MUSCADEATH 2023 Day 2
Samedi 30 septembre 2023 – Vallet (44)

Deuxième journée du MUSCADEATH édition XXI 2023, et elle est placée sous le signe du pur Death Metal. C’est aussi la plus dense des deux jours avec ses 9 groupes à l’affiche.
ATROCIA
Ce sont les Nazairiens d’ATROCIA qui ouvrent les hostilités le samedi. Si les gars assurent un set carré et puissant, il faut dire que ce n’est pas vraiment ma came. Le “Gruik métal”, mis à part quelques éléments mélodiques ponctuant les compos (sous forme d’intro souvent ou amenés par la guitare), je n’accroche pas des masses. Leur Death est saccadé et technique, avec une redondance qui a eu raison de mon attention.

IRON FLESH
On enchaîne avec Iron Flesh, et on monte d’un cran. Avec leur death Blackeux le quatuor livre des compos plus accessibles pour ma part. C’est très OBITUARY dans l’approche mais aussi sous influence de style DISMEMBER avec cette lourdeur sépulcrale qui m’a bien plu. Les Bordelais ont fait le taf et c’est passé crème auprès du public. Avec leur Death Metal old-school très bien maitrisé, ils ont livré un set aux p’tits oignons.

ESCUELA GRIND
Enfin la gent féminine représentée avec les ricains d’Escuela Grind. Et question douceur on n’est pas à la bonne école. Perso c’est une des claques de cette édition. Quelle énergie, du grind en mode bastion avec des titres ultra courts et violents. La chanteuse est aussi mignonne qu’efficace. La guitariste est également dans le même move et les titres s’enchaînent comme une volée d’uppercuts sur un ring. Le public entre dans le jeu après une courte hésitation. Il faut dire que la chanteuse ne le laisse pas tranquille, le haranguant sans arrêt et le poussant à la baston.
Circles pit et autres joyeusetés se succèdent dans un joyeux bordel. C’est l’esprit du grind qui s’est répandu. Les messages partent tous azimuth et sont clairs : Pas de stigmatisations envers les appartenances sexuelles, les réfugiés et autres guerres du moment. Ce fut probablement le set le plus énergique du week-end !

SKELETHAL
Les Français de Skelethal jouent en terrain conquis. Fort de leurs influences marquées comme Entombed ou Morbide Angel, ils livrent un set carré et bien apprécié par un public plutôt sage (La prestation de Escuela Grind les a fatigués semblerait-il). Ça fait le boulot et le niveau technique des zicos est parfait. Les Lillois sont sauvages et implacables.

BLOCKHEADS
Les lorrains de Blockheads ne font pas dans la dentelle et ce n’était de toute façon pas le sujet du Muscadeath. Le terme bastion leur va bien, avec un chanteur qui descend d’entrée de jeu en stage diving dans la fosse. Les Circles pit s’enchaînent et le public en redemande. Le grind des lascars fait mouche. Leur dernier album Trip to the Void est paru via Bones Brigade Records au 15 novembre 2021.

KRONOS
Visiblement très attendus, Kronos ne se fait pas prier pour envoyer du bois. La banane sur les visages, le groupe est visiblement content d’être là et ça s’entend. Pas avares de blasts, de growls, de solos assassins sous le regard attentif des dieux de l’Olympe, le combo provoque la baston dans le pit. Et ça fonctionne. Fort d’un répertoire bien fourni, KRONOS est de retour pour célébrer les 20 ans de Colossal Titan Strife paru en 2003. Un gros kiff pour ma part sur la partie instru, après j’suis moins fan du tout « growls ». Les goûts et les couleurs hein ! Il n’en demeure pas moins que ces 40 minutes ont été intenses et au top.

GOROD
La prestation de la soirée ! Quelle claque, quel professionnalisme et qu’elle technique. Doté d’une grosse présence sur scène comme à leur habitude, leur death technique est juste monstrueux de précision. Les musiciens sont incroyablement doués et leur travail sur The Orb, leur tout dernier LP force le respect.
GOROD fédère le public et la température monte carrément avec leur prestation. Malgré la puissance et la violence des compos, il se dégage de l’ensemble un groove communicatif, un gage ce soir. Le set est massif, hargneux et c’est une vraie tuerie ce soir que les Bordelais nous offrent pour notre plus grand bonheur. Julien « Nutz » Deyrez occupe la scène en frontman aguerri et on retrouve souvent Benoît « Barby » Claus à ses côtés. Une performance au top !

BLOOD RED THRONE
Belle surprise avec ces Norvégiens et leur death puissant et accessible qui sont, avec Gorod, ma prestation préférée. C’est une machine de guerre. Belle participation du public. Un sans-faute. Le chanteur annonce que c’est le dernier concert du bassiste, qui part en cure de traitement pour une leucémie diagnostiquée peu avant. L’émotion est d’autant plus forte qu’à la fin du set le chanteur rase la crinière blonde du bassiste, visiblement ému comme l’ensemble de la salle.

CARCASS
Avec un set qui ira à l’essentiel, les Anglais de CARCASS vont finir d’achever les dernières résistances des festivaliers du MUSCADEATH. Culte et vénéré, CARCASS est clairement un groupe mythique, et ce soir ils ne failliront pas. Avec une setlist de 15 titres, les fans en auront pour leur attente. Jeff Walker force le respect, accroché à sa basse et indéboulonnable derrière son micro, il manie son instrument comme un glaive.
Walker a bien changé depuis la dernière fois que je l’ai vu au Motocultor en 2015, mais l’engagement reste le même. Les classiques sont là comme Incarnated Solvent Abuse ou encore Black Star / Keep On Rotting in the Free World.
Toujours avec un son bien rugueux, CARCASS nous offre des titres plus « accessibles » comme Heartwork qui finira le set.

Le MUSCADEATH termine sa 21eme édition avec les honneurs. Rudement bien organisé, il propose à chaque fois des affiches bien fournies et qualitatives. Incontournable du genre, le MUSCADEATH est un festival à taille humaine qui tient bien son rythme de croisière. MUST !

