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Live Report

The Darkness : L’Elysée Montmartre, Paris

The DarknessDea Matrona

L’Elysée Montmartre, Paris



Le glam rock toujours vivant, entre virtuosité et spectacle

L’Élysée Montmartre était comble ce mercredi 29 octobre pour accueillir The Darkness, qui défend son dernier album Dreams On Toast lors d’une tournée européenne. Depuis leur percée tonitruante au début des années 2000, les Britanniques ont su conserver une identité reconnaissable : un rock flamboyant, excessif mais parfaitement maîtrisé, à mi-chemin entre virtuosité musicale et spectacle décomplexé.
La salle, intimiste mais énergique, s’est transformée dès les premières notes en un théâtre vivant où chaque spectateur devient acteur de la fête, prêt à répondre aux éclats de guitare et aux envolées vocales du frontman Justin Hawkins.

DEA MATRONA

La soirée commence avec Dea Matrona, trio irlandais porté par deux chanteuses-instrumentistes, qui réussit à capter l’attention du public avec un set solide et énergique.

Leur rock, à la fois classique et moderne, séduit par sa sincérité et sa force brute, préparant le terrain pour le déferlement que représentera The Darkness.

Orláith Forsythe et Mollie McGinn, les deux fondatrices du groupe, forcent le respect tant par leur jeu que par leur connexion sur scène.  Les deux chanteuses m’ont séduite et je suis sorti avec l’envie d’en savoir plus sur elles.
Les Irlandaises ont soufflé un air de fraicheur et d’espièglerie sur la salle, portant leur rock décomplexé qui trouvera son public ce soir.



THE DARKNESS

Dès que le quatuor anglais monte sur scène et que résonnent les premières notes de « Rock And Roll Party Cowboy », la différence de dimension est immédiatement perceptible.
Justin Hawkins, combinaison scintillante et torse ouvert, attire tous les regards et impose son rythme à la salle entière. L’énergie est instantanée, contagieuse, et le public, déjà chauffé, répond avec enthousiasme à chaque mouvement et à chaque note.
Les interactions de Hawkins avec la foule — quelques mots en français maladroits mais charmants, un clin d’œil à ses fans, des mimiques théâtrales — renforcent cette complicité qui restera constante tout au long du concert.



La cohésion du groupe est l’un des aspects les plus frappants de la soirée. Dan Hawkins, à la guitare rythmique, déploie une précision implacable qui sert de colonne vertébrale au spectacle, tandis que Frankie Poullain, à la basse, apporte une présence élégante et stable, en parfait contrepoint aux excès du frontman. Derrière eux, Rufus Tiger Taylor — fils du batteur de Queen — imprime sa marque sur chaque frappe, alliant puissance et musicalité avec une maîtrise impressionnante.
Le son est clair, puissant, précis : chaque guitare, chaque batterie, chaque basse résonne avec équilibre, permettant au public de savourer à la fois l’énergie brute et la finesse technique de chaque morceau.

La setlist alterne habilement entre classiques et nouveautés, offrant à la fois la nostalgie des premiers albums et la fraîcheur de Dreams On Toast. Les titres phares de Permission to Land, tels que « Get Your Hands Off My Woman », « Love Is Only A Feeling » ou « One Way Ticket », déclenchent une ferveur quasi instinctive dans la salle.
Mais loin de se limiter à un hommage à leur passé, le groupe insère des morceaux récents avec fluidité, démontrant qu’il reste capable de composer des chansons qui fonctionnent parfaitement sur scène.
Cette capacité à mêler ancien et nouveau sans créer de rupture illustre la maturité acquise par le groupe tout en conservant l’exubérance et le sens du spectacle qui ont fait sa réputation.


The DARKNESS


The Darkness a enflammé l’Élysée Montmartre

Au milieu du concert, un moment de grâce suspend le temps : la reprise de « The Power of Love » de Jennifer Rush. Interprétée avec une intensité et une sincérité déconcertantes, elle surprend et captive la salle.
Ce passage démontre que le groupe n’a pas seulement recours à l’excès pour impressionner, mais qu’il sait également créer des instants de réelle émotion, où le public écoute, suspendu.
La reprise est suivie d’un retour immédiat à l’énergie pure et flamboyante, et le quatuor reprend sa course effrénée à travers la setlist, ponctuée de solos virtuoses et d’échanges complices avec la salle, qui vit chaque morceau comme un événement en soi.



L’apogée du concert est atteint avec « I Believe In A Thing Called Love », où toute la salle devient un chœur géant. Le public chante, saute et acclame le groupe dans un moment de communion totale. Justin Hawkins, hilare et énergique, grimpe sur un retour, guitare levée, orchestrant la réaction collective comme un chef d’orchestre du glam rock.
Le morceau résume parfaitement ce qu’est The Darkness : un groupe capable de mêler humour, énergie et virtuosité dans un spectacle où la musique et la performance sont indissociables.

À la fin de la soirée, pas de longs rappels ni d’effets artificiels. The Darkness quitte la scène après une performance maîtrisée et généreuse, laissant une salle conquise et des spectateurs transportés.
Vingt ans après leurs débuts, le groupe continue de jouer avec le même enthousiasme, la même passion et la même audace.
Le groupe a enflammé l’Élysée Montmartre, rappelant que le rock flamboyant, l’audace et le charisme restent leur signature intacte.


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