Among The Living
Live Report

Cernunnos Pagan Fest 2024

Cernunnos Pagan Fest 2024

17-18 février 2024
By Thalie Garand & Thomas Orlanth


Le soleil perce en ce samedi 17 février 2024, promettant déjà un excellent week-end sous le signe des musiques ancestrales. Le Cernunnos Pagan Fest, véritable ode à la nature et aux traditions païennes, s’apprête à vibrer au rythme des guitares saturées et des chants gutturaux, mais aussi des sons plus éthérés ou simplement des rires des joyeux visiteurs.

Pendant deux jours, les festivaliers se transforment en une communauté vibrante, partageant une passion commune pour le metal et ses déclinaisons les plus mystiques. Au cœur de cet univers envoûtant, les groupes se succèdent sur scène, déversant une énergie tantôt brute et sauvage, tantôt douce et mystérieuse, qui résonne profondément dans l’âme.

Des riffs puissants et des mélodies envoûtantes se mêlent aux multiples animations, créant une atmosphère unique où le réel et l’imaginaire se confondent. Les corps se meuvent en rythme, les voix s’unissent pour célébrer la vie, la nature et les forces qui nous entourent.

Le Cernunnos, bien plus qu’un simple festival, est une véritable expérience immersive. Un voyage initiatique au cœur des traditions oubliées, une invitation à communier avec les éléments et à renouer avec nos racines ancestrales.

Samedi

 

Cave Growl :

Après un split en 2014 et une reformation en 2022, Cave Growl était visiblement attendu. Le groupe vainqueur du tremplin Cernunnos 2024 a fait son entrée sur scène ce samedi après-midi. L’honneur d’ouvrir les festivités n’est pas des moindres, et les membres du groupe n’ont pas manqué de le saisir avec brio.

Dès les premières notes, l’énergie communicative du groupe a envahi la salle. Le public s’est immédiatement laissé emporter par les riffs puissants et les mélodies explosives de Cave Growl.

Leur folk metal teinté de groove et de bonne ambiance, a su conquérir les cœurs et les oreilles des festivaliers, qui n’ont pas hésité à se déhancher et à headbanger au rythme des compositions originales du groupe.

On a pu sentir une réelle complicité entre les musiciens, qui se sont donnés à fond pour offrir un show mémorable.

Cave Growl a également su se démarquer par sa présence scénique charismatique. Le groupe a captivé l’attention du public tout au long de sa prestation, enchaînant les morceaux avec une énergie débordante et une aisance remarquable.

Le festival commence bien !


Vansind :

Pour inaugurer la grande salle de la Hall, les Danois de Vansind ont déboulé sur scène. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas fait les choses à moitié !

Dès les premières notes de leur folk metal puissant et rythmé, une vague d’énergie s’est propagée dans la salle. Les riffs entêtants et les mélodies explosives du groupe ont immédiatement transporté le public dans un univers de fête et de déchaînement.

Le duo masculin et féminin au chant a été très charismatique, incitant le public à chanter, à danser. De même le duo guitare-basse avait l’air en pleine forme et poussait à headbanger avec une ferveur communicative.

La force de Vansind réside dans sa capacité à combiner des éléments de folk metal traditionnel avec des influences plus modernes. On a ainsi pu entendre des instruments traditionnels se mêler à des riffs de guitare puissants et à une batterie endiablée.

Le résultat est un son unique et explosif qui a visiblement été apprécié par les festivaliers. L’ambiance peut être très lyrique sur certains morceaux, avant d’intégrer quelques bon vieux growls.

Vansind a également profité de son passage sur scène pour présenter quelques morceaux de son nouvel album “Mørket”, dont l’excellent Blot, qui ont été accueillis avec enthousiasme par le public.

Mormieben :

Dans les cales de l’Abreuvoir la bien nommée, le groupe de pirate metal français a accosté !

Dès les premières notes, on ressent l’énergie débordante de Mormieben. Les musiciens, vêtus de leurs costumes de pirates, savent s’y prendre pour transformer immédiatement la salle en fête. Il faut dire que leur musique mélange allégrement le folk metal avec des consonances rock, mais toujours avec humour !

Les paroles, inspirées par l’univers de la piraterie et des légendes marines, entraîne le public dans un monde d’aventure, de liberté et disons-le clairement, de franche déconnade avec des interprétations très personnelles de l’histoire du capitaine Cook par exemple !

On se surprend à avoir envie d’enfiler un chapeau de pirate, un bandeau sur l’œil et prendre une choppe de vieux rhum !

