Among The Living
Interview

Entretien avec Viber & Didou de SIDILARSEN

Entretien bref mais complet avec Viber (Guitare) et Didou (Chant) de SIDILARSEN à l’occasion de la sortie de leur dernier opus Dancefloor Bastards !

entretien sidilarsen

Pour commencer, pouvez-vous vous présenter ainsi que le groupe en quelques mots. Pas la peine de nous faire l’historique au complet, on le connait.

Viber : Nous sommes 5 « Bastards » (rires), avec une colère saine, des idéaux et de la passion.

Didou : Du Rock’N’Roll

Viber : Voilà. Un mix rock/électro que l’on fait à notre façon depuis longtemps et que l’on a hâte de défendre sur scène encore une fois.

Dancefloor Bastards est votre 6eme opus, après l’excellent Chatterbox qui avait été salué par la presse. Comment le sentez-vous avant cette sortie ?

Didou : On n’a pas beaucoup de recul, mais les retours que l’on a sont vraiment bons. De l’intérieur on l’a voulu plus organique et spontané. Il y avait une urgence de toute façon dans l’actualité et les faits. Du coup, avec la maison de disque, nous avons décidé d’accélérer la sortie de l’album. A la base nous pensions le sortir un peu plus tard. Du coup c’était excitant de bosser dans l’urgence ce qui te libère de contraintes inutiles.

Viber : C’est quand même très très agréable d’enregistrer et mixer un album tout en sachant qu’il va sortir juste derrière. Il n’y a pas ces longs mois d’attente à parler d’un album qui n’est pas sorti et dont personne n’a encore rien entendu. Donc il n’y a pas de frustration.

 

Dans quel état d’esprit avez-vous conçu cet album ? On sent bien cette notion d’urgence dont vous parliez, des faits de sociétés, de la politique, du malaise que l’on ressent en ce moment en France. C’est sous cette pression que vous l’avez conçu?

Didou : Oui tu as raison. En fait Viber avait déjà écrit quelques textes durant l’été, notamment Walls Of Shame, et moi j’avais écrit  Méditerranée Damnée. Le sujet des refugiés et l’attitude de la France et de l’Europe vis-à-vis d’eux, que l’on a trouvé désastreuse, ce repli humain, malsain nous ont beaucoup impacté.

Viber : C’est vrai qu’avec Walls Of Shame du coup j’avais un peu anticipé ce qui allait se passer. Mais je ne pensais pas que ça irait aussi loin. C’est aussi les images des refugiés qui essayent de passer le tunnel sous la manche à bord de camions qui m’avaient choqué. L’histoire m’a rattrapée d’une certaine façon.  Les attentats aussi nous ont choqués. De Charlie à ce 13 novembre, en passant par l’affaire Merah qu’on a eu chez nous… On a aussi décidé d’écrire des choses un peu plus légères, malgré que notre phase d’écriture se soit située pendant tous ces évènements. Au final il y a deux titres plus funs avec Go Fast et Dancefloor Bastards.
Il y a aussi des textes plus personnels, plus difficiles à cerner comme Le Jour Médian et 1976. Cela parle de la vie d’un être humain comme tout le monde, qui arrive à la quarantaine. Pour ma part ce processus est arrivé très fort dans ma vie, avec toutes les questions que cela amène. Si tu y ajoutes l’ambiance de ces derniers mois dans le monde, cela ne m’a pas donné l’envie ni la matière à écrire des choses joyeuses.

Justement, vous avez des thèmes communs avec les MASS HYSTERIA par exemple, ou encore NO ONE IS INNOCENT qui ont aussi réagi à tout ce bordel.

Didou : Exactement ! Et cela m’a fait plaisir de voir les groupes français réagir tout de suite à cela. Avec Viber, depuis quelques années, nous étions plutôt déçus de l’attitude de pas mal de groupes de Rock et de métal en France.
Viber : Seuls les fers de lance ont été à la hauteur.

Didou : Voilà, mais nous commencions à être très choqués par tous ceux qui se présentent comme des groupes de rock mais qui n’en sont pas, qui ne prennent jamais position, qui passent à la télé pour ne rien dire. Ça fait du bien de voir Mass, No One et Lofo réagir comme ça, car nous sommes pareils.

