Among The Living
Interview

JESUS VOLT : Entretien avec Julien.

Jesus VoltNous avons rencontrés, le 16 février dernier, les parisiens de JESUS VOLT à l’occasion de la sortie de leur nouvel et 6ème opus tout simplement nommé Jesus Volt. Julien, le bassiste du groupe, c’est a aimablement répondu à notre série de question.

Julien bonjour
Salut.

Peux tu nous présenter Jesus Volt?
Jesus Volt est un groupe qui existe depuis 1999 et là, on en est à notre cinquième album studio. Et on donne dans le « Classic Rock Vintage », mais un peu moderne sur les bords.

On va parler de ce nouvel album. Pourquoi ce titre éponyme « Jésus Volt » alors que tous les autres albums avaient un titre?
On a beaucoup réfléchi en fait. Marc Opitz, notre producteur, trouvait qu’on n’avait pas le son qui nous caractérisait le mieux, et donc c’est dans cette direction là qu’on a essayé d’aller. Et du coup cela s’est imposé au fur et à mesure et je pense que c’est celui qui se rapproche le plus de se qu’on aime tous, tous les 4. Et finalement nommé notre album « Jésus Volt » s’est imposé naturellement.

C’est un renouveau de Jésus Volt?
Oui presque. Le renouveau avait commencé avec « Vaya Con Dildo« , l’album précédent, fait avec Marc Opitz également. C’était la première fois que l’on re-rentrait en studio depuis 2006, avec une nouvelle équipe et surtout que l’on faisait venir un aussi gros producteur. On est resté plus de un mois en studio, au Studio Black Box, avec un ingé-son comme Peter Deimel. Et le fait de retravailler avec les mêmes personnes, je pense qu’on a franchi un cap, oui une sorte de renouveau pour l’avenir. On vise la trilogie maintenant !!

 

Vous aviez pris pas mal de temps pour votre dernier album « Vaya con dildo », cette fois c’était beaucoup plus court, vous aviez plus d’inspirations?
Déjà, il n’y a pas eu de problèmes internes au groupe comme cela été le cas précédemment. Le temps de trouver Olivier à la batterie en 2011, de souder l’équipe autour des 4 mêmes a fait que cette fois ci ça a été plus rapide. Bon le temps de faire la promo de l’album précédent, de faire des concerts, de composer surtout mais la dynamique était meilleure. On est tout le temps en train de travailler, on se voit régulièrement.

Est ce qu’on retrouve dans cet album des titres que vous pensiez mettre sur l’album précédent?
Non. On en a retravaillé certains, mais finalement on les a écarté. Donc pour « Jésus Volt » ce ne sont que des nouveaux titres.

Comment se passent les compos?
C’est vraiment un travail en commun en fait. Les idées de départ viennent d’un peu tout le monde. Cela peut être un rythme de batterie, un riff de guitare, un groove un peu particulier qu’on aurait travaillé Jacques (guitariste NDLR) et moi, quelques fois cela part d’un texte. Et puis on se retrouve à 4. Mais on a énormément bossé en studio surtout. On est arrivé avec une base assez « brut » et avec Marc Opitz on a travaillé les groove, les mélodies, et même les textes parfois le jour même pour aller à la quintessence de ce que l’on voulait faire. C’était assez intense car on n’a pas l’habitude de travailler comme ça. Marc nous a beaucoup plus poussé que la fois précédente.

jesus volt

On change pas une équipe qui gagne, Marc Opitz aux manettes, j’allais te demander, qu’est ce qu’il vous apporte de plus, par rapport à Vaya Con Dildo?
Tu sais quand tu as une oreille extérieure c’est déjà très important. Car on n’a pas forcément le recul nécessaire sur notre propre travail. Soit on se trouve génial, soit on se trouve mauvais. Et souvent on a 4 avis différents. C’est ce qui fait l’intérêt d’un groupe, mais quelque fois t’empêche aussi d’aller plus en profondeur. Et donc lui, il est là, avec son oreille extérieure, et puis c’est Mark Opitz. Il a commencé avec AC/DC, Ray Charles, Dylan et d’autres, donc lorsqu’il te parle, les choses ne sont pas les mêmes. C’est vraiment important. Il nous a poussé sur le travail sur le son et surtout il a su mettre le doigt sur ce qui n’allait pas dans nos compos. Des fois ça traîne un peu en longueur, des ponts parfois inutiles, trop de paroles, et donc il t’aide à être plus efficace.

