Among The Living
Interview

Entretien avec Antoine (chanteur) et Sydney (batteur) d’ATLANTIS CHRONICLES

Entretien avec Antoine (chanteur) et Sydney (batteur) d’ATLANTIS CHRONICLES

ATLANTIS CHRONICLES

Salut les gars, première interview du groupe pour Among the living  depuis sa création et la sortie de votre nouvel  album Barton’s odyssey. Jouissant à présent d’une certaine notoriété sur la scène Death / Deathcore/ prog française vous imaginez bien que je vais avoir pas mal de questions  à vous poser.
Première chose, merci de vous présenter individuellement et de présenter le groupe.
Quelles sont vos goûts musicaux à chacun, et quelles sont les influences musicales du groupe ?

Antoine (chanteur) et Sydney (batteur) : nous officions au sein d’Atlantis Chronicles, un groupe de Death Metal technique parisien composé de 5 musiciens.

Antoine : Il s’agit d’un projet guidé par une thématique dominante : l’exploration de notre civilisation au travers de récits allégoriques qui utilisent comme support les mythes et légendes du monde océanique.

Les influences personnelles de chaque membre se confondant souvent avec celles qui nourrissent le groupe, je synthétiserais les choses en ce qui concerne le métal, en disant que le spectre est très large. Ça oscille entre le neo metal et le death metal brutal et technique, tout en passant par le metal core, le black, le mathcore ou encore le prog. Là-dessus vient se greffer tout ce qui nous a structuré par le passé, notamment la consommation de pop-culture des années 90 (B.O de films, de mangas, de jeux vidéo, séries etc….).

Racontez moi un peu comment est né ce projet initialement crée à l’époque de Abyss. Et expliquez-moi comment vous avez recruté l’actuel chanteur du combo lorsque vous avez changé de nom.

Sydney : Alex et moi on se connait depuis l’école primaire. On a grandi et évolué ensemble. Au collège on a commencé à écouter du metal, en commençant par des groupes softs, neo, thrash, puis naturellement vers du plus extrême. On a commencé la musique à 17 ans puis rencontré Mikael (ex-bassiste) et Jérôme (actuel guitariste) un peu en même temps. Abyss est né ! On a sorti une démo en 2007 puis notre premier EP Against The Sea  en 2009. Puis nous avons évolué et nous sommes peu à peu éloignés de nos influences thrash metal au profit du death new school avec une certaine dose de prog. C’est pourquoi en 2010 on a décidé d’embarquer un chanteur lead, juste avant d’enregistrer notre premier album. Ca s’est fait simplement via myspace à l’époque. Le mot est passé très vite, on a reçu une dizaine de candidature, Antoine s’est vraiment démarqué et humainement on a senti que le courant passait. Toutes ces évolutions majeures nous ont menés vers un changement de nom : Atlantis Chronicles est né des cendres d’Abyss. Même si le line up a très peu changé, je considère aujourd’hui Abyss comme notre premier groupe, très séparé d’Atlantis Chronicles.

Le nom « Atlantis Chronicles » ne laisse que peu de place à la libre interprétation de vos intentions. On sait déjà que vous allez parler du monde aquatique. Qui a trouvé ce nom et ce concept pour le moins singulier ?
Est-ce que déjà, à l’époque  de Ten miles underwater, vous aviez eu la piste de l’histoire pour Barton’s Odyssey ?
Egalement, aviez-vous créé des riffs à cette époque que vous n’aviez pas utilisé et que vous avez justement utilisé pour Barton’s Odyssey ?

Sydney : Pour le nom du groupe on voulait quelque chose d’unique, qui pose le décor tout de suite et qui laisse peu de place à la libre interprétation de nos intentions comme tu dis ! Finalement on a pris le nom d’un titre du premier album. Le morceau Tales Of Atlantis  s’appelait initialement Atlantis Chronicles . Ce nom nous offre une quantité quasi illimitée de thématiques sur le monde océanique, empreintes de mythes ou de la culture pop. Et pour ne rien gâcher il sonne aussi bien en anglais qu’en français. Depuis Abyss et notre démo on n’a pas changé de ligne directrice, on est resté et on restera sur le monde océanique. C’est beau, c’est grand, c’est l’identité de notre « planète bleue » et la source de tout ce qui y prospère. Comment passer à côté ?

Antoine : Nous n’avions absolument aucune piste de l’histoire de Barton’s à l’époque de Ten Miles. Ce nouveau scénario s’est développé avec le temps et a pris de multiples visages au cours de sa conception faisant, en partie, suite à l’histoire du premier album.

Sydney : C’est ce qu’il s’est produit avec le premier album : un mélange de nouveaux riffs et d’anciens que nous n’avons pas utilisé sur l’EP. Sur ce deuxième album tout a été composé sur un laps de temps beaucoup plus court. Barton’s Odyssey  est beaucoup plus homogène et cohérent que  Ten Miles Underwater  en termes d’influences et de composition.

