Among The Living
Interview

Interview de 6h33 avec Nico (guitare) et Rorchar (Chant)

 
Interview de 6h33 avec  Nico (guitare) et Rorchar (Chant).
 
 
Bonjour, c’est ta première interview pour cette page musicale donc j’ai pas mal de questions à te poser mais avant de commencer, merci de te présenter et de présenter ton  groupe.
 
Nico : Salut moi c’est Nico, je suis guitariste dans le groupe et je m’occupe aussi de la programmation. Concernant le groupe, que dire…On a sorti notre premier album en 2011 et peu de temps après notre chanteur est parti. Du coup on en a profité pour  pouvoir retravailler avec  Arno Strobl certains morceaux (Arno ayant participé sur un morceau du premier album) ainsi qu’avec Guillaume, le chanteur de Scarve. Pour le coup, fort de cette « panne de chanteur » on en a profité pour carrément faire un EP avec Arno, et c’est d’ailleurs à cette époque que nous avons rencontré notre chanteur actuel Rorchar. L’EP (« The Stench and the Swelling » ) s’est tellement bien passé qu’on est carrément parti sur un album, celui qui sort actuellement, avec 90% du chant assuré par Arno et 10% par Rorchar, notre nouveau chanteur officiel qui est assis là-bas en train de  «  branler le mammouth ». Il nous a rejoints sur la fin de « The Stench » pour poser quelques lignes de chant et il a chanté presque la totalité des voix sur le morceau « Burn In ».Une fois la page de « the Stench » tournée, il a pu librement s’exprimer sur les nouvelles compos.
 
Bien, dis quand et comment est né le groupe. Pourquoi avoir choisi ce nom ?
 
Nico (sourire) : J’ai toujours un peu honte de le raconter mais enfin bon, ça fait partie de l’histoire du groupe. On a fondé le groupe à trois lors d’une soirée de zikos bien trop arrosée. J’étais avec deux potes dont un de longue dates et on parlait musique tout en vidant des verres, et , inévitablement, a un moment on s’est dit qu’il fallait qu’on fasse un groupe ensemble , histoire de jouer du «  n’importe quoi » .Une fois l’accord passé, toujours à cette même soirée , et encore plus enivrés, on a essayé de trouver e nom du groupe, et comme tu le sais, c’est toujours le truc le plus dur de la terre à faire ! L’un de nous a levé la tête pour réfléchir et a regardé l’heure, perdu dans ses pensées. Il était 6 :33 et c’est comme ça que le nom du groupe est né ! Le lendemain, après avoir sérieusement décuvé, on s’est rappelé et on a décidé de conserver ce nom de groupe étranger. Voilà tu sais tout.
 
Parle-moi un peu de tes influences musicales
 
Nico : Il y a un peu de tout, mais il est vrai que certaines influences ressortent plus que d’autre dans notre musique, comme Devin Townsend par exemple. Il y a un gros coté « musique de film » car pour ma part je suis un grand Fan de Elfman et de Morricone. Je pense que ce sont les influences qui ressortent le plus dans notre musique.
 
Comment vous êtes-vous rencontré avec Rorchar ? Par personnes interposées ou via un groupe dans lequel vous jouiez ensemble jadis ?
 
Nico : Pas du tout. On s’est rencontré via Internet.
 
Via Meetic ?
 
Nico (rires) : Exactement ! « Adopte un metalleux.com » ! On avait juste passé une annonce «  cherche chanteur «  et c’est le premier mec qui nous a répondu, c’est ça qui est marrant. On a profité de « The Stench » avec Arno  pour nous laisser un peu plus de temps concernant cette recherche et on a tous été surpris de voir à quelle vitesse on a réussi à trouver, c’était à la fois inattendu et inespéré ! Avant 6 :33 j’ai eu un groupe de Prog et on a mis peut être 4 ans à trouver un chanteur et lorsqu’on a arrêté le groupe, on l’avait pas vraiment trouvé en réalité.
 