On revient un peu sur l’histoire de votre collaboration. Sur le « Vaya con Dildo« , vous lui aviez envoyé du son, un peu par hasard, sans trop y croire, et il vous avait dit OK. Et maintenant, le fait de vous connaître mieux, il vous permet d’aller plus loin?
Oui, une fois que tu as brisé la glace, pour lui comme pour nous, tu trouves un mec qui a 60 balais, mais qui a son pédigrée. Et il traverse quand même la terre entière pour venir te voir. Il vient de Melbourne, c’est pas à côté. Le studio est génial, mais tu débarques en pleine campagne du côté de Angers, avec une bande type que tu connais pas, donc forcément, il faut un certain temps pour s’adapter à tout ça. Tu connais pas les gens, leurs égaux, comment ils peuvent prendre tes remarques. Tandis que pour cet album, il est arrivé et direct il nous a dit on va faire un album très « rentre dedans », peut être plus court, mais beaucoup plus efficace en allant à l’essentiel. Plus que la fois précédente.
Et ça tu ne peux le faire que quand tu te connais.

Le choix du studio, pour sa réputation de son Vintage?
Au départ oui. Xavier (le chanteur NDLR) connaissait un album de Deus, je crois, produit par Peter Deimel. Donc il y a 3 ans quand on cherchait un studio pour « Vaya Con Dildo », on recherchait vraiment un gros studio avec une belle table, et on avait envoyé plusieurs endroits à Marc Opitz et c’est lui qui a choisi celui là, notamment pour la qualité de la table, des micros, du matos. Et une fois que tu es là bas, tu comprends vite pourquoi tu as envie d’y retourner. Tout est fait pour te mettre à l’aise. Tu dors sur place, ce qui est très important. Et puis il y a Peter Deimel. C’est un des plus grands ingé-son d’après Mark qui pourtant en a vu beaucoup. Le Studio Black Box, Mark l’a quand même mis dans son Top 5 dans le bouquin qui est sorti sur lui en Australie. C’est vraiment un endroit qui te donne envie de faire de la musique.

Certains titres flirtent avec la New Wave, comme « Baby we’re One », est ce une nouvelle orientation?
J’ai pas l’impression que ça sonne New Wave. Je dirais plus que c’est notre côté « Fans de Bowie« , paix à son âme, c’est plus dans cette orientation là. Ca me fait plus penser à la manière dont Bowie approchait la « Pop » au sens large du terme. Toute proportion gardée bien sûr car on n’a pas la prétention de sonner comme lui. Car pour moi la New Wave, c’est une coloration sonore qui ne nous correspond pas du tout. Claviers, boîtes à Rythmes c’est pas du tout notre style. Donc c’est plus une approche à la Bowie ou Iggy Pop des 80s.

Les textes sur l’album précédent étaient assez noirs, quand est il pour celui là?
Toujours un petit peu. C’est vrai que c’est rarement très joyeux. C’est une manière d’aborder les morceaux. On n’a pas forcément envie de parler des choses positives quand on écrit en tous cas.
Bon l’époque veut ça aussi. L’actualité fait que t’as pas envie de rigoler tous les jours. Mais c’est pas politique non plus. Par contre ça parle un peu de cul !! Ca peut être négatif aussi. Tout dépend avec qui tu le fais (Rires). En fait c’est plus mélancolique, et pas forcément noir. Mais c’est pas si négatif que ça quand même.

Bon, il faut quand même dire que sur scène, vous êtes complètement différents?
Ah oui, sur scène, c’est l’énergie. C’est le fun sur scène. On calcule rien.

