Among The Living
Live Report

SOILWORK – HATESPHERE + Guest : Tournée française

SOILWORK – HATESPHERE + Guest : Tournée française 2015

Soilwork


Il est des fois, dans une vie de métalleux normalement constitué, où il faut faire abstraction du travail qui nous fait courber l’échine et griser notre moral, où il faut prendre la route pour une bonne raison, afin de souffler. Me concernant, cette raison est toute trouvée! A l’occasion de leur tournée européenne, les presque vikings de Soilwork investissent notre hexagone pour une mini tournée française de 8 dates passant par Metz, Dunkerque, Paris, la Bretagne, le Bordelais, Blois, Limoges et enfin Lyon!
Evénement marquant puisque le combo, qui a toujours eu l’habitude de se faire rare (voie très rare) chez nous signe, pour la première fois de son histoire, un passage français aussi long! Ne pouvant faire autrement, en fan Die Hard que je suis, que de suivre la meute, j’ai donc saisi le volant de ma voiture, partant de manière inconsidérée pour servir de photographe officiel du combo durant cette grosse semaine.

Première étape de la tournée, Metz, et ses couleurs de marchés de noël typique de l’Est de la France, ses spécialités culinaires et, bien sur, son froid mordant. Le groupe se produira ce soir aux Trinitaires, ancien ensemble de bâtiments à vocation religieuse reconverti en lieu non pas de culte mais de culture.
Première date et premier Sold Out, histoire de mettre les choses au clair avec un vivier de fan toujours en manque (il faut dire qu’à part leur présence au Hellfest il y a deux ans et la date au Divan du monde, le combo suédois avait boudé notre pays durant 7 longues années !) et quelques têtes connues en backstage ( Laurent et Vianney, respectivement guitariste chanteur et bassiste de l’excellent groupe de Thrash Prog Deficiency qui sortira d’ailleurs son prochain opus dans un an tout pile après être passé une fois de plus entre les mains expertes des frères Poitevin au Dôme Studio). Devant un parterre de fans, il incombera la dure tache du warm up au quatuor frenchi des Arcania, formation remarquée au Motocultor cuvée 2013 pour son remplacement au pied levé d’un groupe annulé le matin même.
La qualité est au rendez vous avec ce groupe qui propose un Thrash intéressant avec des phases extrêmes efficaces (comprenez par-là que ça headbang sévère du côté du pit) durant 30 bonnes minutes, mais malheureusement desservi pas un son un peu trop fort et brouillon et des éclairages plus que faiblards en façade (il faut dire que le son de leur dernier opus se rapproche de celui d’un Gojira des jours nouveaux, c’est dire si le gap est important une fois arrivé sur scène).
Passons donc , après un court interlude, à nos amis d’Hatesphere qui assureront la première partie de Soilwork durant toute cette longue tournée qui, une fois de plus, puisque leur réputation n’est plus à faire, distilleront leur métal ultra lourd aux accents death durant 45 minutes devant un parterre maintenant bien chaud et composé de fans au premier rang (le chanteur laissera même, l’espace de quelques versets , le micro à un jeune homme visiblement ému et connaisseur de la formation ).

Setlist TANK

The raven’s cry

The Chrysalis

TANK 09

Beautiful Agony

Legacy

Inhaled

From the straight and Narrow



 

45 minutes après ce set impeccable, mais encore une fois brouillon au niveau du son, mes vikings préférés montent sur scène pour nous mettre une raclée de type « au-dessus c’est le soleil». Malgré, encore une fois, un son crado et trop fort (mais pas mal si l’on se cale derrière la console de son), Soilwork va retourner l’assistance pendant 80 minutes, passant en revue une partie des hits de sa longue et prolifique discographie (il faut dire qu’a raison de 3 titres par album, on va vite fait de sombrer dans un concert de deux heures ce qui, personnellement, ne me déplairait pas…).
Le nouveau bassiste, remplaçant du géant Ola Flink, ne démérite pas sur la scène en se démenant comme un beau diable, histoire de donner une dynamique et d’occuper l’espace. Il faut dire que le brave ressemble tellement à son prédécesseur : grand, chevelu, barbe hirsute, postures en tour Eiffel et jeu avec la basse, le changement ne se verrait pas pour qui ne serait pas fan transit du groupe! Une fois de plus, ça joue impeccablement, Dirk en perce même la peau de sa caisse claire en plein morceau ! Malheureusement, comme j’ai déjà pu le constater à de nombreuses reprises, avec la fatigue Bjorn en perd la justesse de sa voix.
Dans le public c’est peu remarquable du à la force du son mais entendu des backstages c’est assez flagrant, ce qui me fait constater que l’artiste utilise beaucoup moins de samples que lors de son show au Divan du monde il y a deux ans. Quoi qu’il en soit, cette première date augure du meilleur pour les jours à venir alors rendez vous demain pour la claque de Dunkerque.

