Rencontre avec Maggy Luyten, chanteuse de NIGHTMARE.
Mercredi 28 septembre 2016 à Paris
Il y a des rencontres qui ne laissent pas indiffèrent, et celle de Maggy fait partie de celles-ci. Nouvelle chanteuse (aussi douée que jolie) de NIGHTMARE, elle a accepté de répondre à nos questions à l’occasion de la sortie de Dead Sun, le prochain opus du groupe.
Bonjour Maggy, tu as déjà un beau parcours à ton actif, dans un premier temps peux-tu te présenter à nos lecteurs ?
Bonjour, je suis Maggy, nouvelle chanteuse de NIGHTMARE. J’ai vraiment commencé dans BEAUTIFUL SIN avec Uli Kusch (2006), ce qui a lancé pas mal de choses pour moi et qui m’a mené vers AYREON (2008). Il y a eu mon groupe VIRUS IV également avec un album qui a fait un beau petit parcours. Ce fut une expérience qui s’est arrêtée un peu trop vite à mon gout, mais cela fait aussi partie du jeu.
Puis j’ai investie énormément de temps et d’énergie dans le 1er album d’EPYSODE (2011), qui est un concept album à plusieurs chanteurs. Ensuite je suis entrée en mode « silence radio » au niveau de la scène métal, ce qui ne m’a pas empêchée de toujours rester hyper active avec plein de projets musicaux. Mais je suis allée de déceptions en déceptions sur des projets non aboutis. Soit parce que entrepris avec les mauvaises personnes ou au mauvais moment. Bref j’ai encore pas mal de choses en standby.
Et puis NIGHTMARE est arrivé ! C’est pour moi LE groupe que j’attendais, le rêve ! C’est pour moi la continuité logique à la fin de VIRUS IV : j’ai l’impression de recommencer là ou je m’étais arrêtée.
Tu fais du coaching vocal également, c’est une chose que tu mets de coté en t’investissant avec NIGHTMARE ou tu continus en parallèle ?
L’un ne va plus sans l’autre. Pour moi le coaching vocal est lié à ma passion pour le chant et la voix. Je me suis découvert cette passion non seulement d’enseigner mais aussi d’accompagner des artistes. Je trouve cela super kiffant de faire un bout de chemin avec des artistes comme ça.

Comment s’est passée la rencontre avec NIGHTMARE ?
On faisait nos courses dans un supermarché, et nos caddies sont entrés en collision. Et de là est né cette collaboration (Rires).
En fait en 2012 ils m’ont invitée à chanter en duo sur The Dominion Gate (part II), et la rencontre s’était vraiment bien passée. Quand les deux frères ont quitté le groupe, Yves Campion m’a contactée et après une très courte hésitation j’ai accepté de les rejoindre. J’avais un bon pressentiment et je savais qu’humainement cela se passerait bien. Musicalement j’ai toujours accroché ce que faisait NIGHTMARE. Et avec la liberté qu’ils m’ont donnée au niveau de la créativité, on est vraiment en symbiose. Au final cela s’est passé comme ça notre rencontre. Très naturellement.
Olivier (le nouveau batteur) était déjà arrivé?
Oui, il venait d’intégrer le groupe. C’est un grand pote de Matt Asselberghs. Ils jouent ensemble dans SANGDRAGON également. On s’entend tous vraiment très bien dans NIGHTMARE, je n’ai pas l’impression de les connaitre depuis si peu de temps.
NIGHTMARE est un groupe avec de la bouteille, une base fan fidèle et importante. Comment as-tu vécu ce challenge de prendre la relève de Jo Amore? Sachant que le milieu métal est, malgré tout plutôt misogyne.
Non ce n’était pas ça le challenge pour moi. Remplacer un homme ne m’a jamais fait peur. Ce n’est pas la première fois que je le fait, sans prétentions, et mes influences sont principalement celles de chanteurs. Quand je chante, je ne me considère pas comme une femme pour autant, j’assume le coté masculin de ma personnalité. On a tous en nous cette ambivalence.
