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Live Report

BORN OF OSIRIS – WITHIN DESTRUCTION –  AVERSION’S CROWN – LARCENIA ROE @Paris Trabendo

BORN OF OSIRISWITHIN DESTRUCTION –  AVERSION’S CROWNLARCENIA ROE

Mercredi 21 janvier 2026 – Le Trabendo

Un concert Garmonbozia Inc.


born of osiris


Il y a des soirs où l’on vient “voir un concert”, et d’autres où l’on vient se faire traverser par un mur de son. Au Trabendo, la date parisienne de la tournée européenne de Born Of Osiris se classe clairement dans la seconde catégorie.
Une affiche dense, ambitieuse, presque programmatique : Larcenia Roe pour ouvrir les hostilités avec un deathcore frénétique et sans fioritures, Aversion’s Crown pour injecter une lourdeur plus froide et clinique, Within Destruction pour faire basculer la salle dans une énergie plus frontale et “pit-friendly”, avant que Born Of Osiris ne vienne poser son sceau : technique, futuriste, et pourtant étonnamment lisible.

Dès l’entrée, on sent que la soirée ne sera pas un long fleuve tranquille. Le public est un mélange typiquement parisien : aficionados du metal extrême, curieux attirés par le nom de Born Of Osiris, et noyau dur deathcore venu pour les premières parties.
Au fil des minutes, la fosse se remplit par strates, comme si chacun venait prendre sa place dans un scénario déjà écrit : ça va bouger, et pas qu’un peu. La salle, elle, fait ce qu’elle sait faire : proximité, chaleur, et une acoustique qui, quand elle est bien domptée, donne un impact physique immédiat aux grosses caisses et aux basses.

Larcenia Roe

Le premier groupe a une mission ingrate : capter une salle encore en train de s’installer, et la faire entrer dans le rythme sans négociation. Larcenia Roe s’y emploie avec une méthode simple : pas de temps mort. Le son est abrasif, les breaks tombent comme des trappes, et la voix alterne entre hurlements et attaques gutturales dans une logique d’urgence permanente.



La force du set tient à son efficacité : des morceaux courts, une construction centrée sur l’impact, et une présence scénique qui privilégie l’agression contrôlée plutôt que la pose.
En quelques titres, la fosse s’organise : premiers mouvements, épaules qui se heurtent, têtes qui se baissent à l’approche des ralentissements.
On comprend rapidement l’idée : ce soir, la montée en puissance ne sera pas progressive, elle sera immédiate.

Aversion’s Crown

Changement d’atmosphère quand Aversion’s Crown prend le relais. Là où Larcenia Roe joue la saturation et l’urgence, Aversion’s Crown installe quelque chose de plus massif, presque industriel : guitares plus profondes, rythmiques qui martèlent, et cette sensation de “machine” très travaillée. Le groupe a l’art de donner l’impression d’un chaos parfaitement réglé, où chaque accélération sert un plan d’ensemble.



Sur scène, l’approche est plus “statique” dans le meilleur sens du terme : moins d’agitation, plus de poids. Le public réagit différemment : au lieu de l’éparpillement, on voit des cercles se former, des poussées plus compactes, une dynamique de fosse qui devient collective.
C’est une transition idéale : on sort du choc initial pour entrer dans une pression continue, comme une vague qui ne redescend jamais totalement.

Within Destruction

Lorsque Within Destruction arrive, on sent que la soirée bascule du “très lourd” au “très vivant”. Le groupe a cette capacité à transformer une salle en organisme unique : appels au public, rythmiques qui donnent des consignes implicites (“ici tu sautes”, “là tu rentres dans le pit”), et une manière de rendre le brutal étonnamment fédérateur.



Le son gagne en netteté, les refrains (ou plutôt les “hooks” rythmiques) accrochent davantage, et les transitions sont conçues pour maintenir l’attention. Résultat : la fosse s’élargit, les mouvements deviennent plus francs, et même les spectateurs en retrait se retrouvent à hocher la tête, happés par l’énergie.
Within Destruction joue un rôle central sur cette tournée : préparer le terrain pour la tête d’affiche en portant la salle à température maximale. Mission accomplie.

Born Of Osiris

Puis vient le moment que beaucoup attendaient : Born Of Osiris. Dès les premières mesures, la signature est là : ce mélange de technicité et de puissance qui évite l’écueil du démonstratif. Ce qui frappe, c’est la clarté du propos.
Là où certains groupes “tech” peuvent perdre la salle dans la complexité, Born Of Osiris choisit l’efficacité : riffs en cascade mais lisibles, grooves qui retombent toujours sur leurs appuis, et une construction des morceaux qui fait respirer la violence au bon moment.

Le Trabendo réagit comme un baromètre. Les passages ultra-rythmiques déclenchent des rebonds immédiats, les breakdowns ouvrent la fosse, et les moments plus atmosphériques servent de tremplins, jamais de pauses.
Sur scène, l’exécution est précise sans être froide. On n’est pas dans l’exercice de style : on est dans une performance qui assume sa dimension “futuriste”, tout en gardant un lien direct avec la salle.



La tournée met aussi en avant un chapitre plus récent de leur discographie : on sent une volonté de faire cohabiter l’héritage et le présent, de rappeler pourquoi le groupe est devenu une référence, tout en montrant qu’il avance.
Le chant, pivot essentiel, alterne entre agressivité, accents plus parlés, et passages qui servent de points de repère au milieu de la densité instrumentale.

Pas besoin d’artifices excessifs : un light-show bien pensé, des contre-jours efficaces, et cette esthétique métallique qui colle au propos.
L’essentiel se passe dans le son et dans la réaction du public. À Paris, la connexion est nette : ça pogote, ça chante ce qui peut l’être, et surtout, ça suit.
Born Of Osiris a ce talent rare : faire jouer la complexité au service de l’impact, pas l’inverse.

Ce qui rend cette date au Trabendo particulièrement réussie, c’est la cohérence dramaturgique de l’affiche. Larcenia Roe ouvre au choc, Aversion’s Crown installe le poids, Within Destruction déclenche l’emballement, et Born Of Osiris arrive avec l’autorité de ceux qui savent exactement où ils veulent emmener une salle.

Au final, on sort avec cette sensation typique des bons concerts de metal extrême : la fatigue physique, le bourdonnement dans les oreilles, et le sentiment d’avoir assisté à quelque chose de plus grand qu’une simple succession de sets.
Une soirée dense, sans ventre mou, où chaque groupe a joué son rôle et où Paris, une fois de plus, a prouvé qu’elle savait accueillir les musiques extrêmes quand elles viennent avec une intention claire : frapper fort, mais frapper juste.


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