Among The Living
Interview

Interview du groupe MESSALINE

Entretien avec Eric Martelat, chanteur et auteur des textes et John Bailly, batteur du groupe MESSALINE à l’occasion de la sortie de leur 4ème opus Illusions Barbares.

 

 Messaline

Vous sortez  Illusions Barbares, votre dernier opus. Pouvez-vous vous présenter ainsi que le Line-Up ?

John: Bonjour, je suis John le batteur de MESSALINE, groupe qui existe depuis 10 ans maintenant. Le Line-Up actuel se compose d’Eric au chant, de Mickaël à la guitare, de Jaimé à la basse et de moi-même à la batterie. La section rythmique, composée de Jaimé et moi, a rejoint la formation actuelle fin 2011 et participé à l’enregistrement de l’album précèdent et à la composition d’Illusions Barbares.

Eric : MESSALINE a été fondé en 2003 sur les cendres d’un groupe de prog qui s’appelait ABSURD. De ce split est né MESSALINE avec un premier album en 2005, Guerres pudiques, puis In Cauda Venenum en 2009, et enfin Evicérer les Dieux en 2013 avec la nouvelle formation, pour arriver à Illusions Barbares aujourd’hui. C’est le véritable premier opus avec le nouveau Line-Up.

Justement, comment avez-vous écrit et composé cet album ? Vous partez des textes ou, à l’inverse, de la musique ?

Eric : Un peu des deux, mais dans l’ensemble on peut dire que c’est du 70/30 en faveur du texte. J’écris des bouts de textes, de refrains et je m’enregistre A Cappella car je m’appuie beaucoup sur la musicalité des mots. Cela donne des lignes de voix qui orientent ensuite la composition musicale. La musique se met naturellement au service du texte.

Etant un groupe à textes, avec une part historique non négligeable, comment et où trouvez-vous l’inspiration ?

Eric: En fait je regarde beaucoup de reportages sur des chaines comme Arte, des reportages historiques traitant parfois de personnages un peu ambigus, ce qui me donne une bonne base de travail (rires). Après je fais marcher mon imagination et je développe. J’essaye malgré tout de trouver des sujets qui n’ont pas été repris par une myriade de groupes. Des morceaux traitant de Jack l’éventreur et autres célébrités du genre n’ont que peu d’intérêt pour moi à être une fois de plus abordés.

John: Ce qui est intéressant, de mon point de vue, ce sont les textes en français. Ils permettent d’exploiter la richesse de la langue française au travers de jeux de mots et autres calambours. Les personnages historiques, comme les personnages fictifs, sont finalement ramenés sur le même plan. C’est le côté humain du personnage qui est du coup mis en avant, et cela parle plus à l’auditeur.

Du coup, quel public ciblez-vous ? Pensez-vous que la langue française s’exporte ?

Eric: Non il faut être réaliste, la langue française ne s’exporte plus. On peut parler de l’Eurovision si tu veux (Rires).

John: (Rires) Ils nous ont proposés mais on a refusé.

Eric : Plus sérieusement, on a du vendre 3 disques en Allemagne et quelques-uns au Japon mais cela ne concerne que des « amoureux » du côté « exotique » de la langue. Si nous avions la volonté de nous exporter, il nous faudrait écrire et chanter en anglais. Autant te dire qu’avec mon terrible accent c’est pas gagné. En France on n’est pas doué pour les langues il faut bien l’avouer. Quand tu vois des mecs qui ont fait l’ENA et qui ne sont pas capable d’aligner une phrase correcte en anglais, c’est révélateur. (Rires)
Perso mes références en langue française sont des gars comme Ange, Thiefaine ou encore Desproges pour la justesse de leur écriture.

 

Messaline

 

John: Quand on passe en première partie de DAGOGA, ANGE, ou NAPALM DEATH, on touche un panel large du public français, qui nous découvre en live et qui reprend du coup nos refrains. Finalement chanter en français a l’avantage d’être compréhensible rapidement par un public francophone qui n’est pas forcement venu pour te voir.

Que pensez-vous du public français ?

Eric: Je suis mitigé sur le public français et je lui en veux un peu. Je m’explique. Les gars qui vont voir ACDC ou qui vont au HELLFEST, et qui ne se bougent pas le reste de l’année pour aller voir les petits groupes qui passent dans leur coin, tuent le Hard Rock et les initiatives locales. Le gars qui paie 190 € pour aller au HF, qui se bourre la gueule, et qui, au final, ne voit pas grand-chose en terme de passage live, je trouve ça navrant. Si c’est pour se palucher sur facebook pour dire j’y étais… il vaut mieux dépenser son argent en allant voir des concerts à 15€ à côté de chez soi. Ça, ça me gave ! C’est paradoxal, mais se qui fait crever le Hard Rock en France ce ne sont pas les organisateurs, ni les groupes, mais bien le public qui se fourvoie.

Vous pensez que c’est le public français qui est comme ça ou c’est un problème de génération ?

Eric: Je pense que le public français est un peu comme ça. J’ai des copains qui ont joués en Espagne, en Italie, et le public se déplace beaucoup plus volontiers au concert. Les gens n’ont soit plus les moyens ou plus l’envie de découvrir. On est tellement noyé dans l’information avec internet que le premier réflexe est de se rabattre sur les valeurs sures du genre ACDC, MAIDEN et autres. Je n’ai rien contre ces groupes bien entendu, mais il y a de la place pour tout dans le quotidien d’un métaleux et beaucoup de choses à découvrir pour peu qu’on en fasse la démarche.

 

Si on parlait un peu de votre visuel, de la pochette de l’album ?

Eric: C’est Stéphane Veyret qui l’a réalisé. C’est un vieux copain à moi avec qui j’étais aux beaux-arts il y a une vingtaine d’années déjà. Il est graphiste et il avait déjà créé le logo du premier groupe à l’époque. On a pas mal discuté sur ce que l’on attendait, en l’orientant sur le côté médiéval de la chose avec une touche d’héroïc fantasy.

John: C’est vrai que l’on apprécie cet univers à travers les séries que l’on peut voir en ce moment à la tv comme Game OF Throne par exemple. Un univers que l’on retrouve aussi dans la BD comme avec Loisel entre autre. On aime assez les histoires mélangeant l’histoire à l’imaginaire.

Eric: L’album, qui est sorti nationalement fin avril, marche plutôt bien en terme de ventes. Du coup on va sortir un vinyl collector pour en faire un bel objet, car on a un public de collectionneurs qui aime les goodies et avoir concrètement du matériel. 

 

 

Messaline

Vous avez sorti un Clip aussi, très visuel. Quelle est son histoire ?

Eric : On a des copains qui bossent dans une association médiévale, et on a monté le clip autour du texte mais en leur laissant libre interprétation quand à la création de l’histoire du clip. Ils l’ont réalisé comme un court métrage.

John: Cette asso maitrise les jeux de rôles et les combats : ils ont vraiment assuré.

 

 

Quels sont vos projets à court terme ?

Eric: On a quelques dates qui se mettent en place, et l’on recherche pas mal du côté des festivals. En Juillet on participe au RAGNARD ROCK FESTIVAL 2015 dans l’Ain, un festoche sur 3 jours. On joue sur la même scène que des groupes comme Enslaved, Primordial ou encore Aggressor. En septembre on sera au Leym’Fest et on jouera aussi avec ANGE à Lyon ou l’on en profitera pour sortir notre vinyl collector. On jouera aussi avec SATAN JOCKER en septembre.

 

Propos recueillis par P.Cremin

Retranscription par S.Birlouez

 

 

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