Cesair :

Changement d’ambiance. Nous voilà revenus au calme et à l’ambiance lyrique du neo-folk Hollandais de Cesair. A base de didgeridoo, de bouzouki irlandais, et de violon, la lenteur, la douceur sont omniprésents.

En l’absence de la chanteuse habituelle de la formation, c’est au claviériste Daan van Loon de se coller également au chant, ce qu’il semble faire avec brio.

Blóð Dýr :

Une des excellentes surprises de cette édition du Cernunnos avec cette petite formation au grand talent. On pourrait qualifier leur prestation d’opéra dark folk médiéval, comme quoi il existe encore des styles musicaux à inventer !

Toujours est-il que la performance vocale est là, que ce soit Nea ou Melehän dont les voix se complètent parfaitement bien.

Le rapport au public se fait naturellement, et les membres du groupe semblent avant tout apprécier l’instant. Ce genre de phénomène est toujours communicatif et démontre que tout le monde est bien à sa place !

Un autre point fort du spectacle est incontestablement la narration faite par Melehän entre chaque morceau. On se prend à suivre le conte et se plonger encore davantage dans l’univers proposé.

Blóð Dýr sera certainement un groupe à suivre dont on entendra encore parler.

Kanseil :

Venus d’Italie, Kanseil nous propose un folk metal somme toute classique, mais néanmoins efficace. Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas et l’énergie déborde rapidement de la scène.

La mélodie est présente, entraînante, le chant frôle parfois l’épique du power metal, le groupe se démène sur scène, tout est fluide, bref un très bon show auquel on ne pourrait que reprocher un certain manque d’originalité.

Zniwa :

Le duo Polonais Zniwa sait instiller une ambiance intimiste, douce, proche, parfaitement adaptée à l’Abreuvoir. Nous voilà devant un best of du folk à travers l’Europe, avec des morceaux tantôt très lents et éthérés, tantôt plus vivaces et entraînants.

Le morceau qui pourrait être qualifié de véritable hymne officiel de tous les groupes ayant une quelconque affinité avec le folk, à savoir Herr Mannelig, a ici aussi une adaptation qui ajoute sa petite touche personnelle. On ne se lassera jamais de voir les milles et une variantes de cet ancien chant !

La prestation sait séduire le public qui répond naturellement aux interactions chargées en émotion de la jeune chanteuse.

Encore une fois, le Cernunnos Fest a su dénicher des groupes de qualité !

Wormwood :

Les choses « sérieuses » de la soirée commencent avec la formation suédoise Wormwood qui pourrait fort bien être le clou du spectacle en ce samedi soir. En tout cas, pour ceux et celles qui apprécient un black metal mélodique, sombre et rempli de lenteurs. Cela n’empêche en rien quelques hurlements frénétiques bien placés et un show, qui s’il a une certaine précision chirurgicale, n’en demeure pas moins vivant !

Le froid et l’obscurité prédomine ici tout au long du concert. Les Suédois font preuve d’une maîtrise musicale somme toutes presque normale dans ce grand pays de la musique saturée…

Le morceau de fin pourrait à lui seul résumer le style du groupe : « The Isolationist » (dont le très beau clip vaut d’être regardé) avec son ambiance particulière.

Drakwald :

Au niveau franco-français, voilà encore une tête d’affiche. Drakwald, qui se sont faits relativement rares sur scène ces dernières années, retrouve ici les morceaux qui ont fait leur succès, mais aussi et surtout, nous montre les titres du dernier album Black Moon Falls. D’ailleurs, le concert débute avec l’excellent « Devouring the living sun ».

Au niveau du show, si musicalement il n’y a évidemment rien à redire, on ressent quelques hésitations, un peu comme un concert de rodage d’une tournée. Attention, le choix des mots est important ici : non pas qu’il y ait quoi que ce soit à reprocher à la prestation de ce soir, mais il manque une certaine harmonie naturelle que l’on a pu voir dans des concerts précédents.

Quoiqu’il en soit, Drakwald s’affirme comme une des têtes d’affiches de la scène folk/death française que nous allons avoir hâte de revoir !

Skyclad :

Skyclad est l’un des pères fondateurs du folk metal, rien que cela ! Né en 1990, avec un premier album The Wayward Sons of Mother Earth (1991) qui a montré pour la première fois ou presque que le folk et les influences païennes pouvaient se mêler à des sons saturés et une sonorité metal. Tant d’années plus tard, les rythmes saccadés qui sont une des marques de fabrique du groupe résonnent encore avec efficacité.

Skyclad a un cachet particulier, une originalité qui tend parfois vers le rock/folk de pub, avant de revenir bien vite à … Autre chose. « Spinning Jenny », « The Parliament of Fools » ou bien sûr l’excellent titre de fin « Thinking allowed » sont autant de facettes d’un morceau d’histoire de la musique à laquelle nous avons eu droit ce soir.

