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Interview

Interview – HELL OF A RIDE

hell of a ride

Paris, le hard rock café, vendredi 20 novembre 2015


 

 

Home made Rock N roll! Voila ce que je retiendrais de mon entrevue avec les 4 rockeurs du combo parisien Hell of a ride qui sortent actuellement leur vrai premier gros album après un EP remarqué dans la capitale.

 

Salut les gars, on est là aujourd’hui pour parler de la sortie de votre nouvel opus « Bête noire » qui est votre premier gros album !! Qui plus est, cette interview est la première pour ce webzine donc, avant de commencer, merci de vous présenter, de présenter le groupe.

 

Djej : Nous avons donc ici présent Noré a la guitare, Low à la guitare également, moi-même au chant et Franck à la basse. Bien évidemment nous avons notre batteur Thibs, qui n a hélas pas pu être présent aujourd’hui.

 

Noré : Le groupe est réellement né en 2009 et nous avons sorti notre premier EP en 2011, EP qui est ressorti par la suite remasterisé et avec une version acoustique des chansons. C’est à ce moment là que nous avons trouvé un label, Send the wood, qui nous a permis de diffuser cet EP sur les différentes plateformes en 2013.Pas mal de changement de line up ont eu lieu dans le groupe puisque nous avons échangé Jihane à la basse par Franck, un poilu, et nous avons eu 3 changements à la batterie puisque Toni a laissé sa place à Thibaud qui lui-même est parti pour laisser sa place à un autre Thibaud, l’actuels batteur de la formation. Entre temps nous avons enregistré l’album Bête Noire qui est sorti le 26 octobre.

 

Avant toute chose, petite remarque qui me tient à cœur : ce titre, bête noire, est donc en français alors que tout l’album est anglophone. N’avez-vous pas peur d’une confusion possible de gens qui achèteraient cet opus en se disant qu’il s’agit de métal franchouillard ?

 

Low : On a essayé de trouver un terme qui collait à la fois a la musique du groupe, au concept de l histoire que l’on a défini depuis le début, Mad Dog et son combat, et il est vrai que ce terme n’existait pas en anglais, d’où le fait d’avoir choisi Bête Noire comme titre d album. Force est de constater que cette expression est aussi utilisée en anglais car il n y a pas de traduction littérale possible, comme beaucoup d autres choses en réalité («  Déjà vu », «  Voila » …) donc cela colle parfaitement a notre coté Frenchie puisque de toute façon nous n’avons jamais voulu nous faire passer pour des américains. Pour l’histoire de la «  confusion possible «  nous n’y avons jamais réellement pensé car de base le nom de notre groupe est en anglais et là encore c’est une expression typiquement anglaise qu’on ne peut pas traduire mot à mot en anglais…

 

Quelle virée! (Hell of a ride)

(Le groupe rit)Low : Une virée d’enfer

Djej : Oui effectivement HELL OF A RIDE c’est une expression transposable, « It’s a hell of a show », « It’s a hell of ce que tu veux »

Noré : Nous ne sommes pas les premiers à la faire. La dernière fois nous étions chez OUI Fm et quelqu un nous a fait remarquer que le groupe The Prestige avait aussi une chanson appelée Bête Noire. Gojira aussi d’ailleurs a son dernier album qui s’appelle l’Enfant Sauvage, donc je pense que c’est bien rentré dans l’esprit des gens.

 

Comment et quand vous êtes-vous rencontrés ?

Djej : Noré et moi-même sommes à l’origine du projet et nous nous sommes rencontrés par le biais du manager que l on avait en commun pour nos groupes de métal respectifs. Low, qui s’est assez rapidement greffé au projet, jouait avec son groupe de l’époque dans le même studio que nous.

 

Noré :Lors du Split de nos groupes on s’est décidé a remonter un projet plus métal mais tout compte fait on s’est orienté sur le rock sur l’influence d un des membres originels du groupes qui préférait ce style de musique, à la AlterBridge, Shinedown , ce qui ne nous a pas dérangé, déjà parce que le style est plus populaire que le gros métal, ensuite parce que ce sont des groupes que nous écoutons nous même. Il n y a réellement que Jihane , et après Franck que nous avons trouvé par le biais d annonces sur des sites spécialisés .

 

Djej : Adopte un bassiste !

 

Dès les tous débuts de la formation, vous avez quand même écrit quelques compos métal ou alors vous avez tout de suite commencé par le rock ?