Rorchar : Avant de tomber sur l’annonce, je ne connaissais pas vraiment le groupe .L’histoire est belle et un peu folle. Avant cette formation j’avais un groupe de Fusion un peu à la Red Hot Chili Peppers /Incubus, qui me plaisait bien mais qui ne pouvait pas aller plus loin que le point où je pouvais l’amener, j’étais donc en « restructuration psychologique » en me demandant si ça valait le coup de rester ou non dans ce groupe, si je devais tout seul avec un mec sur des machines. Et là j’ai fait un truc que j’avais pas fait depuis 10 ans, à savoir fureter sur les petites annonces des sites internet de musique, et je suis tombé sur l’annonce de 6 :33 qui disait «  Le groupe recherche son nouveau Mike Patton ». Donc bon, j’ai bien compris qu’ils ne cherchaient pas  un clone de Patton mais bien que leur musique était suffisamment complexe pour y faire penser. J’ai donc écouté le premier album du groupe et là je suis tombé tout de suite amoureux de la musique. La voix du chanteur de l’époque n’était pas du tout la même que la mienne mais la démarche artistique en tout cas étais ce à quoi je rêvais depuis que j’avais 15 ans ! Je leur ai donc envoyé quelques chansons, pas spécialement significatives de tout ce que je pouvais apporter car le style des chansons n’était pas du tout le même que celui de 6 :33 mais ils ont tout de même accepté de m’auditionner. Je suis totalement rentré dans le truc et l’audition s’est super bien passé, et je pense qu’eux attendaient quelqu’un comme moi, capable de moduler sur pas mal de styles différents dans un même morceau. On avait tous bien aimé le travail de ma voix sur « The Stench » et peu après la sortie de l’album ils sont venus me voir pour me dire qu’ils avaient continué à faire des choses et qu’on allait retravailler ensemble. Il faut reconnaitre que cette histoire est un sacré coup de chance !
 
Le processus de composition reste-t-il inchangé pour ce nouvel album ? A savoir toi qui compose la musique et le chanteur qui écrit les paroles (Arno pour « The Stench » et Rorchar pour « Deadly Scenes »)
 
Nico : Absolument, ça n’a pas vraiment changé, mis à part que cette fois ci j’ai fait beaucoup appel à Manu (Claviers) pour les arrangements. Il m’a beaucoup aidé. Pour les lignes de chant on a également boss é à deux avec Rorchar, alors que pour le précèdent Opus, Arno avait vraiment tout fait de son côté. Pour « The stench », on a donné la musique à Arno, on ne sait pas ce qu’il a fait de son coté, on l’a su quand il est venu en studio, et encore, même là il a bidouillé une ou deux paroles, mais le gros du travail a été fait une fois toute la musique bouclée.
 
Du coup Rorchar, as-tu écris les paroles en même temps que Nico écrivait les chansons ? Les as-tu écrites avant, en ayant déjà la direction ? Ou alors as-tu attendu d’avoir tout reçu pour te mettre à la tache ?
 
Rorchar : Nico et Manu échangent énormément et du coup, plus les morceaux se rallongent, plus les arrangements suivent et souvent, lorsque je reçois le morceau quasiment fini, il y a déjà des lignes de chants posées par Nico .Puisqu’il fait la musique, il n’est pas surprenant qu’il pense aussi, en même temps que les arrangements et les riffs, aux lignes de chant. Il faut savoir que l’écriture avec 6:33 c’est quelque chose de très particulier que tout le monde ne pourrait pas faire mais qui, curieusement, me convient tout à fait. Je ne suis pas un chanteur musicien mais plutôt un chanteur comédien et je m’inspire beaucoup de la musique. Donc, les chansons arrivaient avec une ligne de chant et je me donnais comme challenge de respecter le rythme de la ligne de chant de base et de faire finir mes vers de la même manière que la musique, donc exercice particulier d’écriture relativement exigeant mais particulièrement passionnant de mon point de vue. Nous sommes très complémentaires.
 
