Among The Living
Interview

Rencontre avec Patrick Rondat

Rencontre avec Patrick Rondat

Le guitariste culte Patrick Rondat revient et c’est une super nouvelle. Surtout que son nouvel album « Escape from Shadows » est une petite merveille. Entretien avec un guitariste surdoué et un homme fort sympathique.


Patrick Rondat


Tu as dit que si cet album n’était pas sorti chez Verycords il ne serait peut-être jamais sorti. C’est vrai ? Et comment, au final, as-tu signé chez eux ? 

Je pense oui. Mon tourneur Base Production était en contact avec eux. Cela s’est fait avec Mehdi le boss de Verycords. L’album était presque terminé mais je ne sais pas si j’aurais eu la force d’aller au bout du mix et de tout le reste. Mehdi m’a proposé un contrat d’artiste et là je me suis senti obligé de finir le disque. Quand Verycords m’a dit il me faut le mix à tel moment là je me suis dit il faut y aller. »

L’album est du pur Patrick Rondat avec un côté prog. 

Il est entre « Amphibia » et « An Ephemeral World » avec un son plus roots, plus organique. Mon jeu a changé donc il y a des choses différentes. Il y a des choses nouvelles aussi dont le chant sur un titre. Mais oui c’est du Patrick Rondat. Il y a également plus de claviers. Il y a peut-être une identité de groupe plus forte sur ce disque. »

Comment t’es venu l’idée d’avoir un titre chanté ? 

Gaëlle Buswel est une amie à moi qui tourne pas mal. On s’était rencontrés à l’Olympia. Elle a joué avec moi sur un concert. On est devenus potes. Je trouvais que le côté bluesy du morceau lui allait bien.

Le titre de l’album, « Escape from Shadows » évoque des moments difficiles. Tu as traversé des moments durs. 

Oui, avec le décès de ma femme. Nous avions trente et un ans de vie commune. Mais il n’y a pas que cela. Il y aussi eu les doutes notamment le fait de se poser la question est-ce que ça intéresse encore des gens les albums instrumentaux.


rondat


Le disque est aussi un hommage à ta femme ? 

Oui. Tu ne sors pas indemne de ça. On était bien ensemble. Au bout de trente ans de nombreux couples sont devenus des voisins mais ce n’était pas notre cas. Je n’aurais pas fait de musique sans elle.

La pochette la représente d’une certaine façon ? 

Tout à fait. Elle représente le passage de l’ombre à la lumière. Les ombres c’est poétique. Je ne voulais pas trop en faire là-dessus mais je ne pouvais pas ne pas en parler.

Tu connaissais bien Stan W Decker qui a fait la pochette ? 

Il a fait une pochette qui colle parfaitement à mon univers. Il a sorti ce truc qui est très bien. Il connait bien ma musique. Il connaissait aussi mes pochettes de disques.

Le dernier morceau est une reprise d’un morceau classique, le « Prelude et Allegro » de Kreisler. C’est un morceau que tu apprécies particulièrement ? 

J’ai découvert ce morceau par un claviériste malheureusement décédé. C’est une belle pièce un peu baroque. J’ai pris des libertés avec.


Patrick Rondat


Tu as dit récemment que ta musique est improvisée. Il me semble au contraire qu’elle est très structurée. 

Il ne faut pas se méprendre. Les solos sont improvisés. Je ne les écris pas. Mais la musique, elle, est écrite.

A tes tous débuts tu étais influencé pour ton jeu de guitare par Al di Meola. En quoi t’a-t-il influencé ? 

C’est surtout pour la technique. J’aimais sa technique de main droite. J’ai développé ça. Il y a un côté organique, énervé chez lui. J’aime la structure des morceaux de Al Di Meola. Cela m’a donné un schéma de morceaux que j’utilise inconsciemment. J’aimais bien le jazz rock, la fusion, Chick Corea, Weather Report, Pat Metheny…

Tu as fait plein de styles différents. Tu as joué longtemps avec Jean-Michel Jarre qui n’évolue pas dans le même univers musical que le tien. 

Je ne me suis pas renié en jouant avec Jean-Michel. J’ai évolué dans un autre registre. Et c’est ça qui est intéressant. J’aime quand en musique le mélange est personnel.

Quand tu joues avec lui à la Tour Eiffel devant deux millions de personne ce doit être impressionnant ? 

Oui ça l’est. Il faut s’y préparer psychologiquement. La télé te filme en direct en plus. C’est bien sûr du stress mais la musique c’est du stress.

As-tu conscience d’être un musicien culte ? 

Je n’ai pas conscience de cela, non. Mais j’ai ouvert des portes. Et j’ai senti ça en sortant ce nouvel album. Je retrouve ma place de porte-drapeau pour moi et pour les autres. J’ai eu un rôle, j’en ai un encore mais je ne me prends la tête avec ça.



Pour plein de gens Rondat c’est le mec que les autres guitaristes aiment écouter mais tu ne joues pas que pour eux ? 

Bien sûr que non. La musique est un voyage et j’ai envie d’emporter les gens. J’essaie de mettre un sens à ce que je fais. Si après, des gens trouvent « oh comme c’est cool comment il joue », tant mieux, mais je ne fais pas de la musique pour cela.
Je te parlais tout à l’heure de « Stargazer » de Rainbow. Il y a des guitaristes plus techniques que Blackmore mais il a un truc personnel, une identité qui me font voyager. L’instrument est un média pas une finalité.

On parle de plus en plus souvent aujourd’hui de la fin du format album mais ce disque est un album que tu écoutes du début à la fin. 

J’ai aujourd’hui des potes qui sortent des choses titre par titre. Pour moi l’album c’est important. J’aime ce concept : une belle pochette, un vinyle, une maison de disques. Le format court me fatigue. Mais je ne fais pas de morceaux longs pour faire des morceaux longs. A la radio aujourd’hui un morceau long, un morceau instrumental ne peut pas passer. « Bohemian Rhapsody » est un standard alors que c’est un morceau très long.

Ton idole c’est toujours Van Halen ? 

Oui mais pas seulement. Ce sont aussi Blackmore, Gary Moore, Jean-Luc Ponty, John Mc Laughlin, Metallica. Van Halen pour moi c’est le Hendrix des temps modernes.

Il va y avoir des dates pour cet album ? 

Oui j’ai encore des dates avec Guitar Night Project mais il y aura des dates en fin d’année ou début d’année prochaine.


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1 commentaire

Gérard M 8 décembre 2025 at 10 h 42 min

Son influence majeure c’est tout de même Malmsteen !!! Et je ne comprends pas trop pourquoi il cite Blackmore, Gary Moore, Van Halen, et pire : Metallica dans ses influences ? Son jeu et sa musique sont bien éloignés de ces artistes ! Bizarre…

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