Among The Living
Live Report

Rodrigo Y Gabriela au Zénith de Paris


 
C’est avec une certaine fébrilité que je me rends ce soir au Zénith de Paris pour assister au concert des enfants terribles de la six cordes acoustique! Fort d’un nouvel opus sorti fin avril dernier, Rodrigo y Gabriela viennent défendre un 9 Dead Alive résolument plus rock que ses prédécesseurs, renouant avec leurs premiers amours
Il est 20 heures pétantes quand les lumières s’éteignent pour laisser place aux Norvégiens de  Bigband, à l’origine un trio sur lequel est venu ce soir se greffer un violoniste. Évoluant dans un style mêlant différents genres allant d’une pop-rock soft à une folk bien marquée, en passant par de belles influences à la Hendrix ou encore Led Zep, leur prestation de qualité parvient à toucher un public encore sage mais attentif.
 
 
 

Délivrant un set Folk et intimiste, les norvégiens parviendront à donner à ces 30 minutes de concert, un gout de trop peu. Généreuse et captivante, leur musique m’a touchée ce soir et donnée envie d’en savoir un peu plus sur les productions du plus petit Bigband qu’il m’ait était donné de voir sur scène.

 

 

 

Tournant depuis 1992, avec déjà 9 albums à leur actif, leur prestation fut à la hauteur de la qualité des musiciens. Bravo !

 

 
 
Quand à 21h le Zénith, plein à craquer, plongea dans le noir, ce fut une clameur d’une seule voix qui s’éleva de la salle pour accueillir Rodrigo et Gabriela. Le duo prit possession des planches accompagné d’une douce odeur d’encens se déversant dans la fosse. Présentant toujours une scène sobrement décorée, sur une toile de fond représentant le cercle présent sur la pochette de leur dernier album. Y seront projetés tout au long de la soirée des extraits vidéos en alternance avec des plans de camera live fixés sur les manches de leurs guitares.
 
 
 
Ouvrant sur The Soudmaker, tiré de leur dernier LP, le duo fusionnel donne le ton à une soirée qui transportera tous les spectateurs sans exception dans un tourbillon enivrant de notes sulfureuses.
Ne vous y trompez pas, il ne s’agit pas ici du propos d’un fan sous influence, mais plutôt d’un spectateur parmi tant d’autres sur lequel la magie a opéré. Tout autour de moi le public danse, saute, applaudie, mais à aucun instant ne reste indiffèrent à ce qui se passe sur scène. L’osmose entre le couple mexicain et la salle est totale !
 
 
Sobre, humble et discrète, Gabriela explose parfois en tourbillonnant sur scène, telle une danseuse de flamenco accrochée à sa guitare en guise de partenaire. Mais là c’est elle qui mène la danse !
Rodrigo quant à lui arpente la scène, à l’aise, faisant monter la température crescendo. Plus affable que sa partenaire, le dialogue s’installe plus facilement entre lui et le public, avec lequel il blague et joue au fur et à mesure que l’on avance dans la soirée.
 
 
 
 
 
 
Rodrigo et Gabriela jonglent avec leurs compos, à la fois de façon intimiste et forte. De caresses aux slaps énergiques qui conduisent leurs guitares, on est toujours guidé par une sensibilité à fleur de peau qui vous parcoure l’échine pour vous faire vibrer la petite corde sensible qui va bien !
 La Fiesta semble être le seul maître mot ce soir, et le but est atteint. Les titres s’enchainent, telles des friandises lancées par poignées à une flopée de gamins aux yeux gonflés d’envie que l’on satisfait. La part belle est faite au dernier album des mexicains, dont  6 titres seront joués ce soir sur les 9 qu’il contient.
 
 
 
Au fil des morceaux, issus du dernier album, sont projetés les portraits des personnalités auxquelles ils sont dédicacés, témoignage touchant à des figures de l’histoire. The Soudmaker, pour ne citer que ce titre, qui rend hommage à Antonio de Torres Jurado, guitariste et luthier espagnol de la fin du 19eme siècle, désigné comme le père de la guitare acoustique moderne. Quel plus bel hommage que de lui dédier un titre aussi magnifique que celui-ci. Mais le plus vibrant (pour ma part) sera celui rendu à Harriet Tubman, abolitionniste afro-américaine née en 1822, avec le fabuleux  Misty Moses, ou les « percus » de Gabriela font merveilles.
 
 
 
 
Le premier solo nous sera servi par Rodrigo, juste après Torito, ponctué d’échanges dans un français approximatif plein d’humour avec une fosse réactive et hilare. Même si je le trouve moins technique et impressionnant que sa partenaire, il nous a livré ici une digression acoustique des plus fameuses.
Le Duo, en harmonie totale, nous délivrera un Orionmémorable en prémisse au solo de Gabriela qu’elle commencera dans une ébauche hilare de dialogue avec le public. Touchante et attachante, elle nous livrera à nouveau ce soir la démonstration de son immense talent.
Nous passerons par toutes les influences dont sont pétris ces enfants terribles : d’un Jazz épileptique avec Santo Domingo, en passant par le Flamenco éthéré  et aérien de Fram, les morceaux sont toujours remaniés sur scène laissant une bonne part à l’improvisation en harmonie avec leur folie.
 
 
 
La joie d’être là se lit sur leur visage, en écho à l’accueil fraternel qu’un Zénith acquis leur offre. Gabriela est tout sourire et virevolte sur la scène, Rodrigo toujours plus proche et fusionnel.
Tamacum viendra marquer la fin de ce set grandiose, après 2 heures de show non-stop devant une salle comble et  euphorique. C’est sur cette note de salsa Rock muy piquante, et devant des milliers de spectateurs debout et dansant que Rodrigo et Gabriela closent cet indescriptible concert. Ils quittent la scène alors que les lumières du Zénith se rallument sur un fond de For Those About >To Rock d’ACDC, sorte de clin d’œil aux fondamentaux que l’on retrouve dans leur manière d’aborder leurs compositions.
  
C’est comblé que je rentre chez moi, avec de la guitare plein la tête et cette certitude bien ancrée : chacun de leur passage sera un rendez-vous que je ne manquerai sous aucun prétexte.
 
Un très grand merci à Anissée de BECAUSE MUSIC pour avoir rendu ce live report possible.
 
Setlist
 
The Soundmaker
Santo Domingo
Diablo Rojo
Sunday Neurosis
Misty Moses
Torito
Rodrigo Solo
Chac Mool
The Russian Messenger
Orion (Metallica cover)
Gabriela Solo
Fram
Jam
Ixtapa
Savitri
Hanuman
 
Rappel
Hora Zero
Tamacun

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