Nico : C’est vraiment particulier ! J’ai rencontré pas mal de chanteur et il faut savoir mettre souvent son égo de côté, ce qui n’est pas facile à faire. Par exemple, la seule chanson qu’on a réussi à lui faire chanter c’est « I like It » car les paroles me touchaient particulièrement et je ne voulais pas changer la chanson. C’est rare de trouver un chanteur qui accepte ça. La plupart des gens seraient réfractaire avant même d’avoir écouté le moindre truc, en mode «  touche pas à mon steack » ! Moi le premier !
 
Rorchar : Apres, si j’ai accepté des  choses c’est aussi parce que ça me plaisait. Sur les choses qui ne plaisaient pas, on n’a pas hésité à en parler entre nous pour faire évoluer les choses. On est 3 à bosser sur la musique, d’une manière bien particulière. Le plus dur c’est de s’ouvrir, une fois que cela est fait on se rend compte que les idées des uns et des autres sont bonnes, que ça fait avancer la musique, et à partir de ce moment-là on adopte cette ouverture, ce mode de travail jusqu’à la fin et c’est ce qui fait que la musique est ce qu’elle est.
 
 Pour ce nouvel album as-tu utilisé des choses que tu n’avais pas utilisé dans le précèdent album ou s’agit-il uniquement de nouvelles choses ?
 
Nico : Il s’agit exclusivement de nouvelles choses. On part du principe que, soit une idée est bonne et on la continue, soit elle est mauvaise et on arrête tout de suite, on la met à la poubelle .Notre engagement à ce niveau est d’ailleurs problématique car notre label nous a demandé des titres bonus mais on a absolument rien. On a écrit l’album, avec un concept musical et c’est tout.
 
Le moins que l’on puisse c’est que cet album comme le précèdent son complétement barrés mais aussi complètement différents ! D’ailleurs comment t’es venu l’idée du Clown à la Tim Burton ? Est-ce une idée antérieure au précèdent album que tu n’avais pas exploité ou est-ce quelque chose de tout nouveau ?
 
Nico : C’est venu comme ça .Bon, à la base, Dany Elfman ( qui compose la musique des films de Tim Burton ) est un compositeur que j’ai toujours adoré. Ce côté est un petit coté qui est apparu dans «  The Stench ». On a trouvé  ça  sympa et donc on a décidé de l’exploiter plus sur ce nouvel album.
 
C’est drôle car tu dis «  on » alors que c’est toi qui compose la musique seul…
 
Nico : Les deux sont possibles car, comme je t’ai dit, ce côté Burton sur le précédent album nous a plu à tous, donc on en a parlé et c’est pour ça que j’ai laissé prédominer cet aspect dans mes compos. Après on fonctionne pas mal en conciliabules, c’est-à-dire que j’écris beaucoup, j’envoie tout à tout le monde et je me nourris des retours des autres membres du groupe. C’est indispensable à mon sens car, en tant que compositeur unique du groupe, j’ai toujours la tête dans les morceaux et de fait je n’ai pas ce détachement qu’on les autres membres, d’où le fait que la majeure partie du temps ils aient des remarques pertinentes sur ce que je leur envoie.
 
Tu conserves du coup beaucoup de choses ou, au contraire, pas mal de choses finissent à la poubelle ?
 
Nico : Pour celui-ci on a été particulièrement difficile donc j’ai dû faire machine arrière pas mal de fois.
 
Rorchar : Disons qu’à chaque fois, ce n’est pas allé trop loin dans la compo, on a jamais viré de très grosses parties quand a dû le faire .Ce sont seulement certains débuts de parties, ou la fin, qui ont été jetés.
 
Nico : Des fois je leur envoie une partie de morceau, sur laquelle il faut faire des retouches et je leur renvoie une semaine après avec seulement 20 secondes en plus, c’est dire si ça va très lentement !
 
En même temps, votre musique étant complexe, en 20 secondes tout est changé !
 
Nico : C’est vrai ! De plus je ne travaille pas en mode « Démo ».Je travaille toujours tout de suite les arrangements, donc lorsque l’écriture du morceau est achevé, j’ai déjà fait 90% du boulot final.
 