Parlons un peu de Ten miles underwater. Comment cet opus a été reçu par la critique et par le public ?

Parlez-moi un peu de la tournée qui a suivie pour défendre l’album. Avez-vous fait une tournée en tête d’affiche ou en groupe de première partie ?

Quels impressions et quels enseignements  gardez-vous de l’époque de cet album ? Cela vous a-t-il aidé, d’une certaine manière, à obtenir le résultat de Barton’sodyssey ?

Est-ce que vous avez ressenti la même évolution entre Ten miles underwater et Barton’sOdyssey que celle entre Against  the sea et Ten miles underwater ?

Antoine : Notre 1er album a été plutôt bien reçu dans l’ensemble, que ce soit par la critique ou par le public. Bien entendu personne ne peut faire l’unanimité, mais nous étions profondément ravis parce que cet accueil a largement dépassé nos espérances.

En fait nous avons eu la chance d’effectuer plusieurs tournées étalées sur 2 ans pour défendre ce 1er opus : une grosse série de dates sur le territoire français ainsi que dans certains pays voisins (Suisse, Belgique, Luxembourg, Angleterre) une tournée en Europe de l’Est, et enfin une tournée japonaise. Tous les cas de figure se sont donc présentés à nous durant ce laps de temps : festivals, headline dans pas mal de ville en France, ou bien en compagnie de groupes plus importants tels que Vomitory et Beyond Creation pour le Japon.

Le terme qui caractérise le plus pour moi l’époque de Ten Miles Underwater, c’est le terme de “réalité”, le fait de découvrir la réalité de jouer devant 400 personnes à Tokyo, la réalité de jouer devant 30 personnes au fin fond des pays baltes, la réalité des conditions de tournée qui peuvent être harassantes, la réalité des gens qui ont parfois les yeux qui brillent lorsqu’ils viennent vous parler du show, de ce que notre musique représente pour eux, etc…

Bien entendu ce premier album a constitué pendant un temps un marqueur de ce que le groupe était en mesure de produire, il représentait tout ce que nous devions dépasser pour le 2nd album. Quelle que soit la discipline, on a toujours envie de faire mieux, d’explorer ses limites, c’est en ce sens que le 1er album a déterminé quelle serait la suite pour nous.

Sydney : Je ressens autant de changements entre l’EP et le premier album qu’entre le premier album et le second. La composition, les évolutions techniques et harmoniques de chacun nous ont permis de faire l’album que nous avions rêvé de découvrir en tant qu’auditeurs. Pour ce second on a, pour le moment, le sentiment d’un accomplissement total. Attention ce n’est en rien qualitatif mais très subjectif : on a fait de notre mieux à TOUS points de vue sans rien laisser au hasard. Je sais que les perceptions évoluent avec le temps mais à l’heure actuelle, je ne vois vraiment pas ce qu’on aurait pu faire de mieux avec les personnes que nous sommes et ce qu’on peut investir comme temps et énergie dans le groupe.

Parlons donc à présent de votre nouveau bébé, The Barton’sOdyssey. Qui a eu l’idée de cette histoire, et pourquoi celle-ci plutôt qu’une autre ??

En tant que fans de la mer (et certainement playboys des fonds marins je n’en doute pas), est-il envisageable qu’un jour vous fassiez un truc sur Cousteau ? Il aurait aperçu, lors de ses explorations des choses dont il n’a jamais vraiment voulu parler car, selon lui «  les gens ne seraient pas prêt à savoir »  ….Est ce genre d’histoires qui vous motivent dans l’écriture de vos œuvres ?

Antoine : A l’ origine c’est Alexandre (guitariste et principal compositeur du groupe) qui avait une vision très nette de ce que devait être l’idée directrice de cette histoire : une fable apocalyptique, une fin du monde par les eaux, le monde terrestre face à la puissance des flots. Nous en avons beaucoup discuté, puis le groupe m’a laissé carte blanche pour élaborer une histoire à partir de cette idée. J’y ai intégré tout ce qui me paraissait intéressant aussi bien dans la forme que sur le fond.

Bien que cet épisode au large de Djibouti impliquant le commandant Cousteau et son équipage ait été démenti par l’intéressé lui-même, il est vraiment très intéressant d’observer à travers cette histoire les fantasmes provoqués par l’ignorance de l’Homme sur le monde abyssal. C’est un espace avec lequel nous coexistons sur cette Terre et pourtant le manque de données scientifiques à son sujet le transforme régulièrement en théâtre du merveilleux, du paranormal et de la chimère. Voilà ce qui nous inspire réellement et qui a motivé le choix de ce cadre. Par ailleurs, le fait d’explorer un univers qui nous rapproche des entrailles de la planète suscite la notion d’introspection, une notion qui colle au réel sujet que nous traitons par le prisme de ce monde marin : la nature humaine.

