JOE SATRIANI
La Coopérative de mai, Clermont Ferrand
samedi 6 Mai 2023

Bien évidemment, on ne présente plus Joe Satriani, l’un des plus grands guitaristes de la planète, virtuose sans pareil et explorateur infatigable du monde merveilleux de la six-cordes. Pour rappel, Joe, né en 1956 dans l’État de New York, fait ses premières armes dès l’âge de 9 ans sur une Fender Stratocaster. La mort de Jimi Hendrix en 1970 le touche énormément et lui donne alors l’irrémédiable envie d’exceller dans son art. Il devient très vite doué et enseigne la guitare. Parmi ses élèves, on retrouve notamment Steve Vaï, Kirk Hammett de Metallica, Alex Skolnick de Testament et Larry Lalonde de Primus. En outre, il expérimente plusieurs styles musicaux en passant par le Rock, le Jazz, le Boogie, le Blues mais il faut attendre 1987 avec le fameux « Surfing With The Alien » pour que Satch cartonne dans le monde entier.

La tournée Earth le dévoile au sommet de son art, accompagné par un trio absolument dantesque, le célèbre batteur Kenny Aronoff (John Fogerty, John Mellencamp), le bassiste Bryan Beller (The Aristocrats, Steve Vai), et le clavier Rai Thistlethwayte (Thirsty Merc).
En l’absence de première partie, le quatuor débarque, en stars de la soirée, sur la scène à 20h30. Le premier set, un peu moins énervé que la seconde partie, démarre avec des compositions relativement récentes « Nighteen Eighty » (2020), puis « Sahara » (2022) et « The Elephants of Mars » (2018). Ce sont les trois seuls morceaux autorisés à être shootés par un appareil reflex. Que du bonheur pour nos oreilles et nos yeux qui peuvent se délecter aussi d’images projetées sur un écran géant placé en arrière de la scène. Le public est d’une grande sagesse pour un concert de rock : on croirait qu’il admire des dieux sur scène tellement il est absorbé par l’excellence des quatre musiciens ! Les morceaux s’enchaînent avec un retour en arrière avec le célèbre psychédélique « Ice 9 » des années 1980.

Bryan, perché à côté de Kenny, reste longtemps sur le haut de l’estrade, ce qui permet de mieux admirer la maîtrise de son slap à la basse. Place à une démonstration talentueuse du jeu du keyboardist sur « Thunder High on the Mountain ». « One Big Rush », avec des rythmes plus rock puis, plus groovy avec « Blue Foot Groovy » sur lequel Joe change de guitare, envoûtent la salle. Joe nous révèle : « Cela fait trois ans que nous avons attendu de venir ici ! » Pas étonnant avec la pandémie due au Covid-19.

Sur « Flying in a Blue Dream », Satch se lance dans des soli infinis à l’instar des images projetant l’espace inter-planétaire infini. Un duo rythmique basse/batterie amorce « Spirits, Ghosts and Outlaw ». « Faceless », un moment de répit avec le slow du premier set où se dégagent quelques odeurs de fumée, vite repérées par la sécurité. « Crystal Planet », véritable chevauchée aux riffs plus hard et « Summer Song » restent dans l’ambiance et concluent ce premier set. Durant l’entracte d’une quinzaine de minutes défile un diaporama de photos prises en duos ou trios avec Satriani, que ce soient celles qui dévoilent ses yeux bleus et son bonnet ou d’autres avec son look lunettes, crâne dégarni.

Reprise percutante avec un drum solo de Kenny qui a toute sa place au sein du quatuor. « Energy » de l’album « What Happens Next » (2018), est l’un de mes morceaux préférés, avec un hard rock au son des eighties et aux riffs acérés. Il donne le tempo du second set, plus énergique. Un retour dans les années 1970 avec des notes bluesy comme le titre le laisse suggérer « E. 104th St NYC 1973 » durant lequel Bryan, à la barbe rose pourpre et aux baskets roses, slappe sa basse comme si c’était un jeu d’enfant tandis que Satch fait chanter, pleurer ou crier sa six-cordes.
Au tour de Rai maintenant de mettre en lumière son style musical sur son synthé rouge NordStage2 et de nous offrir un beau solo. C’est reparti pour le son psychédélique sur « Cool » et « Ali Farka, Dick Dale, an Alien and Me » avec un fond coloré aux couleurs chatoyantes, voire fluos. Puis se jouent les instrumentaux Shapeshifting (2020), « Teardrops », et Luminous Flesh Giants (1996), nous rappelant les 70’s-80’s. Le groupe revient sur un morceau plus lent de plus de 9 mintutes « Always With Me, Always With You » où Joe démontre des solis à la perfection. Place au fameux « Satch Boogie », certaines notes nous remémorant Deep Purple, encore un ancien groupe de J.S.

Onze heures. C’est la fin… Non, il y a un rappel. Joe fait finalement participer le public qui entonne les vocalises proposées : « o-o-o-o-o ! » Ou « é-é-é-é-é ! ». « Surfin with the Alien », l’un des meilleurs du rock-hard instrumental qui n’ait jamais été fait et, en live, une vraie tuerie, clôt le show. Avec des instrumentaux, je pensais que je me lasserais vite. Pourtant, avec quatre changements de guitare, il réussit à passer l’écueil du chant album après album, morceau après morceau.
Le divin chauve fait preuve d’une prolifique créativité et sait se renouveler en permanence sans jamais tomber dans l’auto-plagiat. Une prouesse dans le genre ! Avec un profond éclectisme puisqu’il se plait à varier les styles, Joe Satriani Band laisse un moment grandiose dans le cœur des Clermontois. Certains rêvant encore d’une dédicace à la fin du concert … seuls les médiators sont distribués généreusement à la fin du show.
Set 1
Nineteen Eighty
Sahara
The Elephants of Mars
Ice 9
Thunder High on the Mountain
One Big Rush
Blue Foot Groovy
Flying in a Blue Dream
Spritis, Ghosts and Outlaws
Faceless
Crystal Planet
Summer Song
Set 2
Energy
E. 104th St NYC 1973
Cool
Ali Farka, Dick Dale, an Alien and Me
Shapeshifting
Teardrops
Luminous Flesh Giants
If I Could Fly
Always With Me, Always With You
Satch Boogie
















