Gorgoroth + Aeternus + Death Rattle + Archaic
33 years tour
Le Petit Bain Paris – 30 mars 2025
Remerciements à Garmombozia
Texte et photos par Martine Varago
La nuit de l’enfer
La soirée du 33ème anniversaire de Gorgoroth se déroule sur la péniche du Petit Bain à Paris. Sold out à Rome et à Paris. Pour accompagner Gorgoroth sur toutes les dates de leur tournée, les dark métalleux norvégiens Aeternus actifs depuis 1993, le groupe de melodic death metal Death Rattle en provenance des Etats-Unis et enfin le groupe de thrash metal hongrois Archaic.
Comme vous le savez, les groupes de black metal privilégient des voix irritables et aigües qui incluent des techniques telles que les cris, les hurlements et les grognements comme tous les animaux de notre planète, style vocal influencé par Bathory, Venom, Celtic Frost. Les grognements de morts, eux, sont une des particularités du death metal si l’on peut dire que les morts grognent !
Archaic, venu de Hongrie
Lorsque le quatuor ouvre la soirée, le Petit Bain est à moitié rempli. Influencé par des groupes tels que Testament, Slayer, Kreator et The Haunted, le groupe porte le drapeau du thrash classique avec une sonorité moderne du 21ème siècle. Après trois albums à leur actif et plusieurs changements de formation, Archaic se stabilise aujourd’hui.
Ce sont Péter Erdélyi au chant et à la guitare, László Püski à la guitare également, Csaba Zoltán Szabó à la batterie et Szabolcs Hernyák à la basse qui animent la scène.
Avec des mélodies accrocheuses imprégnées d’une énergie implacable, les musiciens jouent leur set de trente minutes devant une fosse déjà bien en forme. Les quatre membres respectent le style droit dans leurs bottes. Quelques érudits du thrash slamment au milieu de la fosse. La fin du show sonne déjà.
Death Rattle : sur le point de mourir
Death Rattle signifie respiration indiquant que vous allez mourir d’ici 57 heures ! Plus de temps qu’une simple piqûre de mamba noir néanmoins ! Originaires de la région de la Nouvelle-Angleterre, un endroit qui a une longue histoire de production de certains des groupes les plus influents du metal moderne, Death Rattle se forme en 2009. Les membres fondateurs Ryan Vanderwolk (guitare) et Chris Morin (batterie) aux côtés du bassiste de longue date Kevin Adams font entrer un nouveau chanteur dans le jeu Trey Holton. Death Rattle marie des éléments de groove metal et des passages mélodiques pour produire quelque chose d’agressif.
Il donne une saveur lyrique à leur récit racontant peurs, solitude et désespoirs. Ils associent la nature violente de l’humanité à la tension et à la catharsis créées par leur musique. Le public, attentif, semble découvrir ce combo et malgré l’énergie brute déployée sur les planches, reste concentré et à l’écoute sans vraiment montrer de réelle adhésion.
Aeternus
On change de registre musical pour plaire aux fans majoritaires de black metal. La barge est pleine à craquer. Aeternus est un groupe norvégien de dark metal, originaire de Bergen. Ils se forment en 1993. Leur style musical contient des caractéristiques stylistiques du death et du black metal. Tout semble travaillé et chargé sans que dégouline une intention malveillante.
Le quatuor composé de Ares (chant, guitare) et ses trois acolytes jouent un metal brutal, mais avec un soupçon d’intention théâtrale. Avec une rythmique lourde tenue par Phobos (batterie) et Eld (basse), les riffs à la guitare sont joués sans relâche. Un combo tordu et merveilleusement diabolique qui galvanise la fosse.
Gorgoroth, l’univers de Tolkien
Après avoir signé un pacte avec le diable comme le font de nombreux groupes de black metal, le Gorgoroth norvégien a connu plus d’une vingtaine de formations différentes. Le trio infernal est-il prêt à faire chavirer la péniche ?
Les fumigènes sont lancés à fond et cela rappelle l’ambiance du concert d’Abbath au Trabendo. Sur « Domine in virtute tua laetabitur rex », les quatre zombies apparaissent dissimulés derrière la fumée. Pour parfaire cette atmosphère, les spots lumineux se teintent de vermillon. De la première chanson « Bergtrollets Hevn » à la dernière « Unchain My Heart », le public est massivement réceptif, ce qui est compréhensible étant donné qu’il s’agit d’un groupe qui se produit très rarement en dehors des festivals.
Les recevoir ici, à Paris, est un véritable cadeau de Satan.
Même les russes se déplacent en France pour venir les voir, étant donné que tout concert de metal, punk, rock ainsi que Facebook et YouTube sont interdits en Russie depuis le début de la guerre contre l’Ukraine.
Chaque morceau est méticuleusement conçu pour créer un sentiment d’urgence et d’atmosphère morbide. Le guitariste Infernus, seul membre d’origine depuis 1992, arpente le côté gauche de la scène, l’effigie de la croix du Christ flanquée sur sa veste. Narguant les fans du premier rang, il ne cesse de tirer la langue aussi longue que celle d’une vipère tandis que le chanteur Hoest, maquillé tel un zombie, déverse ses prières anti-Christ au beau milieu de la scène. Il brandit de temps à autre le pied de micro accentuant ainsi sa colère, sa vocifération.
Cela ressemble à une masterclass à l’intention hautement malveillante. Mais ce show, soutenu à la batterie par Tomas Asklund, est sage comparé à d’autres comme celui de Cracovie en Pologne où Gorgoroth avait décoré la salle de têtes de moutons.
Comme d’habitude pour Gorgoroth, le contact verbal avec le public est réduit au minimum. Ils ne font qu’évoquer une magnifique aura de gravité. Ils se sentent grands, ils se sentent flottants et ils remplissent tout simplement la péniche. Les fans demandent un rappel mais Gorgoroth ne revient pas. « La marche funèbre » de Chopin cloue ce set satanique.
Setlist Gorgoroth































