Among The Living
Live Report

LEE FIELDS – UPTIGHT @Le Trianon Paris

LEE FIELDSUPTIGHT

Le Trianon Paris – 17 février 2023



Lee Fields, ça vous parle ? Si vous êtes fan de soul, probablement, sinon peut-être pas. L’homme n’a effectivement pas atteint les sommets de notoriété grand public et pourtant le Trianon affiche complet ce soir. Combien d’artistes peuvent se targuer de remplir la salle du boulevard Marguerite-de-Rochechouart ? On parle de mille places tout de même. A soixante-douze ans, l’homme est bien vivant, un des rares (le seul ?) artistes de soul noir américain issus des années soixante-dix, galérien de la soul qui atteint une notoriété sur le tard et qui compte porter l’étendard de la soul bien haut ! Au vu de la réaction des fans ce soir, il aurait eu tort de se priver, de priver cette belle assemblée de tant de bonnes vibrations. Oups, on vous en dit trop, trop tôt ? Non, il en reste encore…on s’en reparle tout de suite mais là, il est 19h30 et les parisiens d’Uptight arrivent sur scène !

 UPTIGHT

Leur entrée est tranquille, finalement comme leur soul toute en douceur et sa jolie section cuivre. A propos de cuivre, le solo de saxo sur ‘Walk Away’ fait passer un cap au public qui apprécie la prestation.

Sabrina Lebon, figure de proue, assume totalement son rôle de meneuse et crée le contact avec la salle qu’elle n’hésite pas à faire chanter sur ‘Happiness’ ou sur le rythmé ‘I Need Joy’. Le charme opère, la voix est plutôt jolie, l’exécution globale de qualité, les morceaux comme ‘Tomorrow Is My Turn’ caressent agréablement les tympans ; l’audience répond présent ! Intéressant de l’avoir sentie entrer dans l’ambiance de plus en plus profondément au fur et à mesure du concert des parisiens.

Uptight peut être satisfait de sa prestation comme le montrent les applaudissements du Trianon. La soirée est lancée !



« Are you ready to have a good time ? »

Vers 20h40, quelques voix, des applaudissements résonnent dans la salle. Le public s’impatiente gentiment. Public assez varié en âge et en sexe. Voilà pour l’analyse ethnographique de l’échantillon représentatif de fans de soul.

20h45, les lumières se sont éteintes, l’arrivée du groupe – sans Lee dans l’immédiat – est saluée par les spectateurs et les spectatrices. Des « Lee Fields ! Lee Fields ! » montent du public.
Après une introduction musicale, le guitariste prend la parole tel un chauffeur de salle. On ne comprend pas tout ce qu’il dit mais on entend « Are you ready to have a good time ? » et évidemment, il introduit l’homme de la soirée avec emphase !

LEE FIELDS

Lee Fields est accueilli comme il se doit. ‘You Can Count On Me’ ouvre le bal et les tours sur lui-même du maître de cérémonie font un bel effet sur la foule. Le très bon ‘I Still Got It’ continue une entame fort sympathique qui marque tout de suite par un son d’une grande qualité et par cette voix impeccable. Impressionnant et littéralement captivant en fait. Comme l’est la basse chatoyante de ‘Love Comes And Goes’, comme l’est le bel enchaînement avec ‘Standing By Your Side’ et sa section de cuivre sans laquelle la soul n’est rien !

« Are you happy ? Make some noise » demande Lee. Le gars est là, bien vivant, à soixante-douze ans ! Le public aussi d’ailleurs.

Lee calme un peu le jeu en évoquant le nouvel album ‘Sentimental Fool’ dont ils aimeraient jouer quelques titres dont ‘Sentimental Fool’. Sur ce titre, Lee est magnétique, regardant certaines spectatrices droit dans les yeux. Il se révèle un meneur hors pair qui demande à la foule de lever et secouer les bras et de chanter « Sentimental Fool ». « Loud ! One more time ! Are you happy ? If you’re happy, make some noise ». Et la soirée de passer un niveau supérieur avec ‘Got To Get Through’ spontanément soutenu par les fans.


 « Lee, we love you « 

Sur scène, l’homme est mobile, dynamique, loin de la retraite. Cette attitude conquiert le public. Derrière le chanteur, les musiciens, statiques, participent néanmoins à l’ambiance positive de la soirée ; tout sourire, ils ont la banane, semblent heureux d’être là. Le guitariste, lors d’une de ses interventions, pointera le fait que ce soir est spécial car affichant complet. Un constat qui a effectivement de quoi donner la pêche – histoire de continuer la salade de fruit.