Nous nous retrouvons donc en ce dimanche soir pluvieux et froid aux 4 Ecluses, célèbre salle de Dunkerque pour l’un des concerts les plus «  tôt » de ma carrière d’être humain. Pour être sur que le travailleur Chti se repose avant de réattaquer le boulot le lundi, le concert débutera à 18h15 pour finir à 21h15 ! Du jamais vu lorsque l’on sait que le combo est habitué à finir bien plus tard ses prestations. Mais qu’importe ! Le show, qui tablait sur à peine 100 préventes le soir même, se verra complet une heure après l’ouverture des portes pour remplir la jauge des 250 personnes. Hatesphere ouvre donc le bal tout en énergie et en blagues à deux balles.
Le chanteur expérimentera donc son effet sur la gestuelle de son poste vocaliste de Black Dahlia Murder en demandant au public de l’accompagner alors qu’il le singe sur le morceau The Iconoclast .
La magie opère a moitié car il est vrai que les gens ressemblent a des dégénérés à secouer les bras au dessus de leurs têtes comme des singes. Entre rires des participants et regards affligés de ceux qui s’en moquent sans pratiquer, je suis, en tant qu’observateur, bien hilare de cette situation. Bref, les vannes s’enchainent, les chansons aussi par la même occasion et le public a l’air de ne pas bouder son plaisir malgré l’étroitesse de la salle et la température qui commence à grimper. Apres une courte pause on enchaine donc logiquement avec Soilwork qui va dérouler son set devant un public relativement mou.


 

 


Comme a son habitude Bjorn, qui ne se laisse pas décontenancé par si peu, désignera un « capitaine du pit » afin de mettre l’ambiance, rôle qui sera dévolu, je vous le donne en mille, à votre serviteur!! Une heure à mouiller le maillot dans le sens propre (et figuré) du terme pour faire vivre un public étrangement mou alors qu’il s’est déplacé en masse. Le set se déroule tranquillement, de manière excessivement pro, comme à l’habitude des Suédois, et lors du rappel, le public se réveille enfin, du moins les cordes vocales, pour annoncer son amour au groupe et le souhait de leur retour.

Lundi, LA date de la tournée parisienne puisque celle-ci passe par le Trabendo de Paris. Attendue comme le loup blanc par les membres du groupe qui avait signé un carton plein il y a deux ans au Divan du monde, le contentement sera «  mi figue, mi raisin » car seulement 550 personnes se seront déplacées dans cette salle pourtant prévu pour 750/800 pèlerins.

Pour ouvrir le bal ce soir, un combo du Cru, bien connu de la scène métal hexagonale puisque je veux bien sur parler des beaux gosses de TANK, qui, ce soir, joueront leur premier show pour Soilwork. Fideles a leurs habitudes et à leur réputation, les parisiens délivreront un set énergique, carré, peut être un peu trop poseur (mais en même temps la fan base ne semble pas détester ces manies dignes des années 80). Clairement pro , ils n’ont rien à envier à la tête d’affiche.

 

30 petites minutes seulement et puis s’en vont pour laisser place à Hatesphere qui ce soir s’abstiendra, par pudeur peut être, de nous jouer le coup du « Black Daliah Murder Movement » mais en n’oubliant bien évidemment pas la bonne humeur et l’énergie.
Pour la première fois depuis le début de cette tournée française, je sens le vent un peu tourner dans la fosse au niveau des préférences musicales car, sur Hatesphere, la foule sera comme possédée et, en discutant avec nombre de copains dans l’assemblée, je n’aurais d’autre choix que de me rendre compte que beaucoup ne sont venus que pour le groupe. Quand on Thrash dans son froc…..Une belle petite photo de fin en famille avec la banane et on arrive donc au plat de résistance Suédois pour un show au sommet. Le combo est clairement ravi de revenir dans une terre connue après avoir expérimenté de nouvelles salles. L’accueil est au rendez-vous, avec une majorité de gens dans le public qui était déjà présente il y a deux ans au Divan du monde. Un sans faute évident, sans écart sur la set list éprouvée depuis un mois (ça par contre c’est bien dommage de ne jamais sortir des sentiers battus pour marquer le coup), et bordée de professionnalisme. Sans pour autant avoir rempli ras la bouche ce Trabendo, Soilwork signe une fois encore un gros carton en terre parisienne avant de reprendre la route direction la province.

Setlist   Hatesphere

Reaper of life
The coming of Chaos
Vermin
Floating
Resurect with a vengeance
Lines crossed lives lost
Murderlust
Iconoclast
Drinking with the king of dead
Sickness within



 

