Katatonia + Evergrey + Klogr
Le Trabendo, Paris – 10 décembre 2025
Remerciements à Garmonbozia Inc.

Soirée sombre d’automne parisien
Klogr, l’ouverture
La soirée s’ouvre avec Klogr, groupe italo-américain de metal/rock alternatif avec des touches de metal progressif. Leur nom, « Klogr », clin d’œil à la loi psychophysique de Weber–Fechner, annonce déjà l’orientation intellectuelle et introspective du projet. Dès 2010, le trio s’est forgé une identité singulière, mêlant un metal massif à des architectures plus fines héritées du rock alternatif. Leurs influences allant de Metallica, Tool, Alice in Chains transparaissent dans une palette sonore riche, souvent introspective et engagée. Sur scène, le trio s’impose dans une atmosphère dense. Le public se laisse rapidement happer par cette avalanche sonore. Leur set d’une demi heure se conclut sur une montée en puissance hypnotique qui arrache les premiers cris de la foule. Une découverte brutale… mais captivante.
Evergrey, le poids de la nuit et la force du mélodique
Le groupe suédois Evergrey, originaire de Göteborg et formé au début des années 1990 par le chanteur-guitariste Tom S. Englund, monte sur scène aux alentours de 20h10.
Accueillis par une ovation, les cinq musiciens prennent position : Simen Sandnes à la batterie sur la droite, Rikard Zander aux claviers sur la gauche, tandis que Tom S. Englund, Henrik Danhage et Johan Niemann s’installent pour lancer un set à forte charge émotionnelle.

Avec quatorze albums au compteur, Evergrey a bâti un univers reconnaissable entre mille : un metal progressif sombre, massif, traversé par des mélodies poignantes et des thématiques graves : solitude, introspection, spiritualité, souffrance intérieure.
Leur signature s’impose dès les premières secondes : la voix habitée de Tom S. Englund, les harmonies élégantes de Danhage et la précision rythmique implacable de Niemann, le tout soutenu par les nappes atmosphériques de Zander. La salle vibre immédiatement.
Le concert déroule sept morceaux issus de différentes périodes de leur discographie, illustrant parfaitement l’évolution du groupe, de ses débuts à une approche plus moderne, dense et émotionnelle.
Katatonia, le crépuscule permanent
Katatonia, tête d’affiche et également suédois, se forme en 1991 à Stockholm, à l’initiative du chanteur et batteur Jonas Renkse et de l’ex-guitariste Anders Nyström (parti en mars 2025). Au début, c’était un duo studio jouant un metal extrême death/doom.
Si le groupe abandonne progressivement le death/doom metal au profit d’un metal plus atmosphérique, gothique voire progressif, il en n’en demeure pas moins une ambiance très doom dans la salle. Les riffs de Nico Elgstrand mêlés au battements de la batterie assurée par Daniel Moilanen créent un rythme très lourd et lent.
Les têtes des fans dodelinent lourdement, en rythme. Tandis que le chanteur Jonas Renkse, caché derrière sa longue chevelure évoque mélodies et émotions à travers un chant clair sur des thèmes aussi dépressifs que la mort, la dépression et la mélancolie.

Katatonia, l’un des groupes les plus influents du metal progressif scandinave, plonge immédiatement le public dans leur univers éthéré et déchirant. Les guitares tissent un voile sombre tandis que la voix de Jonas Renkse, douce et fragile, coupe littéralement le souffle.
Leur set oscille entre ballades brumeuses et explosions post-metal, comme un voyage dans un paysage nocturne sans fin. Les lumières, travaillées en nuances froides, amplifient la sensation d’assister à un rêve lucide.
Chaque morceau semble suspendu dans le temps ; le public écoute, dodeline de la tête, puis brandit les cornes du diables en fin de chaque morceau.
La soirée se termine sur une impression commune à tous les spectateurs : avoir traversé trois visions différentes de la noirceur musicale. Un concert où chaque groupe a apporté une part essentielle de l’obscurité et de la beauté.