Un petit bémol en raison de quelques soucis techniques avec une alarme qui a interrompu une dizaine de minutes le concert vers le début du set. Mais peu importe, le public (et le groupe) ont en profité pour faire une petite pause, prendre l’air, avant de reprendre comme si de rien n’était. D’ailleurs, vue l’intensité du show, on aurait presque pu dire « tant mieux » !

L’un des avantages du Cernunnos, c’est qu’on a aussi le temps de discuter et de faire la fête après les concerts. Avant une petite nuit qui nous mènera vers une deuxième journée de festival !



Dimanche :

La météo s’est dégradée, mais peu importe, de nombreux abris sont disponible et c’est sans doute une bonne excuse pour traîner un peu davantage au Caravansérail où se déroule de nombreuses activités, en plus du marché couvert bien sûr !

Outre des petits concerts acoustiques dont certains pourraient être sur les grandes scènes, mais dont le rôle d’ambiance d’un véritable marché médiéval est prépondérant, nous avons droit à diverses animations, tout comme la veille où par exemple, nous avons pu bénéficier des cours en sons et en images de Laëtitia Tison et ses nombreux instruments à cordes.

Diverses boutiques et stands, en plus évidemment de quoi se désaltérer, parsèment le site du festival. La possibilité de se balader tranquillement et de profiter véritablement du week-end est un atout indéniable du festival.

L’idée de fête populaire a toujours été au cœur du Cernunnos. Au final, seuls les concerts des grandes salles sont payants, le reste étant accessibles à tous et certains habitants proches ne s’en privent d’ailleurs pas. Belle occasion pour faire découvrir l’univers médiéval, viking et fantastique.

D’ailleurs, ce dimanche semble placé sous une volonté d’ouverture, avec une affiche davantage tournée vers le grand public.

Enfin, nous parlons essentiellement de la tête d’affiche, car la programmation reste fidèle au festival.

D’ailleurs, Orkhys, qui a le plaisir d’ouvrir aujourd’hui, vont nous le prouver de ce pas.

Orkhys :

La formation française propose un metal mélodique symphonique, mais pas seulement. Des influences de toutes parts parsèment la discographie du groupe. On ne peut quasiment pas qualifier leur style, et il faudra se contenter par un « c’est bien » qui a le mérite de parfaitement résumer la situation, tant au niveau du concert que de la musique.

Le public en tout cas l’a bien compris !

Perchta :

Il est tôt, très tôt pour un black metal venu des montagnes autrichiennes. Les sorcières sont de sortie visiblement, et si nous devions donner un avis tout à fait partial, voilà le gagnant du prix de la Découverte du Cernunnos édition 2024, en tout cas en ce qui nous concerne.

Perchta, qui désigne une sorcière, propose un univers sombre, torturé, mais très proche des forces élémentaires. D’ailleurs, la plupart des titres tournent autour des éléments primordiaux, du désir, des forces de la Nature. En soi, cela symbolise parfaitement l’esprit païen.

La dimension esthétique est présente, et d’ailleurs, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil sur leurs vidéos, qui narrent à merveille leur musique (et qui défient toutes les censures).

Parions que nous les reverrons, et sur des très grosses affiches, à ne pas en douter !

La Maisnie Hellequin :

Les rois (et reines) du spectacle de rue ont su s’adapter à un festival, avec des morceaux choisis pour l’occasion. Ce sont clairement des trouvères habitués à des fêtes médiévales, mais ici, nous avons droit à des versions métalliques qui nous font doutés de l’absence de distorsion sur des instruments traditionnels. La sonorité rend parfaitement l’effet voulu, à savoir démontrer par l’exemple qu’il n’y avait nul besoin de guitar hero pour montrer que l’on a l’esprit metal !

Esprit bordélique, esprit licorne même si on en juge par certains accessoires qui seront portés vers la fin du concert. Quoiqu’il en soit, la Maisnie se paie le luxe d’avoir fait deux concerts ici, l’un sur la scène de l’Abreuvoir, l’autre en tant qu’animation acoustique dans le marché du Caravansérail. Décidemment, quelle énergie !

Nydvind :

Ceci dit, de bons vieux instruments amplifiés bien metal peuvent aussi faire l’affaire. Pourquoi faire compliqué, il suffit de brancher les 220 Volts et de laisser faire la magie d’un groupe d’expérience comme Nydvind.

C’est typiquement le genre de groupe qui réussit une bonne prestation à chaque concert. Et ces véritables vétérans de la scène du Cernunnos Pagan Fest sont décidément inusables.

