HEAVEN SHALL BURN – THE HALO EFFECT – THE BLACK DAHLIA MURDER – FROZEN SOUL
Paris, Elysée montmartre, mercredi mars 2026
Un concert Garmonbozia Inc.

Le mercredi 4 mars 2026, l’Élysée Montmartre accueillait un plateau aussi musclé que disparate : Heaven Shall Burn en tête d’affiche, accompagnés de The Halo Effect, The Black Dahlia Murder et Frozen Soul — un casting officiellement annoncé sur la date parisienne de la tournée “Heimat Over Europe Tour 2026”.
Sur le papier, c’était la soirée “parfaite” pour les amateurs de metal : quatre groupes, quatre couleurs, un même objectif (faire bouger les nuques).
Dans la réalité, un détail sautait aux yeux dès l’entrée dans la salle : l’Élysée Montmartre n’était rempli qu’à moitié (c’est toujours plus fourni que le crane du regretté Michel Blanc).
Pas vide — loin de là — mais avec suffisamment d’espace pour circuler sans jouer des coudes, un peu comme les sourcils d’Edouard Philippe.
Ok j’arrête avec les calembours capillotractés. Résultat paradoxal : une ambiance plus “club” que “grand soir”, avec un public très réactif devant la scène… et des zones plus clairsemées vers l’arrière.
Et pourtant, musicalement, la soirée avait un vrai fil rouge : l’hétérogénéité, justement. Du death metal old-school glacé aux mélodies “Göteborg”, en passant par le death metal ultra-speed et le metalcore/death mélodique engagé, le plateau couvrait large — exactement ce que beaucoup de chroniques de tournée soulignent : un “spectre” de sous-genres réunis sur une même affiche.
Premiers à monter, les Texans de Frozen Soul posent d’emblée le décor : death metal old-school, compact, sans fioritures, celui qui avance comme un tank.
Sur d’autres dates, des live reports parlent de riffs “caveman” et d’un côté “aucun gimmick, juste des grooves lourds” — et ça colle parfaitement à l’effet produit ce soir-là : ça ne cherche pas à séduire, ça impose.
Dans une salle à moitié pleine, c’est presque un avantage : le public proche de la scène se regroupe naturellement, et le pit démarre vite, sans inertie.
Frozen Soul fait exactement ce qu’on attend d’un opener : mettre la machine en route, et laisser derrière lui une salle déjà chaude.
Setlist Frozen Soul
Deuxième claque : The Black Dahlia Murder. On bascule dans un registre plus “mitraillette”, plus nerveux, avec ce mélange de violence et de mélodie qui fait leur signature.
Là aussi, des chroniques sur la tournée décrivent des titres qui “enflamment le sol” dès les premières secondes — et on comprend pourquoi : ça part vite, ça ne relâche jamais, et ça met tout le monde d’accord sur l’intensité.
Même les spectateurs restés en retrait finissent par se rapprocher. Dans une salle mi-remplie, l’énergie se concentre : on a moins l’effet “marée humaine”, mais davantage l’impression d’un noyau dur qui vit chaque accélération.
Setlist The Black Dahlia Murder
Changement d’ambiance avec The Halo Effect : plus de mélodie, plus de “lignes” dans les guitares, et un côté immédiatement chantable (à l’échelle du death mélo, évidemment).
Paris Bouge résumait bien l’idée en amont : un contrepoint plus “suédois”, plus axé riffs précis et sens du refrain, face à la densité de Heaven Shall Burn.
Sur scène, ça se traduit par un set qui déroule sans temps mort, très “pro”, avec une entrée en matière originale (un morceau “tape” avec parties guitare jouées live), et une fin en mode coda — presque cinématographique.
Dans une salle pas pleine, leur avantage, c’est la lisibilité : on entend bien les harmonies, les leads, la mécanique fine.
Setlist The Halo Effect
Quand Heaven Shall Burn arrive, on change encore de dimension : le son devient plus massif, l’intention plus “collective”.
Sur la tournée, les chroniques insistent sur ce côté implacable en live, une machine de guerre capable de transformer une salle en cocotte-minute — et, même sans affiche complète ce soir (la salle n’étant pas pleine), on retrouve cette sensation de rouleau compresseur.
Le set parisien met immédiatement l’accent sur Heimat et sur les morceaux fédérateurs : ça enchaîne les titres “poings serrés”, avec des refrains repris, des breakdowns qui font l’effet d’un signal collectif, et cette aura très particulière du groupe : une violence maîtrisée, souvent politique/engagée dans l’esprit, mais toujours tournée vers le live.
Là où la demi-jauge se fait le plus sentir, c’est dans les grands moments “hymniques” : on imagine facilement ce que ça donnerait avec une salle pleine à craquer.
Mais l’autre lecture, plus positive, c’est qu’on a eu un Heaven Shall Burn très proche, presque “à portée de main”, avec une intensité concentrée au premier tiers de la salle.
Setlist Heaven Shall Burn
Au final, ce 4 mars à l’Élysée Montmartre ressemble à une soirée “metal en panorama” : quatre groupes, quatre esthétiques, et un public clairement motivé… même si la salle n’affichait pas complet.
C’est précisément cette hétérogénéité qui fait le sel du plateau : Frozen Soul pour le bloc de glace, The Black Dahlia Murder pour la tornade, The Halo Effect pour la mélodie qui s’accroche, Heaven Shall Burn pour la grande décharge fédératrice.
Et quand tout ça s’aligne, même à moitié jauge, on repart avec les oreilles qui sifflent — et le cou un peu moins d’accord qu’en arrivant.

