Among The Living
Live Report

MOTOCULTOR 2023 : Un dimanche à la campagne

MOTOCULTOR Open Air 2023
Dimanche 20 aout 


Un dimanche à la campagne

Le réveil sonne, ah non, ce sont les voisins qui parlent en hurlant.

Dix heures du matin, ça va, c’est honnête. Ça fera presque six heures de sommeil, et six, ça a toujours été un bon chiffre pour moi.

Le temps de faire chauffer le café en mode camping, me voilà sorti de mon van et d’après ce que je vois dans le rétroviseur, ça aurait pu être pire, mais on sent bien la fatigue de ce 4ème jour de festival.

Peu importe. J’ai juste le temps de voir la fin du concert des trois Brujas espagnoles qui forment Kabbalah. Leur musique fleure bon les années 70, avec un rock occulte tout à fait intéressant et très compatible avec un dimanche midi en festival.

La journée commence réellement pour moi avec le « post » black metal de la formation lusitanienne Gaera que j’ai déjà eu l’occasion de regarder à plusieurs reprises. A chaque fois, je me disais « intéressant, mais… »

Sous le chaud soleil du midi breton, leur show était en effet intéressant, et même carrément très bon !

Le groupe masqué est visiblement en forme et l’intensité est bien réelle. Le public ne s’y trompe pas et s’agglutine rapidement devant la Supositor Stage



Après cette belle débauche d’énergie, allons à l’ombre de la Bruce Dickinscène voisine. Autre style, autre ambiance, c’est aux Japonais de Church of Misery de monter sur scène.

Le bon vieux doom à l’ancienne que nous proposent le groupe transporte comme il se doit un public hypnotisé.  Le fondateur du groupe, Tatsu Mikami avec sa basse proportionnellement démesurée surtout en raison de son port très bas, est toujours dans son monde personnel.

Une extase musicale tout du long.

Le retour sur scène du chanteur des origines, Kazuhiro Asaeda, semble prometteur pour la suite. En tout cas, cette « nouvelle » formation, avec Fumiya Hattori à la guitare en prime, est parfaitement harmonieuse et efficace. On sent évidemment l’influence des vieux Black Sabbath. Des morceaux comme « Most Evil », pour n’en citer qu’un, ne peuvent qu’entraîner la nuque dans un long mouvement de balancier répété !

Il faut dire qu’il y a de quoi, leur prestation semble rebondir en permanence. On a l’impression qu’il va se passer un truc exceptionnel là tout de suite, mais que finalement, ce n’est que partie remise. Cela pourrait passer pour une critique, mais on se surprend à constater que le concert est déjà fini, en restant sur ce bord de l’extase musicale tout du long.



Continuons rapidement sur la Massey Ferguscène, pour Orpheum Black qui sauront se faire apprécier par un public plus orienté rock indépendant.



Mais revenons à la lourdeur du doom extrême. Extrêmement lent, extrêmement lourd, avec le duo US de Bell Witch. Sept cordes de lourdeur à la basse face à une batterie. Je ne voudrais pas trop me répéter, mais je resterai sur le terme « lourd » pour désigner ce concert.

Sachant que certains morceaux durent plus d’une heure, nous avons eu droit, pour raisons évidentes, à un petit medley. Ceci dit, le public est venu pour cela et ce n’est certainement pas un groupe fait pour les énervés.



Je retourne prestement sous le soleil devant la Supositor qui accueille Moonreich et leur black metal incisif et précis.

Pour un remplacement au pied levé des Ukrainiens de 1914, qui n’ont pour la seconde année consécutive, malheureusement pas pu sortir de leur pays, Moonreich offre une prestation de qualité, très professionnelle et donc efficace.

Mention spéciale à Thomas Menudier, qui a continué tranquillement à jouer de sa guitare, bien que sa sangle se soit détachée. Quand on voit le style de morceaux joués, on ne peut qu’être admiratif devant la maîtrise et le sang-froid du guitariste, le temps qu’un technicien vienne régler le problème.



Revenons à un peu de douceur avec Messa. Enfin, douceur n’est pas forcément le terme le plus adapté, mais il faut reconnaître que ce type de stoner/doom présente quelques passages plus éthérés grâce à Sara, au point où le mélange devient original et contribue à toute la spécificité du groupe. L’élégance est bien présente, et le chant ajoute une grande touche d’émotion. Mais que l’on ne s’y trompe pas, la basse et l’ambiance 70’s est bien là également.

Un très beau concert que l’on aurait eu tort de manquer.



De retour chez les bourrins de la Supositor Stage, les choses sérieuses commencent avec les Canadiens d’Archspire. Le death metal technique dans toute sa splendeur.

