qui transporte les gens, qui leur fait du bien, qui leur permet de… Pas dans le trip Heilung, parce que Heilung, ça veut dire soin en allemand, enfin guérison, healing, c’est pareil. Mais plus une parenthèse de douceur. Une parenthèse de bonheur. Où on se visite soi-même. Une introspection. Un truc cosmique, je n’en sais rien. Un truc qui fait du bien. Parce qu’on vit vraiment dans un monde difficile. Le monde a toujours été difficile, en vrai. Il a été un peu mieux…
Hindrik : En tout cas, on a eu cette impression-là.
Mattjö : Il a été un peu mieux à un moment. Il est toujours mieux qu’il y a un siècle ou deux siècles. Mais je pense que ce serait intéressant que ce monde change, pour que les gens puissent profiter de leur existence. La vie, c’est super précieux. On n’en a qu’une, le temps passe très vite. Et je trouve que c’est absolument horrible qu’une seule vie soit gâchée pour telle ou telle raison. Tu es né pour mourir et tu prends un risque toute ton existence, d’avoir un accident, d’avoir des drames. Donc c’est ça : avoir suffisamment de moyens pour offrir une merveilleuse parenthèse. De la poudre aux yeux… enfin, des étincelles. Des étoiles. Des étoiles dans le cœur, dans les yeux. Et voilà, la personne ressort de là et elle se dit : c’est bon, je peux affronter demain.
C’est beau. Alors, en attendant de pouvoir faire ça ?
Mattjö : On va le faire tout seuls. C’est pour ça qu’on a construit un écosystème, avec le Fensch Viking Fest, avec les FVF Pagan Nights. C’est un festival où tu es venu.
Oui, et je reviendrai avec plaisir. Dès qu’il y en a un.
Mattjö : Il va falloir qu’on arrête que ce soit gratuit, parce que finalement, on galère, c’est un peu compliqué. Donc avec les FVF Pagan Nights, avec Heiðrún Production, où maintenant on a plein d’artistes, dont Nytt Land, Nemuer, Det Var, tout ça dans cette esthétique-là. Du coup, on est en train de construire tout ça avec notre bière, la Valh’Öl, qui est faite par la Brasserie du Jugement Dernier. On est en train de faire un écosystème qui nous permet de générer un peu de moyens et d’être le plus autonomes et le plus indépendants possible. Bien sûr, je ne crache pas sur les partenaires. Petit appel, petite bouteille lancée à la mer.
C’était ma question d’après, justement. Vu que vous êtes financièrement indépendants et qu’il y a un écosystème autour, qu’est-ce que ça apporte, et qu’est-ce que ça permet de refuser ?
Mattjö : Déjà, nous, on connaît bien notre sujet, on connaît bien les groupes avec qui on travaille. Donc quand on est avec un programmateur, on peut en parler avec passion. Ce n’est pas juste comme d’autres prods peuvent le faire : jeter un coup de canne à pêche et voir si ça mord.
On est vraiment investis, impliqués. On ne travaille qu’avec des groupes qui sont humainement adorables. Il n’y a aucun compromis. Il n’y a pas d’agresseurs sexuels, il n’y a pas de violeurs, il n’y a pas de racistes, il n’y a pas de fachos. Voilà, c’est ça, c’est cette liberté-là. Et de pouvoir en parler ouvertement dans la presse et tout ça, de dire « allez tous vous faire enculer ».
Ça, c’est précieux. C’est très dur, parce qu’on est un peu comme des artisans face à des industriels. Mais voilà, on est épuisés. Tu vois, je peux être au Hellfest devant quinze mille personnes et le lendemain être à la friteuse dans un festival, en mode bénévole. Mais au moins, il n’y a pas de compromis. On est entiers, intègres.
Et on ne travaille qu’avec des belles personnes. Beaucoup de handicapés, en vrai, mais des handicapés invisibles : on est tous TDAH, ou TSA, ou HPI. Donc on ne fait pas exprès, mais du coup on a un regard peut-être différent sur le monde.
Et on ne veut pas l’imposer, on veut juste essayer d’inspirer par l’exemple, parce que ça nous paraît la plus belle façon de vivre, en fait, et d’interagir. Et je crois que le metal, c’est ça. J’en parlais encore hier avec un ami : le metal, c’est le partage, c’est le bonheur, c’est l’échange, c’est le respect, c’est la solidarité.
Nous, on est des enfants du metal. Eh ben, on est des adultes du metal, maintenant. C’est beau. Mais c’est bisounours, ça, ce qu’on dit.
Oui, mais pour une fois, j’y crois.
Mattjö : Et puis, dans l’industrie de la musique, on est anti-esbroufe. Il y a tellement de gens dans ce… Et j’en ai rien à foutre de le dire, parce que de toute façon, s’il y a un gars qui dit « ouais ben tu me fais chier, je ne veux pas te programmer », je m’en fous, j’organise la date moi-même.
Donc va te faire foutre, en fait. Donc tous les programmateurs, il y en a beaucoup qui sont des putains de fake people, des gros bâtards de l’esbroufe, qui sont là juste pour leur ego et leur étiquette sociale, et qui niquent les groupes, et qui niquent les subventions, et qui niquent les gens. Tous ces booking agents qui prennent du pognon sur eux. On les encule.
(Un temps.)
Mattjö : Il ne faudra pas dire de gros mots dans l’interview.
Je dirais « sodomie ». Ça passe mieux. Et donc, pour cette très belle fin (rires), c’est une question que je pose à tous les groupes depuis le début. Elle est un peu con, mais finalement, c’est un peu ma marque. En 2026, pour vous, chacun : le groupe en un mot, qu’est-ce que c’est ?
Mattjö : Générosité.
Hindrik : En un mot, c’est dur.
Tu peux en prendre deux.
Hindrik : Raconter des histoires.
Ça passe. Générosité, raconter des histoires. Et moi, je dis que c’est une belle fin. Merci.