Deux jours nous séparent et me voila de retour avec les vikings pour un show d’une mollesse extrême à Blois. Pas de première partie locale ce soir et on attaque avec Hatesphere qui va mettre la fessée à une foule bien présente mais éparse dans ce Chatodo chauffé à blanc (250 personnes dans une salle prévue pour en accueillir presque 600, automatiquement ça fait vide). Une fois de plus, chose aussi étonnante qu’inquiétante, le public répondra plus présent sur la première partie que sur la tête d affiche en retournant littéralement la fosse a grand coup de circle pit et autre Bravehearth. Fait marquant de ce set, le chanteur, haranguant la foule bras des levés de bras, laissera échapper son micro filaire qui, plusieurs mètres plus loin, atterrira sur le visage d’un spectateur aussi étonné qu’endolori. Tirant sur le câble, le sourire aux lèvres, notre vocaliste aura tout juste le temps de se saisir de l’objet du délit pour reprendre le cours des opérations.
Apres les changements de plateaux habituels, on retrouve donc Soilwork pour un show ultra carré devant un public malheureusement clairsemé et mou à l’extrême. Ce soir Bjorn n’a pas envie de désigner un capitaine de soirée pour mettre l’ambiance car il sent que cela est peine perdue.
A part quelques headbangs de rigueur, la foule, pourtant pas avare en applaudissement, ne se laissera pas aller à sa folie coutumière et, à la fin du set, les Suédois quitteront rapidement la scène, boudant la photo de fin et leur public (à l’exception de Dirk qui, comme d’habitude, restera abordable, charmant et accessible pour ses fans) en atterrissant directement en loge sans passer par la case Merch où les petits gars de Hatespehere travaillent leur relationnels avec la foule .

Réveillé la tête dans cul, cette dernière journée me concernant aura commencée de bien belle manière, c’est-à-dire un croisement entre Spinal Tap et American Pie. Investissant le tourbus pour saluer l’équipe , je tombe nez à nez avec la charmante Lou Doillon qui me demande qui je suis et ce que je fais dans son tourbus… En effet, le lendemain de la prestation de Soilwork à Blois, c’est la chanteuse qui prendra possession des lieux et, trouvant un tourbus noir au même endroit que je l’avais quitté la veille, j’ai cru en toute bonne foi qu’il s’agissait de celui de mes boys, mais hélas, qu’elle ne fut pas ma surprise en pénétrant dans le véhicule lorsque la vocaliste, alors que je me grattais copieusement les roubignolles, me demanda mon identité. Rouge comme une tomate, je suis donc reparti de ce tourbus « Paris 16 » la queue entre les jambes, c’est le cas de le dire. C’est ça aussi la vie de tournée d’un groupe métal : un Tour manager, Roger, exigeant mais adorable et souriant, toujours prêt à de longues discussions dès lors que la machine est lancée , un booker français, Jérôme , discret mais efficace, toujours au fait de la santé de ses troupes et un staff technique exceptionnel dont la belle et pétillante Jay , MerchGirl dévouée. Peu d’heures de sommeil, exigeant une hygiène de vie irréprochable (qu’il est facile de s’en coller une lorsqu’on a pas à conduire le tourbus !! ).


Soilwork

 

Quelques kilomètres plus tard, arrivé assez en avance au CC John Lennon de Limoges, j’en profite pour faire quelques photos portraits en studio à même la salle de concert avec tous les musiciens et techniciens de la tournée, histoire de passer le temps et d’immortaliser cette épopée unique qu’est la tournée française de Soilwork. Les portes s’ouvrent et l’on attaque donc avec les parisiens de TANK, ayant fait le déplacement pour retourner cette salle culturelle communale à grand renfort de posing et de cheveux bien propres. Contrats rempli pour ces jeunes gens, toujours aussi efficaces et réguliers dans leurs prestations (malgré les foirages de lancer de baguette de Clément Rouxel à la batterie …).
Le public répond présent pour ce premier groupe, ce qui donne confiance pour la suite ! La suite la voilà donc avec Hatesphere qui, remonté comme jamais, volera clairement la vedette à sa tête d’affiche ce soir en réalisant un sans-faute! Dans la foule ça se chamaille fort, même le 3eme âge s’y met ! Un régal pour les yeux et les oreilles ! Au tour de Soilwork d’essayer de faire de même et ce soir, encore un flop dans la fosse avec un public qui semble avoir lâché toute son énergie pour les deux premiers groupes. La faute peut être à un set trop convenu où l’on ne sent que l’habitude du travail bien fait mais plus la flamme. Encore une fois, Bjorn ne désigne pas de capitaine de soirée et préfère rentrer directement au Tourbus, sans passer par les backstages et sans photo de fin, accompagné de ses trois autres Suédois de copains… Drôle de manière de finir une tournée que de snober son public, que de ne pas aller au merch poser pour des selfies et vendre du matos alors qu’Hatesphere, qui arrive clairement en position d’outsider, met en pratique les leçons basiques de markéting et remporte un succès total que ce soit sur ou hors de la scène….
Qu’importe, je retiendrai que sur cette tournée Française, tous les groupes ont été à la hauteur de leurs engagements, en faisant montre d’un professionnalisme extraordinaire. Il est déjà l’heure pour moi de reprendre la route vers la capitale alors que le tourbus se dirige tout droit vers Lyon pour clôturer en beauté ce Majestic Tour 2015.


 

Setlist Soilwork

The ride majestic
Nerve
Bastard Chain
The crestfallen
Death in general
A light in the aftermath
Tongue
Follow the hollow
Petrichor by sulphur
This momentary Bliss
Chainheart Machine
Stabbing the drama
Let this river flow
Late for the kill
Rejection role
Swirl
Spectrum of eternity

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