Pour moi le vrai gros challenge est de me dire que j’arrive dans un groupe qui a un passé de 30 ans, dont je suis la lead woman, et de faire en sorte que cela continue. C’est ça le challenge : est-ce que l’histoire continue, entre autre, grâce à moi.

Alors justement, vous vous êtes produits au HELLFEST cet été et aux METAL DAYS, puis plus récemment au SABATON Open Air et au FemME III Festival au Pays Bas. Comment a été reçue la nouvelle mouture de NIGHTMARE ?
Ca a été une vraie claque. Quand on a joué au HELLFEST nous n’avions pas vraiment un public qui nous attendait, rien n’était acquis. Nous avons eu un très bon accueil, pas de jet de tomates ou autres (rires). Pour un premier concert du groupe dans ce line up et sur une prestation aussi courte, nous sommes super contents du retour du public. Ce fut la même chose pour les METAL DAYS.
C’est au SABATON Open Air qu’on a vraiment profité de notre rodage. On y a vraiment pris notre pied. Tu sens vraiment l’évolution de notre apprentissage de la scène ensemble.
Pour concevoir un opus comme Dead Sun, comment travaillez-vous, de la composition des titres à l’enregistrement studio ?
Franck avait pas mal de compos rangées dans ses tiroirs, et Matt également. Quand les deux se mettent à travailler, on sent tout de suite la cohérence qu’il y a dans leur approche des titres. Ils sont très complémentaires ces deux-là (rires). Au niveau de la batterie Olivier est imparable, il est toujours juste et efficace, avec un jeu de doubles pédales précis.
Pour ce qui est des lignes de chant, Yves est un très grand mélodiste je m’en rends compte. Il est impressionnant et arrive avec des idées de mélodies qu’il chante avec une petite voix (rires).
Il y a Patrick Liotard de l’autre côté de la console qui a déjà travaillé sur les anciens albums et qui assure la continuité de l’esprit NIGHTMARE et qui amène également des idées de mélodies.
De mon côté aussi j’ai mon apport, avec la liberté qu’ils m’ont donnée également au niveau des textes.
J’ai trouvé que la production était impeccable sur Dead Sun. Avez-vous travaillé différemment par rapport au passé ?
Clairement la grosse différence est au niveau de la batterie, parce que Olivier a un jeu vraiment diffèrent de son prédécesseur. Le fait d’avoir une femme au chant change bien évidement un peu la donne aussi.
Pour ce qui est du son des guitares, il est fidèle aux autres albums, avec un re liftage fait par Joost Van Den Broek (The Gentle Storm, Epica) à qui on a demandé un son plus « moderne ».
Peux-tu me parler des thèmes abordés dans Dead Sun ? Ce n’est pas très joyeux dans l’ensemble non ?
Si tu regardes bien la pochette tu verras que cela représente bien le message que l’on a voulu faire passer. D’un côté tu as cette partie obscure et de l’autre cette petite fille qui représente l’innocence et l’espoir. Dans les textes de l’album il y a une énergie positive malgré les thèmes sombres qui y sont abordés.
A chacun de trouver son compte dans les textes, mais il y a de l’espoir dans cet album.
Vous venez de dévoiler un nouveau clip avec Ikarus, pouvez-vous m’en dire plus quand à la réalisation de celui-ci ? Synopsis, idée, réalisateur, etc…
Pour ce qui est du choix du titre, malgré que l’on aime vraiment tous les titres de l’album, Ikarus nous a paru être le bon compromis avec son refrain accrocheur. Nous l’avons tourné dans la région de Macon d’où sont originaires Olivier et Matt. C’est Mehdi Khadouj qui avait déjà fait le clip de SANGDRAGON, un véritable artiste avec un œil bien à lui.
Peut-on dire aujourd’hui que NIGHTMARE vient de passer à la vitesse supérieure ?
Clairement. Il n’y a qu’à voir les réactions et vues sur le clip d’Ikarus pour se dire que ça fonctionne. De plus quand on a un soutient comme notre label AFM Records, en terme de promotion ça fait la différence. Je suis intimement persuadée que Dead Sun va toucher son public.

