Among The Living
Interview

Entretien confiné avec Low, guitariste du groupe HELL OF A RIDE

Nous nous sommes entretenu avec Low, guitariste de HELL OF A RIDE pour parler de leur actualité et de leur dernier opus Nine Of Cups!

HELL OF A RIDE - Nine Of Cups

Comment c’est passé ce confinement pour vous, un groupe qui a plutôt l’habitude de brûler l’asphalte ?

Low : Il s’est plutôt très bien passé! On en a profité pour faire beaucoup de choses comme écrire de nouveaux titres, travailler sur la scénographie de nos prochains concerts, sur le lancement de notre nouveau clip “N.G.U.N.S. (Never Give Up Never Surrender)” que l’on a fait le 11 mai dernier.

Ça nous a aussi donné l’occasion de réaliser une émission Live sur Facebook pour présenter notre univers autour des différents clips mettant en scène John “Mad Dog” Ringsdale et toute l’histoire autour d’HELL OF A RIDE. Il y a eu beaucoup de fans au rendez-vous et on a pu pas mal discuter.

On avait prévu un format de 45 minutes qui a débordé de 30 minutes supplémentaires.
C’était vraiment fun! On en prépare d’autres car le confinement a permis de développer ce type de format qui nous rapproche des fans!

La dernière fois que nous nous sommes entretenus c’était en 2015 pour la sortie de Bête Noire, que s’est-il passé pour le groupe depuis ?

Low : Beaucoup de bonnes choses! Le line-up est toujours le même depuis et il s’est soudé! On a été appelé sur de très beaux festivals (Montereau Confluences, Download, La Guerre du Son, Mennecy Metal Fest, Voulstock…) et fait pas mal de belles salles (Divan du Monde, La Boule Noire, L’Empreinte…) en Ile-de-France et en Bretagne.

L’accueil à chaque fois était énorme. Ça nous a ouvert sur beaucoup de nouvelles choses, que ça soit la rencontre avec le public, des organisateurs ou d’autres artistes, du milieu Metal/Rock ou autres justement.
On a beaucoup appris de tout ça et on l’a utilisé pour Nine Of Cups!

Comment a été reçu votre dernier opus Nine Of Cups ?

Low : On a pris un certain risque avec cet album, de par sa production et les influences qui nous ont amenées à composer certains titres.

On savait que ça allait faire un choc et on s’attendait à de l’incompréhension. Mais honnêtement, on a été surpris par le nombre de retours hyper-positifs et de très bonnes critiques!

Comment fonctionnez-vous au sein du combo ? Qui fait quoi (écriture, musique, paroles) ?

Low : Notre méthode a évoluée depuis le premier EP, aujourd’hui tout le monde est susceptible de ramener une idée, un riff, une mélodie et on rebondit dessus pour construire les morceaux.

On travaille beaucoup à distance via des Clouds pour s’échanger les pistes. On se donne des directions pour ce qui est des sonorités et des émotions.

Quand on a un semblant de structure, on commence le travail mélodique avec le chant et les textes, on module la base structurelle pour ajouter des arrangements, des breaks.

Sur ce dernier opus on retrouve le personnage présent sur le précèdent, à savoir John « Mad Dog », pouvez-vous nous en dire plus à propos de lui ?

Low : C’est notre mascotte, c’est par lui que se déroule cette “virée d’enfer”. C’est un ancien pilote automobile devenu cascadeur. Une tête brûlée que la vie a marqué au fer rouge, il lutte contre des forces qui tiennent son destin et le manipulent et il ira jusqu’en enfer pour récupérer son dut. C’est l’éternel combat de l’homme cherchant à dépasser sa condition.

Sur ce dernier opus vous avez fait plus de place à l’électronique. Pourquoi ce choix et cette orientation ?

Low : On cherchait de nouvelles sonorités, on ne voulait pas refaire un disque rempli de grosses guitares en distorsion de A à Z. On voulait exploiter des routes ouvertes sur l’album précédents, sur des titres comme “Red Light Mississippi”, “Wicked”, “Everything’s Missing” ou “Crash & Burn” pour ne citer qu’eux.

En fait si t’écoutes bien, il y avait déjà beaucoup d’électro dans l’album précédent.
La seule chose qui a changé, c’est qu’on a affiné notre écriture pour donner plus d’air à l’ensemble des instruments. Les guitares et les synthés ressortent mieux, et du coup l’énergie aussi.

C’est très facile de faire de l’énergie en mettant une blinde de guitares, mais on voulait arriver à cette énergie avec des éléments différents.

Vous mélangez les styles sur Nine Of Cups, entre Rock, Metal , Electro, Pop. D’où cela vient (influences) et quels sont vos process de compositions ?

Low : Dans l’ensemble du groupe, on a tous cette base Rock Alternatif / Metal des années 90. On est aussi fans d’électro au sens très large (Pendulum, Prodigy, Chemical Brothers…) , de Hip Hop (Outkast, Eminem, Beastie Boys…) ou de Pop (Justin Timberlake, Sia, Imagine Dragons…). La musique c’est de l’émotion, et il y a de très bonnes choses à prendre dans tous les styles pour apprendre à étoffer sa palette d’expression.

Si tu t’enfermes dans un style, tu peux devenir très vite frustré. Et puis, c’est mon opinion, mais la musique c’est un partage, elle se métisse quelques soient les étiquettes qu’on essaie de lui mettre. On pense pouvoir la maîtriser en lui donnant des noms, en la cloitrant dans des genres pour mieux l’apprécier, mais elle est indomptable et ton appréciation est biaisée si tu t’arrêtes à une facette du prisme alors qu’il est infini.

