FuriosFest 2025 Day 1
une cinquième édition sous le signe de la ferveur et des décibels
Texte : Martine Varago
Photos : Martine Varago & Christophe Mielot
Remerciement à Christophe Bourry et Elodie pour l’accréditation
Cinq ans déjà que le FuriosFest fait trembler les terres cantaliennes. Installé au pied de la falaise qui soutient la ville haute de Saint-Flour, juste à côté du stade de l’Ader, ce festival à taille humaine accueille cette année 2200 passionnés venus des quatre coins de la France — et même d’ailleurs — pour deux jours de son et de sueur.
Une après-midi incandescente : la tension monte
Dès les premières heures, le ton est donné. Le groupe Ask You Mom, originaire de Lozère, a l’honneur d’ouvrir cette édition 2025. Fondé en 2021, ce jeune groupe énergique oscille entre punk rock, thrash metal, et des morceaux aux paroles poignantes, en français. Leur engagement ne fait aucun doute : leur reprise sombre et puissante de Cargo, dédiée à Maëlys, la jeune fille disparue lors d’un mariage, donne des frissons à plus d’un festivalier. Le public, encore timide, commence déjà à s’échauffer.

Place ensuite à Sweet Needles, vers 14h, le quintet heavy rock venu de Paris fait monter la tension. Sur scène, les cinq musiciens déploient une énergie incroyable, avec une maîtrise digne des grandes scènes. Le charisme du chanteur, Oscar Bonnot, les riffs acérés et la rythmique implacable font mouche : le premier crowd surfer de la journée s’élance dans la fosse. Le Furios Fest commence à battre son plein.

Sous un soleil déjà brûlant, Dätcha Mandala débarque avec une puissance rare. Ce trio bordelais n’en est pas à son coup d’essai : avec trois albums au compteur, ils imposent leur univers de rock psyché puissant et inspiré, entre Led Zeppelin et Rival Sons. Leur groove hypnotique, leur présence scénique et la voix ample du chanteur « Guitou » emportent la foule. Une vraie claque. Qui a dit que le rock était mort ? Certainement pas eux.

Le ton se durcit avec Mercyless, groupe originaire de Mulhouse. Dans la plus pure tradition du thrash/death old school, le quatuor balance un set brutal et sans concession. Le morceau Without Christ (?) déclenche le premier wall of death de la journée, sous les acclamations de la foule. Leur son massif, les riffs cinglants de Philippe Dussart et leur noirceur assumée en font un des moments les plus intenses de l’après-midi.

Quand sonnent 18 heures, c’est au tour de TARLD (The Amsterdam Red Light District) de retourner la scène avec leur metalcore/hardcore incendiaire. Inspiré par Refused, Fever 333 ou encore Stray from the Path, le groupe lyonnais impressionne par sa puissance maîtrisée, mais aussi par ses mélodies travaillées. Teddy le chanteur, véritable showman, descend chanter au cœur de la fosse, provoquant un déchaînement de cercles et de mosh pits. C’est un concentré d’intensité émotionnelle, brute et viscérale.

Il est temps de reprendre des forces. Je profite d’un break bienvenu pour savourer les spécialités auvergnates : saucisse à l’aligot, cette fameuse purée à base de pommes de terre, fromage et ail. Pour le dessert, les glaces artisanales remportent un franc succès. Autour, on retrouve les classiques du genre : bières locales, burgers/frites, gaufres, crêpes et bien sûr churros croustillants.
le FuriosFest continue de grandir, sans rien perdre de son âme.
De retour devant la scène pour Smash Hit Combo, formation alsacienne aux textes coup de poing, influencée par Limp Bizkit, RATM ou encore Linkin Park, avec une forte empreinte rap metal et culture gaming. Leur style unique, mêlant double voix, celles de Miklo et de Mister B, beats tranchants et dénonciation des dérives de la société numérique, fait mouche. Ils parlent à leur génération, entre désillusion, ironie et rage. Un vrai raz-de-marée sonore.

La soirée ouvre enfin ses portes aux groupes internationaux avec, d’un côté, le stoner italien et de l’autre, le death metal suédois.
La nuit tombe doucement sur Saint-Flour lorsque les Black Rainbows, groupe de stoner rock romain, montent sur scène. Porté par l’élégance électrique de Gabriele Fiori, le trio propose un voyage psychédélique dopé au fuzz. En bonus, ils offrent une reprise musclée du MC5, Back to Comm, en hommage au rock garage des débuts. Une performance solide, magnétique, à l’image de leur réputation sur la scène européenne. Le stoner fait vibrer le Cantal ce soir-là.

Enfin, le clou du spectacle arrive à partir de 23h15. Dans une fraîcheur nocturne bienvenue, Dark Tranquillity clôture cette première journée avec maestria. Fondé en 1989 à Göteborg, ce groupe est l’un des pionniers du death metal mélodique scandinave, aux côtés d’In Flames ou At the Gates. Le sextet suédois enchaîne les titres tirés de leurs 13 albums, alternant entre chant guttural et clair, riffs ciselés et atmosphères sombres. Une prestation magistrale qui laisse la foule conquise.

C’est déjà dimanche matin lorsque cette première journée touche à sa fin. Une programmation riche, variée et audacieuse, une ambiance survoltée mais bienveillante, un cadre unique entre ville médiévale et décors naturels : le Furios Fest continue de grandir, sans rien perdre de son âme.
































































2 commentaires
Bonjour,
le membre fondateur de Mercyless est Max Otero et je cherche encore le titre « Shérif » dans la discographie du groupe.
Bonjour,
éffectivement c’est plus que « leger » comme report… Merci pour le retour et j’ai corrigé la coquille (Sheriff n’existant evidement pas dans la discographie de Mercyless).
Bien entendu Max Otero est le fondateur du groupe.
Stephan Birlouez