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Interview

Entretien avec Johannes Eckerström chanteur d’AVATAR

Entretien avec Johannes Eckerström chanteur d’AVATAR


Comment parler d’AVATAR avec Johannes Eckerström son leader charismatique même sans maquillage au fond de son tour bus fraîchement aéré. Les références cinématographiques et l’intelligence du propos interpellent… suivez moi dans son univers artistique.



On vous a découverts  il y a deux ans au Zenith  de Paris, ensuite à LA FLECHE D’OR puis cet été au DOWNLOAD FESTIVAL. Bientôt le HELLFEST en 2017. Que de chemin parcouru.

Oui, tu as raison,  quel concert fun au Zénith, je m’en souviens très bien et aussi au DOWNLOAD. Un peu plus mémorable d’un point de vue physique puisque j’étais malade.  Tout part de ce concert du Zenith, tu as raison. Le public parisien a été très réceptif et ce soir le TRABENDO est sold-out. La tournée marche vraiment bien. On vous remercie.

Un univers original et fabuleux, ce sont les mots qui me viennent à l’esprit pour AVATAR, mais de plus en plus sombre. Qu’en penses-tu ?

Je suis assurément d’accord avec toi. « FEATHERS and FLESH » notre dernier opus est un concept album qui raconte une fable du point de vue d’une chouette. C’est un outil spécifique à l’univers sombre décrit dans l’album. J’ai toujours pensé que dans le prochain album nous allions donner plus d’Espoir. Ce n’est pas le cas. Alors le suivant. Qui sait ?

Tu sembles vouloir explorer la noirceur de l’âme ?

Même si tout va bien pour moi, cette curiosité est récurrente. La faille du personnage  d’un point de vue personnel ou collectif sert à atteindre le niveau supérieur  de sagesse. On vit dans un monde où tout est à porter de clic : le savoir, la communication. C’est comme la chouette qui rencontre tous les animaux au cours de son voyage jusqu’à ce qu’elle finisse par mourir et comprendre que plus rien n’a d’importance.

Cet album est bien mature par rapport à ton âge je trouve. As-tu traversé de dures épreuves ?

Tout est relatif. Il n’y a pas d’âge pour être mature suivant ce que tu as rencontré dans ta vie ton âge ne veut rien dire. Il n’y a pas d’âge limite à la noirceur. Certaines choses sont plus simples quand tu deviens plus âgé. Tu es plus respecté par exemple. Ma part de noirceur se révèle lorsque je créé. Mon imagination est activée. Le processus s’enclenche sur ce que je suis et ce que je veux être.

Tu ne ressens pas la nécessité de créer dans le positif ?

Non.  Je crois que c’est assez normal de créer dans le négatif, c’est une expression libératrice. Si je dessine un poney, aucun intérêt mais si le poney  a un air dramatique il sera plus intéressant.

Le clip de « the night never ending » est dramatique. Pourquoi avoir choisi un père plutôt qu’une mère qui cherche sa fillette ?

Au début cela aurait dû être un fils et son père mais le casting a été modifié. C’est donc une fille et son père qui la cherche en forêt. Cela amène un sentiment de malaise en plus. On voit deux hommes chercher la fillette. Ce qui pose plus de questions tout au long du clip. On les voit chasser avec des chiens. Pourquoi la fillette échappe t-elle à ces hommes ? C’est aussi un clin d’œil à la scène de « ET l’Extra-Terrestre » lorsque l’enfant s’échappe dans les bois avec son vélo. Finalement on est tous dans le faux. Le début est plus compliqué que la fin qui est une tragédie simple. Ce que AVATAR cherche à montrer c’est que tout n’est que perspective.

Quelle est la métaphore à retenir de ce clip ?

Ce clip révèle qu’il y a de bons et de mauvaises personnes dans la vie  homme ou femme et qu’on suspecte seulement ce que l’on voit et ce que l’on voit n’est pas forcément la vérité. Je pense que si le personnage avait été une mère ce clip n’aurait pas eu autant d’impact. Une femme est toujours moins suspecte qu’un homme. Dans le clip s’installe un malaise dès le début. C’est une confusion.



Tout comme ton personnage de clown ? Sais-tu jusqu’où tu vas l’emmener ?

Il évolue avec le temps album par album. Je ne sais pas du tout. Depuis « Black Waltz » on ne savait pas que j’étais ce clown. Il est plusieurs choses à la fois. Pour le premier album la base du cirque était intéressante puis  ce clown est devenu plus existentiel. Une sorte de prophète doom. Comme un madman dans la tempête, annonçant une catastrophe. Il a ensuite évolué en conteur sur et en dehors de la scène puisqu’il s’agit de moi qui ai écris la fable. J’ai des idées très précises quand à la folie qui va arriver mais il est trop tôt pour  le savoir d’une manière certaine.  Ce personnage doit rester sincère, réel et important ne pas devenir une caricature.

C’est un peu schizophrénique ?

Pas du tout je reste moi même Johannes Eckerström même sous ce maquillage c’est ce qui fait que ce personnage est sincère. Artistiquement, tant que cela fonctionne je continuerai à jouer avec. Je suis un peu plus extraverti avec le maquillage, un peu plus théâtral. Un peu plus exhibitionniste  peut être ? tu crois qu’on peut dire cela ?

Tu aimes explorer la personnalité ?

La mienne en tout cas. Je suis plus extraverti sur scène : une partie de moi a besoin de cela et l’autre partie est très discrète. Une partie veut crier à la face des gens. Néanmoins, nous sommes tous des miroirs double face. Par exemple au travail tu n’es pas le même qu’avec tes amis ou même un lendemain de cuite. Malgré tout c’est toujours toi. Je ne sais pas si toutes ces réflexions sont saines  mais je dois exprimer plus qu’un autre toutes ces facettes. J’ai l’impression de vivre plus intensément.

Tu arrives peut être à vivre plus intensément car tu te donnes les moyens d’exprimer ton art a travers la musique mais aussi à travers un travail corporel ? Pourquoi penses-tu être mauvais acteur ?

Je ne sais pas si je suis bon ou mauvais. Jouer dans un clip triste, voire extra triste, est une performance que j’aime faire par contre apprendre un texte et le jouer est complètement différent. Je ne suis pas sûr de dégager des émotions comme un professionnel doit le faire. AVATAR c’est comme si le théâtre rencontrait un film muet. Une autre approche et cela je sais le faire.

 

Qu’apportes ton réalisateur fétiche Johan Carlèn qui a réalisé tous vos clips ?

Il est l’extra membre du groupe qui nous apporte techniquement ce que nous pensons. Je focalise sur l’histoire et lui sur le moyen de réaliser mes idées. Il a eu beaucoup d’idées pour « Hail the apocalypse ». Cela prend du temps de parler le même langage artistique, nous avons grandit ensemble depuis « Black Waltz».

Ce soir le concert va durer deux heures va-t-il y avoir une mise en scène spéciale ?

Pas vraiment. Quelques petits trucs et un changement de costume. On ne va pas jouer l’intégralité de « FEATHERS and FLESH ». On reste dans un registre métal festif focalisé sur la musique.

On retrouvera AVATAR au HELLFEST cet été pour la suite des aventures de nos suédois préférés !!

Interview réalisée par Emmanuelle NEVEU pour AMONG THE LIVING décembre 2016
Photos Philippe BAREILLE

 

 

 

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