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EXIL – Karga

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EXIL – Karga

Sortie le 30 janvier 2026

Arsen Raziyev : guitare, chant
Alan Dujardin : batterie
Hugo Nogard : basse
Quentin Florin : guitare, chant


un disque noir, mais qui laisse passer la lumière

Avec Karga, EXIL passe à l’étape suivante : le premier vrai album, après un EP (Yad, 2020), un split et plusieurs démos. La sortie est prévue le 30 janvier 2026 chez Source Atone Records. Et à l’écoute de ce que le groupe montre déjà, on sent que ce n’est pas juste “un premier album” de plus : c’est plutôt une façon de dire voilà qui on est.

Musicalement, EXIL part d’une base black metal, plutôt du côté post-black / dépressif, mais le groupe ne s’enferme pas dedans. On entend aussi des choses plus “ouvertes”, parfois proches du post-punk, avec une ambiance qui évoque l’Est, les grands espaces, quelque chose de froid mais vivant. Et ce n’est pas qu’une impression : le projet joue aussi sur un lien fort entre la France et le Kazakhstan, jusque dans la manière de chanter et de raconter.

Huit morceaux, comme une histoire

Karga ne s’étire pas :8 titres, et une tracklist qui ressemble presque à un petit récit. On passe par “Abîme”, “Rodina”, “Délivrance”, “Poussière”… et ça suffit à poser un décor.
L’album a l’air pensé comme un trajet, pas comme un empilement de chansons. L’idée, c’est de traverser quelque chose : des souvenirs, des tensions, des contrastes… sans perdre le fil.


exil


“Karga”, le corbeau : une image qui colle à l’album

Le titre parle de lui-même : “Karga” veut dire “corbeau” en kazakh. Et dans l’univers du disque, ce corbeau n’est pas juste un symbole “dark”. Il ressemble plutôt à un compagnon de route : un animal qui annonce parfois le mauvais, mais qui guide aussi, qui observe, qui traverse.

Ce que le groupe semble chercher, c’est une émotion plus vraie que le simple désespoir. Oui, l’album promet d’être sombre. Mais pas pour faire joli. Plutôt pour parler de choses intérieures : la mémoire, les racines, l’envie d’avancer malgré tout. On sent l’idée de faire coexister tradition et présent, peur et espoir, nostalgie et mouvement.

“Rodina” : le morceau qui donne envie d’entendre la suite

Le premier extrait, “Rodina”, est une très bonne carte de visite. Il annonce un disque fait de contrastes : de la lumière qui perce au milieu du noir, de la violence contenue, et cette question centrale : où est ma place ? Avec les autres, avec les siens, ou ailleurs.

Et surtout, EXIL ose un choix fort : le chant mélange françaiskazakh et dialecte slave. Ce n’est pas un gadget. Ça renforce le thème de l’entre-deux, comme si la musique devait porter, concrètement, cette double appartenance et ce tiraillement.

Des titres qui parlent déjà à l’imaginaire

Même sans avoir encore tout le disque, les noms des morceaux dessinent une atmosphère :

  • “Abîme” et “Poussière” évoquent ce qui tombe, ce qui reste, ce qui colle au corps.
  • “Délivrance” et “Avec ou sans vous” sonnent plus directs, plus personnels, presque comme des phrases dites à quelqu’un.
  • “Tchujoï” porte déjà l’idée d’être “étranger”, à côté, entre deux mondes.

Et pour finir, EXIL annonce un final marquant : “L’Exil” avec une invitée de poids, Amy Tung Barrysmith (Amenra / Year Of The Cobra). Un choix qui promet une fin intense, autant dans l’ambiance que dans l’émotion.

Un groupe solide, une direction claire

Le line-up est simple et resserré, comme l’album : Arsen Raziyev (guitare/chant), Quentin Florin (guitare/chant), Hugo Nogard (basse) et Alan Dujardin (batterie). Le groupe, formé en 2019 à Lille, assume pleinement son étiquette post-black, tout en gardant une ouverture qui le rend plus singulier.

En bref

Karga s’annonce comme un disque ambitieux, mais accessible, sombre sans être fermé, chargé de sens sans être prétentieux. EXIL semble vouloir transformer un thème universel — l’exil, la recherche de place, le tiraillement intérieur — en musique qui serre le ventre… mais qui peut aussi réconforter. Si le reste de l’album est au niveau de “Rodina”, on tient peut-être une des belles claques émotionnelles de ce début 2026.


Karga
01. Abîme
02. Karga
03. Rodina
04.Tchujoï
05. Délivrance
06. Avec ou sans vous
07. Poussière
08. L’Exil (feat. Amy Tung Barrysmith – Amenra / Year Of The Cobra)


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