 Travaillez-vous toujours uniquement à deux dans le groupe ou est-ce que les autres musiciens amènent une contribution ?
Toujours très technique, avec pas mal de passages en voix claire,  travaillez-vous particulièrement, sur le fait de ne pas tomber dans la surenchère d’influences et de techniques, ce qui pourrait dérouter certains auditeurs ?
Quelle sont les limites que vous vous imposez en terme de compo ?

 Antoine : Absolument tout démarre d’Alexandre, il est le principal compositeur de chaque morceau. Sydney joue également un rôle prépondérant dans la conception des titres en réarrangeant et en apportant un tas d’autres idées qui font évoluer les morceaux, il est en quelque sorte la clef de voûte de cette formation. Mais la discussion et l’échange prime au sein d’Atlantis, les morceaux seraient tout simplement différents sans les apports artistiques de Jérôme et Simon qui apportent aussi des idées ça et là, des solos, des arrangements…

Les limites s’imposent d’elles-mêmes en fait, nous écrivons avant tout pour nous. A titre d’exemple, Alex peut parfois composer un riff dont les sonorités ne vont pas correspondre intégralement à l’idée qu’il se fait d’Atlantis Chronicles, et il le modifiera jusqu’à ce qu’il soit satisfait, ou bien il l’abandonnera si ça ne le mène nulle part.

 Interview ATLANTIS CHRONICLES

Où avez-vous enregistré cette pépite ? Qu’avez-vous changé au studio durant l’enregistrement par rapport à Ten Miles underwater ?

 Sydney : L’album a été intégralement enregistré en France : les batteries au studio « The Office / The Artist » tenu par notre ami Jean François Di Rienzo (ex- Outcast, The Bridal Procession), les guitares et basse dans mon home studio, et les voix aux « Cuizines » à Chelles dans l’est Parisien (77).

Pendant l’enregistrement tu arrives toujours à améliorer 2-3 idées mais ça n’a pas trop bougé entre les pré-prods et l’enregistrement final.

Parlez-moi un peu des dates de concert qui vont  arriver pour défendre cet opus ?

Antoine : Il nous tarde vraiment de reprendre le chemin de la scène, il y a de la grosse date qui arrive avec Decapitated à Paris le 5 Avril ou encore avec Eths pour leur release party à Marseille le 2 avril. Et bien entendu nous continuerons d’écumer le territoire national autant que possible, nous sommes déjà programmés à Grenoble, Bordeaux, Rennes, Marseille, Paris, Nantes, quelques dates en Ile de France… pas mal d’autres dates en attente de confirmation et… des projets de tournées dont on ne peut pas encore parler 🙂

L’image du groupe est assez affirmée et présente dans vos œuvres, notamment par vos covers qui sont de grandes qualités. De votre point de vue, quelle est l’importance aujourd’hui du visuel dans l’industrie du métal ? Du fait d’internet, de la gratuité forcée de la musique, etc…est-ce encore un pré requis indispensable que d’avoir un visuel fort pour intéresser les gens à écouter de la musique ?

D’ailleurs avez-vous des clips en préparation pour cet album ? Vous pouvez m’en dire un peu plus sur le contenu ?

Antoine : Je ne saurais dire si c’est indispensable, d’autant plus qu’il y a mille et une façons de procéder, certains groupes possèdent des visuels très épurés, très minimalistes qui restent pourtant très fort. Chez nous ça prend du sens parce que nous accordons énormément d’importance à l’univers dans lequel baigne le groupe, la pochette joue quasiment le même rôle qu’une affiche de film, elle présente le contenu. C’est aussi une histoire de goûts personnels, nous sommes extrêmement sensibles à la combinaison des deux, et c’est un immense plaisir pour nous de ne pas “seulement” faire de la musique, mais de réfléchir aussi à ce que nous voulons montrer aux auditeurs du monde que nous imaginons pour notre musique.

Sydney : Le clip vient d’être tourné ! Nous avons la chance de connaitre les bonnes personnes et d’avoir pu faire un clip à gros budget pour très peu. L’intention première c’était l’innovation. On voulait faire quelque chose qu’on ne voit pas ou peu dans le paysage metal : performing sur une structure pyramidale avec diffusion en background d’un film d’animation sur l’histoire de l’album. Techniquement c’est, d’après le chef de projet, une première européenne : mapping vidéo sur mur leds, réalité augmenté avec un changement de perspectives selon la position de la caméra afin de projeter le spectateur dans un univers totale sans 3D et sans effet de post productions.

Quels ont été vos coups de cœurs musicaux de 2015 ?

Antoine : Pour ma part il s’agit de la B.O de Mad Max : Fury Road, plus qu’une B.O c’est presque un disque à part entière de Junkie XL, avec ses gros hits et ses morceaux plus intimistes.

 Sydney : J’ai personnellement abusé du dernier Beyond Creation et du dernier Gorod ! Je vais passer pour le gars étroit d’esprit mais  j’ai bien conscience que ce sont, à l’heure actuelle et à ma connaissance, les deux groupes les plus proches musicalement de ce que nous faisons haha !

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