 

Djej : Cette initiative Rock nous vient de Gaétan, notre bassiste de l’époque, qui était un ami d’enfance de Tonio notre premier batteur, et qui a dis dès le début qu’il ne voulait pas du tout faire de métal, donc sans trop se forcer nous l’avons suivi sur cette voix que nous avons gardé après.

 

Low : C’est à lui que l’on doit le style musical du groupe mais paradoxalement c’est lui qui est parti le plus vite.

 

Pouvez-vous nous remémorer l’histoire derrière le nom du groupe ?

 

Djej : En l’occurrence, je crois que le nom du groupe viens de moi. Je trouvais que ca sonnait très américain et que ca collait parfaitement avec le concept d’histoire de Mad Dog, le héro de nos chanson qui , en tant qu’ancien cascadeur, chercher à faire une dernière virée, un dernier truc avant le grand saut, pour finir en beauté mais il se fait confisquer son véhicule…. C’est un vieux cascadeur, il en a marre et il veut partir en beauté.

 

C’est un peu Boulevard de la mort ça non ?

 

Djej : Oui c’est vrai, aussi, mais a l’époque j étais plus parti sur la fin du film Thelma et Louise. Certes c’est peu réjouissant mais c’est cela que je voulais. Dans l’histoire de Mad dog, ce qui lance et relance l’aventure, ce sont ces deux nanas qui lui piquent sa caisse, du coup il part à leur recherche pour récupérer sa caisse afin de faire sa dernière cascade.

 

 

Quels sont les groupes auxquels on vous compare le plus souvent ?

 

Djej : Papa Roach par exemple. Sans vantardise aucune, je pense que tout le monde peut s y retrouver dans notre album, sur au moins un morceau, en fonction de ses influences. On vient tous de groupes qui faisaient des styles différents, donc le mélange de tout cela fait que le groupe sonne multi influencé.

 

Noré : Pour revenir sur les groupes, c’est surtout axé mainstream ricain a la Alterbridge, Shinedown, Black Stone Cherry, Nickelback, Theory Of A Deadman, Godsmack aussi. Certains nous ont même dis Metallica, Papa Roach, ou encore AC DC et ZZ Top. Nous mêmes avons énormément d’influences dans les groupes que je viens de citer donc ça ne parait pas fou que notre musique sonne comme ça aux oreilles des gens.

 

 

Rentrons dans le vif du sujet ! Combien de temps avez-vous mis pour composer  cet opus ?

 

Noré : A part deux morceaux qi étaient déjà écris, nous avons mis à peu près trois mois pour tout écrire. Chacun a majoritairement fait ses devoirs a la maison mais nous avons fait deux sessions hardcore qui ont fini vers 5 heures du matin a chaque fois, jusqu’à épuisement total, dans le but de finaliser les préprod. Arrivé en studio il y a eu pas mal de changements car notre producteur, Callaghan, est quelqu’un avec un sacré franc parlé, mais c’est justement ce que l’on adore chez lui. Il écoute tout, plusieurs fois, pour se faire une idée et après c’est un peu «  on garde, on vire », ce qui implique d arriver avec pas mal de matériel car beaucoup finissent a la corbeille. Vu que c’est une personne extrêmement impliquée il ramène aussi de son coté des choses qui font avancer notre musique, voila pourquoi on adore travailler avec lui.


HELL OF A RIDE


 

Vous avez donc mis pas mal de choses a la poubelle ?

 

Low : Nous avions 30 idées au départ qui sont devenus 20 titres élaborés, avec une structure, qui sont devenus 15 titres finis en préprod. De là Callaghan a pas mal élagué et nous nous sommes retrouvés avec 12 titres mais nous avons préféré en écarté un qui n était pas dans le contexte de l’album, ce qui nous a amené a 11 titres.

 

Qui fait quoi dans le groupe ? Vous êtes plutôt compo à la maison ou jam pour trouver de nouveaux riffs ?

 

Noré : Tout part d’un riff de gratte. On bosse chacun de notre coté devant l’ordi, on ramène ça en répétition, on le fait gouter a tout le monde et si ça plait on essaye de construire quelque chose autour.

 

Djej : Me concernant, dès lors que j’ai la musique en tête, j’essaye de trouver des lignes de chant, en « yaourt », principalement des refrains d’ailleurs. Il m’arrive même d’enregistrer des lignes de chant à même mon téléphone portable, quand quelque chose se présente, quelque soit le moment. Ca a été le cas sur Aphrodisiac Cadillac et Hell of a Ride, où j’ai d’abords trouvé la ligne de chant, que j’ai fait partager aux gars, et la mélodie de guitare est venue après.

