ENSLAVED – Mið
Sortie le 30 octobre 2026 – Nuclear Blast
Dix-sept albums et toujours cette envie d’aller voir ce qui se cache derrière la montagne au bout du fjord. Depuis ses débuts, Enslaved n’a cessé de faire évoluer sa musique, en gardant ses racines bien ancrées tout en laissant ses branches s’étendre vers de nouveaux horizons.
Avec Mið, annoncé pour le 30 octobre 2026 chez Nuclear Blast , les Norvégiens nous invitent à un voyage comme le nom l’indique en vieux norrois vers le centre. Mais connaissant le groupe, il aurait été étonnant que le chemin soit une simple ligne droite !
Après Heimdal, Ivar Bjørnson, Grutle Kjellson et leurs compagnons nous proposent huit titres où se croisent black metal, passages progressifs, voix rugueuses et mélodies plus lumineuses.
Et comme souvent avec Enslaved, une même composition peut nous entraîner d’un paysage à un autre sans que l’on voie le virage arriver.
L’introduction « Non-Being » ouvre le voyage et nous laisse le temps de franchir le seuil avant que « I Am Ice » ne nous saisisse. Le chant du musicien sámi Johan Sara Jr. apporte d’abord une couleur qui évoque les terres du Grand Nord.
Puis la voix growlée de Grutle surgit comme un farfadet tapi derrière une souche d’arbre, tandis que les guitares acoustiques côtoient une accélération black metal. Enslaved prend ensuite le temps de nous emmener vers des contrées plus progressives. Un morceau qui donne déjà une idée de la diversité du voyage.
Avec « Solar Will », on retrouve un Enslaved plus familier, celui que l’on aime entendre jouer sur les contrastes. La voix rugueuse du bassiste s’appuie sur de puissants riffs, tandis que les voix claires se glissent en arrière-plan et prennent de la hauteur. Le rythme s’emballe et l’ensemble avance avec une énergie communicative.
Les Norvégiens savent toujours comment mêler puissance et mélodie sans perdre leur identité. Il en est de même sur « Tales of Trees », où les éléments s’assemblent avec un naturel qui fait plaisir à entendre : voix growlée, ligne de synthé apaisante, chant clair solaire, accélération et riffs black metal.
Un titre typiquement Enslaved, soigneusement construit, où les différentes facettes du groupe trouvent leur place sans se marcher sur les racines.
ENSLAVED : Après dix-sept albums, la flamme brûle toujours!
« Mountain » emprunte un chemin plus surprenant. L’introduction acoustique s’accompagne d’une voix claire et profonde, avant que les guitares électriques ne viennent progressivement s’y raccrocher. Puis le paysage change : la rythmique s’épaissit, se fait presque doom, et un growl semble remonter des profondeurs.
Ce n’est pas forcément le genre de morceau auquel ils nous ont habitués, et c’est aussi ce qui le rend intéressant : même après toutes ces années, Enslaved trouve encore le moyen de nous emmener là où on ne l’attendait pas.
Avec « Spirit Helper », le groupe accueille Kevin Kicking Woman, membre de la nation Blackfeet. Son chant me rappelle par moments certaines sonorités venues du nord de l’Europe, notamment celles des Sámis.
Deux traditions distinctes, séparées par des milliers de kilomètres, qui trouvent ici un écho l’une dans l’autre à mes oreilles. Une rencontre qui donne envie de remonter le temps et d’imaginer ces terres qui reliaient autrefois l’Asie et l’Amérique, bien avant que le détroit de Béring ne les sépare.
« Parting » nous surprend à son tour. Quelques notes de piano dessinent une douce mélodie, rejointes par une guitare délicate, puis par une voix claire. Mais avec Enslaved, mieux vaut ne pas trop s’installer dans son fauteuil : la musique prend de la vitesse et la voix rugueuse vient bousculer cette tranquillité.
Le morceau navigue entre ces deux atmosphères avant de laisser surgir un solo lumineux d’Arve Isdal. Une belle manière de nous rappeler que la douceur et la puissance savent faire bon ménage chez les Norvégiens.
Enfin, « I Miðju » débute dans une ambiance résolument progressive avant d’alterner avec les growls et un riffing tout en finesse. La rythmique prend ensuite une allure supersonique.
Une dernière traversée qui rassemble plusieurs des visages du groupe et nous conduit au terme de ce voyage.
Avec Mið, Enslaved continue de creuser son sillon tout en regardant au-delà de ses frontières. Les Norvégiens alternent les atmosphères, accueillent de nouvelles voix et se permettent même de nous surprendre là où l’on pensait connaître le terrain.
Après dix-sept albums, la flamme brûle toujours ; elle éclaire simplement des chemins que le groupe n’a pas fini d’explorer dans cette forête profonde.



