Among The Living
Interview

Rencontre avec Freddy Scherer, guitariste de Gotthard

Nous nous sommes entretenu avec Freddy Scherer, guitariste de Gotthard, à l’occasion de la sortie imminente du prochain album du combo, nommé 13.


Freddy Scherer Gotthard


Bonjour Freddy, avant de parler du nouvel album 13 quel bilan faites-vous de la période Defrosted 2 ?

F.S : C’était intéressant, on a revu et réarrangé les morceaux. C’était différent à jouer, ça nous a fait du bien et aussi à beaucoup de nos fans. Ce fut un petit changement pour une période d’un an et demi mais maintenant, nous sommes contents de revenir du côté électrique.

Depuis fin 2017, certains membres de Gotthard ont eu des projets parallèles. Est-ce que ces échappées ont eu une influence lorsque vous vous êtes retrouvés pour composer le nouvel album ?

F.S : Je dirai pas vraiment car au moment où nous avons commencé à écrire le nouveau disque, aux alentours de mars 2019 et jusqu’à novembre nous étions très concentrés sur le nouveau disque donc les activités annexes sont devenues secondaires. Quand nous écrivons de nouveaux titres, on se retire en studio et on travaille 4 à 5 jours par semaine donc musicalement, ça n’a eu aucune influence.

13 est un album très réussi, un bon résumé du style Gotthard c’est à dire un hard rock raffiné, nerveux et très accrocheur mais ça ne sonne pas comme juste un retour vers votre passé musical. Comment en êtes-vous arrivés à ce résultat ?

F.S : Je pense que quand on écrit, qu’on enregistre et qu’on produit un nouvel album le but n’est pas de retourner quelque part. C’est intéressant de reprendre les vieilles racines et de ne pas les oublier mais on n’essaie pas d’aller quelque part précisément. On écrit les chansons et à la fin c’est ce qui nous plait qui se trouvera sur le disque. Naturellement, il y avait un an et demi d’acoustique derrière nous et ça donne plutôt l’envie d’aller vers quelque chose de plus rock car ça a manqué au groupe.
C’est agréable de changer un peu mais au bout d’un certain temps, on a envie de retourner à ce que nous aimons. Oui il y a des racines d’avant mais ce n’est pas une copie de ça, surtout que le début de Gotthard était sans Nic Maeder et il a une autre influence. Les riffs de guitare sont assez facilement mémorisables, il y a d’autres moments comme sur le dernier morceau Rescue Me où on a choisi une direction musicale jamais explorée avant. Sur Missteria l’une de nos choristes a apporté une teinte légèrement orientale et c’est un endroit où Gotthard va rarement. Et il y a aussi d’autres moments où on entend bien le style Gotthard.

La belle surprise de ce disque est que les guitares font penser aux trois premiers albums avec des riffs nerveux, secs et enchainés assez rapidement tout en ayant la voix de Nic Maeder qui nous rappelle que c’est le Gotthard actuel.

F.S : Pour nous, après un certain temps on perd un peu de vue où on se trouve exactement car on s’habitue aux morceaux, on les écoute vraiment beaucoup mais c’est un bon résumé de ce qu’est le disque.

Une autre réussite de l’album est la production car le son de Silver m’a semblé trop dans les fréquences graves, presque étouffant et trop compact. Si c’était possible, je serais curieux d’entendre les morceaux de Silver avec le son de ce nouvel album car cela changerait peut-être le ressenti sur Silver.

F.S : (rires) C’est très possible … A un moment, on a fait des choix et on les suit à fond. Naturellement, trois ans plus tard il y a toujours des choses qu’on ferait différemment. Nous sommes très contents du disque que nous allons sortir. Sur Silver, les chansons sont de grande qualité mais avec le son un peu froid, un peu plus métal leur côté un peu plus bluesy a été atténué.

Pour la première fois sur ce nouvel album, ce n’est pas Hena Habegger qui a enregistré la batterie et il est remplacé par Alex Motta qui joue avec Leo dans CoreLeoni. Mais est-ce Hena qui a composé les parties de batterie et était-ce différent pour vous de travailler en studio avec Alex ?

F.S : Oui c’est Hena qui a écrit les parties de batterie mais on ne voulait pas d’un batteur quoi joue complètement différemment de Hena. Comme Alex a joué plusieurs vieux morceaux de Gotthard avec CoreLeoni, il est déjà habitué à ce style et il est très fan de Led Zeppelin donc il est vraiment proche de Hena et c’est ce que nous cherchions. On voulait quelqu’un qui soit dans le même style, pas d’un batteur différent trop éloigné du style Gotthard.

A propos de Hena, il a annoncé sur votre page Facebook qu’il prenait du temps pour profiter de ses enfants mais son retour est-il déjà prévu ? Qui va faire la tournée avec vous ?

F.S : Le retour est ouvert et c’est à Hena de décider. Pour la tournée, c’est un de nos amis qui va jouer avec nous. C’est le batteur de Krokus, Flavio Mezzodi et ça va un peu suivre la même ligne même si c’est un autre genre de batteur et nous commençons d’ailleurs les répétitions la semaine prochaine. Ça reste un peu entre nous, dans le petit monde des Suisses (rires).

Vous n’avez pas sollicité Patrick Aeby, lui aussi un ancien Krokus pour la tournée ?

F.S : Bonne question, ça n’a jamais vraiment été mis sur la table. Nous ne l’avons pas contacté, on a laissé un peu la rumeur se répandre que nous cherchions quelqu’un pour la tournée et entre batteurs, la nouvelle se propage vite. Donc il n’y avait pas de demande officielle de Patrick qui a un nouveau projet dans lequel il est pleinement concentré mais c’est un très bon ami du groupe.

