Entretien avec Vincent (Basse) et Guillaume (guitare), du groupe BLACK RIVER SONS.
Jeudi 26 octobre au Dr Feelgood Rocket

Je vous ai découvert avec votre premier EP Run Like Hell en 2017, et je suis passé à côté de votre album Poison Stuff sorti en 2019. Que s’est-il passé depuis pour BLACK RIVER SONS ?
Vincent : Je dirais que c’est l’évolution artistique d’un groupe, une évolution normale. Celle d’un groupe qui se cherche un peu au début, qui évolue au gré de ses envies. On a trouvé notre identité entre ce premier EP et le dernier album. On montait un groupe de rock sudiste à l’époque, un peu naïvement, pour finir sur un dernier album plus moderne. On a décidé de durcir un peu le propos, la production et le son des guitares.
Le Line Up a également changé, avec l’arrivée de Guillaume à la guitare. Vous avez effectivement durci le ton avec cette approche heavy-rock et toujours cet ADN de rock sudiste. C’est l’arrivée de Guillaume qui a été le déclencheur de tout cela ?
Vincent : Non, c’est l’inverse (rire). En fait, pour être transparent, l’album était déjà enregistré. Toutes les parties guitares étaient enregistrées par l’ancien guitariste qui nous a quitté en plein process. On s’est donc retrouvé sans guitariste avec un album presque fini mais pas tout à fait.
Il a fallu donc trouver un remplaçant et Guillaume était celui qui correspondait parfaitement à notre recherche. Il vient du Métal et c’était parfait pour notre volonté de durcir notre son.
Donc Guillaume, tu as rejoué des parties guitare sur Skins ? Tu es reparti de zéro ou tu t’es appuyé sur ce que le précèdent guitariste avait déjà fait ?
Guillaume : Alors oui et non. En fait j’ai gardé des couleurs, des sonorités qui étaient là. Mais ce n’était pas mon jeu, et je voulais quand même apporter ma touche et m’approprier les morceaux. Ils m’ont laissé carte blanche pour le côté arrangement, car j’avais déjà maquetté des trucs pour eux avant.
Vincent : Il y a une relation de confiance qui s’est installée très vite. Il est arrivé à un moment où le calendrier était très chargé. Il fallait préparer un clip, réenregistrer les guitares et s’organiser pour des dates de concerts bookées un mois après. On ne s’est pas trompé avec Guillaume, c’est un musicien incroyable. Il a joué ce qui était écrit et c’était open bar pour la partie solo. Un musicien de cette trempe tu le brides pas, tu le laisses s’exprimer.
Guillaume : Après il ne faut pas minimiser le travail d’Emeric. Dans l’écriture, toutes les twins guitares et les harmonies c’est lui qui a amené ça, et moi je rejoue ce qui avait été composé. Mon apport c’est surtout mon toucher sur ces parties-là, et les solos bien sûr.
Comment fonctionnez-vous pour composer au sein du groupe ? Plutôt en mode « répet » ou chacun chez soi ?
Vincent : Nos vies ne nous permettent pas de passer du temps en répet. Notre temps est précieux. En général, comme dans tout bon projet, on fait confiance en celui qui a les clés du camion et qui sait conduire. Donc t’as un mec qui sait composer, tu lui fais confiance. Il te laisse une marge de manœuvre pour apporter ta personnalité de musicien et d’interprétation. C’est Emeric qui est le compositeur majoritaire dans le groupe.
Parlez-nous des thèmes développés sur Skins. C’est également Emeric qui a la main là-dessus ?
Vincent : Alors Emeric est infoutu d’écrire un texte (rire). Jusqu’ici on sous-traitait les textes. On avait des profs d’anglais pour la plupart, qui écrivaient nos textes (rire). Avec l’arrivée de Frédéric (Basse), qui avait déjà écrit des textes du groupe sans en faire partie, il s’est chargé de la totalité de l’écriture. Les thèmes tournent tous autour de l’individu, de l’apparence, du paraitre. De tout ce qui compose une société en termes d’individus, de comportements et de place dans la société. Skins parle des comportements face aux situations.
Un mot sur la pochette. Elle dénote un peu à mon sens par rapport à votre musique. Elle fait très moderne. Qu’en pensez-vous ?
Vincent : C’est rigolo que tu dises ça. Pour cet album on était tous d’accord pour des compos plus courtes, un son durci, plus « rentre dedans ». On s’est dit qu’il fallait que l’image du groupe évolue également. Sortir du carcan « rock sudiste à papa » quoi (rires). C’est une personne dont c’est le métier qui nous a proposé cette pochette après avoir écouté l’album en pré-prod et à qui on a donné des mots clés.
Vous avez sorti une vidéo avec Birds and Beasts. Pourquoi ce titre et comment l’avez-vous réalisé ?
Vincent : On voulait vraiment trancher sur la transition entre Poison Stuff et Skin. Birds and Beasts était le meilleur titre pour caractériser l’album. Direct, format radio, et incisif. Musicalement il n’y avait pas meilleur choix. Le clip reste du « home made ». On a sous-traité la prise d’image, et le montage c’est Fred qui s’en est occupé, ainsi que la direction du clip.
Vous êtes clairement un groupe de scène. Avez-vous des dates en prévision ?
Vincent : Ah oui la scène représente tout pour nous. C’est en train de se monter. On est en négociation. On a ouvert pour de grands noms comme No One Is Innocent, DAD, Laura Cox, Manu Lanvin, et on veut clairement continuer dans ce sens-là. On aime aussi jouer dans les bars bien sûr, mais on aspire aussi à plus grand.
Quel est votre model économique ?
Guillaume : Pour ma part j’ai été intermittent du spectacle, statut que je viens de perdre car c’est compliqué pour bosser sur Lilles. Avec le covid cela n’a pas arrangé la situation. J’en avait un peu marre de cachetonner aussi.
Vincent : Oui il ne faut pas perdre son âme.
C’est de l’alimentaire en fait finalement ?
Guillaume : Ouais. Je l’ai fait un petit peu et ce n’est vraiment pas pour moi. J’ai envie de faire du Rock au sens très très large, du blues au Métal extrême. Aujourd’hui je veux explorer cela, quitte à avoir un job à côté.
Vincent : On a Fred (basse) qui est prof de guitare, Emeric vend des habits et moi je suis infirmier anesthésiste. J’ai essayé d’être musicien professionnel mais sur le tard, je fais tout à l’envers (rires). J’ai essayé, et je n’ai pas aimé (rires).
A quoi aspirez-vous aujourd’hui, quels sont vos rêves ?
Guillaume : l’argent (rires).
Vincent : Les femmes ? (Rires)
Guillaume : Allo Satan, oui mon âme je vous l’apporte (rires).
Vincent : On aspire à ce que notre musique touche le plus de monde possible, qu’on fasse de bonnes premières parties d’un groupe costaud sur une tournée française ou Européenne. Avoir une tribune d’expression. Que l’histoire se développe encore plus.
Guillaume : Être sur de bonnes affiches.
Dernière question. Avec qui aimeriez-vous tourner dans vos rêves les plus fous ?
Vincent : J’aurais dit BLACKBERRY SMOKE, mais on est plus trop dans le même mood. Zakk Wylde aussi.
Guillaume : Blackstone Cherry ce serait bien. Ou THE DEAD DAISIES.


