Cernunnos Pagan Fest 2026
Samedi 21 février – la Ferme du Buisson de Noisiel
jour 1 : soleil païen, folk mystique et Primordial triomphant

Ce samedi 21 février 2026, la Ferme du Buisson de Noisiel est placée le signe de la convivialité païenne. Le Cernunnos Pagan Fest, fidèle à sa double nature, ouvre ses portes bien au-delà du seul cercle des amateurs de metal ou de folk. Les familles, les curieux et les passionnés d’Histoire se mêlent naturellement aux headbangers en armure de cuir et fourrure.
Nous avons échappé de peu à la fureur des flots, après une semaine de pluies intenses. La magie de l’événement a même repoussé la plupart des nuages. La fête médiévale, entièrement gratuite, fait du festival bien plus qu’un rassemblement musical.
Au Caravansérail, marché couvert débordant de vie à toute heure, les artisans exposent bijoux forgés à la main, habits d’époque, cornes à boire et instruments de lutherie médiévale et autres accessoires aussi nécessaires qu’indispensables, autant de trésors à emporter comme souvenirs d’un autre temps.
Pour les amateurs de musique, des signing sessions sont organisées régulièrement pour permettre à tous de s’approcher des artistes, en chair et en os.
En extérieur, le campement prend vie sous les démonstrations des diverses troupes présentes qui nous replonge dans la vie quotidienne d’époques révolues, mais encore bien présentes ici !
La Forge d’Arnthor laisse résonner son marteau pendant qu’au Caravansérail, Laëtitia Tison offre une conférence-concert sur l’histoire du nyckelharpa, et des instruments du monde entier sont mis à la disposition de toutes les mains curieuses.
Le conteur loufoque Lundazepa anime une chasse au trésor ponctuée de ses contes et grimaces, pendant que Sarah transforme les visages en guerriers celtes ou dragons à paillettes.
Le ventre vide n’est pas de mise : plusieurs tavernes proposent des BrØds (pains vikings garnis), soupes mijotées au feu de bois et douceurs sucrées d’antan, pour soutenir les festivaliers.
Puis, les lumières de la salle s’allument, et c’est une autre histoire qui commence : celle du pagan metal, du folk le plus intimiste au black metal le plus tellurique, portée par une vingtaine d’artistes internationaux venus des quatre coins d’Europe.
Mais commençons ce beau voyage… Presque sous un soleil inattendu bien qu’espéré sur le Cernunnos!

Cissy :
L’honneur d’ouvrir cette édition du Cernunnos Pagan Fest revient à une jeune auteure-compositrice-interprète française de folk pagan.
Cissy, formée au chant traditionnel islandais, puise son inspiration dans les légendes celtiques, les troubadours et les skaldes nordiques. Elle s’accompagne à l’harmonium, au banjo et à d’autres instruments historiques, accompagnée ici par le percussionniste Gaëtan. Son premier album Belladone est sorti en octobre 2024, suivi d’un nouvel opus actuellement en préparation.
Son répertoire intimiste colle parfaitement à l’esprit païen du festival et à la proximité offerte par la salle de L’Abreuvoir, invitant à un voyage poétique dans les mondes celtiques et nordiques.

La Finlande est une valeur sûre pour le folk metal. Kallömaki propose un mélange (d)étonnant de pagan, folk, rock, heavy, qui entraîne facilement le public. Les textes en finnois inspirés des mythes nordiques et de la nature sauvage ne sont peut-être pas très compréhensibles pour le public, mais le rythme et l’énergie dégagée a su convaincre.
La setlist donne la tonalité chantante de cette langue complexe qu’est le finnois :
- Ukrijuhla
- Kutsu Kuolontanssiin
- Kunnes Katoan
- Tyrty Veri Seiso
- Ajastaika
- Nahkavitsa
- Häpeäpolku
- Surman Istuimet
- Tanssihin Varjolasten
- Tuulet Oottakaa

