COULD SEED – Terminal
Sortie le 23 octobre 2026 – Klonosphere
Elie Chéron – Batterie
COULD SEED est ce qui se fait de mieux dans le post-rock actuel.
J’aime ces groupes au talent certain qui parviennent à suspendre le temps, le temps d’une écoute, et à nous arracher à un quotidien anxiogène. COULD SEED fait pleinement partie de ceux-là.
Terminal est la nouvelle livraison instrumentale des Angevins de COULD SEED. Le groupe navigue toujours plus loin dans les eaux tour à tour calmes et tumultueuses d’un post-rock irrigué par de nombreuses influences.
Après l’excellent The Drop Crisis (2024), Terminal prolonge cette aventure immersive à travers des compositions inspirées et d’une grande qualité.
Le quatuor évolue dans un post-rock classieux et instrumental. Enfant studieux de Pink Floyd et de Mono, il s’affranchit pourtant de toute influence trop marquée et affirme une personnalité immédiatement reconnaissable.
Ce qui frappe ici, c’est avant tout la maîtrise des musiciens. Jamais démonstrative, la musique de COULD SEED se révèle profondément immersive, voire cathartique.
Terminal prend ainsi la forme d’un voyage initiatique et cinématographique. Le chant est absent, mais les compositions parlent d’elles-mêmes. Au fil des sept titres, l’auditeur tisse sa propre histoire, tour à tour porté et poussé dans ses retranchements.

L’album s’ouvre sur Atlas, qui me replonge aussitôt dans cet univers que j’avais tant apprécié. Avec plus de sept minutes au compteur, cette entrée en matière aussi ample que maîtrisée est parfaite.
Puis l’album monte progressivement en puissance. Heracles amorce cette ascension avec son atmosphère sombre et ses attaques post-black. Le chemin chaotique de la divinité y est parfaitement mis en musique.
Avec Pangaea, le quatuor livre un morceau ambitieux qui témoigne de la virtuosité de ses musiciens. Tout en subtilité, entre finesse et intensité, c’est un véritable modèle de composition.
Le propos se durcit encore sur Minotaure, qui met en lumière le superbe travail rythmique de Thomas Magloire à la basse et d’Elie Chéron derrière les fûts.
Thomas y insuffle un groove hypnotique, tandis qu’Elie orchestre un chaos parfaitement maîtrisé — tout un art.
Orion est probablement le titre le plus surprenant de l’album, avec son caractère abrasif et ses brusques saillies stoner. Ici, on s’évade et on prend de la hauteur, qu’on le veuille ou non.
Une fois encore, le savoir-faire à la française fait merveille et place COULD SEED parmi ce qui se fait de mieux dans le post-rock actuel. Terminal n’a finalement qu’un seul défaut : être trop court ! Indispensable, donc !
TRACKLIST
01 – Atlas
02 – Heracles
03 – Minotaure
04 – Pangaea
05 – Druids
06 – Orion
07 – Oracles


