Among The Living
Live Report

Rodrigo y Gabriela au Zénith de Paris 26/11/2014


Rodrigo y Gabriela @ Le Zénith Paris 26/11/2014

Ce soir je ne boude pas mon plaisir car j’ai à nouveau rendez-vous avec Rodrigo y Gabriela, six mois après leur passage triomphal dans le même Zénith.

Le duo le plus métaleux de la six cordes acoustique revient pour un bis repetita, avec quelques invités surprises marquant un changement par rapport à leur précèdent passage. Cette « nouvelle tournée » est dédicacée aux étudiants mexicains d’Ayotzinappa, disparus après des heurts avec la police, consécutifs à une manifestation de protestation des ouvriers et paysans de la région (44 au total).

La scène n’a pas changé, si ce n’est le coin salon et sa table basse sur laquelle sont posés une bouteille de vin et quelques verres. Visiblement il va y avoir quelques passages très cosy et friendly .C’est une fois de plus un Zénith de Paris plein à craquer qui accompagnera nos mexicains préférés, dans une ferveur que génère naturellement le groupe.

En ouverture Rodrigo et Gabriela ont à nouveau fait appel à une partie du groupe qui avait ouvert pour eux en Mai dernier. Les Suédois de (ex) BigBand, réduits à peau de chagrin entre son chanteur guitariste et son soliste, distillent un folk hippisant de bonne facture en mode duo acoustique également.  

 


Le Zenith se remplit peu à peu et la sauce commence à prendre au fil des titres.
Il faudra attendre une vingtaine de minutes pour que le set décolle doucement, puisant dans une inspiration très folk US martelée de Bottleneck qui n’est pas sans me rappeler du Brother Dege. Le Public commence à devenir plus participatif, et  sort de sa léthargie en claquant des mains en cadence pour accompagner la fin du spectacle.

Au final une première partie qui ne s’en sort pas trop mal, rien d’inoubliable mais parfaite comme mis en bouche.

L’hystérie commence dès les premières notes de Torito et l’apparition de Gabriela, le tout sur les volutes de fumées d’encens à l’odeur suave qui planent sur le devant de la scène. Le ton est donné et le public entre dans la danse sans se faire prier.
 
L’osmose est parfaite entre les deux acolytes et leur public. Comme à son habitude Gabriela met un certain temps à sortir de sa concentration des premiers titres pour venir discuter avec la salle, phrases entrecoupées de rires communicatifs et attendrissants. Rodrigo n’est pas en reste. Plutôt charmeur en don juan sympathique, il  harangue la foule qui lui renvoie en échos de puissantes acclamations.
Ils attaquent rapidement les premières reprises tant attendues avec le désormais inévitable  mix de Blackened, Orion et Battery de METALLICA, pour la plus grande joie du Zénith.
 

 

Le background n’a pas changé, mélange d’images projetées en fonction des thèmes des morceaux, et de projection des caméras fixées sur les manches de nos deux pistolleros de la 6 cordes.
Un couple entre en scène pour s’installer sur le fameux canapé, autour duquel Rodrigo et Gabriela viennent prendre place sur des tabourets afin de leur jouer Savitri (il me semble, de mémoire…). Un showcase dans cette configuration et de cette qualité est juste incroyable. J’ai cru comprendre qu’il s’agissait d’un couple d’amis français qu’ils voulaient remercier. La classe !!
 
 
 
Le second invité n’est autre que le chanteur du duo d’ouverture, avec qui ils interprèteront une reprise du groupe Spirit. Nature’s Way rend très bien, avec l’arrivé sur scène d’un saxophoniste qui élèvera le morceau face à une salle qui adhère sans problème.  
 
 
21h45 déjà et Rodrigo quitte la scène pour la laisser aux mains experte de Gabriela pour le premier solo de la soirée. 
 

Échangeant avec un Zénith qu’elle réussit à rendre hilare par son accent et sa joie communicative, elle assène ses accords puissants et assassins, mélange de rugosité technique et d’arpèges brillants. Sautillant et virevoltant, Gabriela à une fois de plus conquis le cœur des parisiens.   

 

 
Rejointe par Rodrigo pour interpréter Ixtapa, à l’issue duquel Gabriela quittera la scène à son tour pour la partie solo du sieur.  Moins « cogné » et plus nuancé que celui de la belle, Rodrigo excelle. Avec son jeux plus fluide et joué au médiator, la technique n’est pas la même .Plus démonstratif et moins « enjoué »,  j’ai personnellement préféré celui, plus brut, de Gabriella (ce doit être ma fibre de métaleux qui vibre).
 
 
rodrigo
 
Autre moment fort de la soirée : celui de l’interprétation de Diablo Rojo qui glisse sur  Stairway to Heaven. Un MUST !
 
Dernier invité de la soirée, et  probablement le plus prestigieux, une personne qu’ils admirent particulièrement : Vicente AMIGO. Considéré comme l’un des plus grands virtuoses de la guitare flamenca contemporaine, Vicente AMIGO est un maitre pour nos deux hôtes, avec qui ils s’installent à nouveau au « salon ».  Il y interprètera Oblivion, une reprise d’ Astor Piazzolla (autre musicien admiré par RyG, compositeur de tango argentin considéré comme le plus important du 20eme siècle) accompagné d’un flutiste virtuose. C’est un grand moment de guitare, de respect mutuel et d’admiration.
 
 
On glisse inexorablement vers la fin du concert, avec un rappel sur des reprises de Black Sabbath et son War Pigs et de U2 avec With Or Without You. L’apothéose viendra avec Tamacun qui finira de transformer le Zénith en une immense salle de danse muy caliente. 
 
 
rodrigo

 

 
On se quitte et on se salut sur un fond de Thunderstruck d’ACDC. L’ovation de la salle pour leur héros force le respect. C’est le cœur bien au chaud et la tête pleine de riffs à la sauce piquante que je rentre chez moi, toujours avec cette impression d’avoir assisté à un évènement unique en son genre.
 
 
Une date à retenir c’est celle du passage  de Vicente AMIGO à Paris le 26 mars 2015 à La Cigale.
 
Un grand merci à Anicée de BECAUSE MUSIC pour sa gentillesse et d’avoir rendu ce live report possible.
 
 
 
 
SETLIST
Torito
Hanuman
Blackened / Orion / Battery (Metallica cover)
Savitri
Nature’s Way (Spirit cover)
Gabriela Solo
Ixtapa
Rodrigo Solo
Sunday Neurosis
Misty Moses
Diablo Rojo / Stairway to Heaven
Santo Domingo
Oblivion avec Vincente Amigo (Astor Piazzolla cover)
Fram
The Russian Messenger
Rappel:
War Pigs (Black Sabbath cover)
With Or Without You (U2 cover)
Tamacun

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