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KREATOR – Krushers Of the World

KREATOR - Krushers Of the World

KREATOR – Krushers Of the World

Sortie le 16 janvier 2026

 

 

La Grèce antique avait douze créateurs du monde : les Titans , qui, du haut du Mont Othrys, veillaient sur le Péloponnèse. Cependant, leurs enfants les ont vaincus pendant la Titanomachie. Ainsi, Zeus, Héphaïstos et Poséidon sont les piliers d’un nouveau panthéon.

Le Metal est à l’image de la mythologie : nos Titans sont quant à eux au nombre de quatre : Mille Petrozza, Ventor, Sami Yli-Sirniö , Frédéric Leclercq et ils se nomment Kreator.

Les statistiques des Titans teutons sont affolantes : quarante ans de carrière, plus de deux millions d’albums vendus, 1900 concerts à travers le monde. Formé sur leur mont Olympe qu’est Essen dans la Ruhr, Kreator, apparu à la même époque que Metallica et autres ne s’est jamais détourné de son chemin du Thrash violent et agressif, devenant ainsi mythique.

Pour son seizième album studio, “Krushers Of The World”, le quatuor nous offre une production à son image : titanesque, en voyant tout, non pas très grand, mais en démesuré : la conception a été réalisée par des légendes des consoles : les Suédois Jens Borgen à la production et au mixage ainsi que Tony Lindgren à la masterisation font jaillir l’album comme Pégase la source Hippocrène.

Rappelons que le premier avait déjà travaillé pour Kreator sur les albums “Phantom Antichrist” de 2012 et ”Gods of violence” en 2017. Il a été également l’élu de Behemoth, Rotting Christ, Emperor, Belphegor, Arch Enemy, Dark Tranquility, Et caetera, et caetera… Rien que ça!
Quant au second, on retiendra ses nombreuses prestations pour Saor, Coroner, Gaahls Wyrd, Opeth, Powerwolf, bref, que du lourd aussi !

Ainsi le résultat est finement ciselé, lisse, propre mais laisse toutefois la violence et la force éclater.

Nos quatre Allemands sont également des esthètes, ils aiment l’art et, en particulier celui du peintre de Cracovie Zbigniew Bielak, s’étant déjà illustré pour Dark Throne, Absu, Watain et en signant les dernières pochettes de Ghost.
Le coup de cœur de Kreator pour cet artiste date des lustres : il y a une quinzaine d’années, le groupe avait déjà pensé à lui pour redessiner les artworks de trois albums . Aujourd’hui, il représente le Kreator Demon encore plus agressif qu’il ne l’a jamais été.

De plus, à l’inverse parfois des divinités grecques, Kreator sait se montrer très généreux avec ses adeptes :  Nuclear Blast Records déploie dès le 16 janvier prochain “Krushers of The World” en pas moins de dix versions physiques, en Cd et vinyles, dont deux coffrets absolument fabuleux.

Mais la générosité vient surtout de cet album et de ses dix titres. Et même avec quarante ans de carrière, dans un style pouvant paraître parfois vieillissant, Kreator nous offre un Thrash novateur, énergique, toujours aussi rageur, se tournant parfois vers la tradition, mais surtout vers l’avenir, à commencer par “Seven Serpents”, offrant une intro alliant une orchestration sombre et discrète et une guitare mélancolique.
Mais, dès que Mille joue de sa voix si caractéristique, le Thrash reprend ses lettres de noblesse, grâce à sa batterie puissante, sa partie instrumentale et ses chœurs aux poings levés.


kreator


Kreator porte le poids du Thrash Metal depuis quarante ans et il n’est pas prêt à fléchir.

Du groove et un chant poussé, un refrain entêtant, facile à avoir dans le crâne, voici “satanic Anarchy”, dont la composition musicale a des points de concordance avec celle de Michael Amott. Ce titre est décrit comme un “bélier sonore” en raison de ses riffs saccadés et techniques.

Le titre éponyme “Krushers of The World” est un monstre de lourdeur, massif écrasant, porté par les toms dominants même pendant la ligne de guitares. La partie parlée est angoissante. “Krushers of The World” est, en fait, une ode à la violence.

Tränenpalast” est un hommage aux films d’horreur dont Petrozza est fan absolu, et surtout à “Suspira”, de 1977, réalisé par le maître italien du genre Dario Argento, constituant le premier volet de la Trilogie des Trois Mères.
Pour ce titre, le frontman chante en duo avec la chanteuse Britta Görtz, évoluant dans Chaos Rising et Hiraes. Si, désormais, la présence féminine est incontournable dans le monde du Metal, ce n’est pas pour adoucir la chose, bien au contraire.
Le  chant de la vocaliste est si puissant et profond qu’il serait capable de pétrifier n’importe quel chanteur de Death. Quant à “Barbarian”, il est le symbole de la brusquerie sauvage d’antan : le timbre de la voix et la rythmique sentent bon l’Old School. Simple, cinglant et tellement efficace.

Blood Of Our Blood” présente un enchevêtrement des cordes de Sami et de Mille. Ce titre montre des réminiscences épiques avec son refrain martelé et ses textes scandés.

Le rythme martial marque le pas pour “Combatants”. Ce chant guerrier pue la sueur, le sang, la boue et le headbang.

On change  d’ambiance avec “Psychotic Imperator”, caractérisé par une haute technicité, ses chœurs orchestrés et ses contre pieds rythmiques et soudains, tel “season In The Abyss” de Slayer. Tandis que “Deathscream” s’oriente davantage vers un Death primal à la Possessed, de par ses riffs sales, sa batterie mordante et son chant poussé.
Enfin “Loyal To The Grave”, avec son mid-tempo plus heavy, à la limite de la NWOBHM, est taillé pour la scène, destiné à ravir la Horde.

En quarante-cinq minutes, cette même Horde reçoit en plein tympan dix lancers de foudres de Kreator. “Krushers of The World” est absolument formidable.
Et puisqu’il s’agit de démesure pour cet opus, le groupe annonce une tournée hors normes, avec des moyens énormes déployés , arpentant les temples européens de la musique comme L’Ancienne Belgique à Bruxelles, la Brixton Academy de Londres, l’O2 de Glasgow et le Zénith de Paris avant de traverser l’Atlantique pour treize dates aux Etats-Unis.

Contrairement à  la Titanomachie, il n’y aura pas de “Metalomachie”. Kreator sait, à chaque fois, innover, se renouveler, tout en gardant sa marque de fabrique, grâce, notamment à notre français Frédéric Leclercq, désormais bien implanté dans le combo. Ainsi, ces monstres sacrés ne sont pas prêts à tomber de leur piédestal.

A l’image d’Atlas portant le monde sur ses épaules, Kreator porte le poids du Thrash depuis quarante ans et il n’est pas prêt à fléchir.


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