Among The Living
Interview

Entretien avec Jock Alva de Knuckle Head

Les deux bikers de Knuckle Head se trouvent au Hard Rock Café de Paris pour nous parler de leur dernier album Holsters And Rituals. Album qui sent la poussière, le whiskey de contrebande, les règlements de compte et l’huile de vidange…

 

knuckle head


Lionel/Born666 : La première fois que j’ai entendu parler de vous c’est en recevant votre vidéo promo-teaser et j’ai tout de suite pensé que vous étiez un groupe de stoner suédois.

Jock Alva (batterie) : C’est super cette remarque. Mon ex-femme m’avait éduqué avec le coté suédois, stoner suédois je ne connais pas trop en revanche le stoner ça me parle.

Lionel : Vous avez des influences différentes entre Jack (guitare/chant) et toi ?

Jock : Pour moi, s’il devait en rester qu’un, le plus grand, ce serai Depeche Mode même si j’adore Black Sabbath.

C’est marrant car justement je voulais te dire que Jack (Crowes) avait parfois sur certains titres la voix de Dave Gahan et en particulier sur le titre « Burn ».

Il y a presque le même riff que « Dream On » de Depeche Mode mais aussi celui de « I feel You ». C’est mon père qui m’a éduqué dans cette direction et j’en suis très fier.

La touche country était plus présente au début avec cette touche Johnny Cash, Willie Nelson tandis que Jack était plus stoner sludge, doom comme avec du Electric Wizard, Konan et Black Sabbath bien sûr. C’est une grosse harmonie, un beau mélange.

En mixant toute cette musique vous êtes arrivés à un dark country tout en étant que deux musiciens. Comment faites-vous ?

Avant de me coller à la batterie, j’étais guitariste et j’en fait depuis 15 ans, donc je peux l’aider sur certaines compositions où il y aura une touche différente et cela se ressentira. Ça devient chouette car les albums ne sont pas répétitifs. Il y a des artistes qui font de très bons albums et sur certains de leurs albums c’est toujours la même chose. Mais ici tu sens qu’il y a d’autres influences, d’autres choses et moi je l’aide dans ce sens. Je peux lui dire « tiens ça c’est trop sludge, rajoute une couche de country » et ces petits changements font changer l’ensemble du titre et lui peut rajouter autre chose.

En se concentrant sur votre musique on y découvre de la country, un peu de stoner, du sludge avec beaucoup de blues.

Maintenant je m’intéresse à des groupes moins mainstream comme Stomrwitch, Wytch Hazel, Hällas, Angel Witch…

Est-ce qu’on peut l’appeler americana ?

On essaye toujours d’avoir cette base de country. On se vente de ce côté dark country. Et quand on dit « country » on pense tout de suite « Amérique ». Mais nous on veut développer cette country plus européenne et médiévale.


KNUCKLE HEAD


Qui s’occupe des paroles ?

C’est Jack. Parfois j’aimerai qu’on parle d’un sujet et c’est Jack qui va s’occuper du reste.

Dans votre style musical on retrouve aussi Me and That Man…

Oui mais je ne connaissais pas c’est un ami qui me l’a fait découvrir…

Surtout le premier album. Mais aussi Zeal & Ardor, le leader Manuel Gagneux s’inspire de la musique des esclaves quand ils travaillaient dans les champs de cotons avec une rythmique très lourdes… Un peu comme sur votre intro peut-être…

Bon c’est vrai on a énormément d’influences c’est aussi pour cela que chaque morceau est différent sur chaque album.

C’est ce qu’il dit toujours Jack… on a pris du vieux pour faire du neuf.

En écoutant « The Necromancer » je pensais aussi à un autre groupe, les Black Keys.

On nous a aussi parlé de BRMC, The Black Keys est un peu plus bluesy c’est un groupe reconnaissable, une bonne violence. Même si tu enlèves le chant tu laisses le son de la guitare et la batterie et tu les reconnais de suite.

En fait, votre côté biker se retrouve plus dans vos vidéos que dans votre musique ?

On ne veut pas le perdre car c’est le nom du groupe. Le Knuckle Head est à la base un moteur Harley Davidson des années 30. On ne veut pas le perdre car on s’est connu pour ça.

Au début vous étiez déjà dans la musique ou uniquement fans de bécanes ?

On s’est connu dans un bar de bikers et deux semaines après on créait le groupe. On jouait pour nous. Jack avait un groupe, moi non. Il a pris une guitare dans le bar. J’étais étonné, je lui ai dit que je jouais aussi. On a joué ensemble et les gens du bar ont aimé et nous on dit qu’il fallait créer un groupe. (Rire) Donc à la base il n’y avait que deux guitares. Il y a 5 ans je lui ai dit que je voulais jouer de la batterie. On a acheté sur LeBoncoin une batterie enfant (rire). J’ai joué dessus, j’ai appris « à l’arrache ». Le travail m’a beaucoup appris mais des fois je me suis retrouvé dans des situations bizarres. C’était l’American Tour en 2019 avec les Rival Sons et j’ai demandé aux gars d’accorder ma caisse claire sur la mainstage… tu vois le truc ?

Votre musique est très bien produite. On sent que vous portez beaucoup de soin à vos clips.

On a toujours voulu raconter quelque chose. Même si « Gazoline » n’avait pas la même ambiance on voulait raconter une histoire. Je déteste le genre de clip come on a fait sur « 1975 » genre de concert. J’aime quand ça colle au titre, on n’aime pas faire les choses à moitié. Quand on sort un disque on se doit de raconter des histoires. C’est comme l’artwork. Tout est lié, par rapport aux titres, aux textes. Il y a des détails qu’il faut capter, une voiture écrasée dans le mur… On aime surprendre notre public. On ne fera pas un clip où on nous voit en train de jouer de nos instruments…la musique raconte une histoire à la base.

