Among The Living
Interview

Interview de Pat O’May

Nous avons rencontré Pat O’May pour parler de son parcours mais surtout de son dernier opus « Welcome To A New World » qui sort le 22 Septembre 2021.

Pat OMay-


Qui est Pat O’may ? Cet artiste au parcours aussi riche que varié. Comment tu te définis en tant qu’artiste ?

Pat : (rires) Déjà je ne me définis pas comme un artiste, je suis plutôt quelqu’un qui s’est trouvé un véhicule avec la guitare. Ce véhicule me permet de raconter des histoires, c’est ça l’idée. Travailler avec l’outil qu’est cet instrument magnifique, pour avoir le plus de vocabulaire possible, est un vrai plaisir.

Pourquoi avoir choisi cet instrument-ci, qu’est ce qui t’a inspiré et qui pour ce choix ?

Pat : Le déclic ça a été Machine Head de DEEP PURPLE. J’avais déjà réussi à m’extraire de Claude François grâce à The Osmonds et leur Crazy Horse, et là on m’a offert l’album de DEEP PURPLE et j’ai carrément craqué. Je me suis dit : « c’est ça que je voudrais faire ». Et depuis j’essaye pitoyablement d’y arriver (rires). Je me suis tout de suite senti à l’aise avec la guitare. Je me suis mis à bosser comme un dingue l’album Machine Head. Pour la petite anecdote, à l’époque je croyais que le guitariste de DEEP PURPLE c’était Ian Gillan (rires) car sur le vinyle d‘origine tu vois la plupart du temps Gillan avec une guitare sur les photos.

L’enregistrement de ce dernier album m’a fait retrouver l’énergie

Comment as-tu mis à contribution cette période Covid et ce repli mondial forcé qui doivent être, au début inspirants quelque part, mais dans la longueur un peu déprimants ?

Pat : Ta question est très judicieuse car c’est exactement ça. C’est vraiment ce qu’il s’est passé pour moi, comme pour beaucoup de monde. Nous (avec le band) on avait ce projet des 3 Pat, avec Pat McManus, Patrick Rondat et puis moi, et on n’a même pas pu faire la première date. On était à 30 minutes du Forum de Vauréal et on apprend que c’est fini. On savait que la tournée était fichue, mais on pensait au moins faire le vendredi/samedi/dimanche…
A ce moment-là on pensait que cela allait durer deux ou trois mois maximums. Avec le management on voulait même faire un concert de réouverture en Bretagne pour fêter ça avec tous les potes, et on s’est aperçu que c’était mort.
Je suis passé d’une super activité à une sorte de léthargie qui s’est installée petit à petit. Tu vois je suis quelqu’un qui a l’habitude de gérer plusieurs dossiers en même temps, genre un album, un guitar camp et une musique de film, sans être sous l’eau. Et petit à petit je n’arrivais plus à rien gérer, j’étais tout le temps fatigué, je n’arrivais pas à me concentrer.
L’enregistrement de ce dernier album m’a fait retrouver l’énergie, on a pu répéter à nouveau et revivre tout simplement. On s’est retrouvés pour répéter l’enregistrement, un peu à l’ancienne, pour qu’il soit le plus « live » possible. Il y a 70% de cet album qui est enregistré live. J’adore le son de ce groupe, cette équipe, cette cohésion qu’il y a entre nous. Ces mecs sont incroyables, je suis fan. 

L’homme doit réapprendre à s’aimer, à aimer.

Justement à ce propos, est-ce quelque chose que tu as systématiquement en tête lorsque tu composes, ce que le titre rendra en live ?

Pat : Eh bien carrément pas. Je m’en tape de savoir si c’est réalisable ou pas en live. On trouve toujours une solution. Je ne veux pas me limiter et tu vois cela me fait énormément progresser. Je sors de ma zone de confort et c’est ça qui m’intéresse. Composer des trucs alambiqués, un peu borderline, c’est ça que j’aime faire, c’est ça la vie (rires).

Tu es quelqu’un de fidèle en amitié, parle-moi de l’équipe qui t’entoure depuis un moment déjà.

