MONSTROSITY – Screams From Beneath The Surface
Sortie le 13 mars 2026 – Metal Blade Records
27°57’2-07’’N -82°27’25-83’’W,… Vous êtes arrivée en Floride… Ses marécages, les Everglades, ses oranges, ses alligators et ses lamantins. Plus précisément à Tampa avec ses studios Morrisound, Obituary, Cannibal Corpse, Death.
Bien sûr, Corpsegrinder, et les frères Tardy font toujours la une de la presse spécialisée et Chuck Schuldiner est toujours dans nos esprits, mais il y a aussi leurs comparses dont on parle moins comme Monstrosity.
Et pourtant, il y en a des choses à dire : né dans les années ‘90, faisant partie de l’école de Tampa comme les groupes précités, Monstrosity produit un Death Metal hyper-technique, carré, plaisant et puissant.
Ce groupe n’a pas forcément eu l’aura des autres ; il faut dire qu’il a subi autant d’ouragans que la péninsule floridienne, puisqu’au moins quinze musiciens sont passés par son line-up.
Aujourd’hui encore, Monstrosity se présente à nous avec un nouveau chanteur, Ed Webb, ayant évolué dans Massacre, ainsi qu’un nouveau guitariste additionnel, Justin Walker.
“Scream From Beneath The Surface”, le nouvel album, sorti le 13 Mars 2026, marque aussi le grand retour de Mark van Erp, le bassiste d’origine ayant quitté le combo en 1995. Il rejoint également Lee Harrison, batteur dès la genèse et le guitariste Matt Barnes, présent depuis seize ans.
Cet album, sorti sous l’égide des Californiens de Metal Blade Records (Amon Amarth, Gwar, Manowar, Slayer,…) a été fait dans les règles de l’air : la batterie et la basse ont été enregistrées et mixées par Jason Suecof dans ses Audio Hammer Studios californiens qui ont vu passer Deicide.
Quant au chant et à la guitare, on doit l’enregistrement et le mixage à Mark Prator, BJ Ramone et surtout Jim Morris, frère de Tom, dans leurs mythiques Morrisound Studios.
Le monstre sous-jacent est l’œuvre de l’Indonésien, désormais installé dans l’État de Washington, Perusak Rentai Kehidupan, dit Bvllmetalart.
Si l’ancien chanteur et parolier, Mike Hrubovcak, s’inspirait de thème somme toute assez classique (la mythologie, l’occultisme et le côté gore), Ed Webb, au contraire, utilise des thématiques innovantes comme l’existentialisme, le cosmisme, la déchéance de la civilisation, et l’horreur abyssale, d’où le titre de l’ouvrage.
Ce septième album sera déployé uniquement en vinyle avec six versions couleurs toutes en édition limitée.

Monstrosity nous livre près de quarante-huit minutes de pur bonheur pour les amateurs de Death Metal!
Alors, commençons par la face A avec “Banished To The Skies”. Avec une intro douce de guitare, l’électrique son très vieux Rock laisse la place à la double-pédale et à de gros riffs et un chant lent et posé.
Ed Webb, fort de son expérience dans Massacre, n’a pas besoin de forcer pour le growl. La guitare de Barnes équivaut à celle d’un guitar hero. Petit à petit, la voix devient plus profonde.
Le titre s’achève comme il a débuté. L’entame de cet opus est vraiment l’idéal.
“The Colossal Rage” est… Comment dire ? Ah bah, colossal ! Dès le début, la guitare est malmenée, ses cordes sont frottées à la vitesse de l’éclair, et la batterie subit le même régime de défaveur. Quant au chant, il est poussé à l’extrême pour ce titre assez court mais intense.
Avec “The Atrophied”, nous avons droit à une bonne leçon de Death : un chant passant du growl au cri, ses changements de rythmes, ses parties de guitares d’une expertise sans concession et ses petits accords rappelant “Angel of Death” de Slayer. “Spiral” se caractérise par le martelage du chant et de la batterie. Le rythme ralentit, créant ainsi une ambiance plus pesante, la double pédale et les cordes se partageant la place de l’instrument-roi.
Pas d’intro inutile pour “Fortune Engraved In Blood”… Ca part immédiatement avec un rythme faussement lent. Les envolées lyriques des cordes sont d’une grande élégance. Cet item est à headbanger de la première à la dernière seconde.
Il est déjà temps de retourner la rondelle. Sans aucune transition, “Vapors” nous remet dans le bain immédiatement avec son chant scandé et son ambitus de guitare. “The Thorns” commence de façon plus grandiloquente avec son riff lent. Non, non, ce n’est pas une fantaisie de compositeur, ce morceau part comme un boulet de canon. Les fûts sont une nouvelle fois mis en avant et à mal, avant de repartir sur de la lourdeur. Ce titre est un oscillographe, changeant de tempo toutes les trente secondes. On repart à fond de balle avec “Blood Works”, morceau très rapide, séquencé par les slides sur les cordes.
L’air est lourd, la voix caverneuse et les cordes sont appuyées pour “The Dark Aura”, un titre qui porte bien son nom. Le tocsin sonne pour nos oreilles… “Veil Of Disillusion” conclut de la plus belle des formes l’album avec de la rapidité de chant et de sons, encore du changement de rythme, et encore des prouesses de guitaristes.
Le saphir est déjà au bout du sillon. Monstrosity vient de procurer près de quarante-huit minutes de pur bonheur aux amateurs de Death Metal de la première heure mais aussi aux néophites. ”Scream from Beneath The Surface” est un album équilibré, sans aucune longueur, avec des titres courts comme dans la tradition du style mais aussi avec des plus longs, ce qui ne gâche rien. Cet opus est impressionnant de maîtrise, de technicité et d’énergie brute.
Il ne reste plus qu’à faire un pas du microsillon au pit. Monstrosity sera au Brutal Swamp de Saint-Omer dans le Pas-de-Calais le 25 Avril pour une unique date française dans le cadre de leur tournée européenne… Alors, foncez !