C’est pour ça qu’on adore des groupes comme Bring Me The Horizon, Ocean Grove ou Sleep Token qui ne s’arrêtent pas au dictat des codes du Metal et du Rock.
Paradoxal d’ailleurs pour des genres nés de la volonté de casser les codes de l’establishment et de déplaire aux parents, de ne pas devoir dépasser certains codes sous peine d’être mal vus ?

Alors quand on a écrit Nine Of Cups, on a épuré des parties guitares en les reprogrammant sur des synthés, modifié des rythmiques pour leur apporter un groove différent de ce qu’on a l’habitude d’entendre. C’est un exercice que l’on avait déjà fait via l’acoustique sur le premier EP “Fast As Lightning”, on a repris le procédé mais dans un cadre différent.


n chemin en mettant toute les chances de son coté, livrant un Nine Of Cups léché et techniquement aboutit. 


Parlez-nous un peu des thèmes évoqués sur ce nouvel opus. On est toujours dans la quête de soi et le côté sombre de l’humain ?

Low : Le fil conducteur c’est les rapports humains, les interactions et ce qu’elles t’apportent ou te prennent. Des titres comme Stand Up ou N.G.U.N.S. sont plutôt dans l’encouragement, dans le dépassement de soi, trouver la force d’aller de l’avant. Stand Down, I’m Sorry  et Feel Me c’est remettre en question la relation, quand elle est nocive pour l’un ou l’autre. Echoes et Forgive You c’est la remise en question personnelle. Hysteria parle de comment on peut perdre nos repères moraux dans un effet de masse, Departed Ways, Looking That Way ou the Fire c’est la faculté de puiser une force dans ce que l’autre t’apporte.

C’est moins sombre, moins introspectif et moins nostalgique que Bête Noire, c’est dû aux rencontres qu’on a pu faire individuellement ou en tant que groupe. Comme si tout ce cheminement depuis nos débuts avait une logique ou bien était écrit pour nous amener sur cette voie qu’est Nine Of Cups. D’où le rapport avec la carte de Tarot d’où l’album tire son nom et la symbolique que l’on utilise dans l’artwork.

Vous avez un univers qui est plutôt cinématographique, voire même BD, quelles sont vos sources d’inspirations et vos influences tant musicales que littéraires ou cine ?

Low : De manière générale, toutes les histoires où l’homme cherche à dépasser sa condition, qu’elle soit physique, sociale ou même culturelle.

Effectivement ça va de la mythologie Grecque à la littérature classique ou contemporaine en passant par le cinéma ou la BD. Je dirais “Sin City”, “the Preacher”, “GhostRider” pour ne citer que ces comics, “La Divine Comédie” de Dante Alighieri, “La Tour Sombre” de Stephen King, “L’odyssée” d’Homère pour la littérature.

Niveau séries ou cinéma, “Altered Carbon”, “American Gods”, “Fight Club” et d’autres choses qui nous inspirent depuis le début comme les films de Roberto Rodriguez, Quentin Tarantino ou Guy Ritchie.
Et bien sûr, niveau musique de film, Hans Zimmer, Danny Elfman et Ennio Morricone!

Parlez-nous de vos vidéos et de leurs réalisations. Vous mettez un grand soin dans leur réalisations et l’esthétique de celles-ci, comment fonctionnez-vous pour cela ?

Low : On a la chance de faire des rencontres incroyables, des gens talentueux qui se greffent à notre virée d’enfer pour apporter leur patte au projet!

On écrit la trame globale de l’histoire et pour chaque album on fonctionne comme une saison de série. Chaque titre véhicule un événement dans la saison, et quand on décide lesquels seront “clipés”, le scénario vient très facilement. Ensuite, selon les rencontres, on propose l’idée à un réalisateur et on planche sur tout l’aspect logistique quand il le faut, on met tout ça en place pour qu’on puisse tourner ce dont on a besoin.

Tous les clips ne demandent pas le même travail, tout dépend de l’idée qui doit être transmise, mais quoi qu’il en soit, à chaque fois l’investissement est total et c’est un vrai plaisir de travailler avec chacune des personnes qui se sont branchées à la réalisation.

Vous avez déjà commencé à écrire la suite de Nine Of Cups ? Et John « Mad Dog » sera-t-il toujours de la partie ?

Low : Ce qui se passe après Nine Of Cups a été écrit dans la foulée de cet album, donc oui la partie n’est pas encore terminée pour “Mad Dog” !

Comme dans “La Divine Comédie” ou “La Tour Sombre”, Mad Dog a commencé à faire des rencontres et il en fera d’autres. Son odyssée Rock moderne a encore beaucoup de péripéties avant d’arriver à son accomplissement 😉

Comment s’annonce la suite pour HELL OF A RIDE, notamment niveau concerts ?

Low : Le Fertois Rock In Fest vol.2 le 19 septembre avec (entre autre) Dead Bones Bunny, Black Rain, Chris Holmes et Lazuli! Et pour la suite, COVID-19 oblige,  nous sommes en train de travailler sur d’autres dates sur 2021, n’hésitez pas à vous abonner à nos réseaux sociaux pour être tenus au courant!

Le mot de la fin est pour vous.

Low : Merci Among the Living pour cette interview! HELL OF A RIDE c’est une odyssée Rock moderne,, sautez dans le bolide furieux de Mad Dog et vivez-la à fond quelques soient les épreuves qui vous attendent sur la route!


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