MADNESS – CHAINSKA BRASSIKA
Salle Pleyel
Samedi 11 novembre
Madness est le groupe par excellence qui a popularisé le ska au début des années 1980 avec un titre emblématique ‘One Step Beyond’, hit mondial, et deux albums essentiels, ‘One Step Beyond…’ et ‘Absolutely’. Leur dernier album ‘Can’t Touch Us Now’ sorti en octobre 2016 leur donne l’occasion de vacances européennes histoire de montrer qu’ils sont toujours là quelque quarante ans après. Le public présent à la Salle Pleyel prouve d’ailleurs aux anglais s’il en était besoin la pertinence d’être toujours présent. Un best of est dans les tuyaux mais dans l’immédiat allons-nous promener dans les beaux quartiers parisiens, Pleyel étant à deux pas de l’Arc de Triomphe.
La Salle Pleyel s’étant ouverte aux musiques amplifiées, la capitale a désormais une salle supplémentaire pour produire du son. Plus ou moins gros. Pas sûr que les murs de l’établissement soient en danger avec Benjamin Biolay, Véronique Sanson, Christophe ou Serge Lama. Début décembre avec Alice Cooper, cela pourrait être différent. Du hard-rock à Pleyel ? Où sont donc nos repères ? Mais en attendant de philosopher plus en avant, parlons plutôt ska et reggae même avec Chainska Brassika, jeune formation londonienne qui assure la première partie. Mélange léger et très agréable de ska, reggae et de dub, le groupe composé de sept musiciens propose une bonne prestation agrémentée de quelques chorégraphies dansantes à un public réceptif et calme. Les anglais s’apprêtent à sortir le 24 novembre leur second album enregistré…à Kingston. Et Toots Hibbert de Toots and The Maytals apparaît sur leur titre ‘Don’t You Try’. Ancrage ska et reggae assuré…et adoubé ! Démarrage de soirée en douceur et réussi.
Il est 21h00 passé et les spectateurs commencent à se manifester, remplissant les blancs entre les morceaux diffusés pour patienter par quelques cris en attendant la folie anglaise. Folie anglaise qui fera dès son arrivée lever la salle. Un bon point pour ce public qui appréciera et le fera savoir tout du long ce que les anglais proposent. En commençant par une triplette irrésistible du début des années 1980. ‘One Step Beyond’, ‘Embarassment’ et ‘ The Prince’ ont effectivement le bon goût de mettre Pleyel dans de bonnes dispositions !
Sur scène, Graham « Shuggs » Mc Pherson et Lee « Kix » Thomson sont aux avant-postes, Graham un peu pitre devant l’Eternel.
Le chanteur porte des lunettes noires, un chapeau noir qu’il jettera rapidement aux fans et un grand manteau noir fermé jusqu’au cou qu’il retirera assez vite dans le concert. Kix, le saxo, porte lui aussi des lunettes noires, un chapeau melon noir et un costume bleu à carreaux. Ultime détail pour parachever sa tenue : un gilet orange de sécurité qui lui donne un air de playmobil que chacun appréciera à sa juste valeur.
Puisque nous parlons habillage, parlons de l’habillage lumineux de cette soirée. Soigné, comme le montrent les énormes lettres scintillantes qui font apparaître MADNESS en fond de scène.
Les titres défilent et nous en sommes à ‘My Girl’ dont l’introduction toute douce caresse agréablement les oreilles tout comme le saxo et le piano de ce morceau qui sont sublimes.
Shuggs est bavard, introduisant les titres ‘Mr Apples’, ‘Herbert’ ou encore ‘Blackbird’ qu’il dédie à Amy Winehouse. C’est anglais et l’accent est là. Dur de tout capter mais l’assistance semble comprendre au moins l’essentiel et la communication passe. C’est anglais, il y a donc une touche d’humour. Exemple lorsque Graham en introduction de ‘Sun And The Rain’ indique que les anglais peuvent aisément discuter du temps qu’il fait. Tout comme nous. La météo est un sujet qui alimente bon nombre de nos conversations. Et mine de rien, Graham impose toute sa présence, jamais à court d’une pitrerie. Lorsqu’il boit la boisson de Tix alors que celui-ci chante, sur ‘Mumbo Jumbo’ par exemple, et fait mine de la trouver mauvaise ou encore lorsqu’il baisse excessivement le pied de micro pour que Tix, plus petit, puisse chanter. Ce qui vaudra au chanteur de la part de Tix un « piss taking bastard » que nous vous laisserons le soin de traduire.
Côté fans, l’ambiance est toujours là, les applaudissements témoignant du succès de la prestation. Fans qui en plus de lumières soignées, bénéficient d’un très bon son. Pour Pleyel, cela aurait été un comble qu’il en soit autrement !
‘Oh My Love’ est spécialement dédié ce soir à deux membres de l’entourage de Madness qui viennent de se demander en mariage et que Graham invite sur scène. Même si le titre n’est pas forcément le plus intéressant qui soit et que le discours peut être difficile à comprendre, le fun est là.
‘Shut Up’ remet le début de la carrière des anglais à l’honneur et montre que Madness peut aussi s’appuyer sur des solos de guitare bien sentis. ‘Mumbo Jumbo’ offre lui aussi un zeste de guitare en contrepoint du sacro-saint saxo tout-puissant.
Graham, meneur de revue prenant toute la mesure de son rôle harangue le public. Les balcons, le fond de la salle et la fosse. Tout ce beau monde est déjà debout depuis bien longtemps et l’on ne peut que se réjouir de cette belle fête partagée entre un groupe et son public.
‘House Of Fun’, ‘Baggy Trousers’, ‘Our House’, ‘It Must Be Love’ s’enchaînent pour le plus grand plaisir des spectateurs. Avant ‘Baggy Trousers’, Shuggs, toujours bavard, s’adresse à un jeune fan à propos d’éducation et finit par conclure en substance « tu ne me comprends pas mais on te montrera sur youtube ». Ce classique remporte un énorme succès tout comme ‘Our House’ sur lequel le public chante à gorges déployées. Logique, les titres sont imparables. « Je t’aime » dira Graham aux fans qui entonneront de spontanés « Madness ! Madness ! ».
22h20 la pause rappel arrive ; le public se fait entendre et de nouveaux « Madness ! Madness ! » résonnent dans la salle.
Shuggs revient coiffé d’une serviette et s’adresse au public. « Are you still here ? » et de continuer « If we got one more thing to say to you…and you…especially you, it goes like this” avant d’épeler M.A.D.N.E.S.S tandis que les lettres lumineuses apparaissent une par une en fond de scène et que le titre ‘Madness’, ultra ska, ne débarque pour une avant-dernière salve.
La dernière, les fans la reconnaîtront aisément tellement les sirènes de bateau d’introduction jouées par les cuivres sont archiconnues. Prêt pour un ‘Night Boat To Caïro ? Le titre remporte en toute logique un gros succès.
22h35, groupe et public peuvent se quitter heureux, la fête fût belle. Peut-être un grain de folie supplémentaire aurait-il permis d’enflammer le brasier mais la réaction des fans montrent que ce ne sont là que chipotages mesquins. Madness est toujours là et bien là quarante ans après pour le plus grand plaisir de ses fans…one step beyond…
Setlist Madness :
One Step Beyond
Embarassement
The Prince
NW5
My Girl
Mr Apples
Herbert
Sun And The Rain
Lover Please
Bed And Breakfats Man
Blackbird
Wings Of A Dove
Oh My Love
Shut Up
Mumbo Jumbo
House Of Fun
Baggy Trousers
Our House
It Must Be Love
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Madness
Night Boat To Cairo