Among The Living
Interview

Interview avec JC Hoogendoorn, chanteur des Red Mourning

Interview des Red Mourning le 31 mai 2024 avec le chanteur JC Hoogendoorn.

 


On se voit aujourd’hui pour parler de vote dernier album “Acoustic“. Pourquoi ce LP qui est dans la continuité du EP de 2019 ?

  • Il y a eu du cheminement avec quelques morceaux acoustiques sur nos précédents albums. Et ça nous a plu et prouvé que l’on était capable de faire ça. Donc on a voulu retravailler nos morceaux en en faisant une version acoustique sur le EP. Puis ça nous a donné l’envie d’en faire un album à part entière car cela n’a pas le même statut, ce n’est pas le même exercice. Donc il y a les morceaux de l’EP et de nouveaux morceaux.

Et il n’y a aucune reprise des morceaux de votre dernier album ?

  • Non en effet. Ce sont des morceaux neufs que l’on n’a pas encore envie de réinterpréter et que l’on joue sur scène. Il n’y a pas encore eu cette maturation.

Vous avez donc pioché des titres sur d’anciens albums. Est-ce une façon de faire revivre certains morceaux ? Qu’est-ce que cela vous apporte ?

  • C’est assez complexe en fait. Tu as des paroles, une musique mais l’ambiance est différente ainsi que la façon de s’exprimer au chant. C’est un mélange de pleins de choses. Pour parler de mon expérience en tant que chanteur, je redécouvre mes paroles en fait et je les réinterprète différemment. J’aime bien les images, la poésie, les ambiances lorsque j’écoute de la musique autre. Et c’est en cela que j’essaie de me projeter. En fait c’est un autre style de musique, même si c’est nous, nos instruments comme l’harmonica, on explore un autre champ musical.

Au-delà du plaisir de cette nouvelle exploration, cela créé-t-il des frustrations car vous êtes cadrés par le morceau original ?

  • Non car les choses imposées sont le titre et les paroles. Et même là on s’autorise quelques adaptations. On est très libres, déjà par le choix des morceaux. C’est plutôt de la liberté d’explorations et de la créativité.

Depuis vos débuts, je trouve que votre musique se prête à l’acoustique bien que vous soyez un groupe dur et sombre. Cet album est plutôt lumineux posé et même calme. Avez-vous eu besoin de ça ?

  • Alors c’est difficile de s’analyser soi-même mais je ne le ressens pas comme ça. C’est plutôt une découverte au fil des albums. Et nous avons chacun notre métier de musicien à l’extérieur de ce groupe. Par exemple j’ai aussi joué dans un groupe de blues il y a longtemps. Donc c’est peut-être un besoin mais c’est aussi une porte qui s’ouvre et qui nous intéresse où l’on peut mettre en valeur différentes choses. Et je suis d’accord que cet album est plus calme et posé. En studio on me disait même de chanter moins fort, plus tranquille. Les morceaux sont tristes et mélancoliques avec des thèmes plutôt sombres. Mais on essaie d’y mettre un peu de lumière.


Parlons du 5ème membre du groupe, Francis Caste et de sa contribution.

  • Alors il a été moins sur les instruments. Sur les albums métal il travaille beaucoup le son mais là on a fait un certain nombre d’enregistrements d’instruments nous même et donc c’était plus de l’arrangement, des effets, du mixage etc… Mais par contre on a enregistré tout le chant chez lui comme d’habitude et là-dessus il est toujours extrêmement précieux. Il est toujours très respectueux mais il donne son avis en étant très ouvert et avec l’envie d’essayer des effets différents et une nouvelle façon de chanter.

Concernant les instruments, vous aviez parlé lors de notre dernière interview, un peu de façon humoristique, d’introduire la clarinette et… vous l’avez fait !

  • Oui on s’est fait vraiment plaisir et ça nous a permis de concrétiser des idées, des envies. On a essayé différents instruments, on s’amuse, on crée. On trouve intéressant d’aller chercher des trucs différents, originaux en essayant de sortir de nos zones de confort.

En quoi un album comme Acoustic peut-il influencer la suite ?

  • On va continuer à composer du métal sans arrière pensee et on verra la suite mais on ne se pose pas de question. Mais ça nous confirme dans l’idée que sur nos albums « normaux » on continuera à mettre des morceaux acoustiques avec guitare sèche ou banjo par exemple. On va continuer ce processus où l’on arrête de s’interdire des trucs.

C’est l’histoire de Red Mourning non ? Vous êtes inclassables et tant mieux, avec une identité ultra forte, une personnalité reconnaissable aux premières notes.

  • Oui c’est vrai et c’est un plaisir de faire quelque chose de différent. Et c’est une réussite je pense si l’on a réussi à créer notre propre identité, à exprimer notre personnalité musicalement.

Quel accueil a reçu votre release party au Hellfest Corner ?

  • Le public nous a super bien reçu, le concert était bien et ça confirme que l’on est aussi un groupe de concert acoustique. Ça élargit la palette de ce que l’on peut faire. On a également sorti un clip qui est dans cet esprit simple et épuré même si l’ambiance y est particulière. Les retours sont positifs ce qui est assez logique car d’une part on avait déjà commencé à introduire quelques morceaux dans les précédents albums, et d’autre part la musique acoustique est accessible à un plus grand nombre.

Comment comptez-vous faire vivre cet album et qu’y a-t-il de prévu pour la suite ?

  • On a pas mal de dates de prévues. Certaines électriques et d’autres acoustiques. On va aussi tourner un autre clip bientôt. On est également en train de composer un nouvel album métal qui se mélangera du coup peut-être aussi. Le nouvel album est à moitié composé déjà mais c’est difficile de mettre une date dessus car on aime murir les choses.

Comment gérez-vous la nouvelle consommation musicale d’aujourd’hui ?

  • On s’est bien intégré aux supports de diffusion de la musique mais en termes de structure, on ne va pas sortir un morceau de temps en temps pour entretenir l’activité. C’est un accouchement, un processus de construction et on reste sur ce schéma-là, même si ce n’est pas forcément ce qui fonctionne le mieux. Le côté réseaux sociaux ce n’est pas facile d’y exister mais c’est le seul endroit où malheureusement ça compte d’exister donc il faut publier tous les jours… Et ça prend énormément de place dans ton univers mental, pour le groupe. D’autant que ça n’apporte pas que du positif donc on ne publie pas tout le temps. Ce n’est pas notre truc donc on délègue mais il y a une réalité financière non négligeable, surtout dans l’univers du métal. Donc on fait au mieux en restant sain d’esprit et fidèles à nous-mêmes tout en assurant la viabilité de l’ensemble. En fait on cherche l’équilibre. On travaille tous et personne ne vit de sa musique dans le groupe car c’est impossible, tout comme pour la majorité des musiciens en France, tous styles musicaux confondus. Et quelque part ça nous permet de ne pas avoir de pression de ce côté-là. On essaie juste que ça s’équilibre. En gros on fait un concert si on ne paie pas pour jouer et on vend un peu de merch pour payer le studio de répet.

Notre groupe existe depuis plus de 20 ans, grâce à des choix conscients pour que ça fonctionne. Le rapport entre nous est très franc et la maturité nous a appris à nous supporter les uns les autres, à gérer les conflits si besoin et à s’accepter. C’est ça qui fait que notre projet peut continuer. On réalise aussi la chance que l’on a de faire tout ça ensemble car on se comprend bien, on s’entend bien et du coup ça fonctionne.

Et j’adore ça !


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