
SORTILEGE – Apocalypso
Sortie le 03 Mars 2023 via Verycords
Christian « Zouille » Augustin : Chant
Bruno Ramos: Guitare
Olivier Spitzer: Guitare
Sébastien « Shag » Bonnet: Basse
Clément Rouxel: Batterie
Soyons clair d’entrée de jeu : le chemin qui est parti d’un tribute band avec des membres originaux à ce nouvel album de « Sortilège » m’a fait, au fil des embûches, passer du stade de fan béat d’admiration à celui de l’amateur de métal français dépité par un tel gâchis.
Je fais partie des anciens, je suis fan de Sortilège depuis les années 80. Mais je ne les ai pas vu sur scène à l’époque.
Et une si longue attente méritait mieux que les pitoyables règlements de comptes en public auquel nous avons eu droit. Triste…
Compte tenu de la situation, je fais également partie de ceux pour qui il ne s’agit pas d’un nouvel album de Sortilège, mais bien d’un album solo de Zouille.
Aussi bon soient ils, les musiciens qui l’accompagnent ne font pas partie de l’histoire du groupe, et rappelons nous que LE compositeur du groupe était Stéphane Dumont, et qu’il avait incontestablement une patte reconnaissable, Zouille ne pouvant donc à mes yeux se revendiquer seul héritier légitime du nom Sortilège.
Ceci étant posé, j’ai essayé d’écouter cet album pour ce qu’il est, un album de heavy chanté en français et sorti en 2023.
D’abord le son. Clair, propre, précis. Assez moderne, mais ce n’est pas insupportable non plus pour une oreille old-school.
Au niveau des textes, pas de surprises : la mythologie, l’histoire et le fantastique, Zouille a repris là ou il s’est arrêté en 86, avec toujours une écriture correcte, même si certaines tournures me semblent maladroites (« vos contrées herbues »), comme à l’époque (remember « sa belle monture de race chevaline »), où un peu faciles (« vampire ») c’est globalement plutôt bien écrit.
Sa voix, un poil plus hargneuse, est encore très belle, rien à dire là-dessus.

J’attendais tellement de ce retour que je ne peux qu’être dépité.
Les guests font le travail sans problème, Stéphane Buriez (Loudblast) par exemple, semble s’éclater comme un gamin sur Attila.
Arrivons à la musique. Et la… c’est terrible. Je ne retiens rien. J’ai l’impression d’écouter un enchaînement de filler. Il ne se passe rien. La maîtrise est là, évidemment, mais je m’ennuie terriblement. Les recettes sont connues et maîtrisées, mais il n’y a pas d’âme. Dans mes oreilles, tout est froid. Je peine à chaque fois pour aller jusqu’au bout de l’album… et je n’en retiens rien.
Je n’avais déjà pas été convaincu (du tout) par les réenregistrements ni par les 2 nouveaux titres de Phoenix (2021), c’est bien pire ici. « Encore un jour », qui se veut dans la lignée de « Délire D’un Fou » et de « Quand Un Aveugle Rêve » n’a ni la puissance émotionnelle, ni la majesté de ses 2 grands frères, loin s’en faut. Pourtant, tout est là dans l’absolu, et le texte et la musique sont cohérents et devraient fournir le grand frisson, mais émotionnellement, rien…
Pour chercher un peu de positif de ce côté-là, « Derrière les portes de Babylone », entre le riff de Kashmir en introduction et le très bon travail de Myrath sur la seconde partie, tire malgré tout son épingle du jeu, même si je le trouve un peu bavard sur la fin. Mais c’est à peu près tout.
Et croyez moi, j’ai beaucoup de peine à écrire ces mots. Je voue un amour inconditionnel aux 3 premiers brûlots du groupe, et j’attendais tellement de ce retour que je ne peux qu’être dépité.
D’autres que moi y trouverons leur compte, et je lis d’ailleurs un peu partout des chroniques dithyrambiques. J’ai l’impression que je n’ai pas écouté le même album.
Faites vous plaisir, de mon côté, je retourne me passer le dernier Titan.
01 – Poseidon
02 – Attila (feat. Stéphane Buriez)
03 – Derrière Les Portes De Babylone (feat. Myrath)
04 – Le Sacre Du Sorcier
05 – La Parade Des Centaures (feat. Stéphane Buriez)
06 – Walkyrie
07 – Encore Un Jour
08 – Trahison
09 – Vampire
10 – Apocalypso (feat. Kevin Codfert)

