Kissin’ Dynamite + Dynazty
La Machine Du Moulin Rouge, Paris
Mardi 14 mars 2023
Un concert Garmonbozia Inc.
Véritable ADN
Il faut dire que depuis la sortie de l’album Not The End Of The Road (2022) sur le label Napalm Records, le quintet composé de Johannes Braun (chant), son frère et guitariste Andreas, Jim Müller (guitare), Steffen Haile (basse) et Sebastian Berg (batterie) grimpe les échelons et acquiert une crédibilité notoire auprès de la nouvelle génération. C’est avec « No One Dies A Virgin » comme morceau d’ouverture, suivi du tubesque « I’ve Got The Fire » que Kissin’ Dynamite nous délivre ses multiples refrains sans pour autant tomber dans une mauvaise copie conforme de la vague que nous appelions auparavant le « Hair Metal / Glam Metal Revival ».

En clair, on décortique la célèbre citation « Sex, Drug & Rock n Roll », car il est question principalement de références au sexe, à la drogue et ce type de choses peu catholiques sur lesquelles les albums de glam metal sont construits. Du nom de « hard FM » ou « AOR – Adult Oriented Rock » ce genre dérivé du traditionnel Classic Rock s’est développé à l’aube des années 80 ou celui-ci a eu un vrai succès jusqu’au milieu des années 90 avec des artistes comme Cinderella, Ratt, Warrant, Def Leppard, Tesla, Great White, Faster Pussycat, Winger, Kix, Bulletboys, Danger Danger, Stone Fury, Slaughter, Britny Fox, Autograph, Rhino Bucket, Night Ranger, Lillian Axe, Lynch Mob, Shotgun Messiah, XYZ, Pretty Boy Floyd, Keel, Mr.Big, Vain, Tyketto, Helix, Love/Hate, Bad English, Thunder, Shark Island, Jetboy, Steelheart, Damn Yankees, Tigertailz, Firehouse, Tora Tora, Waysted, Treat, Giant, Honeymoon Suite, Loverboy, Harem Scarem, Leatherwolf, L.A Guns, Enuff Z’Nuff et bien d’autres… Pour les formations plus récentes, on y retrouve Hardcore Superstar, Wig Wam, Crazy Lixx, H.E.A.T, Temple Balls, Reckless Love, The Poodles, The Cruel Intentions, Vains Of Jenna etc…
Hormis le courant musical, c’est aussi l’apparence provocatrice qui a su s’émaner de cette période avec un fort attrait pour le look androgyne, souvent moqué par le commun des mortels. Il faut dire que nos Allemands favoris réussissent à ne pas tomber dans le piège des clichés avec seulement cette couverture de belles gueules, car les mélodies sont bien présentes.

Bien souvent, le genre s’est référencé sur des codes bien précis en adoptant des critères comme le brushing peroxydé, le pantalon spandex parfaitement taillé ainsi que les ballades typiques afin d’exprimer un énième chagrin d’amour, plus communément appelées « Hair Metal Power Ballads » et programmées de façon récurrente sur les ondes radio.
Dans le cas de Kissin’ Dynamite, c’est une réussite puisque des morceaux comme « Sex is War », « DNA » ou « Love Me, Hate Me » sont scandés à plusieurs reprises par le public parisien, ainsi lorsque les premières notes du titre « Six Feet Under » résonnent dans la salle, impossible de faire l’impasse sur la série Peacemaker créée par James Gunn qui a probablement contribué à une partie de la renommée du groupe. Diffusée depuis janvier 2022 sur les plateformes, l’histoire raconte les aventures rocambolesques d’un super-loser-héros et ancien membre du Suicide Squad de DC Comics, Christopher Smith, alias Peacemaker joué par John Cena. C’est surtout la bande originale qui est ahurissante, nous avons le droit à une quantité de groupes mis à l’honneur tels que Bang Camaro, Hanoi Rocks, House Of Lords, Hardline, The Hellacopters, Steel Panther, Nashville Pussy, Santa Cruz… Dynazty en faisant partie.
Die Nasty
Originaire de Stockholm, le groupe suédois Dynazty mené par Nils Molin (chant), était inscrit en co-headline de cette tournée. Celui-ci raconte avoir acheté son premier album de Kiss à l’âge de 9 ans et depuis, sa vie a radicalement changé. Il ne pouvait tout simplement pas rester immobile face au son des guitares électriques qu’il voyait à la télévision durant son enfance. C’est avec grand étonnement que leur set débute après le titre « Ameno » du groupe de rock français Era, suivi de près par de longs passages rythmiques, ce qui ne manquera pas de me lasser lors de certains moments, au détriment de nombreux fans qui connaissaient les paroles du bout des doigts. Cependant, l’arrivée du gâteau destiné au bassiste Jonathan Olsson, fêtant son anniversaire le même jour que le mien a su me mettre de bonne humeur et de ne pas repartir sur une mauvaise impression générale.
Le début de la route…
Le concert de Kissin’ s’achève au bout de près d’1h20 avec « You’re Not Alone », le dynamique « Not The End Of The Road » et enfin « Flying Colours » sous les applaudissements d’une foule plus que ravie.
Surprise générale lorsque les notes de l’immortel hit « Turn Up The Radio » interprété par le groupe Américain Autograph (1984) sont jouées à la fin. Récemment, le groupe s’est engagé aux cotés de sept rock stars et le réseau ROCK ANTENNE, afin de prendre position contre la guerre en Ukraine avec le single caritatif « Stop the War (Fight for Love) ». Un pari réussi pour Kissin’ Dynamite !
Photos : Jean-Pierre Sabouret, Elody Di Cocco