Lee s’adresse au public, expliquant qu’il est un «blues man » et qu’il va donc jouer un blues issu de son dernier album. C’est ‘What Did I Do’, doux, calme, langoureux avec quelques poussées vocales saluées par le Trianon.
L’américain est un bel artiste dont le visage exprime tellement, sa musique, ses émotions. Il est généreux, proche de son public auquel il s’adresse à nouveau expliquant en substance qu’il est convaincu qu’il y a dans la salle des gens qui se sont retrouvés dans cette situation de se dire « qu’est-ce que j’ai fait ? ». Et de faire à nouveau lever les bras, chanter le public qui crie carrément maintenant des « What did I do ? ». C’est beau. Le morceau reçoit une sacrée ovation ! Un « Lee, we love you » s’échappe de l’assistance.



Les fans sont chauds comme la braise!

Bavard, Lee continue de s’adresser à la foule, racontant qu’il a quelques problèmes dans son ménage, que sa femme lui demande de se trouver un autre job, ce qui déclenche des réactions de désapprobation dans le public qui veut que Lee Fields reste à son poste de chanteur de soul.  Et Lee de conclure ce long discours avec un « Now, I’ve got two jobs ». La réception du public est folle, enthousiaste en diable. Il faut dire, quel impact provient de la scène ! C’est rythmé, c’est varié, Lee n’a de cesse de rester au contact des fans, de les faire chanter. Ils sont aux anges, charmés ! Et ce n’est pas la suite qui va arranger les choses car comment ne pas être ému quand Lee raconte qu’il a écrit le titre suivant, ‘Forever’, pour sa femme qui lui demandait « Mais Lee pourquoi tu ne dis pas des choses gentilles sur moi à tes concerts ? ». Les paroles sont une belle déclaration d’amour. Et de faire encore et toujours chanter le public. Qu’est-ce qu’il est beau tout ce Trianon qui chante !

« Are you happy ? ». La ferveur de la réponse ne laisse aucun doute.  Les fans sont chauds comme la braise, l’intensité de leur cri a augmenté !



C’est donc dans les vieux pots…

Money Is King’ voit le retour des tours sur lui-même du chanteur. Le titre est âpre avec une guitare qui râpe, un saxo qui crie…et part dans un solo de toute beauté. Claque assurée ! Quelle intensité ! Intensité que le groupe ne lâchera pas sur ‘Faithfull Man’. Peut-être parce que sur scène, ils boivent de la bière. Vous savez ce truc qui disparaît des scènes au profit de bouteilles d’eau minérale. Plus sérieusement, quelle puissance ces musiciens sont-ils capables de fournir !

Mais il est temps que la pause rappel intervienne, Lee quitte la scène, son groupe terminant le morceau.

Le guitariste revient sur scène chauffer – encore un peu plus – le Trianon auquel il fait hurler « Hey, Lee, I need one more song ! Song ! Song ! ».

« Please welcome back to this stage Mister Lee Fields ! ».



« Are you happy ? »

Lee, vêtu désormais d’un gilet doré, revient pour terminer une heure vingt splendide, toujours motivé pour haranguer le public avec des « Are you happy ? » ou des « Yeah ! Yeah ! ». Et comme les fans sont toujours eux aussi motivés, l’ambiance reste géniale jusqu’à la fin dans ce Trianon complet. Un fan montera même sur scène, assez facilement vu l’absence des barrières de sécurité. L’homme est grand, Lee pas ultra grand, la différence est saisissante. Une accolade plus tard, le staff dégage ce fan qui s’attarde et qui s’avère plutôt gênant. La sécurité le récupérera et le raccompagnera dehors.

Le Trianon aura accueilli un grand moment, une belle communion entre un artiste de talent et un public enthousiaste, conquis, motivé. Et dire que le maître de cérémonie a soixante-dix ans passé ! C’est donc dans les vieux pots…



Setlist Uptight
Sunshine
Sorry
One Dance In Your Arms
Walk Away
Happiness
Monsters
I Need Joy
Tomorrow Is My Turn
People
Get Ready

Setlist Lee Fields

Don’t Ever Leave Me
Intro
You Can Count On Me
I Still Got It
Love Comes And Goes
Standing By Your Side
Sentimental Fool
Got To Get Through
What Did I Do
Two Jobs
Forever
Money Is King
Faithfull Man
—————
Chocolate Chili
Intro
Honey Dove

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