Among The Living
Interview

Interview DREAMCATCHER 2023

Rencontre avec DREAMCATCHER

 

Dimanche 17 decembre 2023

LE STOCK – MENNECY (91)

Interview réalisée par Martine Varago

Rencontre avec Chris Garrel, chanteur de Dreamcatcher, et Chloé Bazaud, réalisatrice des clips du groupe.



Tu t’apprêtes à jouer en première partie de Paul Di’Anno avec Dreamcatcher.

Chris : Oui, c’est cool, ça va être une super soirée !

C’est un rêve d’enfant ou d’adolescent de jouer cette première partie avec le chanteur de ton groupe favori Iron Maiden ?

Chris : Oui, on peut le dire comme ça. J’avais 16 ans, en 1980, lorsque j’ai découvert la Vierge de Fer, avec leur premier album. C’est un disque qui a littéralement changé le cours de mon existence. Dès les premières écoutes, j’ai su que la musique du groupe était faite pour moi.
La musique, mais aussi cette fantastique pochette et le personnage d’Eddie, ont exercé une véritable fascination sur le kid que j’étais. Il était trop tard, impossible de faire machine arrière, j’étais devenu fan, et cette passion ne m’a jamais quitté depuis.
C’est ce vinyle qui m’a donné envie de devenir musicien, puis chanteur et de monter mes premiers groupes, il y a plus de 40 ans. En 2008, avec un pote, j’avais monté le Clive Aid – Paris, un concert caritatif pour récolter des fonds pour Clive Burr, le batteur des trois premiers albums de Maiden, atteint de la sclérose en plaques et aujourd’hui décédé. Paul Di’anno et Dreamcatcher y avaient participé. Un sacré souvenir ! Donc, oui, avoir l’opportunité de jouer à nouveau avec Paul Di’anno, 15 ans plus tard, ça a forcément une signification particulière pour moi.

Comment Dreamcatcher a-t-il pu atteindre cet objectif ?

Chris : Au cours de ma vie de fan, j’ai fait de nombreuses rencontres avec d’autres passionnés, comme moi, mais aussi avec des membres du staff d’Iron Maiden et j’ai rencontré les membres du groupe à plusieurs reprises. On est un peu comme une grande famille et ce cercle de fans ultimes est finalement assez réduit. C’est une petite communauté, on se connaît tous.
On s’était déjà croisé à plusieurs reprises avec Paul. Il souhaitait absolument jouer en France sur cette tournée. Fin novembre, son manager m’a directement contacté pour savoir s’il y avait une possibilité de monter un concert sur Paris ou en banlieue parisienne. J’ai fait appel à mon ami Jean-Pierre Binois, de l’association JMD, avec qui Dreamcatcher travaille régulièrement.
Nous avons fait jouer nos relations, passé deux ou trois coups de fil et nous sommes tombés d’accord pour organiser cette date ensemble au Stock à Mennecy. Lorsqu’il s’est agi de trouver un groupe local pour ouvrir la soirée, le nom de Dreamcatcher s’est imposé à nous comme une évidence. Ça s’est fait dans l’urgence, le temps pressait et tout a été bouclé en 48 heures. Paul demeure très populaire dans notre pays et le show a été très rapidement complet.

Une vidéo est sortie le 20 octobre dernier “The Man Who Would Be God”, votre dernier clip, écrit et réalisé par Chloé Bazaud. Fidèles à votre goût pour la littérature fantastique du 19ème siècle, vous nous proposez une relecture du mythe du Baron Frankenstein et de sa créature. Expliquez-nous comment vous avez fabriqué cette fabuleuse vidéo ?

Chris : Chez Dreamcatcher, nous accordons autant d’importance à l’écriture de la musique qu’à celle des textes. Parmi nos thèmes de prédilection, figurent la culture amérindienne, mais aussi, comme tu le soulignes, les mythes de la littérature fantastique. Nous aimons raconter des histoires et embarquer nos auditeurs dans notre univers. Nous avons volontairement fait le choix de l’autoproduction et c’est ainsi que rapidement nous avons décidé de réaliser nos propres clips.

Chloé : Ça fait 15 ans qu’on travaille ensemble avec Chris sur l’univers visuel de Dreamcatcher. On échange nos idées, nos envies, on essaie de garder une certaine cohérence pour que ça reste du Dreamcatcher et on choisit sur quels projets on se lance.
Nous avions déjà réalisé deux autres clips, sur le même ton et d’inspiration horrifique. Une équipe, et des amitiés, se sont formées lors de leurs réalisations, aussi, on avait envie de prolonger l’expérience, d’aller plus loin. Aussi bien techniquement que dans l’ampleur du projet, et surtout de clore ce qui allait être une trilogie… !  Sans cette équipe, on n’aurait jamais envisagé de monter un tel projet, qui reposait en grande partie sur les décors et les effets spéciaux.