Pat : Oui l’amitié c’est quelque chose de super important pour moi bien sûr. Avec cette équipe il y a l’amitié mais aussi cette cohésion. On respire ensemble, on arrive à se surprendre tout le temps.

L’humain avant tout.

Qui est M. No Face, cet être vierge qui a tout à apprendre et ressentir ?

Pat : C’est toi. C’est toi, c’est moi, cela peut être n’importe qui. C’est un personnage qui synthétise l’homme d’aujourd’hui, celui qui ne veut rien voir, qui se construit dans des peurs qu’il s’invente. La peur de l’autre, le racisme, les religions, la politique et toutes ces conneries.

C’est une sorte de critique sociétale, où l’homme a tout à réapprendre et doit se réapproprier sa liberté ?

Pat : Tout à fait. L’homme doit réapprendre à s’aimer, à aimer. C’est dur parfois de s’aimer soi-même, mais y arriver c’est aussi apprendre à aimer l’autre plus facilement.  C’est un concept multi portes, basé sur ta propre vie, ton expérience.

Il y a un côté lancinant sur cet album, presque triste, qui monte petit à petit vers une fin presqu’explosive. C’est la vision que vous avez de l’avenir ou celle de No Face qui appréhende petit à petit notre monde ?

Pat : J’ai écrit, musicalement parlant, cet album dans l’ordre où il est livré aujourd’hui. Ça s’est trouvé comme ça. Chaque morceau a appelé le suivant, et cela très naturellement. Alors oui, il peut y avoir ce côté-là, je comprends très bien le ressenti que tu en as eu.



C’est important de sortir de sa zone de confort

Il y a beaucoup de « voix Off » sur l’album, notamment sur le titre d’ouverture « I Shall Never Surrender » avec Churchill ou encore sur Friend (avec des messages de Radio Londres). Que représentent-elles ?

Pat : Je suis très branché histoire, et le discours de Churchill m’a toujours plu. C’est un très beau discours. On y retrouve aussi, sur Here To Be, Trump, Thatcher et Goebbels, que des bons (rires). Tu verras sur scène il y aura des vidéos de projetées. Pour les autres voix que l’on y retrouve j’ai demandé à des potes de venir reciter des textes dans leurs langues comme le japonais, le serbe, et autres.

Et le passage « radio Londres » sur Friend, c’est un appel à une forme de résistance ?

Pat : Mais carrément oui, il va falloir se bouger le cul et faire changer les choses.

Welcome to a New World est un concept album, pourquoi avoir choisi ce format cette fois ci ?

Pat : Sur chacun de mes albums j’essaye de raconter une histoire par morceau, et là je me suis dis que cela serait bien d’en raconter une sur plus d’une heure. C’est un mélange d’inspirations d’albums comme « Par les fils de Mandrin » de ANGE ou encore « Tommy » des WHO. On y retrouve un côté cinématographique aussi.

Je souhaite que l’on se retrouve tous

Peut-on dire que c’est ton album avec le moins d’influences celtes à ce jour ?

Pat : Tu as raison il n’y en a pas. Après dans les chorus ou le toucher on y retrouve quand même quelque chose de Celte. Il ne faut pas hésiter à changer et écouter ses inspirations. Tu vois, un gars que je respecte énormément c’est Alan Stivell. Bien qu’il soit très ancré dans l’univers Celtique, il est allé partout et a pris des risques. C’est important de sortir de sa zone de confort. Ça rejoint le concept de l’album.

Le 22 septembre prochain vous êtes sur scène au Café de la Danse à Paris, c’est le départ d’une tournée multi-dates ?

Pat : Ouais, c’est parti pour une tournée avec les inévitables conditions sanitaires imposées. A partir du 22 tout est maintenu pour le moment. Revivre des concerts, cela va devenir une nouvelle expérience (rires). En tout cas on a hâte !

Je te laisse le mot de la fin.

Pat : Je souhaite que l’on se retrouve tous pour partager ces bons moments sans la moindre peur. Arrêtons d’avoir peur et libérons nos esprits.


Pat O’May sera en concert le 22 Septembre 2021 au Café de la Danse à Paris 

Pat O'May

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