Un sans-faute de plus !

Domhain :

Autre style avec les Irlandais de Domhain qui proposent un post black/rock/shoegaze, qui par définition est planant à l’extrême. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas d’accélérations.

Les amateurs auront apprécié !

Widhilma :

Avec pas mal de retard, la véritable Mylène Farmer du pagan entre enfin sur scène, accompagnée par sa garde personnelle.

Ici, nous voilà devant une formation qui a su se renseigner auprès de véritables archéologues pour les armes, équipements et costumes.

L’ambiance est cérémonielle, chamanique. Tout est dans l’image dans ce néo-folk. La comparaison osée faites auparavant a pourtant tout son sens. On sent l’ambition et c’est un show millimétré que l’on nous propose et qui saura satisfaire son public.

Belore :

Après un show de superlatifs, nous voilà dans la digne lignée du power metal teinté d’un peu quelque chose de Summoning, épique comme il se doit. Belore maîtrise le genre à la perfection et mérite d’être reconnu.

Le potentiel est bien présent, que ce soit au niveau des compositions, de l’exécution et de l’intensité émotionnelle.

Décidemment, ce festival sait vraiment composer des affiches intéressantes !

 

Vanir :

Les Danois de Vanir, au nom bien choisi, sont un pur produit du viking metal. La guerre entre les dieux est arrivée sur la scène.

Des titres comme « Black Clad » ou « The Fall of Arkona “ ne peuvent qu’être convainquant. D’ailleurs, le public n’en demandait pas tant pour se laisser emporter par l’énergie dégagée. On pourrait presque penser à un Amon Amarth sous hydromel magique.

S’il fallait n’en garder qu’un, prenons un Vanir de ce soir !

Lyrre :

Après la débauche d’énergie viking metal, nous voilà revenus à une ambiance plus calme pour finir le festival, du moins dans la petite salle de l’Abreuvoir.

La Pologne compte de nombreux groupes de folk de qualité, et Lyrre ne fait pas exception. Ici, nous avons le droit à des riffs bien rock pour agrémenter une base plus traditionnelle.

Ceux et celles qui comptaient se reposer, pensant que la partie violente du festival était parti avec Vanir vont vite réaliser leur erreur. Ce n’est pas parce que l’on propose une musique plus mélodique, grand public que l’on ne peut pas faire bouger les têtes en rythme.

Mission accomplie pour Lyrre !

The Harps Twins & The Volfgang Twins:

Un choix quelque peu osé pour un festival tout de même orienté vers certaines musiques extrêmes avec la programmation des Harps Twins en guise de tête d’affiche de clôture.

A partir de maintenant, nous allons tout voir en double.

Nous sommes clairement face à un show « grand public », typiquement américain. Non pas que cela soit une tare (…), mais effectivement, nous nous adressons ici à un autre public.

Quoiqu’il en soit, le spectacle est rôdé, les plaisanteries et l’humour aussi, mais on ne peut que reconnaître qu’elles ont du talent et qu’elles savent s’y prendre pour se faire apprécier même des métalleux réfractaires !

A la seconde moitié du show, au moment opportun pour apporter un peu de testostérone et de percussions, nous avons droit à une double ration de jumeaux, avec les Volfgang Twins qui montrent leurs muscles avec une impressionnante démonstration de percussions et de regards fixes et belliqueux. Ces derniers accompagnent nos blondes jumelles dans leur tournée européennes et avouons que l’association semble efficace.

Que dire de cette édition 2024 du Cernunnos Pagan Fest ?

L’affiche semblait encore plus obscure que d’habitude, mais encore une fois, l’équipe du festival a su dénicher des petites merveilles qui mériteraient d’être davantage mises en avant dans l’univers impitoyable du show bizz !

L’aspect fête populaire du festival, un site très bien agencé et utilisé est toujours une véritable signature de qualité.

Que ferait-on sans une telle date au cœur de l’hiver ?

Alors que le printemps est là, on pourrait rêver d’une édition estivale de ce magnifique festival.

Cela prouve encore une fois que lorsqu’on rassemble des passionnés, et pour organiser et pour jouer sur scène, le résultat ne peut qu’être bon !

Vivement 2025 !



 

Thalie Garand & Thomas Orlanth

Related posts

BOKASSA @Le 1999 – Paris

Stephan Birlouez

THE NEW ROSES – AUDREY HORNE @ Petit Bain – Paris

Stephan Birlouez

HELLFEST 2022 : Les 666 festivals

Thomas Orlanth

Lacher un commentaire

* Utiliser ce formulaire implique que vous êtes d'accord pour que nous stockions les informations que vous nous confiez.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.