Among The Living
Interview

Entretien avec Victor du Festival 666

Nous avons echangé avec Victor, fondateur du Festival 666 qui entame sa 5éme édition avec une affiche consequente et classieuse.
Début août , c’est à Cercoux qu’il faut etre!


 


Bonjour Victor. Peux-tu nous parler de ce festival qui prend vraiment de l’ampleur avec une 5ème édition à l’affiche bien solide ?

 

Bonjour ! Le festival 666 est un festival organisé par des jeunes de moins de 26ans. Il a bien mûri depuis sa création à nos 15ans en 2018 et fait partie intégrante du paysage metal français aujourd’hui.

Nous en sommes très fier.

L’objectif était de marquer vraiment le coup pour la cinquième édition. La quatrième édition en 2023 était une vraie réussite, donc on s’est gentiment permis de doubler le budget programmation et technique pour cette année. Résultat l’affiche est superbe !

Tu avais 15 ans lorsque tu as monté ce projet. Le « line-up » de l’équipe est-il encore le même aujourd’hui ?

Notre Line up a bien évolué et semble avoir trouvé son noyau dur. Quand j’avais 15ans mes cinq meilleurs amis étaient vice-président. C’était un peu l’armée colombienne. Aujourd’hui nous sommes une solide équipe de 16 à travailler toute l’année, certains nous ont rejoint l’année dernière, et serons 200 bénévoles par jours. Les 16 étant tous les chefs d’équipes des différents pôles. La plupart d’entre eux sont là depuis 2018.

Vous êtes sur un modèle associatif, un peu comme le HELLFEST. Comment gère-t-on une structure comme la votre tout au long de l’année et quel est votre modèle économique en 2024 ?

Nous sommes tous bénévoles. Le chef d’équipe est autonome donc je vérifie simplement en privé que tout roule pour lui. Sinon, nous organisons des réunions (de véritables apéros) une fois par mois où l’on se réunit tous ensemble pour faire le point.

Parle-nous un peu de l’affiche et de la venue de TESTAMENT avec sa dernière date Européenne à Cercoux et la seule française. C’est une incroyable nouvelle et opportunité, non ? Comment avez-vous fait ?

J’ai appris que Testament préparait une tournée européenne. Je me positionne immédiatement car j’estime le festival prêt à accueillir un tel groupe, et je souhaite vraiment marquer le coup pour la cinquième édition.

Il était cependant compliqué de convaincre l’agent d’envoyer le groupe chez nous plutôt que dans d’autres gros festivals d’europe sur notre week-end. Une fois qu’il était vraiment intéressé, je demande l’exclusivité française parce que je ne voulais pas me faire piquer mon super groupe. J’ai bien fait d’ailleurs…

Le reste de l’affiche n’est pas moins classieux, notamment avec Zeal & Ardor, Craddle of Filth, Jinjer et j’en passe et des meilleurs. Elle est également très variée en genres. Est-ce une chose à laquelle vous faites attention ?

Pour tout vous dire, j’ai passé un super moment pour programmer l’affiche. Zeal a confirmé super rapidement alors qu’on avait échoué l’année dernière, Cradle a demandé à venir jouer au festival…

L’année dernière je m’étais vraiment fait plaisir sur le hardcore. C’est ma scène préférée. Si bien que les festivaliers de la première heure me disent de ralentir sur ce genre. Il faut bien écouter les festivaliers car après tout, ce sont eux qui payent le billet pour entrer, pas moi. Donc je me suis forcé à être plus éclectique cette année, mais ce sont les coreux de 2023 qui ne se reconnaissent pas dans l’affiche 2024 désormais ! Il est difficile de plaire aux deux publics en même temps.



Comment construisez-vous votre affiche et quelles sont les difficultés que rencontre un festival comme le vôtre pour se mettre en place ?

La première difficulté est donc de plaire à notre cher public qui est mi hardcore / mi metal ahah !

Sinon, la taille du festival me joue souvent des tours. Le festival a la renommée parfois suffisante pour aller chercher de beaux noms, mais ceux-ci ne seront réticents du fait de notre faible jauge devant la scène. Nous sommes dans un entre deux un peu relou. C’est cette difficulté à laquelle on a pu faire face pour Testament ou Jinjer par exemple.