Tout y est ! Un public qui en redemande en ce quatrième jour de festival, un groupe qui est venu là pour se faire plaisir, un frontman charismatique qui sait amuser la galerie avec des blagues lourdes, mais adaptées à la situation. En prime, une petite partie de Twister lancé dans le pit, qui finira évidemment sous un pogo effréné.

A titre personnel, c’est sans doute un des very meilleur concert de ce Motocultor, et pourtant il y en a eu d’autres. La concurrence a été rude, mais Archspire remporte le trophée.



En cette journée assez riche en stoner/sludge et autres lourdeurs, c’est au tour de Crowbar de montrer ce qu’ils savent faire.

Et pas de doute sur le sujet, il n’y a pas que la consommation de bière qu’ils maîtrisent.

Les superlatifs ne manquent pas, mais la délicatesse de l’éléphant résonne sur scène. On a beau essayer de faire attention, on se fait écraser. Et c’est bien l’objectif !



Après bien des hésitations, avec un Biohazard en face, je me décide pour Dying Fetus. Ce choix m’a permis d’assister à une magnifique démonstration de danse sur YMCA des Village People, qui sert de long morceau d’introduction. Le public évidemment apprécie, mais ce que j’ai retenu surtout, c’est le sens de l’humour et le talent de l’équipe de la sécurité de la team Budo.

J’en profite pour souligner, qu’après de nombreux Motocultor, je n’ai jamais vu une seule fois un problème avec ces professionnels de la réception de slammeurs ! Ces gars-là ont l’œil et le sens du respect. Et si en plus, ils dansent avant Dying Fetus, tout est dit ! Bravo !



Mais revenons-en au brutal death qui fera un parfait contraste avec Village People. Je crois qu’on peut difficilement faire plus différent.

Dying Fetus, rien qu’à voir leur nom, c’est un peu un bulldozer qui passe sur une foule.

En 2013, lors de leur passage au Motocultor, j’avais déjà cette impression de folie. En 2023, j’avais presque la sensation que le public était plus fatigué. Le taux de slamms était plus faible, certes, mais néanmoins suffisamment élevé pour que tout se passe à merveilles ! C’est typiquement le genre de groupe où ce qui compte, c’est le nombre de vagues de slammeurs. Et j’ai vite arrêté de compter !

En dix ans, je n’y ai vu que du feu. Dying Fetus n’a pas bougé d’un poil !




La soirée avance, et c’est Eyehategod qui tient l’affiche sous la Bruce Dickinscène, qui sert aujourd’hui à tout ce qui est lourd et lent. Le sludge dégoulinant du groupe s’agite régulièrement avec les soubresauts de Mike Williams, toujours aussi expressif et perché.

La force tranquille de Jimmy Bower à la guitare résonne en harmonie. Les prestations d’Eyehategod sont toujours uniques et sont la définition vivante de ce qu’on peut entendre par « sois cool, man ». Tout est tranquille et pesé, même la folie !



Abbath au Motocultor, j’avoue que j’en avais des souvenirs contrastés. Quelques excellents shows, un beaucoup moins bon… Mais ça c’était avant. En 2023, la version d’Abbath est digne des grands moments. Tout y est, ambiance froide, bleue et brumeuse pendant quasiment tout le concert. Et vers minuit, à la fin du concert qui se termine par le mythique « One by one » de la période Immortal, les talents de cracheurs de feu ressortent et concluent avec brio une très bonne prestation.

Bref, le public a eu ce qu’il est venu chercher !



Pour terminer un festival, rien de mieux que des canards ! Non, ce n’est pas Ultra Vomit qui est à l’honneur, mais bien Alestorm qui ont vite compris que les bateaux pirates étaient tout de suite plus impressionnants avec une armée de canards géants.

Une dernière décharge d’énergie de la part d’un public qui ne peut qu’être entrainé par nos joyeux lurons qui aiment transformer leurs concerts en bordel organisé.

Alestorm est valeur sûre pour finir lessivé et n’a pas dérogé à cette règle somme toute quelque peu empirique, mais qui concert après concert, semble bien se vérifier.



En conclusion, le passage au nouveau site de Carhaix du Motocultor a été plutôt bénéfique.

Le site est bien agencé et sans doute plus simple à gérer au niveau backstage.

Des problèmes d’organisation persistent sans doute, mais je me contenterai de parler de ce qui m’intéresse dans un festival de musique : la qualité des concerts.

Pas de doute en ce qui me concerne, vivement l’année prochaine !

Retrouvez les photos et le report des 3 premiers jours du Motocultor ici : https://amongtheliving.fr/live-report/motocultor-2023/


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