 

Djej tu es donc le principal écrivain du groupe ?

 

Djej : Low m’a pas mal aidé a un moment. J’ai vécu un sale moment durant la compo de l’album, une rupture, et mon inspiration est tombée à zéro. Low a été là, a ce moment là, pour prendre le relai ou en tout cas m’aider avec ça.

 

Low : C’est pas mal, ça permet d’écrire un peu et de rester dans la dynamique de l’enregistrement de l’album, des pré prods.

Djej : Sur deux morceaux, notre collaboration a super bien marché, au delà des espérances et notre producteur, par son excellent travail, a transcendé ces morceaux.

 

Est-ce que, sur ce premier gros album, vous avez utilisé des choses qui dataient de l’EP et dont vous ne vous étiez pas servi ?

 

Noré : Oui, il y a un morceau sur cet album qui date de l’EP, que nous avons retravaillé pour pouvoir l’incorporer dans Bête Noire.

 

Djej : Il s’agit du morceau From Dusk till dawn, qui est un des tout premiers morceaux que nous avons écrit, avec Fast as lightning et qui ne s’est pas retrouvé sur l’EP, donc, vu que c’est un morceau cool, on a décidé de le mettre sur cet album ci.

 

Noré : C’est un morceau que l’on jouait en outre sur scène a presque tous les concerts, avec une belle énergie et voyant que ça fonctionnait pas mal ça nous a motivé a le retravailler pour pouvoir le mettre sur Bête noire.

 

Comment voyez-vous votre évolution entre la sortie de l’EP et la sortie de l’album ?

 

Djej : Je pense qu’on est tous conscients de l’évolution du groupe. Pour moi en tout cas c’est flagrant est un peu plus « métal »

 

Noré : On avait deux phases sur l EP, une phase métal et une phase ROCK. Pour moi je pense qu’on a réussi à faire une vraie synthèse de ces deux styles comme sur le titre Everything Missing et on a aussi des chansons comme Rain of Fuel  qui sont des ballades, issues de notre break acoustique. L’album que l’on vient de faire va nous amener sur un mix de ces deux styles.

 

LOw : Lors de l EP, nous étions jeunes dans le groupe, on avait une méthode un peu plus brut de nous exprimer. Lors de notre phase acoustique cela nous a permis de nous exprimer autrement et cela nous a ouvert l’esprit sur pas mal de choses, comme les ballades par exemple. Pour la suite cela nous a permis de bosser autrement. On a eu une phase «  entre deux » via le titre Running Back The Years qui se rapproche beaucoup plus de ce que l’on a produit sur Bête noire. Sur ce titre il y a le coté métal assumé mais il y a de la mélodie, de l acoustique, le coté chanté qui nous a bien plus et qui nous a poussé a continuer dans cette voix pour l’album.

 

Djej : Avec l’arrivée de Franck on a trouvé cette cohésion indéboulonnable qui donne le sens à notre musique.

 

Pour cet album c’est toi qui as écrit toutes les lignes de basse ?

 

Franck : Oui tout a fait.

 

Qu’est ce qui t’inspire pour écrire les textes ?

 

Djej : La plupart des textes sont clairement en rapport avec l’histoire de Mad Dog, ils suivent son histoire. Par exemple lorsque j’écris une chanson qui parle du Mississippi, je me documente avant sur le net, pour savoir exactement par où je vais faire passer mon personnage. Après, évidemment, il y a des textes beaucoup plus personnels. Mes expériences persos rentrent bien dans l histoire du personnage. Il s avère que Mad Dog est le surnom que l’on me donnait aux US, où j’ai étudié pendant un an, lorsque je jouais au Foot US. Il a fallu après trouver le vrai nom du personnage mais c’est arrivé comme ça, sans référence particulière donc tant mieux.

 

Comment avez-vous choisi le studio pour l’enregistrement de l’album?

 

Noré : J’ai connu Callaghan alors que j’étais encore avec mon ancien groupe. Il nous avait alors enregistré à son studio Cannois, où il habitait, et j’avais trouvé son travail excellent. Malgré le split de mon groupe j’avais gardé contact avec lui car j’adorais son implication et la manière dont il dirigeait les membres du groupe. Il est chanteur et multi instrumentiste et chacun de ses conseils est avisé et fait avancer le travail. Pour l’EP on a travaillé avec lui et il nous a semblé indispensable de rebosser avec lui sur l’album.