Dans vos 1ers albums vous étiez plutôt qualifiés Blues, ou Blues Rock. Maintenant on est quand même plus Rock ou Classic Rock comme tu dis, mais vous gardez toujours cette racine Bluesy?
Y’a toujours un peu de Blues. Tous les groupes qu’on aime, que ce soit de John Lee Hooker à Motorhead ou d’ACDC, Led Zep, Les Stones, tu retrouves toujours cette base Blues. C’est ce qui fait souvent la différence avec le Métal, que j’aime aussi. Tu prends le Stoner, c’est pareil, une base de Blues et de Metal. Pour nous, c’est toujours en filigrane. Mais maintenant on est un plus chansons. Ca a évolué. C’était aussi peut être les inspirations du début, avec une section rythmique qui aimait bien l’électro ou le Blues monolithique. Ca tournait souvent sur le même accord à la John Lee Hooker. Et avec le temps et nos influences à nous font qu’on va plus sur le côté chanson, sans retirer le côté Rock ou Blues. Mais Xavier et Jacques ont toujours eu ces inspirations Hard Rock 70s, mais qu’ils ne pouvaient pas l’exprimer avant.

jesus volt

Y’a t’il une continuation avec l’album précédent? Musicalement ou au niveau des textes?
C’est du Jésus Volt. Ça l’était avant, et ça le devient de plus en plus. Plus ça va, plus on va à l’essentiel, en évitant le superflu. J’espère qu’on a réussi. C’est une évolution naturelle par rapport à ce que l’on avait fait sur « Vaya Con Dildo« .
Ce dernier album est peut être plus varié, mais j’ai pas encore le recul nécessaire pour juger vraiment. Des fois, on s’écoutait un peu jouer dans l’histoire du groupe. Ca c’est bien sur scène si tu veux, mais les morceaux à rallonge c’est pas vraiment notre truc. On n’est pas un groupe de Prog, donc si on n’a pas d’autres trucs à dire, pas la peine d’en rajouter des tonnes. On va à l’essentiel. Donc dans ce sens là, c’est une évolution.
On verra pour le prochain. Mais on fera pas du Ramones non plus !!! (Rires)

On le voit même au niveau de la Cover de l’album, très épurée.
Oui, c’hétait une volonté aussi. Épuré dans le nom aussi. Des fois les noms c’est un peu « private joke ». C’est pas négatif, mais t’as l’impression de jouer pour un public restreint. Là, on essaye de s’ouvrir, sans pour autant que ce soit une démarche commerciale quelconque. On voulait un truc assez sobre. Un truc qui correspond à l’album: Rock et Direct. Tu vois la pochette, tu sais tout de suite à quoi t’attendre. C’est du Jésus Volt.

Comment appréhendez vous le concert au Trabendo le 17 Mars?
Impatient. Je suis assez impatient. En plus, on vient d’apprendre que c’est White Miles qui travaille avec nous ce soir là et ça nous fait très plaisir. Le Trabendo est une salle qu’on adore. J’ai vu pleins de concerts là bas. Le son est génial. Je vais monter sur la scène où les Stones sont montés y a 2 ans, ça te fait toujours un petit pincement. A mon avis, c’est une des salles la plus Rock de Paris. Et puis ça montre aussi notre évolution: pour In Stereo, c’était la Boule Noire, Vaya Con Dildo c’était le Divan du Monde, et là c’est le Trabendo, donc ça montre qu’on progresse. Et puis, il faut venir au Live. C’est là qu’on est les meilleurs, là où on partage tout avec les gens. C’est Paris, on habite là donc peut être que c’est con mais moi j’aime jouer ici parce que c’est ma ville quoi.

Au niveau de la set list du concert, ce sera quoi?
On va jouer l’intégralité de l’album, comme à chaque sortie d’albums. Sur la durée de la tournée, je ne sais pas, mais sur le Trabendo, on jouera tout l’album oui. Beaucoup de Vaya aussi et peut être une ou deux « vieilleries » (Rires) en fonction du timing.

Tu peux décrire Jésus Volt en 2 ou 3 mots?
Rock, Fun, Volume. Et puis Danse pour moi (Rires). Tu m’as déjà vu sur scène donc les autres font ce qu’ils peuvent, mais j’ai un pas de danse assez redoutable donc il faut venir nous voir pour ça aussi. Il faut dire que j’ai énormément travaillé donc je pense que ça va donner !! (Rires)

Dernière question: Quel est le dernier album que tu as écouté?
Le dernier Rival Sons et le dernier Tedeschi toute seule. Bon y a Derek Trucks dessus quand même.

Merci Julien
Mais de rien.

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