Avez-vous déjà décidé quels titres de 13 vous allez jouer sur la tournée ?

F.S : On est en train de discuter mais comme toujours, ça peut varier entre le commencement des répètes et la fin des répètes. Avec le temps à une demi-semaine du début de la tournée, on sent ce qui va fonctionner ou non, ce qui s’intègre le mieux dans le set entier. Sûrement il y en a 2 qui sont fixes comme Misterria et Bad News mais tout le reste, il faut vraiment les jouer et voir le ressenti qu’on a avec.

En dehors de la foire aux vins de Colmar en 2017, cela fait 6 ans que Gotthard n’a pas tourné en France en support d’un album. Est-ce la faute des promoteurs français ou est-ce la dure loi du music business d’aujourd’hui ?

F.S : c’est un mix de tout. Sur cette tournée, nous revenons en France à Paris car nous avons dit peu importe comment mais il faut qu’on revienne à Paris. Evidemment, pour nous c’est toujours intéressant de faire les festivals comme le Hellfest ou d’autres. Nous jouerons aussi en Belgique à l’Alcatraz. Mais nous sommes dépendants de qui est en tournée, comment ça marche avec le booking et si nous avons déjà joué ou pas dans un festival. Nous avons fait le Hellfest il y a 8 ans mais nous n’y jouons pas cette année donc c’est pour ça que nous venons à Paris. Et pour les fans du nord de la France, l’Alcatraz sera une possibilité intéressante de nous voir.

Gotthard est un groupe très proche de ses fans. Avec le succès du Record Store Day depuis plusieurs années, avez-vous déjà pensé à proposer quelque chose de spécial à vos fans ?

F.S : On en a parlé, surtout que le vinyle revient à la mode mais il n’y a rien de concret pour l’instant. Nous sommes concentrés sur la sortie de l’album et la préparation de la tournée. Le Record Day a lieu au printemps et nous serons en pleine tournée donc je ne pense pas qu’il y aura quelque chose cette année.

Est-ce un projet que vous gardez pour les prochaines années ?

F.S : Absolument, c’est super sympa pour les fans et c’est une opportunité de sortir des choses qu’on n’a pas encore publiées. C’est sans doute très intéressant pour les fans.

En parlant de choses jamais publiées, vous avez enregistré un concert acoustique de charité avec Nic à Zürich en 2013 mais ce n’est pas sorti. Où en est ce projet ?

F.S : Comme nous avons publié Defrosted 2 qui est aussi acoustique, ce serait trop de ressortir quelque chose d’acoustique de façon aussi rapprochée dans le temps. Mais c’est fini, c’est prêt et peut-être que dans 2 ans, dans 5 ans ou plus ça sortira.

Après avoir vu votre dvd One Life One Soul, vous semblez parfois ne pas tous être d’accord sur l’orientation musicale pour le groupe, Leo semblant le plus rocker. Peut-on dire que chacun de vous fait des efforts dans l’intérêt général de l’entité Gotthard ?

F.S : Chaque groupe ou presque fonctionne avec beaucoup de démocratie en interne et nous sommes un groupe, pas le projet d’une seule personne. Fort logiquement, il n’y a jamais à 100 % les mêmes idées de direction mais à la fin, on est quand même d’accord que Gotthard est un groupe de rock et de ballades. C’est un peu difficile car les envies évoluent et changent. Chaque disque est fait par tout le monde. Leo aime aussi les ballades, il n’est pas seulement rock et il a composé beaucoup des ballades de Gotthard.

A son écoute, 13 donne le sentiment d’un groupe plus soudé et plus uni, peut-être plus que jamais depuis l’arrivée de Nic Maeder. Est-ce un ressenti que vous confirmez ?

F.S : C’est difficile à dire. Quand nous avons fini le nouvel album, tout le monde en est sorti très content et forcément, un tel sentiment réunit. Si l’un de nous n’est pas content à la fin d’un enregistrement, ça crée des discussions. Mais pour 13, nous sommes tous très contents de ce qui va sortir.

Après vous avoir vu à Lausanne sur la tournée Defrosted 2, j’ai eu de petits doutes sur la longévité de Gotthard car il m’avait semblé que Leo Leoni et Marc Lynn ne s’entendaient plus comme avant. De mémoire, ils ne se sont jamais rapprochés lors de ce concert et ce fut une sensation étrange, sensation renforcée par le fait d’avoir vu CoreLeoni peu de temps avant ce concert de Gotthard.

F.S : Pour les shows acoustiques, nous étions assis alors ça explique en partie (rires)… Sûrement il y a des moments où il peut y avoir des discussions. Nous étions heureux de faire la tournée acoustique mais Leo est le plus rock d’entre nous. Ensuite, ça dépend des dates : en tournée, parfois ça va bien et d’autres fois ça va moins bien. Oui il y a des moments qui sont comme ça et pendant la tournée acoustique, CoreLeoni était une décompression pour Leo. Mais c’est difficile aussi de comparer un show acoustique de Gotthard avec un show électrique de CoreLeoni où il y a beaucoup de vieux morceaux très rock de Gotthard. C’est peut-être aussi plus d’émotions pour Leo de jouer ces titres.

Dernière question Freddy : as-tu un message pour les fans français ?

F.S : Alors le message est simple. On a vraiment tout fait pour pouvoir jouer en France cette année et j’espère que tout le monde passera nous voir. On se réjouit car à chaque fois qu’on joue à Paris, l’ambiance est toujours très fun, très chaude et accueillante. Il y a toujours des villes un peu spéciales, comme Paris ou Londres où nous allons rejouer cette année après la date à Paris. On ne joue pas toujours dans ces endroits mais quand on sait qu’on va y jouer, on s’en réjouit vraiment.


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