Among The Living
Live Report

1914 – KATLA @Backstage By The Mill, Paris

1914KATLA

Backstage By The Mill, Paris

16 avril 2026

Un concert Garmombozia Inc.

Texte et photos par Martine Varago


Katla, une plongée dans un univers lovecraftien

 

Un puissant faisceau lumineux blanc perce la pénombre du Backstage By The Mill, illuminant les visages des fans venus assister à la messe sonore de Katla.
Dans une atmosphère chargée de fumigènes rouge rubis, le bassiste Theis Stenberg Thorgersen et le guitariste Marc Christensen apparaissent en premier, suivis du batteur Rasmus Bang qui s’installe en dernier.
Le trio danois attaque sans attendre une courte mais intense setlist, entièrement dominée par des compositions doom aux allures de voyage psychédélique et apocalyptique.



De « Warmongering Luciferians » en ouverture à « Dragonlord », pendant environ trois quarts d’heure, le groupe entraîne le public dans un univers sombre, à mi-chemin entre horreur cosmique et dystopie extraterrestre.
Leur musique, à la croisée du doom progressif et du sludge, se déploie en longues nappes atmosphériques, alternant lourdeur écrasante et textures hypnotiques.
Le résultat est un véritable voyage sonore, où chaque morceau semble s’étirer dans le temps, comme suspendu dans une dimension parallèle.

À la batterie et au chant, Rasmus, assure une double fonction impressionnante, combinant puissance rythmique et vocaux graves, presque caverneux. À la basse, Theis Stenberg Thorgersen impose une présence massive, ses lignes profondes faisant littéralement vibrer la salle. À la guitare, Christensen tisse des paysages sonores distordus et envoûtants, renforçant l’aspect immersif du set.

En peu de temps, Katla parvient à transformer la salle en un espace d’étrangeté et de tension permanente, où le public oscille entre headbanging lourd et contemplation hypnotique.
Leur prestation habitée est courte mais dense. On ressent une parfaite maîtrise musicale.

Setlist Katla

Warmongering Luciferians
Warcries
Dead Lover
Black Echo
Grim Jesus
Taurus
Dragonlord

1914

Le groupe ukrainien de blackened death/doom metal 1914 revient sur le champ de bataille avec « The War That Never Ends », tournée accompagnant la sortie de leur nouvel album Viribus Unitis, paru le 14 novembre 2025 chez Napalm Records.
Fidèles à leur identité artistique, les musiciens continuent de plonger le public dans les récits sombres et documentés de la Première Guerre mondiale, mêlant brutalité sonore, narration historique et mise en scène théâtrale.
Ce nouveau chapitre est présenté comme leur proposition la plus intense et la plus chargée émotionnellement à ce jour.


1914


Dès l’arrivée, une urne dédiée aux dons de l’Ukraine attire l’attention. Ces dons sont destinés aux soldats de l’Ukraine. Les billets s’accumulent rapidement montrant la générosité du public français.

Le batteur Reich (présent dans le groupe depuis 2024) ouvre la marche, rapidement rejoint par les guitaristes Liam Fessen et Vitalis Winkelhock, ainsi que le bassiste Armin von Heinessen. Ensemble, ils déclenchent les premiers riffs acérés.
L’intro « War In (The Beginning of the Fall) » et « FN .380 ACP#19074 » (inscription sur une arme à feu) annoncent clairement une ambiance de guerre oppressante. Leur mélange brutal de blackened death metal et de doom se consume dans une ambiance sonore sanguinaire.

Les spots rouges à tout va accentuent cet univers. Les traits des musiciens et du chanteur montrent la sauvagerie de la guerre. Le détail des guitares 12 cordes apporte une texture singulière, accentuant le côté monumental et tragique du récit musical.



Dietmar Kumarberg, le chanteur, adopte une posture très incarnée, presque statuaire, tête penchée et mains dans le dos, comme perdu dans une réflexion sombre sur la guerre.
Après trois morceaux, il prend la parole pour évoquer le conflit en Ukraine.

Ce qui déclenche une certaine excitation dans la fosse. L’énergie du blackened death de 1914 s’exprime à travers la lenteur doom de la batterie et des changements rythmiques.

La mise en scène par le chanteur accentue ce côté dramaturge de la guerre alors que chaque centimètre carré est parcouru, la tête penchée en avant, les mains dans le dos.

Un second discours particulièrement poignant intervient plus tard : le chanteur évoque les conséquences personnelles de la guerre, mentionnant notamment la destruction de l’école de sa fille.

Le propos renforce encore la dimension humaine derrière l’esthétique militaire du groupe tandis que la lumière épique du style musical balaie la scène de faisceaux rougeoyants.

22H05. Le quintette semble déjà quitter la salle. Le batteur s’exprime en français pour remercier le public, ce qui déclenche une ovation. Les fans demandent alors un rappel et les Ukrainiens viennent conclure par leur dernier titre de la soirée « A7V Mephisto ».


Setlist 1914

War In (The Beginning of the Fall)
FN .380 ACP#19074
Vimy Ridge (In Memory of Filip Konowal)
1914 (The Siege of Przemysl)
1915 (Easter Battle for the Zwinin Ridge)
1918 Pt 1: WIA (Wounded in Action)
1916 (The Südtirol Offensive)
1917 (The Isonzo Front)
Passchenhell

War Out (The End?)

Encore:

A7V Mephisto


Vers 22h05, le quintette quitte brièvement la scène. Le batteur remercie le public en français, déclenchant une ovation. Les fans réclament un rappel, et le groupe revient pour conclure la soirée.

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