Malgré une affiche qui tend de plus en plus vers l’international, avez-vous toujours à cœur de promouvoir la scène française ?

On veut vraiment une grande majorité de français sur l’affiche. Cependant, au bout de cinq éditions, il ne reste plus beaucoup de têtes d’affiches qui ne sont pas venues au festival. Il n’y avait pas de têtes d’affiches française disponibles sur notre week-end et qui ne soient jamais venues au festival.

Bien sûr, j’essaye tous les ans d’avoir Gojira.

Pour ce qui est du reste de l’affiche, on cherche vraiment à être 100% français. Slope cette année est une exception parce que c’est juste trop cool, on se devait de les programmer.

Vous avez des groupes « de rechange » en cas de désistement de dernière minute ?

Pas vraiment. Mais la scène française est suffisamment développée pour trouver un super groupe en quelques heures. C’est une chance !

Comment cette édition s’annonce-t-elle pour vous du côté des ventes de place ? Quelle est votre jauge ?

Ce sera une superbe fête. Nous sommes déjà plus nombreux que l’année dernière. Il ne reste plus beaucoup de billets disponibles. Nous serons environ 2500 par jour.

Comment êtes-vous considérés à Cercoux par vos concitoyens ? La ville est-elle prête à devenir le prochain Clisson ?

Merci pour la comparaison. On est bien vus au village. Il faut dire que l’on triple la population de Cercoux en un week-end, ce ne sont pas les commerçants qui vont s’en plaindre. Nous faisons très attention au ressenti des habitants. On s’excuse toujours en amont pour le bruit et la gêne occasionnée. Aujourd’hui certains proposent même d’accueillir des festivaliers chez eux ! Comme à Clisson donc.

 

Est-ce compliqué de concilier la vie de tous les jours avec une organisation qui doit s’étaler sur l’ensemble de l’année ?

Cette année, ce fut l’année la moins compliquée. Nous sommes seize à s’occuper du festival toute l’année. Tous les chefs d’équipes sont très autonomes et l’organisation est de moins en moins centralisée. C’est sans doute ce qui m’a permis de pouvoir me consacrer à ma licence deux en droit.

La croissance du Festival 666 est ascendante, tant sur l’organisation qu’au niveau de l’affiche. Comment te projettes-tu dans l’avenir du festival et le site suffira-t-il à sa croissance ?

Je me projette bien avec ce festival. J’ai une idée claire de comment je vois les choses et on s’en sort toujours très bien. Je peux donc me permettre de voir plus grand chaque année. Le problème ne vient pas du site, puisqu’il ya plein de variante à Cercoux pour agrandir le site. Il faut cependant reconnaître que la zone de chalandise à Cercoux (ou d’ailleurs bordeaux) est désastreuse. On ferait la même affiche en bretagne, région nantaise, ou dans l’est de la France, et je pense qu’on pourrait doubler le nombre de visiteurs au festival.

En terme d’accueil, peux-tu nous expliquer l’infrastructure mise en place pour les festivaliers tant au niveau de l’hébergement que de la restauration et du staff bénévoles ?

Le festivalier se gare dans un parking 3J ou 1J. La zone bivouac est privilégiée pour les détenteurs d’un pass 3J. Tout ceci est gratuit. Au niveau de la restauration, nous proposons six à huit offres, allant du salé au sucré et du vegan au carnivore. Nos bénévoles chéris dorment dans un camping à part et bénéficient donc d’un espace de repos près des loges.

Quels sont les groupes que tu rêves d’avoir au Festival 666 ?

Ce n’est un secret pour personne, mon but ultime en France est Gojira. J’essaye tous les ans depuis 2018. A l’international, Iron Maiden (en référence au nom du festival et mes racines heavy metal) mais on n’y pense pas trop. Sinon j’ai raté mes chances pour Sum 41 maintenant qu’ils arrêtent. Enfin, j’aimerais vraiment programmer Limp Bizkit un jour.

Votre affiche pour 2025 est-elle déjà bien avancée ?

J’ai en tout cas déjà commencé les négociations pour trois têtes d’affiches ! Si les trois confirment, ce sera vraiment une affiche de malade mentale. Je vais en revanche devoir hypothéquer ma maison.

Merci de ton temps et à très vite.

Merci pour les questions !

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