 

 

Parlez-moi des dates à venir du groupe pour défendre l’album ?

 

Djej : Du aux événements du vendredi 13, nos dates ont été annulées et on le comprend tout à fait .Dans notre cercle proche et un peu moins proche nous avons 11 personnes qui ont péri au Bataclan. Heureusement certains autres s’en sont sorti. Le milieu rock métal francilien Parisien est tout petit, tout le monde se connait….On a joué la veille de ce jour au Divan du monde, en ouverture de Wednesday 13, un groupe américain. On devait jouer le 13 au Bus palladium mais ca a été annulé et on le comprend bien et on devait faire une date demain qui a été annulé car les mecs de la salle ont perdu du monde a ce concert.

 

Noré : On n’a pas de tourneur, on fait tout nous même, on a des plans qui arrivent petit a petit. On fait le maximum pour faire vivre cet album.

 

Djej : On aimerait beaucoup faire connaitre notre musique au dehors de la zone francilienne, nous exporter un peu. Le style Rock métal français est vraiment sous représenté dans notre pays et sur la plage FM, a part l émission d Aurélie, Bring the noise sur OUI Fm il n y a rien n y personne donc c’est assez compliqué de se faire connaitre. Vu la plage horaire, de 23h00 a 01h00, c est un peu juste question rayonnement. On va essayer de travailler l’Allemagne et la Belgique car le style marche bien la bas. On a été assez surpris de découvrir une fanbase au Portugal, un peu au Canada également.

 

Noré : Il y a un webzine Suédois qui nous a contacté pour une interview, ce qui est vraiment cool, mais c’est vrai que pour le moment on est tout petit sur la scène .On ne demande qu’a grossir.

 

Djej : Même si pour certains d’entre nous ça fait presque 20 ans qu’on fait de la Zik, ce projet en particulier est assez jeune et il faut recommencer à zéro et travailler dur.

 

Que pouvez-vous me dire sur les clips vidéo du groupe ? Combien sont en préparation ? Pour vous est-ce un mal nécessaire ? Une perte d’argent ? Une obligation pour la communication du groupe ?

 

Djej : Évidemment la période MTV années 90 c’est fini. On essaye une fois encore de tout faire nous même et de le faire bien donc ce n’est pas facile, surtout question argent, mais c’est l implication bénévole de pas mal de gens qui ont fait que certaines choses ont pu être possibles. On a eu la surprise super agréable de trouver NOTRE Mad Dog en la personne de Pascal Henaut, qui corespond on ne peut mieux à l’idée de ce qu’on se faisait de ce personnage.

 

Et Mickey Rourke n’était pas dispo ce jour là de toute façon

 

Djej (rire) : Oui et puis il était trop tapé de toute façon….

 

Low : Aujourd’hui mettre des moyens systématiquement pour un clip ca peut être vu pour un bouffe fric mais après, tant que ca sert pour la visibilité, c’est bon a prendre

 

Noré : On a concept visuel avec HOAR qu’on doit faire apparaitre sur tous les supports possibles, dont les clips. On a lâché  le coté Tarantino niveau visuel mais on a rien lâché. De nos jours la musique ne suffit pas, il faut proposer un concept, une image, un truc qui nous différencie des autres groupes qui font le même clip. C’est frustrant de voir qu’on fait peu de vues, mais petit à petit les gens se rallient à la cause et on travaille beaucoup la dessus.

 

Djej : Il y a eu un regain de vues sur le premier clip depuis que les gens ont vu le dernier. Il faut apporter du contenu pour ne pas lâcher la fanbase, ça fonctionne comme ça. Pour notre vidéo, on ne savait pas, tout compte fait, si on allait faire un vrai clip ou une lyrics vidéo et les gens nous ont fortement invité à garder le clip car ils le trouvaient super. Du coup j’ai eu cette idée des paroles qui défilent sous forme de tatouages sur la peau de la fille qui se déshabille dans la Cadillac Aphrodisiac et c’est Noré qui s’est chargé du boulot lui-même alors qu’il n y connaissait rien. Il a du éplucher nombre de tutos sur le net pour y arriver, ça lui a pris un temps fou mais au final il a réussi à le faire et le résultat est vraiment bien.

 

 

A tel point que c’est vous qui tricotez les pulls que vous vendez ensuite au Merch.

 

Djej : Exact, je me suis même mis au point de croix !!


 

 

 

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