De plus vous avez les tronches. Au fait comme tu m’en parlais pourquoi le titre s’appelait « 1975 » ?

(Il demande à Jack à côté qui fait lui aussi une interview)

Jack : Parce que ça sonne bien et parce que c’est une période pour moi qui représente une époque cool qu’on n’a pas connu d’ailleurs. Des anciens m’ont dit que c’était une époque parfaite où l’on pouvait profiter.

Ce qui est marrant aussi c’est le titre « XIII » très différents des autres et sur lequel je trouve une petite touche de black metal dans l’approche.

Alors pour ce morceau je l’ai composé en entier. Sur chaque album Jack me laisse la main sur un titre. Dans le fond je suis un mec occulte. Sur le titre tu sens que ça ressort comme sur « Living Deep/Into the Night », tu as cette musique qui commence country et cette fin très sombre très occulte, très dark : c’est ma touche personnelle.


knuckel head


Vous avez créé votre propre label et du coup vous faites un appel aux dons au travers d’une cagnotte (https://www.knuckle-head.com/album/).

On est très fier de voir l’ampleur que ça a pris. Les retours sont bons aussi, on a des pré-comandes. Les gens sont contents de la qualité qu’ils retrouvent sur les éditions limitées, sur les vinyles. On cherche toujours à mettre des goodies comme le poster par exemple. Je pense à nous. Si je vais à la Fnac et que j’achète un disque de Depeche Mode et s’il n’y a rien, je suis déçu même si je l’achète pour la pièce. Donc on gâte le public comme on aimerait être gâté.

Bon maintenant la question qui me démange depuis plusieurs jours : « Comment Albert Bouchard de Blue Öyster Cult a atterri sur votre album ? »

On a rencontré Dominque Berard, notre patron actuel qui est chez Music box. La première fois on se rencontre à un concert de Laura Cox à La Laiterie. On était à la recherche d’une nouvelle prod’. On se rencontre et ça « match de ouf ». Le truc se fait, on va chez eux et là on parle des groupes qu’on aime. Je lui parle de Black Sabbath, Blue Öyster Cult et là il me dit qu’il a travaillé avec eux pendant 15 ans. Là je suis étonné. Comme je suis collectionneur de vinyles j’en avait la collection avec des pièces rares et puis Dom me fait visiter sa cave avec des trucs de dingue que je n’avais jamais vu, des trucs uniques, incroyables. Ensuite on crée le nouvel album, tout se passe bien et un jour je lui demande s’il serait possible de faire un « feat » avec un des membres de BÖC. Il me répond qu’il va appeler Albert Bouchard. Trois, quatre jours plus tard je me réveille, je regarde mon mail, je l’ouvre et je vois la réponse d’Albert Bouchard en anglais. Il répond en parlant de nous : qu’on est génial et qu’il aimerait chanter pour nous. J’étais complètement retourné, c’était un lundi et je n’en revenais pas de commencer ma semaine comme ça sur les « chapeaux de roues ». De son côté il était en plein enregistrement de son nouvel album. On lui a envoyé la piste, il a chanté dessus et il nous la renvoyée…Nickel.

Quand l’album est sorti on a annoncé la sortie de Holsters and Rituals sur la fanpage de Blue Öyster Cult et Albert a de nouveau commenté la publication en disant qu’on était des mecs supers… moi je n’en reviens toujours pas. Même la tête de mon père. Quand je lui ai balancé le truc il était interloqué. C’est une grande fierté. La plus grande fierté de l’album.

Du coup vous êtes connu en France mais désormais on doit commencer à parler de vous un peu partout ?

C’est ce qu’on nous a dit, on ne le savait pas. Allemagne, Suisse…sur Spotify on touche 63 pays.

Sur votre musique il n’y a pas de ligne de basse.

Non c’est pur, net. En live Jack a deux amplis guitares et un ampli basse. Le tout branché en même temps. On ne voulait pas faire un album avec d’autres lignes. Jack a un système de pédales au pied, de pré-samples qui lui permet de tout remplir. Quand on a commencé la tournée on a joué le nouvel album et les gens étaient choqués car on a tout adapté au live. si on donnait notre album au public on devait faire la même chose en live. Du coup le show est énormément travaillé avec des pré-samples et on ne joue pas au click. Du coup Jack a un genre de synthé qui se joue aux pédales. Ce mec est une machine.

D’ailleurs les gens nous disent que lorsqu’ils ferment les eux ils ont l’impression qu’on est six sur scène et quand ils les ouvrent ils s’aperçoivent qu’on est que deux.

Sur scène tout est calculé, on est au même niveau, comme l’artwork, la statue de moi est à gauche. j y suis toujours tu as aussi les vitraux qu’on a remis sur scène à l’identique, ils font deux mètres, des shows visuels avec des croix…

Avec qui aimerais tu tourner ?

Depeche Mode, mais bon pour être réaliste je dirai Kadavar, Kvelertak, Carpenter Brut, c’est assez varié.

Et pour la suite ?

On a déjà commencé notre tournée. La semaine prochaine on fait La Laiterie et après les 24 Heures Motos du Mans. Et le rassemblement Harley à Morzine (Morzine-Avoriaz Harley Days 2022).


 

 

 

 

 

 

 

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