Go Fast est un titre qui décrit votre vie sur la route. Est-ce une aliénation pour vous ou quelque chose de plutôt joyeux?  C’est amené comme un road movie en fait.

Didou : En fait il y a un peu des deux : c’est contradictoire comme ressenti. On fait la foire, mais c’est usant aussi.

Viber : Quand il m’arrive de partir en vacances (de très rares fois), je passe souvent par des endroits connus comme des aires d’autoroutes… La vie de rock star ce n’est pas très fun au quotidien sur la route (rires). On a voulu en rire et en faire un titre léger avec Go Fast. C’est un clin d’œil aussi aux autres groupes qui connaissent la même rengaine (rires).

Quelle est la signification du titre 1976 ? J’avoue que je sèche un peu (Didou nous a quitté l’interview car demandé pour un autre media) !

Viber : C’est Didou qui l’a écrite. Cela parle de regard en arrière sur notre vie, de notre liberté, de notre absence de liberté, de tout ça. Le titre du morceau correspond à l’année de notre naissance à tous les deux. Ça emmène loin (rires). Ce titre est très cinématographique. Il est fait à base de samples et au début nous ne savions pas ou nous allions avec lui. Au final il fonctionne plutôt bien, c’est assez émouvant.

Comment fonctionnez-vous ? Vous composez sur la route (vu que vous tournez pas mal) ou plutôt en studio ?

Viber : Alors on ne compose pas vraiment sur la route. C’est plutôt compliqué. On écrit un peu en général. Tu sais la vie en tournée est plutôt speed. On est vraiment crevé après chaque date, on démarre à 10h du mat au camion alors je te laisse imaginer (rires).

 

Comment vous placez vous dans le paysage métal français, et comment vous situez vous en dehors de la niche « métal » ?

Viber : Il nous arrive fréquemment de jouer avec des groupes qui ne sont pas du tout métal,  ni même du rock. On a cette dimension-là qui nous permet finalement de jouer sur d’autres scènes plus « grand public ». Mais à l’inverse on a parfois du mal à se retrouver sur un plateau Métal car les tourneurs ne nous trouvent pas assez « connotés » : c’est l’envers de la médaille.
Mais je le redis de façon forte et claire : à chaque fois que l’on a joué avec des groupes de Métal, y compris « extrêmes » (comme Black Bomb A, des groupes de Death, etc…), cela s’est toujours très bien passé (rires). C’est même plus facile.
Et SIDILARSEN sur scène… ça envoie du lourd (rires)

 

Vous intégrez l’anglais à vos textes comme vous l’aviez fait avec Chatterbox : c’est une volonté gravée dans le marbre ?

Viber : Il y avait des réticences à chanter en anglais pour plein de raisons, c’était aussi difficile pour Didou pour des raisons d’accents et autres. Et puis plus cela va plus on s’en fout (rires). La seule question aujourd’hui c’est de savoir si cela fait de bons morceaux.  Pour Spread It par exemple on ne l’envisageait pas autrement. Après on adore et on continuera à chanter en français bien sûr. C’est puissant et les échanges avec le public sont des moments incroyables.

Quel avenir pour la fusion dans le métal aujourd’hui selon vous ?

Viber : La musique électro et les samples sont utilisés partout aujourd’hui et dans tous les styles de musique. De Stromae à la R&B en passant par des groupes comme les Shaka Ponk, tout le monde utilise ces sons. Après l’identité d’un groupe se fait plus dans les voix, le contenu et la façon d’interpréter les choses. Mais bien sûr que les machines ont un avenir.

Quels ont été vos coups de cœur musicaux ces derniers temps ?

Viber : Je n’écoute pas grand-chose en fait, mais dernièrement j’aime la scène rock engagée, énervée. Je pense à No One par exemple, mais aussi à des rappeurs aux textes bien engagés. J’essaye de jeter une oreille sur ce qui sort mais ce n’est pas toujours facile par manque de temps et aussi par lassitude, surtout après des mois de composition et d’enregistrement (rires).


sidi4

 

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