Comment s’est passé l’écriture ? As-tu écris une histoire, que tu as décliné en autant de chansons ou as-tu pris chaque chansons individuellement ?
 
Nico : L’album n’est pas réellement concept. Il y a une trame, c’est vrai, qui est « les 7 péchés capitaux » mais chaque chanson peut être prise à part car les histoires n’ont rien à voir.
Rorchar : A part pour le pavé, pour lequel j’avais déjà écrit 3 scénettes, pour le reste tout était ouvert. A chaque fois qu’il m’envoyait un morceau, ça me faisait penser à tel ou tel pêché et je me mettais à l’écriture. Forcément, plus on est arrivé à la fin, plus c’était difficile de trouver de bonnes idées sur les quelques pêchés qu’il me restait à exploiter.
 
Niveau studio, as-tu enregistré dans un studio différent du précédent album ?
 
Nico : On a fait exactement la même chose, à savoir qu’on a tout fait chez Manu, comme pour « The Stench ».La seule différence est qu’on a confié le mastering a quelqu’un d’autre, on avait besoin de prendre du recul la dessus.
 
Rorchar : On a également fait beaucoup plus de chœurs sur cet album. On a fait venir des potes à nous, 6 personnes, 3 hommes 3 femmes pour faire les chœurs, dont Beni qu’on entend plus que les autres.
 
Nico : On avait commencé sur «  The Stench » à incorporer des voix féminine et vu que ça nous a plu, on a voulu pousser un peu plus loin le concept, qui plus est avec Beni qui est une fille que j’adore et qui est très doué et dont j’ai ajouté la voix un peu partout, à tel point que je pense sincèrement la faire revenir pour le prochain album. Elle est super ouverte et volontaire.
 
Par exemple, quels sont les thèmes que tu trouverais intéressant d’aborder pour le futur opus ?
 
Rorchar : Au dernier Hellfest, on avait discuté d’un concept avec Nico, pour faire un truc à la Baudelaire, les «  Fleurs du mal » avec un côté Spleen et un coté joyeux, un contraste entre des morceaux sombres et complexes  et des morceaux beaucoup plus joyeux et simples, mais ça n’était qu’une idée dont on a rapidement parlé autour d’une douzaine de Vodka Redbull donc bon….
 
Attention les gars, avec un concept comme ça vous êtes bien parti pour faire les premières parties de Therion, alors bon, moi je dis ça hein, demerdez vous après !
 
Rorchar (rires) : Pour l’instant c’est juste une idée comme ça, comme on en a plein ! Nico a toujours pleins de trucs en tête mais pour l’heure, on vient de sortir l’album, on a tous envie d’aller sur la route pour le défendre et personnellement je n’ai pas envie d’écrire pour l’heure.
 
As-tu déjà des dates à annoncer pour la tournée de l’album ?
 
Nico : On sera  le 16, la semaine prochaine…Ah merde c’est demain en fait (rires)
 
Rorchar (rires) : Bon le plus simple c’est aller jeter un coup d’œil sur notre page facebook car sinon je pense qu’on va dire des conneries vu comme c’est parti.
Et en concert vous allez principalement axer la set list sur le dernier opus ou est-ce que vous allez jouer des morceaux plus anciens ?
 
Rorchar : On va jouer de tout ! Des morceaux du premier album, un ou deux, des choses qu’on aime beaucoup, et évidemment «  The Stench », car c’est un bel album qu’il faut faire vivre  et duquel on jouera des morceaux que nous n’avons pas encore joué Live, du moins avec moi.
 
Quels sont vos derniers coups de cœur musicaux ?
 
Rorchar : Fjokra, dont on va faire la première partie Devin Towsend, qui est un artiste que je ne connaissais pas assez, que ce soit avec Strapping young lad ou avec ses autres formations
 
Nico : Perso j’ai ps eu de gros coups de cœurs récents mais j’écoute énormément de Peter Gabriel, surtout les parties avec Genesis. Par exemple, les dernières prods de Towsend ne m’ont pas passionné.

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