De l’Abîme naît l’Aube :
Après la Finlande, un petit détour par la Suisse avec un jeune groupe de post-metal chamanique.
Leur premier album Rituel : Initiation est fraîchement sorti le 13 février 2026 chez Hypnotic Dirge Records et c’est donc l’occasion de faire découvrir leur musique au public.
Sortant d’une interview avec Stille Volk, nous n’avons pu voir que le dernier titre d’un concert malheureusement légèrement écourté par « un accident de corde ». Cela restera sans doute un, malgré tout, bon souvenir pour le groupe, qui a su démontrer le plaisir de jouer et de vivre leur art sur scène.
Déjà présente dans la petite salle en 2018, la sororité polonaise revient cette année en grand format.
Elles interprètent des chants polyphoniques traditionnels du monde slave et nordique, a cappella ou avec instruments ethniques comme des tambours chamaniques.
L’ambiance est tout de suite mystique dans la salle. Il faut dire que la personnalité de chaque membre de ce grand « laboratoire de chansons » captive le spectateur et l’ensemble hypnotise le public.
Une belle expérience en tout cas !

Après avoir raté le metal à la sauce indienne, pour avoir interviewé un irlandais, nous voilà déjà dans les Pyrénées.
Concert exceptionnel ce soir, avec la quasi-intégralité du légendaire « Satyre Cornu » et des invités sur scène dont Amduscias de Temple of Baal (sans oublier Conviction !) à la guitare.
Stille Volk fait partie de ces vieux groupes français, ayant une petite part dans l’histoire musical hexagonale. Le folk, sur des rythmiques parfois très metal, s’appuyant sur la vielle à roue et les contes anciens.
Formé en 1994 par Patrick Lafforgue, Patrice Roques et Yan Arexis, le « peuple silencieux » sait faire du bruit à l’occasion.
Et en ce jour, c’était visiblement une très bonne occasion pour vénérer le satyre cornu. Un de ces concerts qu’on gardera en mémoire, avec belle version de l’ineffable adaptation Adomestic una terra (remarquez que je n’ai pas dit « reprise ») venue du célèbre « To Tame a Land » d’Iron Maiden.
Stille Volk reste exceptionnel, aussi bien dans son œuvre que dans sa présence sur scène avec leur « dark folk festif » pour ceux et celles qui aiment les étiquettes.

Tempus :
La nuit tombe déjà, et c’est au tour de Tempus de monter sur scène. Ce groupe tchèque fusionne un répertoire parfois improbable entre rock moderne, mélodies médiévales et world music, le tout avec une instrumentation aussi hybride que leur musique.
De la musique de taverne à l’Abreuvoir, tout est logique !

In The Woods… :
Le festival international qu’est le Cernunnos nous emmène maintenant en Norvège avec In The Woods… Cette formation mêle metal progressif, doom et folk sombre et même parfois du death mélodique que n’aurait pas renié leurs voisins de Göteborg.
Chantant sur des thèmes de nature, de mythologie et surtout une certaine mélancolie existentielle, comme de nombreux groupes scandinaves, la perfection technique est un but en soi.
L’ambiance prend petit à petit, avant d’entraîner l’auditeur dans un torrent de sensations qui finissent par le scotcher devant la scène.
Bien que faisant partie des « tête d’affiche », In The Woods… mérite sans doute une place encore plus haute dans le firmament du metal mélodique, froid et beau à la fois.
Itinira :
Le tour du monde musical continue avec la Hongrie d’où est issu ce duo à l’aspect païen.
Le son est cependant bien plus moderne, avec une fusion de chants traditionnels d’Europe de l’Est, sur des mélodies slaves, avec d’occasionnels beats électroniques modernes pour une vibe rituelle et dansante, évoquant un pagan folk futuriste.

Ce samedi s’achève avec la belle tête d’affiche qu’est Primordial.
Pionniers du genre, les Irlandais sont de véritables maîtres pour mêler des puissants et déchirants riffs black/doom massifs avec de magnifiques chœurs épiques.
Le désespoir est toujours présent dans la voix puissante d’Alan Averill et leur thématique très celtique, sur l’héritage, la guerre et la mélancolie païenne, se sublime. Comme à chaque fois pourrait-on dire.
Il faut dire qu’après avoir sortie des albums cultes comme To the Nameless Dead (2007), Where Greater Men Have Fallen (2014), Exile Amongst the Ruins (2018) et How It Ends (2023), pour ne citer qu’eux, comment ne pourraient-ils pas faire vivre leur magie devant un public conquis ?
Le set de près d’une heure s’achève avec le grandiose « Empire Falls ». Les empires tombent peut-être, mais ce qui est certain, c’est que Primordial reste au sommet de son art.
Thomas Orlanth & Lionel / Born666































































































