Interview HELLFEST 2017
Nicolas, guitariste et chanteur du groupe LOS DISIDENTES DEL SUCIO MOTEL
(avec le support d’Emmanuelle Neveu)

Alors que Steel Panther était en conférence de presse, invitant les jeunes filles à montrer leurs boobs, juste à coté j’interviewais le plus sérieusement possible Nicolas, guitariste de LOS DISIDENTES DEL SUCIO MOTEL, groupe de stoner strasbourgeois (2005) avec un peu de difficulté pour s’entendre mais le bougre était très heureux d’avoir été à la hauteur du Hellfest le matin même sur la scène de la Valley et rien n’aurait pu l’empêcher de me livrer ses impressions.
Est-ce le premier Hellfest de LOS DISIDENTES DEL SUCIO MOTEL ?
On a déjà joué au metal corner il y a quelques années mais c’est la première fois où l’on est sur la prog officielle.
Alors, êtes-vous fiers de ce passage matinal ?
Avec les autres DISIDENTES DEL SUCIO MOTEL, on en discutait avant notre passage. Au début, quand tu apprends la nouvelle, tu te fais tout un film de cette date parce que tu l’attends depuis longtemps. Il est très rare que le rêve soit à la hauteur de la réalité. Eh bien là je peux te dire que c’est vraiment ce que j’imaginais, avec l’impression d’être dans un rêve. Pour moi c’est le meilleur concert de ma vie !
Le public était il réceptif ?
Carrément ! Ils étaient nombreux, on ne pensait pas qu’à 10h30 il y ait autant de monde sous la Valley qui était blindée. Cela fait partie des plus gros concerts qu’on ait fait, en nombre de personne. Ils étaient super réceptifs et, ce qui est dingue, c’est que t’as vite fait de te prendre pour une rock star parce que le moindre geste que tu fais le public est tellement chaud qu’il réagit au quart de tour. Ils sont à fond et c’est ça qui est génial. Moi je dis toujours que la réussite d’un concert c’est 50% le public et 50% le groupe. C’est un échange, chacun donne du plaisir à l’autre.
Et du coup c’est passé trop vite ?
Clairement, une demi heure ça passe vite. Tu n’as pas le temps de te chauffer. Tu dois être dedans dès le départ car tu joues aussi devant des connaisseurs de ce genre de musique. C’est la pression assurée.
Racontez-moi votre rencontre qui a l’air d’être épique ?
Ah Ah, ça c’est une grosse connerie. On voulait créer un groupe avec une mythologie et une histoire qui n’étaient pas la réalité mais qui apporteraient un univers et donc on a décidé de s’inventer des personnages du même père mais pas de la même mère originaires du nouveau Mexique. En créant donc LOS DISIDENTES DEL SUCIO MOTEL, on voulait une valeur ajoutée car il y a 10 ans, des groupes de stoner il n’y en avait pas beaucoup. On était une dizaine à tout casser et on voulait faire quelque chose d’un peut marrant et décalé. Cette blague qui dure depuis 10 ans a fait que la notoriété du groupe s’est constituée petit à petit.
Les années ont fait que musicalement on a beaucoup évolué et puis, dans le dernier album on est arrivé sur un truc un peu prog et métal. On a abordé une fiction, on a inventé une histoire un peu plus sérieuse et l’on a abandonné les pseudos et le côté trop visuel, devenant ainsi les LDDSM 2.0 (rires).
Comment avez-vous composé votre troisième et dernier album sorti en 2016, « Human Collapse » (Ripple Music) qui s’éloigne du style stoner pour se rapprocher d’un style aux ambiances progressives ?
Pour la première fois on a créée une histoire avant de le composer. C’est donc devenu ce qu’on appelle un «concept album ». Notre bassiste a amené une thématique qui s’appelle « Human Collapse » qui est un terme de sociologie qui existe vraiment. C’est un phénomène étudié par les sociologues qui démontre l’apocalypse par l’action humaine. On a trouvé que c’était intéressant d’aborder cela car, quand tu regardes autour de toi il y a plein de routes différentes. Quand tu vois ce qu’il ce passe en Syrie, l’election de Trump… On ne voulait pas non plus être un groupe moralisateur donc on a créé un personnage exilé et à travers lui on aborde différents thèmes. Il a occupe une place universelle et tout au long des 10 chapitres, il lui arrive des histoires et il rejoint des communautés bienveillantes ou malveillantes ce qui créé des ambiances selon les titres. La musique ainsi que les textes, donnent le souffle des aventures du personnage. C’est la première fois qu’on compose comme cela. Cela nous a passionné.
Que préparez-vous pour l’année prochaine ?
On va encore continuer à défendre l’album sur scène. On a plein d’idées, mais créer un album reste un processus long. On est assez perfectionnistes alors on prendra le temps nécessaire. On va enregistrer deux nouvelles reprises avec l’idée de reprendre des morceaux dans un style qu’on ne fait pas habituellement. Sur la tournée précédente on faisait un titre de Massiv Attack par exemple. On a été contacté par un label qui a pour objectif de sortir un album de cover de Pink Floyd, qui va reprendre entièrement « The Wall ». Il y aura un disque additionnel de reprises et cette compil sortira fin ou début d’année prochaine. Nous avons aussi d’autres idées comme sortir un EP acoustique. C’est un exercice que l’on pratique quasiment depuis la naissance du groupe mais on n’a jamais vraiment enregistré de titre acoustique. Lorsque nous étions aux Eurockéennes de Belfort, l’exercice nous a marqué.
Assez pour envisager sérieusement un EP acoustique ?
Exactement. Après ce show, on a réalisé que jouer à nu sans être cachés derrière un mur d’amplis nous changeait l’approche musicale des choses. Nous avons concrétisé en jouant récemment sur Strasbourg avec KLONE. Les retours ont été excellents et très encourageant.
Un petit mot pour terminer ?
On vous donne rendez vous dans l’année pour nous donner vos impressions, pour le moment on vous remercie ainsi que l’équipe du Hellfest et le public de la Valley.