Combien de temps cela a-t-il pris jusqu’à sa sortie ?

Chloé : Entre le moment où on a choisi de se lancer, et la sortie officielle du clip il s’est écoulé à peu près un an. Choix de la chanson, constitution de l’équipe technique, recherche d’un lieu, écriture du scénario, réalisation et recherche des décors et accessoires, apprendre ce qu’on en sait pas (encore!) faire, préparation du lieu, tournage, montage… tout ça pour un budget toujours minimum, de la débrouille, des bonnes volontés et du temps… !

Quels sont les impacts et le bilan de cette dernière vidéo ?

Chris : Tous ceux qui ont vu cette vidéo l’ont adorée ! Ils en ont apprécié le rythme, l’humour, les décors, les accessoires, la qualité des effets spéciaux, la réalisation… C’est très gratifiant ! Des personnalités connues des médias metal, telle que Laurence Faure de Hard Force ou Roger Wessier de Where The Promo Is en ont spontanément assuré la promotion. Beaucoup d’amis musiciens de groupes français ou étrangers ont été bluffés par cette vidéo.
J’ai même reçu des messages de félicitations de Dennis Stratton, de Linda Harris, la sœur de Steve, ou encore de Léana, la femme de Bruce Dickinson ! Il ne faut pas oublier que même si Dreamcatcher est certes relativement connu sur la scène heavy/thrash française, comme je te le disais, nous demeurons un groupe underground qui fonctionne en totale autoproduction. C’est ce qui nous laisse une vraie liberté artistique et une totale indépendance. Notre recette est avant tout de nous faire plaisir, et quand ça fait plaisir à ceux qui nous suivent, le pari est gagné !



J’ai vu qu’il y avait un programme 2024 bien chargé pour Dreamcatcher !

Chris : Oui ! Nous adorons le travail de composition, les séances d’enregistrement en studio et tourner des clips. Mais la scène demeure notre terrain de jeu préféré. C’est aussi ça qui permet de renforcer les liens entre les membres d’un groupe, la vie sur la route. J’aime ce moment unique où les lumières s’éteignent, lorsque je suis sur scène avec mes potes de Dreamcatcher et que nous formons un bloc soudé prêt à en découdre.
Quand une opportunité de jouer se présente et que les conditions qu’on nous propose nous conviennent, on fonce ! Tu sais, à bientôt 60 ans, je considère tout ça comme du bonus. On sait très bien que ça peut s’arrêter du jour au lendemain. On vit chaque concert, à fond, sans calculer, comme si c’était le dernier. Encore une fois, se faire plaisir et faire plaisir au public. Transmettre aux autres cette passion qui nous anime, c’est ça notre moteur !

Vous venez de jouer en première partie de Paul Di’Anno, comment étaient les relations avec le groupe et Dreamcatcher ?

Chris : Très cool, à la brésilienne ! Les gars qui l’accompagnent sur scène jouent également dans Noturnall et Electric Gypsy, les deux groupes brésiliens avec qui il partage l’affiche sur la tournée. Ils ont débarqué à 18 personnes, avec femmes et enfants. Une vraie tribu ! C’était la dernière date de leur tournée européenne, je te laisse imaginer l’ambiance dans les loges ! J’ai échangé quelques mots avec Paul, avant et après le concert. Il est très diminué physiquement, mais visiblement heureux d’être là.

Quelles émotions avez-vous ressenti au cours de cette soirée ?

Chris : Quelle soirée ! Nous avons éprouvé de la fierté et un sentiment d’accomplissement et surtout beaucoup de plaisir sur scène et en dehors. Tellement heureux d’avoir revu Paul, mais attristé de le voir aussi mal en point.
Depuis son opération des deux genoux, il ne se déplace plus qu’en fauteuil roulant. Il se donne à fond pour ses fans et il était épuisé après son concert et il avait du mal à respirer. Nous sommes passés par toutes les émotions ce soir. J’ai adoré voir la mine réjouie de tous ces fans du chanteur des deux premiers albums d’Iron Maiden, qui me remerciaient d’avoir co-organisé ce concert et qui nous félicitaient pour la prestation de Dreamcatcher. C’est fou de penser que certains d’eux n’étaient même pas nés quand ces albums sont sortis… Je n’oublierai jamais la tête du gars de Noturnall, juste après notre concert, impressionné que nous ayons eu le cran de jouer notre reprise de Wrathchild en clôture de notre show, dans un tel contexte !


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