Nous nous sommes entretenus avec Bizarre, créateur et tête pensante de Bizarrekult

Te souviens tu de l’âge que tu avais lorsque tu as découvert le Metal et le premier album que tu as acheté?
Je pense que j’avais environ 10 ans ou quelque chose comme ça. Ma première cassette était Metallica « Ride the lightning » et puis j’ai eu « Master of Puppets« . C’était l’époque !
Bizarrekult a été créé en 2005 en Russie dans la ville de Barnaul. Plus tard, tu déménageais pour aller à Oslo en Norvège. Bizarrekult a sorti son premier album intitulé « Vi Overlevde » en 2021 sur le label Perichor. Quels étaient tes attentes à ce moment-là ?
J’ai effectivement commencé Bizarrekult il y a environ 17 ans et je ne pense pas que j’avais des attentes particulières à l’époque. Le projet était plutôt comme une initiative individuelle typique au début. Je chantais et je jouais de tous les instruments sauf la batterie pour laquelle il y avait un batteur de session. Puis j’ai fait une première tentative de rassemblement d’un line-up live à Bergen en 2009/10 et c’est à ce moment que j’ai écrit des ébauches de chansons pour ce qui est devenu « Vi Overlevde » une décennie plus tard. Mais la vie est parfois difficile, j’ai dû donner la priorité au travail et à la famille, donc Bizarrekult était inexistant entre 2010 et 2019. Lorsque nous avons sorti « Vi Overlevde » en 2021 nous n’avions aucune attente non plus.
Pourquoi as-tu choisi la Norvège ?
C’était simple : j’ai reçu une offre d’emploi ici et j’ai décidé d’essayer.
Qui a fait le logo du groupe ?
Un vieil ami à moi de Chernivtsi (Ukraine), Andrey Perevozny. Il a suggéré plusieurs idées et j’en ai choisi une. Plus récemment Ivan Gladkikh (concepteur de la pochette et de toutes les mises en page pour « Vi Overlevde » et « Den Tapte Krigen« ) a suggéré deux autres idées de logo. On peut les retrouver sur les articles de merchandising.
Le 27 janvier tu as sorti « Den Tapte Krigen » sur le label français Underground Activists (branche de Season Of Mist). Peux-tu nous parler un peu plus de la conception de cet opus ?
« Den Tapte Krigen » (la guerre perdue) prend son envol là où « Vi Overlevde » s’arrête, de sorte que si tu les passes l’un après l’autre, tu peux suivre l’évolution globale. Cependant, le son est assez différent sur le nouvel album. Les chansons sont plus mélodiques, un peu plus lentes, un peu plus élaborés, moins colériques et plus belles. Si tu penses à « Vi Overlevde » comme quelque chose que j’ai commencé à écrire en 2009/10 il est nécessaire de se dire que cela reflète mes idées musicales de l’époque : y a plus d’une décennie… « Den Tapte Krigen » est mon nouveau « moi », plus âgé, plus mature et aussi différent.
Bizarrekult pratique un Post/Black Metal inspiré. Quels ont été tes premières influences à la création du groupe ?
Si on remonte au début des années 2000, mon inspiration vient de la 2ème vague du black metal norvégien avec des groupes comme Carpathian Forest et Khold. Comme je prends de l’âge… Je suppose que mes influences sont partout – musique, littérature, expériences de vie. J’essaie de garder les choses de façon simple mais en les rendant belles.
Qui a fait la pochette du nouvel album ?
Il s’agit d’Ivan Gladkikh de Saint-Pétersbourg. Il a surtout travaillé pour des groupes de hardcore et de post-hardcore, de la conception de merchandising, des affiches de concerts, etc. Pour mes deux albums, nous avons discuté des idées à propos des paroles et comment nous pourrions relier les mots, la musique et les images en une seule vision afin d’aider les auditeurs à franchir la barrière de la langue et à obtenir l’atmosphère véhiculée par les textes.

Peux-tu nous parler des paroles de ce nouvel opus ?
« Den Tapte Krigen » (La guerre perdue) traite de la lutte quotidienne que les individus ont avec eux-mêmes, la société, les familles et le monde qui nous entoure. Souvent guidés ou poussés par la culture, la politique, des croyances et des objectifs qui ne nous sont pas personnels. Nous nous épuisons et finissons par mourir dans la misère. La « guerre » est perdue si nous continuons à nous pousser. Au lieu de cela, nous devrions regarder autour nous, nous interroger, réfléchir et chercher du sens.
Bizarreklut donnera un concert au Vaterland bar à Oslo le 5 avril en before de l’Inferno. Dis-nous en plus sur vos performances live ?
Les concerts de Bizarrekult sont des expériences légèrement différentes pour moi. Sur l’album il n’y a pas d’interaction, la musique enregistrée est essentiellement un monologue qui est présenté à l’auditeur. En live la performance est un dialogue, un échange d’énergie et d’émotions. Je donne tout sur scène. Je me sens totalement épuisé après le spectacle, mais heureux.
Quelles sont les prochaines étapes pour la promotion de « Den Tapte Krigen » ?
Il y a eu une assez bonne couverture dans les médias (presse et internet) et nous donnerons des concerts en Norvège, au Danemark, en Suède et en Amérique Latine en automne. En espérant une autre tournée en Europe plus tard, mais pas de plans concrets pour le moment. Nous avons fait une super tournée l’année dernière en Europe avec Der Weg Einer Freiheit et Regarde Les Hommes Tomber.
Peux-tu nous citer 10 albums que tu aimes écouter ?
Oh, c’est un peu vaste pour être honnête. Pour rester concis, parlons de ceux que j’écoute ces jours-ci : Dødheimsgård « Black Medium Current« , Deafheaven « Infinite Granite« , Regarde Les Hommes Tomber « Ascension », Messa « Close », Daeva « Through Sheer Will and Black Magic… », Dark Fortress « Stab Wounds« , Culf of Luna « Eternal Kingdom » Sinon vous pouvez consulter la playlist que j’ai créée sur spotify (clin d’oeil) :

